TROUBLES DE L’IDÉE DU MOI ET DE LA PERSONNALITÉ
1° Diminulion et exagération de l’idée du moi. Égoïisme et timidité morbides.
La timidité devient morbide quand elle s'accompagne d'angoisse et devient phobie.
Les actes psychiques disparaissent, en commençant par le plus élevé et le plus altruiste et finissant par le plus personnel et le plus abaissé. Les émotions relatives au moi persistent les dernières et prennent de plus en plus d'importance. Aussi
1. Risor. Maladies de la personnalité, p. 35. Paris, F. Alcan.
ÉTUDE MÉDICALE 95 l’égoïsme est-il un symptôme capital, à peu près constant, des psychoses et même des névroses en général.
Cet égoïsme prend d’ailleurs, suivant les cas, « des teintes variées, tels : lautophilie soupçonneuse et vindicative, le caractère égocentrique du délirant systématique, l’indifférence distraite du mélancolique, de l’hypocondriaque, l’apathie du dément, la négligence du paralytique, la fourberie du raisonnant, l'hypocrisie de l’imbécile, le sans-gène du maniaque».
2° Optimisme. Idées de grandeur.
L'optimisme est une idée heureuse du moi entier, physique et psychique : le malade est à la fois le plus fort physiquement et le plus intelligent.
Un degré de plus, on a les idées de grandeur que Secras diviseen : a. idées de satisfaction, de capacité, de force, de puissance, de richesse ; b. idées orgueilleuses, idées de grandeur proprement dites, idées ambitieuses.
3° Idées de négation ou de transformation, partielle ou totale, du mot.
Le mécontentement de soi forme le premier degré de ce groupe dans lequel il y à, à un degré plus élevé, les idées d’amoindrissement et enfin les idées de négation, partielle ou totale, du moi.
Chez les négateurs ?, on trouve « une conviction particulière, répondant à l’idée de changement, de destruction, d'absence, de nonexistence » ; ces malades «n’ont pas de nom, pas d’âge ; ils n’ont pas de famille, pas de sentiments »..
Ces idées de négation peuvent être systématisées ou non. On peut en rapprocher les idées de transformation du corps (délire métabolique) ; le malade est en verre, en bois, en caoutchouc...
À. Secras. Loco cit., p. 159.