‹ Démétrius: tragédie en cinq actesChapitre 23 sur 56 · ACTE II, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIL

LAOBICE.

(EII«lith«nt.)

(( Dans sa prison , au gré de votre envie , » Le fils de votre époux a terminé sa vie.

» Démétrius est mort de la main d'un licteur. . «

<C YiXÉRIUS. »

Reine ! de ce forfait Rome seule est Tauteur.

LAODIGE.

Rome seule ? Il suffit , seigneur. Ce mot m'explique D'un peuple de tyrans la vieille politique.

Je te reconnais , Rome ! En immolant un roi , Tu n'as vu que toi-même , et n'as rien fait pour moi. Après avoir quinze ans élevé ton otage , Toi-même avec plaisir tu détruis, ton ouvrage. ^ Tu craignais de le voir , libre , victorieux , Régner et s'affiranchir d'un tribut odieux.

Tu braves ma puissance , et tu te crois certaine De briser à ton gré le sceptre d'une reine ^ . Mais, avant qu'à ton joug mon peuple soit soumis, Je mourrai sur mon trône en défendant mon fils !

Reine ! vous redoutez l'ambition de Rome ?

LAODIGE.

Oui : je ne compte plus sur l'appui du seul homme Qui vainquit les Romains , qui peut les vaincre encor : Il est aux fers.

Son nom ?

LAODIGE.

3o OËBIÉTRIUS.

NicanQr ?

Lui-même ! igaor«e-*votts le erime àt ee traître ?

DÉMÉTRIUS , froidement.

Banni depuis vingt am , je ne le puis connaître , Reine ! en songeant k luii vous avez consulté L^intérèt de Tétat et votre sûreté* De mon roi seulement je sais qu^il est le frère \ Que le peuple le plaint , le chérit , le révère \ Qu'il est infortuné... Terminez ses malheurs. Fléchissez son audace en essuyant ses pleurs. n fut de nos guerriers Tamour et le modèle.

Envers lui soyez juste: il vous sera fidèle.

Daignez nous accorder un moment d^entretien ; Son zèle à vous servir égalera le mien !

LAODICE

Son zèle ? Il fut toujours Tennemi de sa reine. Le temps qui détruit tout n'a pu fléchir sa haine^ Ce que vous promettez passe votre pouvoir.

DÉMÉTIIIUS. ,

Souffrez que je lui parle ; il fera son devoir.

LAOtlICE.

Son devoir ?

Il sera tel que je le désire.

U défendra le trône ; il sauvera Tempire.

Touchée, ainsi que vous , des maux qu'il a soufferts , J'avais jusqu'à ce jour craint de briser ses fers.

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