ACTE I, SCÈNE III
Mon fils j j'ai provoqué le décret au sénat Qui vous lègue après moi , les rênes de Tétat. Je hais Démétrius !... son fatal droit d'aînesse A pour vous trop long- temps alarmé ma tendresse. Mon cœur est satisfait , mes vœux sont accomplis 3 J^ai le prix de mes soins : vous régnerez , mon fils* Cette Rome, autrefois temple de la justice ,' Dont les remparts étaient un Emile , un Fabrice , Rome, à qui tant de rois ne pouvaient résister , Appartient maintenant à qui Tose acheter.
Elle est à moi !••• mon or, enchaînant son otage, De mon trône à vous seul assure l'héritage !.*•
(Après avoir regardé autour dMIe. )
Apprenez qu'en secret le fier Valérius
Doit aux mains des licteurs livrer Démétrius.
( Antiochus cache sa surprise et son indignation. )
Mais , tandis qu'à mes vœux Rome parait souscrire y Au sein de mes états, je sais que l'on conspire. Je sais que près de nous un ennemi caché , Inconnu, sourdement à ma perte attaché, Sous un masque trompeur déguisant sa furie , Yers la rébellion fait pencher la Syrie.
L'Euphrate sur ses bords entend des factieux Elever contre moi des cris séditieux.
J'ai prévu nos danger», sans en être alarmée. Je préside au conseil ^ vous , commandez Tannée. Mon camp est sous nos murs , marchez : nos enneniis Vont tomber à mes pieds, désarmés et soumis.
Enchaînez la discorde , et , dans un fils que j'aime, Montrez à Tunivers Fespoir du diadème.
Mais avant d'y prétendre , il le faut mériter ,- Il faut peser le sceptre avant de le porter !... Avant que d'aspirer au trône d'une mère , Je veux qu'Antiochus ait fermé ma paupière.
A mes justes désirs si vous n'applaudissez ,
J'ai dit ma volôoté : je règne , obéissez !
ANTIOGHUS.
Les dieux vous oi^t donné Tempire de TAsie.
Fils sans ambition , sujet sans jalousie^
Je suis loin d'envier le rang où je vous voi.
Yous plaire est mon bonheur , vous^ servir est ma loi.
Mais vous me proclamez héritier de 1 empire ,
Vous m'offrez Slratonice , et mon frère respire !
Pour elle la pitié parle seule à mon cœur.
Puis- je aimer une épouse où je vois une sœur ?
Puis-je, en serrant les nœuds d'un hymen si funeste ,
Priver Démétrius du seul bien qui lui reste ?...
( Avec fermetë. )
Pfon , reine ! je dis plus , je suis fier d'avouer
Un intérêt sacré dont je dois me louer.
Vous m*avez daigné rendre une soour qui m'est chère ;
A ses désirs ^ aux miens , rendez aussi son père !
LAODIGE.
Qui ? Nicanor? mon fils , que me proposez vous ? La grâce d'un ingrat ?
AUTIOCHUS, tomlMiat aux yiolf He la mu.
Je l'implore à genoux !
Ah ! quaiid votre bonté pardonne à sa &mille , Quand vous daignez offrir la couronne à sa fille , Prenez, prenez pitié des maux qu'il a soufferts. Qu'enfin sa liberté...
LAODICE
Qui ? moi !• briser ses fers ?
ANTIOGHUS, se leTant, avec courage.
Ah ! Madame /.., à mon zèle au moins rendez justice. Quand par votre ordre ici j'ai conduit Suatonice ,
ACTEI,SeȻEIV. n
Pour elle j^ai connu la pitié , non Tamour.
Sans peine, sans regret, )'ai vu)usqu^à ce jour
Le sceptre paternel dans la main de ma mère. ^
Puisse- je eafia vous voir le transmettre à, mon frère !
Ses droits. •.
liAODICE.
n n*en a plus ! il est proscrit par moi.
Il est esclave à Rome !
ANTIOCHUS
En Syrie il est roi !
LAODICE
Eh ! sait-on seulement s'il voit le jour encore ?.,.. Mais quel motif vers moi conduit Héliodore? '