DIZAINS LXIII-LXVI
Des champz ouvertz & beistes, & oyseaulx Aux boyz serrez destournent leurs allées, 5 Les ventz bruyantz sur les undes sallées, Soubz creux rochers appaisez se retirent.
Las de mes yeulx les grandz rivières tirent ^ En lieux a tous, fors a elle, evidentz. Et mes souspirs incessamment respirent, 10 Tousjours en Terre, & au Ciel residentz.
Continuant toy, le bien de mon mal, A t'exercer, comme mal de mon bien :
J'ay observé pour veoir, ou bien, ou mal, Si mon service en toy militoit bien.
5 Mais bien congneus appertement combien
Mal j'adorois tes premières faveurs.
Car, savourant le jus de tes saveurs Plus doulx asses, que Succre de Madère, Je creuz, & croy encor tes deffameurs, 10 Tant me tient sien l'espoir, qui trop m'adhère-
Tresobservant d'éternelle amytié ^ Je me laissois aux estoilles conduire.