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Le mot somnambule, dérivé du latin, signifñe qui marche en dormant.
Le délire des somnambules est, constamment et sans exception, le résultat de l’obsession et de la possession des malins esprits répandus dans Pair ; les mêmes qui jadis, parlant dans les temples par l’organe des pythonisses, parlent maintenant partout par lorgane des somnambules et par les tables mouvantes.
Le délire des somnambules est ordinairement complet; mais il est aussi quelquefois incomplet ou partiel : 1l est complet lorsque le délirant parle, écrit, ou fait quelque travail des mains, sans avoir conscience de ses paroles, de ses écrits et deses actions; il est mcomplet ou partiel lorsqu’il en a conscience.
Ainsi, lorsque le délire est complet, c’est l’esprit malin qui possède le délirant, qui parle et agit par ses organes; et lorsque le délire est incomplet ou partiel, c’est l'esprit malin qui le pos-
sède incomplétement ou partiellement, qui le force à parler, à marcher, à danser, gesticuler et chanter, bon gré mal gré, comme dans la danse de Saint-Guy.
Le délire des somnambules est encore partiel, lorsque le délirant a conscience de certains songes ou de certaines sensations ou inspirations qu'il éprouveintérieurement, et dont il conserve le souvenir dans sa mémoire, quoique Son Corps paraisse alors impassible, extatique et complétement insensible à la douleur; car les esprits malins qui possèdent les somnambules varient leurs opérations, ou restent coï, suivant le but qu’ils se proposent et les circonstances et les personnes qui se présentent.
Le délire des somnambules est sponfané où provoqué : ilest spontané lorsque l’esprit de malice le produit sans cause connue et sans provocation ; il est provoqué lorsque le délirant le désire ou lui donne son consentement exprès ou tacite; il est provoqué par la volonté et les passes des magnétiseurs, lorsque le délirant l’a désiré ou y a donné son consentement exprès ou tacite. On le provoque aussi par emploi de substances uarcotiques et enivrantes. Néanmoins, malgré toutes les provocations, les esprits malins d’opèrent activement et ne manifestent leur présence que lorsqu'ils y trouvent leur intérêt.
Par le délire spontané des somnambules, le but des esprits de malice est de nuire à la créature humaine qui en est atteinte et à d’autres.
Par le délire provoqué, que lon appelle à tort
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somnambulisme magnétique, et qui n’est réellement que le résultat d’une opération magique, l'intention des esprits malins est de se faire passer pour un fluide, pour un sixième sens, pour l’âme de la terre, pour l’énfuition, ete., et de fournir par ce moyen des arguments aux athées et aux matérialistes hailueinés; d'exercer en même temps la divination; de faire violer des femmes et des jeunes filles ensorcelées, endormies léthargiquement; de faire commettre des vols, des escroqueries et d’halluciner les médecinset les magnétiseurs en produisant quelques guérisons fallacienses de maladies, dont ils sont les auteurs; tandis que d’un autre côté, en présence des idolâtres et des fanatiques, prenant la forme extatique, ils se font passer pour le Saint-Esprit, pour l’archangesaint Michel, pour lange Gabriel, pour un ange gardien, pour la sainte Vierge, pour saint Joseph, pour Mahomet, pour un génie familier, pour Bouddha, pour l’âme d’un mort, pour la grâce, etc., etc., et font considérer les possédés extatiques qui leur servent d'organes et d'instruments, pour des prophètes et des prophétesses, des saïnts ou des saintes, et ne manquent pas de faire des prodiges et des miracles pour hallueiner et fanatiser les savants comme les ignorants, les riches comme les pauvres, les hommes, les femmes et les enfants.
Au reste, le délire des somnambules, qu’il soit spontané ou provoqué est comme l’extase, la catalepsie, la léthargie, la danse de Saint-
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Guy, etc., une possession diabolique, une variété de l’épilepsie, qui se présente sous toute sorte de formes, pour aveugler, tromper, et halluciner tout le monde.
