‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 1 sur 305 · VIE DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

VIE DE RICHELIEU

PLESSIS-RICHELIEU (Armand du), né à Paris, en 1585, de François duPlessis-Richelieu, capitaine des gardes de Henri IV, reçut de la nature les dispositions les plus heureuses! Après avoir fait ses études en Sorbonne , il passa à Rome , et y fut sacré évêque de Lucon en 1607, âgé seulement de 22 ans. Revenu en France , il s'avança à la cour par son esprit insinuant, par ses manières engageantes , et surtout par la faveur de la marquise de Guerchcville, première dame d'honneur de la reine Marie de Médicis , alors régente du royaume. Cette princesse lui donna la charge de son grand aumônier , et peu de temps après celle de secrétaire d'état. Les lettres-patentes , datées du dernier novembre 1616, portaient qu'«7 aurait la préséance sur les autres ministres ; mais il ne jouit pas longtemps de sa faveur. La mort du maréchal d'Ancre, son protecteur et son ami, lui ayant occasionné une disgrâce, il se retira auprès de la reine mère, à Rlois , où elle était exilée. Cette princesse était brouillée avec son fils ; Richelieu profita de cette division pour rentrer en grâce. Il ménagea raccommodement de la mère et du fils , et la nomination au cardinalat fut la récompense de ce service. Le duc de Luynes, qui l'avait d'abord exilé à Avignon, le lui promit, et lui tint parole, et donna son neveu Combaletà mademoiselle Wignerod , depuis duchesse d'Aiguillon. Après la mort de ce favori , la reine , mise à la tête du conseil, y fit entrer Richelieu. Elle comptait gouverner par lui , et ne cessait de presser le roi de l'admettre dans le ministère. Louis XIII fit quelques difficultés ; mais Richelieu vainquit tous les obstacles, et supplanta bientôt les autres ministres. Le surintendant la Vieuvillc, qui lui avait prêté la main pour monter à sa place, en fut écrasé le premier au bout de six mois. Ce ministre avait commencé la négociation d'un mariage entre la sœur de Louis XIII et le fils du roi d'Angleterre. Le cardinal finit ce traité malgré les cours de Rome et de Madrid , au commencement de 1625. L'année d'auparavant , il avait été élevé aux places de principal ministre d'état , et chef des conseils , et deux ans après il fut nommé surintendant général de la navigation et du commerce. Ce fut par ses soins que l'on conserva l'année suivante l'île de Ré, et qu/on recommença le siège de la Rochelle. Cette place , le boulevard du calvinisme , était , pour ainsi dire , un nouvel état dans l'état. Elle avait alors presque autant de vaisseaux que le roi. Richelieu, résolu d'assurer une bonne fois le repos intérieur de la France, crut devoir commencer par la plus forte place du parti protestant. Après un an du siège le plus vigoureux , cette ville fut obligée de se rendre à discrétion. Richelieu commanda pendant ce siège en qualité de général ; ce fut son coup d'essai , cl il montra que le génie peut suppléer à tout. La Rochelle réduite en 1628, il marcha vers les autres provinces, pour enlever aux calvinistes une partie de leurs places de sûreté. Après avoir mis la paix dans l'état , Richelieu songea à porter la guerre dans les étals voisins, fit déclarer la guerre à l'Espagne, et fut nommé généralissime de l'armée envoyée en Italie, au secours du duc de Nevers, à qui l'empereur refusait l'investiture du duché de Mantoue. II entra, en 1630, en Savoie, attaqua Pignerol, et secourut Casai. Louis XIII était alors mourant à Lyon , où la reine-mère lui demandait la disgrâce d'un ministre qui le faisait vaincre. Celte princesse ramena son fils à Paris, après lui avoir fait promettre qu'il renverrait le cardinal dès que la guerre de l'Italie serait terminée. Richelieu se croyait perdu et préparait sa retraite au llâvre-de-Grâce. Le cardinal de la Valette, secondé par le fameux capucin le père Joseph , favori de Richelieu , lui conseilla de faire une dernière tentative auprès du roi. Il va trouver ce monarque à Versailles , où la reine-mère ne l'avait point suivi ; il a le bonheur de le persuader de la nécessité de son ministère , et de l'injustice de ses ennemis. Louis, qui avait sacrifié son ministre par faiblesse, se remit par faiblesse entre ses mains, et lui abandonna ceux qui avaient conspiré sa perte. Ce jour, qui est encore aujourd'hui nommé la Journée des dupes , fut celui du pouvoir absolu du cardinal. Le garde-des-sceaux , Marillac, et le maréchal, son frère, perdirent tous deux la vie , l'un en prison, etl'aulre sur un échafaud. Au milieu de ces exécutions, il concluait avec Gustave- Adolphe un traité pour défendre les protestants contre Ferdinand II : conduite bien inconséquente, dans un homme qui avait montré tant de zèle contre les protestants de Fiance. Mais tandis qu'il s'occupait des affaires du dehors , il avait à combatlre une foule d'ennemis au dedans, (iaston , duc d'Orléans , frère du roi, se relira en Lorraine, en protestant qu'il ne rentrerait point dans le royaume tant que le cardinal y régnerait. Un arrêt du conseil délara les amis de Gaslon criminels de lèse-majesté ; cl la reine Marie de Médicis , qui était mirée dans ses vues , alla finir ses jours à Cologne , dans un exil volontaire. Il y eut une foule de poursuites : on voyait chaque jour des poteaux chargés de l'effigie des hommes ou des femmes qui avaient ou suivi ou conseillé Gaston et la reine. Le maréchal de Bassompierre fut renfermé pendant le reste de la vie du ministre. Le maréchal duc de Monlmoren \ . gouverneur du Languedoc, crut pouvoir braver la fortune du cardinal : il se flatta <! chef de parti , cl leva L'étendard de la révolte, à la prière de (iaston d'Orléans . qui l'abandonna. Monlmorencj mourut sur un échafaud en 1632. 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