DIZAINS CCLXI-CCLXIII
Pour de mes maulx les rendre secrétaires,
Maulx de tout bien, certes, déshéritez,
Qui de me nuire, & aultruy usitez.
Font encor paour, mesme a la solitude.
Sentant ma vie en telle inquiétude.
Que plus fuyant & de nuict, & de jour
Ses beaulx yeulx sainctz, plus loing de servitude
A mon penser sont icy doulx séjour.
CCLXIIP
Pourquoy fuys ainsi vainement celle.
Qui de mon ame à eu la meilleur part ^ ? Quand, m'esloingnant, tant a moy suis rebelle. Que de moy fais, & non d'elle, départ.
Soit que je sois en public ou a part. Ses faictz, ses dictz sont a moy evidentz, Et en son froict tellement residentz, Qjae loing encor, je souffre en leur meslée 3, Ou, estant près, par mes souspirs ardentz, J'eschaufferois sa pensée gelée.