Les prêtres de l’ancien paganisme, particulièrement ceux du temple de Sérapis, employaient le somnambulisme provoqué, le sommeil diabolique, léthargique, Pour indiquer, par Le moyen des rêves et des songes, des remèdes fallacieux et quelquefois barbares et atroces aux malades qui se rendaient en pèlerinage dans les temples ou chapelles des faux dieux, dans le but de maintenir et propager l’idolâtrie. Le comte de Cagliostro employait magiquement le somnambulisme provoqué pour faire posséder des enfants, qu’il appelait ses pupilles, et exercer par ce moyen la divination et commettre des ESCrO=queries. Le docteur Mesmer l’'employait pour guérir magiquement des malades et escroquer des sommes considérables. Cinquante ans avant Mesmer, le P. Girard, jésuite et directeur du collége de Toulon, l'avait employé pour violer la jeune et belle demoiselle Lacadiere, de la même ville. Chez les anciens le Somnambulisme provoqué faisait partie du culte des faux dieux. Plus tard on l’a considéré, à juste raison, comme une opération magique, sous le nom de maléfice somnifère. Mesmer l’appela magnétisme animal Pour en déguiser la nature et la véritable cause. Le P. Lacordaire, moine dominicain, la préconisé en chaire dans la cathédrale de Paris, en présence de l’archevêque et d’une foule d’audi-
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teurs, comme une opération divine. Le P. Lacordaire était halluciné et inspiré.
RÉSULTATS DE L'ACTION ET DU POUVOIR DES DÉMONS RÉPANDUS DANS L'AIR SUR LE PHYSIQUE ET SUR LE MORAL DES MAGNÉTISÉS, D'APRÈS LES MÉDECINS MAGNÉTISEURS.
L’un des plus célèbres magnétiseurs, le docteur Rostan, assure que les magnétiseurs peuvent, par un seul acte de leur volonté, frapper de paraly sie et de léthargie, et même ‘arracher la vie au somnambule. Nous transcrivons ici ses paroles effrayantes.
« De tous les phénomènes magnétiques , voici, dit-il, celui qu’on produit le plus souvent, le plus facilement, et de la manière la plus immanquable. Vous n’avez qu’à vouloir interdire le mouvement à un membre, deux ou trois gestes le jettent dans limmobilité la plus parfaite. IL est tout à fait impossible à la personne magnétisée de le remuer le moins du monde.
Vous avez beau exciter à le mouvoir : impossible. Il faut le déparalyser, pour qu’ele puisse s’en servir. Pour cela, il faut faire d'autres gestes. Ne croyez pas cependant que cette immobilité soit le résultat des gestes magnétiques et que le somnambule, en voyant ces gestes, comprenne ce que vous voulez, et fasse semblant d’être paralysé, La volonté seule, l'intention de paralyser un membre, la langue. où un sens,
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m'a suflñi pour produire cet effet, que parfois J'ai eu beaucoup de peine à détruire. J'ai plusieurs fois, devant témoins, paralysé mentalement, le membre qu’on me désignait; un spectateur, mis en rapport, commandait le mouvement : impossibilité absolue de mouvoir le membre paralysé. Les sens sont aussi susceptibles de cette paralysie. Alors, le magnétiseur lui-même, ne peut plus rien obtenir. La langue se paralyse avec la plus grande facilité : et si l’on fait quelque question, le somnambule fait des efforts inouïs pour répondre : la face se gonfle, se colore; la douleur se peint sur les traits ; mais aucune parole ne peut être proférée. Si vous demandez après à la personne magnétisée ce qu’elle éprouve, elle répond qu’un froid mortel s'empare du membre, s’y répand, que bientôt il s’engourdit, et qu’une puissance insurmontable l’empêche de le mouvoir. Je ne doute pas que la mort même ne püt être le ré- Sultat du magnétisme, si l’on s’avisait de paralyser les muscles de la respiration. » (Dictionnaire de médecine.)
