‹ Delie, object de plus haulte vertu;Chapitre 232 sur 372 · CCXXXVII · texte numérisé non relu

CCXXXVII

Cuydant ma Dame un rayon de miel prendre, Sort une Guespe aspre, comme la Morts Qui Tesguillon luy fische en sa chair tendre : Dont de douleur le visage tout mort,

CCXXXVII. — I. IS44 1^64 portent un point après prendre^ /wwctuation absurde.

I. Cf. Deîiey diz. 250. — Si la i"** édit. d'Anacréon n'était de dix ans postérieure à la Délie, on pourrait croire à une imitation de la pièce *'Epwç tuot'Iv po8oiat. Mais il n*en est rien. Scève imite indirectement Théocrite, publié au moins cinq fois, à ma connaissance, avant 1544 (Venise, Aide, 1495. — Rome, Zach. Calliergus, 15 16. — Venise, Balth. Zanettus, 1539. — Bâle, 1541. — Paris, Chr. Wechel, 1543. — Voir les n°*Y4i5, 415 a, 416, 417, 419 du catalogue de la Bibl. du Roy). La pièce dont il s'agit ici se trouve au fol. 47 v° du Théocrite de Venise, i559(BN.Inv. Yb, 2026-2027) : c'est r"EpoL>; X7]ptoxX£7:Ty);, qui eut une grande vogue dans la i^* moitié du xvi* siècle, puisqu'il fut traduit 1° par Eustorg de Beaulieu en 1537 {Les Divers Rapport^.. . . Lyon, 1537, et Paris, 1544. Voir fol. D 8 v"* : Amor inellilegus Phil. Melanchtoni, commençant E parvo alveolo etc., traduict par Vauteur — BN. Rés. Y e. 1603) ; 2° par Gilbert Ducher,E/)/^rawma/(w//Z'rt duo, Lyon 1558 — BN. Inv.Rés. pY c 1237, p. 44; "Epto; jx£XiToy.X£;iTT]ç, ex Théocriti hexametro ; 3° par Michel d'Amboise, les Cent Epigrammes.,, Paris, Alain Lotrian, priv. de 1532. Je cite cette dernière pièce où Théocrite est modifié de la même manière que dans le dizain de M. Scève, et qui, pour cette raison, me paraît la source dont notre auteur s^est inspiré : Ainsi qu'ung jour ma dame & ma maistresse Parmy les champs s'en alloit esbatant.

Sa blanche main une mouche à miel blesse De son eguille : elle, le mal sentant, Dist : Comment peult si trespetite beste Si grant mal faire? — Alors ne t'en enqueste, Respond Amours : plus beaucoup davantaige Je peux, qui suis court & brief de corsaige. Car de mes dars je rens les pierres molles, Et si faitz tout selon mon appétit.

Plus fort tu faitz : car de ton œil petit La mer, la terre & le ciel tu afFolles.

Voir sur ce sujet Laumonier, Ronsard poète lyrique, 1909, p. 616. — Angeriano {Erotopaegnion, fol. 11 v°) avait, dès i$i2, publié une traduction de la pièce de Théocrite sous ce titre : de Caeliae vulnere.

DELIE

5 Hà ce n'est pas, dit elle, qui me mord

Si durement, ceste petite Mouche : [iio] J'ay peur qu'amour sur moy ne s'escarmouche :

Mais que crains tu ? luy dy je briefvement. Ce n'est point luy, Belle : Car quand il touche, lo II poinct plus doulx, aussi plus griefvement.

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