‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 177 sur 305 · VIII. Si deux ho · texte numérisé non relu

VIII. Si deux ho

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de l'un aient un doubl a par

ceux qui le suivent, et qi iscours de

l'autre n'aient qu'un seul sens, sj quel |U un, il pas du secret , entend discourir les deux en cette sorte , il en fera un même jugement. Mais si ensuite, dans le discours, l'un dit des choses angéliqu l'autre toujours d< et com-

munes et même des sottises, il jugera que l'un parlait avec mystère et non pas l'autre ; l'un ayant assez montré qu'il est incapable de telles sollisi ble d'être mystéri

et l'autre qu'il est ■ de mj

capable de solliv

IX. Ce n'est pas par ce qu'il y a d'obscur dans Mahomet et qu'on peut faire pa

avoir un sens mystérieux que je veux en juge, mais par ce qu'il y a de clair, son paradis et par le reste. C'est en cela qu'il est ridicule. Il n'en est pas de même de l'Ecriture. Je veux qu'il y ait des obscurités, mais il y a des clartés admirable- el des prophéties manifeste-; accomplies. La ; n'est donc pas égale. Il ne faut padre et égaler les choses qui ne se ressemblent que par l'obscurité el non pas par les i qui méritent, quand elles sont divines, q révère les obscurités.

L'Alcoran dit que saint Matthieu était homme de bien. Donc Mahomet était prophète, ou en appelant gens de bien des méchants, ou en ne les croyant pas sur ce qu'ils ont dit de Jésus-Christ".

X. Tout homme peut faire ce qu'a fait Mahomet , car il n'a point fait de mi'

n'a point été prédit, etc. Nul homme ne faire ce qu'a t'ait Jésus-Christ.

Mahomet s'est établi en tuant. hrist

en faisant tuer les siens; Mahomet en il. dant de lire , Jésus-Christ en ordonnant de lire. Enfin cela est si contraire que, si M met a pris la voie de réussir humainement, Jésus-Christ a pris celle de périr humainement. El au lieu de conclure que puisque Mahomet a réussi , Jésus-Chrisl a bien pu i sir, il faut dire que puisque Mahomet a réussi, le chrislianisme devait périr s'il n'eût élé soutenu par une force toute divine.

AUTlCI.r. XIII.

in de Dieu de se cacher aux uns et de se avrir aux av

I. Dieu a voulu racheter les hommes et ouvrir le salut a ceux qui le chercheraient.

PENCÉES DE PASCAL.

rca

Mais les hommes s'en rendent si indignes , qu'il est juste qu'il refuse à quelques-uns, à cause de leur endurcissement, ce qu'il accorde aux autres par une miséricorde qui ne leur est pas due. S'il eût voulu surmonter l'obstination des plus endurcis, il l'eût pu en se découvrant si manifestement à eux qu'ils n'eussent pu douter de la vérité de son existence, et c'est ainsi qu'il paraîtra au dernier jour, avec un tel éclat de foudres et un tel renversement de la nature, que les plus aveugles le verront.

Ce n'est pas en cette sorte qu'il a voulu paraître dans son avènement de douceur, parce que tant d'hommes se rendant indignes de sa clémence , il a voulu les laisser dans la privation du bien qu'ils ne veulent pas. 11 n'était donc pasjuste qu'il parût d'une manière manifestement divine et absolument capable de convaincre tous les hommes; mais i! n'était pas juste aussi qu'il vînt d'une manière si cachée, qu'il ne pût être reconnu de ceux qui le chercheraient sincèrement. 11 a voulu se rendre parfaitement connaissable à ceux-là, et ainsi , voulant paraître à découvert à ceux qui le cherchent de tout leur cœur, et caché à ceux qui le fuient de tout leur cœur , il tempère sa connaissance, en sorte qu'il a donné des marques de soi visibles à ceux qui le cherchent, obscures à ceux qui ne le cherchent pas.

Iï. Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire. Il y a assez de clarté pour éclairer les élus, et assez d'obscurité pour les humilier. Il y a assez d'obscurité pour aveugler les réprouvés, et assez de clarté pour les condamneret les rendre inexcusables.