« Quand Îa personne est tombée dans l’état de sommeil magnétique, dit le docteur Foissac, le magnétiseur, par un simple acte de sa volonté, toutintérieur sans aucune manifestation, paralyse un membre quelconque et quelquefois même tout le corps, au point que les membres paralysés se comportent comme ceux qui l’ont été réellement par une maladie. Aïnsi, on enfonce des épingles, on approche un charbon
ardent, on pince avec violence, on fait même des détonations considérables, des incisions et des amputations des membres, et le somnambule demeure impassible et ne donne aucun signe extérieur de sensibilité. » (/apports et discussions.)
On voit par tous ces faits observés et rapportés par les deux médecins magnétiseurs, combien est étendu le pouvoir des esprits malins répandus dans Pair sur les individus hommes, femmes et enfants, qui se laissent ensorceler par les magnétiseurs : ils les rendent sourds, muets, aveugles, paralytiques, et les plongent dans un état de léthargie complète, en paralysant leurs membres, leurs organes, leurs sens : ils anéantissent en eux toute sensibilité physique et morale, les privent entièrement de leur raison, de leur libre arbitre et de tout sentiment de leur existence ; en un mot, ils les possèdent complétement, corps et âme, et peuvent même en cet état leur arracher la vie, en un clin d'œil, sans laisser aucune trace de violence.
Certes, ce n'est pas la volonté, ni les passes, ni les gestes, ni les cérémonies magiques des magnétiseurs, qui jettent un homme, une femme, un enfant dans un état de possession si dégradant, si affreux, si déplorable, quoique passager ; mais bien la volonté, l'intervention, l’opération d’un démon invisible, auquel les magnétiseurs aveuglés et hallucinés par cet esprit méchant, servent de suppôts et d'instruments pour cacher ses voies, et qui emploie toutes sortes de ruses
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pour les tromper, les aveugler, les halluciner. Il est sans doute que cette coopération infernale de la part des magnétiseurs, est odieuse et coupable, et devrait être réprimée par la loi, non pas à la manière de Moïse ou du concile de Latran, par la peine de mort qui est cruelle, barbare et diabolique, mais par l’amende, eten cas de récidive par quelques jours de prison, comme cela a lieu à l’égard des devins et devineresses somnambules. On préviendrait, par ce moyen, de très grands malheurs et beaucoup de délits et de crimes.
FAITS SURNATURELS OBSERVÉS ET RAPPORTÉS PAR LE DOCTEUR BILLOT, MÉDECIN MAGNÉTISEUR,
Le docteur Billot a publié un ouvrage en deux volumes, ayant pour titre : Recherches psychologiques sur la cause des phénomènes extraordinaires observés sur les modernes voyants, improprement dits somnambules magnétiques.
Dans son ouvrage il reconnaît que les phénomènes du magnétisme animal sont évidemment surnaturels, et il en rapporte un grand nombre qu’il a vus et expérimentés lui-même : sa seule erreur est d’attribuer ces phénomènes aux Saints anges gardiens, tandis qu’ils sont l’œuvre des esprits de malice répandus dans l’air. Voici ce que j’ai extrait de son ouvrage :
Page 48, t. ler. Le docteur Billot reconnait l’existence d’un esprit, d’une intelligence qui
opère des phénomènes sur le corps d’une fille malade qu’il magnétise.
Page 49 et suivantes. s'établit un dialogue par signes convenus entre cet esprit et le docteur Billot. L'esprit lui fait accroire qu’il est l’ange gardien de la fille malade.
