Sembat, 14* édit., p
2, llecouly, dans Revue politique et parlementaire, l'élis t. III, p. 346.
Joseph-Bartuélemy. * 2
fussent, tandis que l'Allemagne les fournissait de rois^ de reines, et môme de a m'bret ». Seules, la Serbie et le Monténégro ont des dynasties nationales. Ailleurs^ domine le trust allemand des trônes. La reine de Grèce est sœur de l'empereur allemand; le roi de Bulgarie est Gobourg. N'est-ce pas par cette fourniture allemande de couronnes en assez bon métal que peuvent s'expliquer en partie les mécomptes de notre diplomatie? Et peut-on dire ce qui serait advenu de l'intervention roumaine si le trône de Roumanie avait été occupé, jusqu'à la fin de la guerre, par un prince qui se considérait toujours comme un Allemand, soumis au chef de sa famille allemande ? La République, conclut-on, n'a pu avoir dans les Balkans qu'une politique de diplomates sans moyens, tandis que le système monarchique a permis à l'Allemagne une politique d'influences agissantes et efficaces.
b) L'influence extérieure de la personne du roi. — Un autre moyen propre à la monarchie, c'est l'influence à l'extérieur de la personne royale, influence qui s'explique, en dehors d'une valeur individuelle spéciale, par la majesté, le prestige de l'hérédité, la noblesse, la gloire, la grandeur de la famille régnante... La diplomatie est, avec l'art militaire, la grande spécialité des prmces; ils sont élevés dans la connaissance des affaires internationales, comme un particulier dans la connaissance des aflairesde famille. C'est celte connaissance approfondie, comme spontanéeetinstinctive, qui avait surpiis les ministres girondinsde LouisXVL Pourvu dccette aptitude, le prince est naturellement amené à la mettre au service de l'iiltat. Il connaît l'Europe, a dit M. Jules Lemaîlre, comme un bourgeois connaît sa ville; il considère son royaume comme sa propriété, qu'il a le désir naturel d'eiiiieLenir, d'arrondir, d'embellir. Son intéivl personnel sf confond avec l'intérêt général. Il serait facile de moiilrer que la plupart des rois modernes, même dans les (»ay> constitutionnels et parlementaires, ont exercé un* jiilliience sur la politique étrangère de \i-\iv pays ^
1. \. T:\vdïeu, Algésiras, p. 79; Jacques Bardoux, Victoria I"y
Léopold îl, de sa propre autorité, dote la Belgique de rÉlat indépendant du Congo. Mais l'exemple le plus intéressant dans cet ordre d'idées est incontestablement celui qui a été donné par les souverains d'Angleterre^ Victoria et surtout Edouard Vil.
Les pouvoirs de la couronne, comme nous aurons à y revenir dans un chapitre prochain, sont restés très effectifs. Les publicistes anglais citent un grand nombre decas dans lesquels l'intervention diplomatique du monarque a eu un emoUient ejfect^ un résultat apaisant, pacificateur, créateur d'amitié, sur les relations internationales. C'est l'intervention personnelle de Victoria dans l'affaire du Trcnt qui a évité la guerre entre l'Angleterre et les États-Unis ^ Les visites de la reine à Louis-Philippe en i843 et i845 ont beaucoup fait pour pi'omouvoir et maintenir l'Entente cordiale entre la France et l'Angleterre, durant cette période troublée*^ Quant à Edouard Vlï, il a incontestablement joué un rôle de premier plan dans la restauration de l'Entente^ dans la revivification de l'ancichne amitié avec l'Italieet le Portugal, dans l'assouplissement de bien des points de friction avec lAUemagne. Sans doute, dans la forme, tout s'est passé entre Downing Street et les divers cabinets étrangers. Mais les King s courlesies ont eu une part importante dans les résultats obtenus. Ily a autre chose dans les relations internationales que des^ protocoles et des traités. Les alliances et les arrangements internationaux s'appuient surlesentimentpublic. Et sur ce sentiment, un roi, grâce au prestige qui l'environne, exerce nécessairement plus d'influence qu'ua^ personnage quelconque, bénéficiant dé la faveur passagère, soit du souverain lui-même, soit du corps électoral .
c) Le personnel diplomatique serait supérieur dans les: monarchies. — Pour maintenir, améliorer ou renforcer
Edouard VII, Georges V. Le rôle d'Alexandre lit dans l'alliance russe a bien été mis en lumière par M. de Freycinet, Souvenirs, L m, p. .500.