Démétrius Cydonès: correspondance
Conformément aux statuts de Γ Association Guillaume Budé, ce volume a été soumis à l’approbation de la commission technique, qui a chargé M. R. Guilland d’en faire la révision et d’en surveiller la correction en collaboration avec M. Giuseppe Cammelli.
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La riche Correspondance de Démétrius Cydonès a attiré depuis longtemps l’attention de tous ceux qui cultivent les études Byzantines. Depuis l’édition faite par Migne de quelques œuvres de Cydonès, la célébrité de leur auteur n’a pas en effet cessé de croître. On reconnaît aujourd’hui unanimement en lui un personnage de premier plan, le plus remarquable peut-être du xive siècle, à beaucoup de points de vue. Les théologiens se déclarent frappés de la profondeur de sa pensée, les historiens de la littérature reconnaissent en lui un des meilleurs écrivains de son temps, et, en tout cas, le plus nourri de classicisme ; enfin sa longue vie passée à la cour, dans l’intimité des empereurs, le désigne tout particulièrement à l’attention de l’historien.
Il ne semblait pas que le xix' siècle dut se terminer sans que la Correspondance de Cydonès vînt enfin à la lumière. Krumbacher l’annonçait dans son Histoire de la Littérature byzantine comme toute prochaine. On savait que des savants tels que Max Treu et Sp. Lambros y avaient consacré leur activité.
Cependant un tiers du xxe siècle s’est déjà écoulé, et rien ne s’est encore ajouté à la vieille publication de Boissonade, qui en 1 844 avait édité Ζη lettres de la Correspondance de Cydonès dans ses Anecdota nova. Les savants byzantinistes qui s’en occupaient ont disparu ; nous ignorons ce que leurs héritiers ont fait des matériaux
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qu’ils devaient avoir recueillis au cours de longues années de recherches. Personne n’a eu le courage de reprendre et de continuer le travail. Cela ne surprendra pas ceux qui savent les difficultés de toute sorte qui se dressent devant quiconque se propose de donner un texte complet et soigné d’une correspondance byzantine.
Pour Cydonès les difficultés d’ordre scientifique se sont aggravées de difficultés, non moins grandes, d’ordre matériel. D’un côté, le grand nombre des manuscrits, disséminés dans tous les pays d’Europe, le nombre élevé des lettres, le manque presque absolu de dates, pour éclairer la vie et dater la correspondance, l’ignorance où nous nous trouvons encore en ce qui regarde l’histoire de l’époque ; de l’autre, la grande guerre européenne survenue juste au moment où on travaillait à l’édition, et la hausse successive des prix de revient qui rendait vraiment téméraire le projet d’éditer un livre si volumineux.
Nous avons travaillé à la Correspondance de Cydonès pendant ces malheureuses années. Une édition complète de toutes les œuvres de Cydonès, dans le seul texte grec, paraîtra bientôt sous les auspices de la Bibliothèque Vaticane. MRr Mercati, le savant Préfet de la Bibliothèque Vaticane, y contribuera largement avec l’édition des œuvres de nature théologique ; je me suis chargé de celle de la Correspondance1.
La présente édition n’est donc pas complète : elle ne donne que le texte de 5o lettres inédites ; mais, en revanche, elle a essayé de mettre dès maintenant à la
i. L’édition complète de la Correspondance que j’avais préparée devait être publiée par la Faculté des Lettres de l’Université de Florence, qui a voté généreusement une somme importante pour sa publication : c’est la hausse des prix qui jusqu’à ce jour a retardé celle-ci.
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portée de ceux qui s’intéressent aux études Cydoniennes ce qui peut-etre attire le plus leur curiosité : la vie de Gydonès, telle que j’ai cru pouvoir l’établir d’après l’étude de la Correspondance ; le catalogue complet des manuscrits, et leur classification ; la liste des correspondants de Cydones, le catalogue complet des lettres, avec un court résume pour chaque lettre et l’indication des sources ; toutes les données chronologiques que j’ai pu établir, soit avec certitude, soit seulement par approximation, pour un grand nombre de lettres.
Voilà un vaste champ de travail qui s’ouvre aux byzantinistes, champ tout nouveau où ils pourront exercer largement leur critique. Nous avons osé le défricher: nous n’osons pas espérer l’avoir si bien travaillé qu’il puisse donner dès maintenant tous ses fruits. Nous avons, sans doute, commis des fautes : nous serons heureux de voir d’autres travailleurs marcher sur nos traces, et, se servant du chemin que nous avons ouvert à travers maintes difficultés, avancer d’un pas plus ferme et plus alerte et se servir des outils mêmes que nous mettons entre leurs mains.
Le terrain est d’ailleurs difficile et il ne faut avancer qu’avec une certaine prudence : à chaque pas surgissent de nouveaux doutes et de nouveaux obstacles : souvent lorsqu’on croit être arrivé à établir quelque chose de définitif, un rien suffit pour tout jeter à bas, et il faut se remettre courageusement au travail. Il n’y a qu’une chose dont on ne puisse douter, c’est qu’il s’agit d’un terrain fertile et riche de promesses : les seules 5o lettres dont nous donnons ici le texte, éclairent déjà vivement l’histoire de l’époque où vécut leur auteur. Nombre de renseignements qu’elles nous apportent sont de haute valeur.
Cette publication, patronnée par le savant éminent qu’est M. Charles Diehl, a pu être réalisée grâce à l’Asso-
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dation Guillaume Budé, qui travaille avec tant de constance au développement des études classiques : nous remercions, ici, en même temps que M. Diehl, le secrétaire général de l’Association, M. Paul Mazon, de l’intérêt tout particulier qu’ils ont montré à ce travail. Nous adressons aussi nos plus chaleureux remerciements à M. Rodolphe Guilland, qui a revu le texte français au point de vue de la langue et du style ; c’est à lui que le lecteur français doit réserver sa reconnaissance s’il peut lire cette traduction sans être choqué par des imperfections qui, dans la première rédaction, malgré tous mes efforts, trahissaient trop visiblement une main étrangère.
Florence, ier juin ig3o.
Giuseppe Cammelli.
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