Voici des réflexions du docteur Billot sur ce phénomène : «La philosophie du jour qui ne veut que du positif en toutes choses , comment qualifiera-t-elle ce dialogue singulier? Et ces mouvements tant significatifs pour répondre à mes questions ? Si ce n’est pas là du positif, que fautil de plus? Dira-t-elle que ce sont des illusions, des hallucinations, des prestiges? Mais je n’ai pas la berlue, et grâces à Dieu, j'ai encore pleine et entière jouissance de tous mes sens > et certes, n1 mes yeux ni mes mains ne sauraient me tromper. »
Page 57. L’esprit parle par la bouche de la fille magnétisée et malade. Za voix dont le timbre est fortement élevé, est bien différent de celui de Marie Mathieu, qui est la fille malade. — L'esprit opère divers mouvements dans les organes de Marie Mathieu.
Page "Th. L'esprit donne des visions à Marie Mathieu. « C’est ainsi, dit le docteur Billot, que dans certaines circonstances, ayant les yeux bien ouverts et parfaitement dans un état normal, bien éveillée, elle a vu des objets fantastiques, ou mieux encore fântasmagoriques.
Néanmoins ces objets n’étaient ici représentés fantasmagoriquement que pour rappeler à Marie
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qu'elle avait oublié de faire tel ou tel remède. Par exemple, Marie s'était indiquée des fumigations avec le storax pour telle heure du 1 jour; mais voilà que l’heure est sonnée et Marie n° ÿ pense point. Soudain une fumée épaisse lui semble sortir d’un encensoir qu’elle voit devant elle, et de suite l’odeur de l’encens lui rappelle qu’elle a oublié de parfumer sa jambe. Une autre fois Marie aperçoit une TD EUES et c'est encore pour lui rappeler un oubli. »
« Ce récit, ajoute le docteur Billot, excitera sans doute l’hilarité de quelques-uns, car il me semble leur entendre dire : Æisum teneatis amici! Mais j'ai promis de dire la vérité et je tiens parole : en rira qui voudra. Je pose les premières pierres d’un édifice; ce sont des pierres d'attente. Un jour viendra sans doute où quelqu’autre en ajoutera d’autres et continuera l’élévation du monument.
« Je ne citerai plus qu’une de ces visions singulières. Un jour que Marie était à manœuvrer, c’est-à-dire à se mouvoir de long en large dans son appartement, sans aucune espèce de soutien, il lui arrivait parfois de perdre l’équilibre. Dans un moment où elle allait tomber, je lui dis tout en riant : « Soutenez-vous bien, prenezvous à la Corde » (notez qu’il n’y en avait point). Soudain elle élève les mains en haut et paraît se soutenir à l’aide de quelque chose. S’apercevant alors de ma surprise, elle rit à son tour en me disant ! « Vous vouliez plaisanter tantôt; cependant, voilà deux cordons verts suspendus
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devant moi, auxquels je me suis prise pour ne pas tomber, ils sont descendus à votre voix quand vous avez parlé de la corde. » Ces cordons n’étaient visibles que pour elle.
« Penserait-on que ce ne soit là que des hallucinations dans le sens médical? »
Page 83 et suivantes. L'esprit, par lorgane de Marie, veut engager un jeune homme à se faire capucin en lui citant exactement el textuellement un chapitre et des versets de lEcriture.
« Ce fait, dit le docteur Billot, qui serait attesté s’il en était besoin par le docteur Bernard et par le jeune Ducros, prouve jusqu’à l’évidence que Marie était influencée par quelqu'un qui connaissait parfaitement les Ecritures. Or, ce quelqu'un ne pouvait être que lesprit directeur qu’elle désignait, et dont on reconnaissait la présence et l’influence par les mouvements saccadés de son doigt. »
Page 88. Le docteur Billot rapporte un fait très curieux. Le voici tel qu’il le raconte : « Nous avons dit à l’article du traitement dicté par le guide spirituel que le régime alimentaire de Marie serait très substantiel, mais en même temps adoucissant. Ainsi point de crudités, d’ail, ni d’oignon; point d'épices ni de salaisons.
