‹ Demifous et demiresponsablesChapitre 39 sur 119 · ANGLADE. Loco cit., p · texte numérisé non relu

ANGLADE. Loco cit., p

2. Ce n'est pas l'avis de SPENcER, MercCIER, MorsELLI, SEGLAS (Loco cit., p- 169) qui mettent au contraire les actes concernant la vie de famille hors des actes concernant la reproduction et la conservation de l'espèce, dans les actes concernant les relations effectives de l'individu avec le milieu social.

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ÉTUDE MÉDICALE 105 départ et a un objectif et une raison d'être bien supérieurs : l’espèce.

Je divise donc ce paragraphe en deux sections : 1° troubles des actes psychiques relatifs à fa vie sexuelle ; 2° troubles des actes psychiques relatifs à la vie de famille.

1° Troubles des actes psychiques relatifs à la vie sexuelle.

« Sur ce chapitre, dit sagement J. Roux!, nous serons bref de descriptions, avare même de définitions, acceptant d'être obscur pour certains. »

Il n'y a pas de trouble hyper de l’amour. La maladie peut exagérer l'instinct sexuel, mais elle ne peut que dénaturer l'amour ?. Un exhibitionniste, un satyriasique ouune nymphomane ne peuvent pas être assimilés à un amoureux vrai, même porté à un haut degré d’exagération. Il n’y a pas d’hyperphilisme* vrai; il ne peut y avoir, comme malades, que des hypo et des paraphiliques.

a) Troubles hypo. Hypophilisme,anaphrodisie, horreur sexuelle.

Ce groupe comprend l’hypesthésie et l’anesthésie sexuelles, la misogynie, l’androphobie...

L'anesthésie génitale est dite /rigidité quand elle est congénitale et étendue à la fois à l'acte sexuel et à l’acte psychique (ni érection, ni désir), ëmpuissance quand elle est acquise

4. Joaxxy Roux. L'instinct d'amour, 1904. — Voir aussi, pour ce paragraphe : GASroN Danvizce. La psychologie de l'amour. Bibliothèque de philosophie contemporaine, 1894, Paris, F. Alcan; Ca. Féré. L'instinct sexuel, 2e édit., 1902, Paris, F. Alcan; Rémy DE GourMonT. Physique de l'amour. Essai sur l'instinct sexuel, 1903: Cuevarier. L’inversion sexuelle. Bibliothèque scientifique judiciaire. Préface de LacassaGne, 1893; TARNOwSKY. L'instinct sexuel et ses manifestations morbides, trad. franç. avec préface de LAcassaGNE, 1904; SEGLASs et ArNauD. Loco cit., p. 168, 266, 573 et 764.

2. J'ai essayé de démontrer ailleurs que l'amour ne doit pas être ramené au seul inslinct sexuel et de réfuter les théories trop étroites de l'amour émises par Bain (appétit et charme personnel), SerGi (stimuli de la reproduction et sens du toucher joint à celui de la température), SCHOPENHAUER (manifestation de l'instinct sexuel). Decpoeur (besoin inconscient d’engendrer un enfant). Roux (faim sexuelle).

3. Les mystiques ne sont hyperphiliques que pour l'élément cérébral de l'amour. (Voir GEORGES Dumas, Revue des deux Mondes, 15 septembre 1906).

(abus sexuels, maladies nerveuses organiques) etsurtout qu’elle est limitée à l'acte sexuel (pas d’érection, persistance du désir). L’horreur sexuelle est, au contraire, plutôt psychique, mais s'accompagne d’anesthésie sexuelle.

À ce même groupe on doit rattacher certains cas d’érotomanie ou amour platonique morbide : l’excitation sexuelle existe, dit Arnaud; « mais elle est comme transportée dans l’ordre intellectuel ; très vive cérébralement, l’excitation ne s'étend pas au centre génital médullaire (cérébraux antérieurs de MaGnan). Il n’y a ni désir charnel, ni érection ». Ce sont bien des hypo.

Inversement, le trouble hypo peut porter sur les phénomènes psychiques de l’amour, les affaiblir, les supprimer même, sans supprimer, en exaltant même, les réflexes inférieurs de la sexualité : ce sont les spinaux de Macxax (onanisme).

b) Troubles para.

a. Hyperesthésie sexuelle. Précocité et permanence morbides de l’instinct sexuel. Idées érotiques.

Ce groupe comprend aussi le priapisme, le satyriasis, la nymphomanie.

A un degré inférieur, c’est l’obsession amoureuse et certains cas du besoin d’aimer et d’être aimé décrits par PIERRE JANET. Ce sont aussi : l'expansion de certains sujets que J. Roux appelle exhibitionnisme moralet les «manifestations délirantes du sens génésique ». Ce symptôme correspond à de l’hyperesthésie sexuelle, au moins quand, comme dit SécLas, « le malade se complait dans la représentation continuelle de la sexualité et de tout ce qui semble avoir un rapport avec la satisfaction de l'appétit génésique ». Ce sont des cas d’érotomanie Avec persistance ou exagération des désirs sexuels.

B. Perversions sexuelles. Paraphilisme.

Les pervertis ne peuvent obtenir la satisfaction génésique « que par l'intervention d’un élément étranger à la sphère génitale », une association morbide d’actes psychiques autres

que ceux de l'amour physiologique. Cet élément étranger «est d’ailleurs très variable et plus ou moins éloigné de l’excitation normale. Il consiste tantôt en une idée ou représentation mentale, tantôt en un sentiment, tantôt en un objet matériel dont la présence effective est indispensable à l'accomplissement de l'acte vénérien ».

Dans ce groupe, LasèGuE a d’abord (1871) décrit l'exhibitionnisme : impulsion irrésistible à étaler en public,à exhiber ses organes génitaux ; exhibition à distance, sans aucune manœuvre lubrique, aux mêmes lieux, aux mêmes heures... dans les cas simples ; il y a aussi des exhibitionnistes onanistes et frotteurs (MAGNaAN),

Krarrr EBixG a ensuite classé les pervertis sexuels en : fétichistes, masochistes et sadiques.

« Le fétichisme‘ est une anomalie dans laquelle un objet étranger à la sphère génitale normale a le pouvoir exclusif d’éveilller les sensations et les désirs sexuels », partie du vêtement ou du corps (bonnet de nuit, natte). Le masochiste? est « un individu qui aime à être subjugué, humilié et même maltraité par un individu de sexe contraire et pour qui cet + abaissement (passivité ou passivisme de STEFANOWSKY) constitue l’excitant sexuel par excellence, sinon l’excitant unique ». Le sadisme* «est une perversion dans laquelle l’excitation génitale ne peut être obtenue qu’à la condition de faire souffrir ou de voir souffrir ; la souffrance de la victime éveille les sensations voluptueuses de celui qui la torture * ».

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