‹ Démocratie et libertéChapitre 1 sur 68 · AUX ÉLECTEURS · texte numérisé non relu

AUX ÉLECTEURS

pas été invariablement attaché à la môme cause, inflexiblement dévoué à la même idée, demandez-lui de préciser le jour, Pheure, l'occasion où Ton m'a vu fléchir. Je provoque à voix haute toutes les contradictions, même celles de la mauvaise foi et de la haine, et je les attends sans crainte.

Je n'ai pas l'infatuation de croire que je ne me sois jamais trompé, ni la sottise de prétendre que je ne rectifierai jamais aucune de mes opinions. Seulement je vous aflirme que si l'étude ou l'expérience, devenue plus longue, modifiait mes principes d'une manière fondamentale , je n'hésiterais pas à vous en avertir moi-même, et à déposer entre vos mains un mandat que je ne saurais plus" conserver avec dignité, sans une nouvelle consécration. Mais jusqu'à présent, l'expérience et l'étude n'ont fait que m'enraciner davantage dans les convictions qui m'ont valu vos suffrages, et plus que jamais c'est de l'étroite alliance de la démocratie et de la liberté que j'attends la pacification, le développement, la splendeur de notre patrie.

Dans des jours de défaillance, alors que personne ne recherchait un poste sans gloire et non sans péril, vous, ô mes chers électeurs, dont le cœur intrépide n'a jamais connu les défaillances, vous m'avez confié la mission de représenter la grande cause du gouvernement libre et d'empêcher que la chaîne de nos traditions parlementaires ne fût interrompue faute de quelques anneaux. Non-seulement j'ai été un des cinq, mais j'en ai été le premier en date, et mes deux compagnons les plus vaillants n'étaient point encore à la Chambre , lorsque j'ai attaqué la loi de sûreté générale. Qui donc a pu espérer que je deviendrais infidèle à un tel passé ? Qui donc a pu le craindre?

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