« Or, Marie suivait ponctuellement le régime prescrit, lorsqu'un jour, un peu dégoütée de ces aliments trop fades pour elle, attendu qu’elle était habituée à ceux de haut goût, elle s’avisa de prendre une gousse d’ail eru pour en frotter
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son pain; mais à mesure qu'ayant épluché son ail elle se dispose à l’approcher de ‘son pain, la gousse d'ail saute au plancher et ne se retrouve plus. Marie, interdite, partit par un éclat de rire et profita de la lecon. Ce fait s’est passé sous mes yeux et en présence des gens de la maison. »
Page 92. Le docteur Billot rapporte un fait très intéressant sur la saignée. Voici ses expres- SIONS :
« À l’époque où le traitement commenca, Marie, quoique sur le retour de l’âge, payait encore à la nature le tribut mensuel de son sexe. Quelques incommodités se faisant sentir de temps en temps, à cause du retard ou de la pénurie du flux, le guide ordonnait la saignée du bras.
« La première fois que la saignée fut faite, je m’avisai de tenter une expérience remarquable, qui me parut devoir être en harmonie avec les antécédents. En effet, pensai-je en moi-même, si l'ange a pouvoir en tout sur Marie, il peut arrêter ou laisser couler & volonté le sang. Cette expérience est décisive.
« En conséquence la saignée fut faite et les résultats furent tels que je les avais conçus. C’est cette même expérience que vous allez tenter, Monsieur le sceptique, si comme moi vous voulez avoir une preuve bien positive de linfluence d'une puissance, quoique invisible, sur Marie Mathieu.
« Expérience : Prenez et découvrez le bras
de Marie, placez la bande compressive, piquez la veine, le sang jaillit, heureux présage! Laissez couler une minute. Vous adressant alors au sang, si vous doutez de la présence d’un esprit moteur, ordonnez et dites-lui : Arrête-toi, cesse de couler. — Le voilà arrêté. — Ordonnez qu’il coule; et voilà qu’il jaillit encore. — Continuez, amusez-vous à le faire arrêter et couler alternativement, imitant en ceci le jeu de la fontaine intermittente. Après ce jeu répété plusieurs fois, abandonnez l'émission sanguine à la discrétion du caprice moteur ; ne vous donnez pas de souci pour l’arrêter entièrement et fermer la veine ; mais soyez attentif, et vous verrez que lorsque l'esprit jugera l'émission sanguine suffisante , Marie éprouvera une secousse “semblable à une commotion électrique et la veine sera parfaitement close. Sans doute, alors immobile de surprise et d’admiration, vous n’hésiterez pas d’avouer qu’il n’y a ni prestiges, niimposture ; mais qu’en effet ce phénomène seul, indépendamment des antécédents, constate d’une manière éminemment positive ce que nous avons voulu prouver, qu’il existe des êtres immatériels, qui, sous la dépendance de la divinité, exercent une in- [luence sensible sur les actes de 7 vie de l’homme tant au physique qu'au moral. »
Nora. Le docteur Billot aurait pu ajouter que ce phénomène surnaturel prouvait combien les démons répandus dans l’air, ont de pouvoir sur la circulation du sang, et combien ils doivent user de ce pouvoir pour tromper et halluciner les médecins et les malades.
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Page 119. «Et pour vous donner une idée de leur savoir, je vais vous citer quelques mots d’une somnambule, simple jardinière, ne connaissant que ses choux et ses raves: Le magnélisme vient d'en haut, disait-elle ; 17 émane de La Dhvinité, il vivifie, d échauffe, il éclaire ; c’est l'âme de l'univers. »
Certes, ces paroles sorties de la bouche d’une simple jardinière, qui ne savait que son patois provençal, renferment, avec une grande éloquence, tout le système des panthéistes.
Ecoutons maintenant le P. Lacordaire, dans la chaire de Notre-Dame de Paris, parlant en présence de l’archevêque et d’une foule d’auditeurs.