Si le monde subsistait pour instruire l'homme dé l'existence de. Dieu , sa divinité y reluirait de toutes parts d'une manière incontestable: mais comme il ne subsisté que par Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, et pour instruire les hommes et de leur corruption et de la rédemption , tout y éclate des preuves de ces deux vérités. Ce qui y paraît ne marque ni une exclusion totale, ni une présence manifeste de divinité, mais la présence d'un Dieu qui se cache : tout porte ce caractère.

S'il n'avait jamais rien paru de Dieu , cette privation éternelle serait équivoque et pourrait aussi bien se, rapporter à l'absence de toute divinité qu'à l'indignité où seraient les hommes de le connaître. Mais de ce qu'il paraît quelquefois et non toujours , cela ôte l'équivoque. S'il parait une fois, il est toujours, et ainsi on ne peut en conclure autre chûsp sinon qu'il y a un Dieu, et que les hommes en sont indignes.

III. Le dessein de Dieu est plus de perfectionner la volonté que l'esprit, or la clarté parfaite ne ser\ irait qu'à l'esprit el nuirait a la volonté. S'il n'y a\ait point d'obscurité , l'homme ne sentirait pas sa corruption; s'il n'y avait point de lumière, l'homme n'espérerait point de remède. Ainsi il est non seulement juste, mais utile pour nous que Dieu

soit caché en partie et découvert en partie , puisqu'il est également dangereux à l'homme de connaître Dieu sans connaître sa misère et de connaître sa misère sans connaître Dieu.

IV. Tout instruit l'homme de sa condition ; mais il faut bien l'entendre , car il n'est pas vrai que Dieu se découvre en tout, et il n'est pas vrai qu'il se cache en tout. Mais il est vrai tout ensemble qu'il se cache à ceux qui le tentent et qu'il se découvre à ceux qui le cherchent ; parce que les hommes sont tout ensemble indignes de Dieu et capables de Dieu , indignes par leur corruption, capables parleur première nature.

V. Il n'y a rien sur la terre qui ne montre ou la misère de l'homme, ou la miséricorde de Dieu , ou l'impuissance de l'homme sans Dieu, ou la puissance de l'homme avec Dieu. Tout l'univers apprend à l'homme, ou qu'il est corrompu, ou qu'il est racheté; tout lui apprend sa grandeur ou sa misère. L'abandon de Dieu paraît dans les païens, la protection de Dieu parait dans les Juifs.

VI. Tout tourne en bien pour les élus, jusqu'aux obscurités de l'Ecriture; car ils les honorent à cause des clartés divines qu'ils y voient, et tout tourne en mal aux réprouvés, jusqu'aux clartés ; car ils les blasphèment à cause des obscurités qu'ils n'entendent pas.

VIL Si Jésus-Christ n'était venu que pour sanctifier, toute l'Ecriture et toutes choses y tendraient ; et il serr.it bien aisé de convaincre les infidèles. Mais comme il est venu in sanclificalionem et in scanda! uni , comme dit ïsàïè (Es., VIII, 14), nous ne pouvons convaincre l'obstination des infidèles : mais cela ne fait rien contre nous ; puisque nous disons qu'il n'y a point de conviction dans toute la conduite de Dieu pour les esprits opiniâtres, et qui ne cherchent pas sincèrement la vérité.

Jésus-Christ est venu afin que ceux qui ne voyaient pas vissent, et que ceux qui voyaient devinssent aveugles : il est venu guérir les malades, et laisser mourir les saints ; appeler les pécheurs à la pénitence et les justifier, et laisser ceux qui se croyaient justes dans leurs péchés ; remplir les indigents, et laisser les riches vides.

Que disent les prophètes de Jésus-Christ , qu'il sera évidemment Dieu? non : mais qu'il est un Dieu véritablement caché, qu'il sera méconnu, qu'on ne pensera point que ce soit lui ; qu'il sera une pierre d'achoppement, à laquelle plusieurs heurteront, etc.

C'est pour rendre le Messie connaissable aux bons et méconnaissable aux méchants, (pie Dieu l'a fait prédire de la sorte. Si la manière du Messie eût été prédite clairement, il n'y eût point eu d'obscurité, même pour les méchants. Si le temps eût été prédit obscurément, il y eût obscurité , même pour les bons ; car la bonté de leur cœur ne leur eût pas l'ait entendre qu'un □, par exemple , signifie si\ cents ans (l). Mais le temps a été

(l) L'auteur fait in allusion a ce que chez les Hébreux,

DÉMONSTRATION ÉVANGÉLIQ1 E.

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