‹ Delie, object de plus haulte vertu;Chapitre 5 sur 372 · Baur, ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Baur, ouvr. cité, p

2. Pour les blasons composés après le Blason du Sourcil, voir Bibliographies des écrits de Maurice Scève.

3. Brunet cite une édition séparée d' Ari on, E dogue sur le trespas de Françoys, Daulphin de France. Lyon, F. Juste, 1536. Je n'en ai trouvé aucun exemplaire.

4. Voir les dizains 19, 20, 21, 28, 53, 54, 55, 85, 115, 116, 298, 305, 318, 323, 389, 437, 448.

INTRODUCTION

gier en parle dans une épigramme ^ publiée à cette date, et peut-être composée quelques années auparavant. En 1538^ Etienne Dolet, ami des deux Scève, Guillaume et Maurice, se. plaint à ce dernier du retard qu'il apporte à publier ses vers : <c Tu fais trop longtemps tort à ta gloire, lui dit-il. Aie de l'audace 2. » Vers le même temps, Nicolas Bourbon, l'auteur des. Nugae, adressait à Scève, exactement le même reproche, pour le même motif. La petite pièce suivante, qui n'existe pas dans les Nugae de 1533 parut pour la première fois en 15383, fut écrite entre ces deux dates, sans que nous puissions en fixer l'année ; elle prouve que les amis de Scève savaient alors qu'il avait en portefeuille des vers qu'il ne voulait pas publier. Si à cela on ajoute qu'il était alors question de la Délie, comme nous venons de le voir, la conclusion s'impose, que notre auteur y travaillait déjà. Voici la pièce de Nicolas Bourbon :

Mauricio Scaevae Lugdun.

Qiiae scribis, esse lectu quam dignissima

Fatemur omnes omnia :

Fatemur, & scimus, nos, qui probe ingeni

Lumen tui perspeximus.

Quur ergo tuos fœtus exire non sinis ?

Tantumque nobis invides Thesaurum? At addictus Deo, plausum fugis

Vanamque gloriam : sapis.

1. Johannis Vulteii Remensis Epigr. lih, IV. Lyon, 1557, p. 90:

Daelia Rhodano, jam Glaucia nota Garumnae...

2. Stephani Dolefi Galli Aurelii Carminum libri IV. Lyon, 1538, p. 221 Ad EUMDEM [M. Scaevam], ut versus sucs in lucem emittat.

Lates, heu nimium diu sepultus

Obscuris tenebris : diutiusqne

Quam est par, Scaeva, tuae invides perenni

Famae. Jam audealiquid. Fatebor ultro,

QjLii rem non teneat marinam, in aestus

Marinos temereratem, soluta

Ora, ejiponere : sed qui etarte et usu

Excellens facere id potest, si in altum

Securam dare différât carinam,

Ignavum et timidum putabo nautam.

3. Nicolai Borhonii Vandoperani Lingonensis Nugarum libri octo. Lyon, Seb. Gryphius, 1538, p. 456.

INTRODUCTION

Scève a-t-il hésité, reculé devant la publication, par timidité €t par crainte ? ou n'est-ce pas plutôt qu'il n'avait pas, à cette date, encore rempli son dessein ? Toujours est-il qu'en 1544, la publication de Délie fut peut-être un peu tardive, et que l'auteur devait en avoir lu bon nombre de vers à ses amis. Il en avait même publié quelques-uns. Il avait placé en tête de la Deplourahle fin de Flamete, en 1536, une première ébauche du dizain 37 ' ; et en 1542 avaient paru, dans la Fleur de Poésie francoy se, les premières rédactions des dizains 82 et 892. Brunetière s'est donc trompé, en disant que le recueil de Scève diffère du CanT^oniere de Pétrarque parce qu'il ne s'est pas formé « successivement au cours du temps et de la vie, mais d'un seul coup, comme une oeuvre d'art î ». Non, l'ouvrage ne fut pas composé d'ensemble et d'un seul coup, comme le furent plus tard les Amours deMéline par Baïf. C'est bien un recueil d'épigrammes écrites à différentes époques, à de longs intervalles peut-être, dont quelques-unes remontent à la jeunesse de Fauteur, et qui furent réunies sous un titre qui seul leur servit de lien.

Cependant, un tel jugement serait inexact, s'il restait trop absolu. On ne peut nier que Scève ait conçu, après coup peutêtre, l'idée d'un ensemble coordonné, et qu'il ait groupé et disposé ses dizains d'après un dessein très arrêté . La Délie est en effet conforme au plan traditionnel de tous les can:(onieri pétrarquistes, plan qu'on retrouve dans tous les romans d'amour italiens, dans la Fiammetta de Boccace, aussi bien que dans le chansonnier de Pétrarque. L'auteur raconte d'abord comment il devint amoureux de sa dame, du premier jour qu'il la vit ; comment la beauté de cette dame, révélatrice de l'idéal, agit sur son âme par le moyen des sens, la vue, l'ouïe, même le toucher et l'odorat. Il décrit toutes les parties de sa personne physique, ce qu'il appelle ses « conditions », rappelle les vicissitudes des sentiments par lesquelles il passe : crainte et désir,

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