« Le magnétisme, dit-il, est une parcelle bri- «sée dun grand palais; c’est le rayon de la « puissance adamique destinée à confondre la « raison humaine et l’humilier devant Dieu; «c’est un phénomène qui appartient à l’ordre « prophétique.
€ Plongé dans un somnambulisme factice, «l’homme voit à travers les corps opaques à « distance, etc. »
Ces paroles, sorties de la bouche du moine Lacordaire, qui proclame et préconise le même système, avec le même fracas d’éloquence, ne sont-elles pas inspirées par le même démon? Ne proviennent-elles pas de la même source? Et quand le moine dominicain les a pronontées, n'est-il pas vrai qu’il était au moins halluciné, inspiré par le démon?
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Page 22. « Voici encore un fait tellement extraordinaire, dit le docteur Billot, que si je n’en avais été témoin, j'aurais honte de le raconter, tant il semble puéril, et sans doute serait bien excusable celui qui, après avoir lu cette notice, dirait : J’y croirai quand je le verrai. Néanmoins, je prends Dieu à témoin que le fait est très positif, s'étant répété sous mes yeux et d’après ma demande.
« L'exercice fatiguait et échauffait beaucoup Marie : elle avait besoin de repos et de rafraichir son sang. L'esprit ordonne la tisane suivante : orge et réglisse. Marie met dans un pot convenable l’orge mondé, un petit morceau de racine de réglisse fendu en quatre et l’eau suffisante ; elle s’avance vers la cheminée le pot à la main, pour faire la tisane; mais il n’y à pas de feu : à peine apercçoit-on sous la cendre un globule lumineux, comme un petit pois. En outre, il n’y a pas de petit bois, ni de copeaux, ni de sarments pour faire prendre feu à deux grosses bûches qui se trouvent dans làtre. Bien plus, Marie manque en ce moment d’allumettes, et pour tout soufflet, on n’a dans la maison qu’un roseau ou canne percée d’outre en outre. Quelle main secourable viéndra donc l'aider à allumer son feu? Sa mère ? Mais sa présence est nécessaire dans latelier pour fournir aux ouvriers les matériaux destinés à garnir les navettes. « Ne t'inquiète pas, lui dit la petite voix de l'esprit, la tisane se fera. Place sur le globule de feu quelques feuilles de chêne vert
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qui tiennent encore aux bûches et qu’il faut détacher; mets les bûches par-dessus et sois tranquille ; le feu va s’allumer; tu placeras ensuite le pot, et tu pourras faire le travail ordinaire du ménage.
«Marie obéit à l’esprit, et le tout bien préparé et disposé selon l’ordonnance, elle se met à observer ce qui va se passer, en fixant les yeux sur le globule lumineux, Quel est son étonnement, lorsqu'elle aperçoit sur ce globule un petit mouvement tel que celui que pourrait opérer le souffle du plus doux zéphir, ou celui à peine sensible'sortant du chalumeau d’un metteur en œuvre ou d’un joailler. À peine quelques minutes se sont écoulées que les brins de feuilles commencent à donner de la fumée , l’impression du soufre se renforce, quelques étincelles pétillent, et voilà que la flamme a jeté son éclat. Les bûches sont attaquées par le feu , le foyer ressemble à celui d’une petite forge d’orfévre, et Marie, ravie d’étonnement, place son pot près du feu, en louant Dieu et remerciant son messager. L’eau s’échauffe, bientôt le bouillonnement commence, le feu est ménagé de telle sorte qu’on ne voit qu’un petit frémissement à l’aide duquel la tisane se confectionne lentement. »
Tout cela prouve combien les démons répandus dans lair ont le pouvoir d’opérer des prodiges et des miracles, et combien ils emploient de ruses et de stratagèmes pour se faire passer tantôt pour un fluide magnétique, tantôt pour
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de bons anges, tantôt pour des dieux, tantôt pour un sixième sens, afin de tromper, d’halluciner tout le monde, les savants comme les ignorants. Du reste, les phénomènes surnaturels des tables parlantes sont de la même nature.
Page 229. « Eugénie Ric.., de la commune de Cadenet, dans le département de Vaucluse, jeune enfant de six à sept ans , se trouvait un jour du mois de mai de l’année 1818, chez une dame de laquelle elle recevait habituellement des caresses. Je m’y trouvais aussi avec M. D., magnétiseur ordinaire des somnambules de la société.
« Cétait sur les dix heures du matin. On propose de magnétiser la petite Eugénie, pour savoir si, à son âge, elle serait influencée. En conséquence, elle est placée debout entre les jambes du magnétiseur. Celui-ci, faisant semblant de la caresser, lui fait des passes douces, qui, partant de la tête, aboutissent seulement aux mains.
«A peine quinze à seize minutes se sont écoulées qu'Eugénie ferme l'œil et s'endort.
Nous la couchons sur un canapé, sa tête appuyée sur un carreau. Eugénie dort d’un profond sommeil. J'étais assis et placé sur le même canapé, du côté des pieds de Penfant. J’avais une guitare à la main et je pinçais. Eugénie ne fait aucun mouvement. Le son de l'instrument ne l’éveille point. Je l'appelle : elle ne répond pas.
Je dis à M. D. de lui parler. Celui-ci, prenant
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la parole, lui dit : Eugénie? — Plaît-i1? — Tu dors, mon enfant? — Qui. — N’entends-tu rien? — Non.
«Je place alors la guitare sur le bas-ventre de la petite; je pince les cordes, et le magnétiseur répète la même question : — N’entends-tu rien à présent? — Si fait. — Qu’eritends-tu ? — La musique. — D’où vient cette musique? — De la guitare. — Qui fait cette musique? — M. le médecin.
« Tenant toujoursla guitare sur la petite fille, je prends la parole et lui dis : Eugénie, me voistu? — Oui, Monsieur, — Tu y vois donc bien?
— Oui. — Ne vois-tu rien auprès de toi? —Si fait. — Que vois-tu? — Un petit ange. — Ilest ici à la droite, n'est-ce pas? — Non, il est sur ma tête. — Est-il joli? — Oui, bien joli. — Estil tout nu? — Non; il a une ceinture blanche avec de l’or dessus. — N’a-t-il rien à la main ? — Îl a une petite croix à la main. — De quelle main? — De celle-ci (montrant la droite). — Ne vois-tu rien sur lui? — Il a une étoile au front. — Est-elle belle, cette étoile? — Oui, comme le soleil. — A qui est-il ce petit ange? Est-ce le mien, ou bien celui de quelqu'un autre ? — C’est le mien. — Que te dit-il? — Rien. — Que faitil là près de toi? — Il me regarde: il rit. — Est-il toujours au-dessus de ta tête? — Non, il est ici, à droite. — Demande-lui quelque petit remède pour ton petit frère qui est malade? — Ï ne me dit rien. »
Dans ce cas, comme dans les autres, c’est le
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démon qui parle; et il se sert iei de l'organe de cette petite fille pour dire des mensonges, pour tromper les magnétiseurs et se rire de leur aveuglement. La croix et le petit ange dont parle le démon sont des mensonges. Eugénie n’a pas eu conscience des paroles qui sont sorties de sa bouche : elle n’a rien vu, ni rien entendu. La possession du démon était complète.
Le somnambulisme provoqué est donc une horreur qu’on doit s’empresser d'empêcher et de réprimer.
Quant au somnambulisme spontané , qui est une possession complète et dangereuse, comme l’épilepsie, à cause des accidents qui peuvent en résulter, on doit employer pour le guérir les mêmes remèdes que pour Pépilepsie (Voyez Délire des épileptiques).