‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 265 sur 305 · DE L'EGLISE · texte numérisé non relu

DE L'EGLISE

L'Eglise est un corps et un royaume tout divin, qui a Jésus-Christ pour chef et pour Sauveur. Son établissement est le plus grand ries miracles, n'y ayant rien de plus merveilleux dans toute la conduite de Dieu, que la manière dont il a formé l'Eglise par des instruments si faibles et par des moyens plus disproportionnés à un si grand effet. Jamais Dieu ne fit paraître d'une manière si éclatante l'empire souverain qu'il a sur les cœurs.

L'Eglise est proprement la société des saints qui servent Dieu sous un seul chef qui est Jésus-Christ. Dans ce sens elle a plusieurs parties : les saints qui sont dans le ciel en font la plus sainte et la plus excellente partie : c'est l'Eglise triomphante ; les âmes qui sont détenues dans le purgatoire pour y être purifiées de leurs péchés en font aussi partie : c'est l'Eglise souffrante ; les fidèles qui étant vivants sur la terre sont encore dans le combat et doivent opérer leur salut avec crainte et tremblement, en font la partie qui nous est la plus connue : c'est l'Eglise militante. C'est celle-là dont il est Irèsimporlant de connaître les qualités ou les marques qui la distinguent des autres sociétés, sa\oir qu'elle est une, sainte, catholique, apostolique , indéfectible et infaillible.

1 Due. Il n'y a qu'une Eglise de Jésus - Christ, et elle doit être une , parce qu'il n'y a qu'un seul troupeau et un seul p isteur.

i im' est l'épouse de.losus-flirist : orJésUS- "hrisl n'a qu'une épouse. Les Juifs et les Gentils, composant l'Eglise, ne font uu'un

seul édifice bâti sur léso -Christ, qui < la pierre angulaire. Enfin I I de Je us-Christ : or Jésu a'a poiui

plusieurs corps, quoique •■ c >rps akdiver» membres, due unité de l'Eglise a été figu ré par l'unité de l'arche, hors de laquelh personne aie lut sauve des eaux du déluge.

Dieu, pour cooseï riisc en unité,

a établi nue chaire et uaeaotoitilé supérieure pour veiller a la maintenir, qui est cette de l'Eglise de Rome. Il Caul donc que soi chef ait l'autorité qui lui est nécessaire pour la conservation de l'unité, afin que toute « sion de schisme soit ôlée ; et, quoique le souverain pontife n'use de celle puissance que selon la disposition et la détermination des saints canons, il est \ rai néanmoins que < V-t de droit divin et par l'institution de J' Christ, qu'il a tous les droits et les préa tives nécessaires pour travailler efficacement à maintenir l'unité, l'ordre et la discipline de l'Eglise qui lui ont ete particulière confiés

± Sainte. La sainteté véritable, c'eai-adire celle qui naît de la charité et de l'habilaiion du Saint-Esprit , est nécessaire au corps de l'Eglise ; de sorte que toute l'Eglise ne peut être une société dhvpocr aucune véritable sainteté intérieure. Ce n si point assez expliquer la sainteté de l'Eglise, que de ue la faire consister que dans la sainteté de la religion, de la doctrine, des sacrements et d'autres choses semblables qui regardent le culte extérieur ; il faut entendre par celle sainteté qui la fait appeler Si celle que Jésus-Chrisl lui a donnée par le mérite de son sang; et quoique la vraie sainteté de l'Eglise soit inféri ère, I). laisse pas de la distinguer par celle marque, et de la faire connaître à ceux qui s'en rent ; cfquelque désordre qui se trouve d ns l'Eglise, il y a néanmoins des vertus si étnineules dan:, la plup ri des samls de l'Eglise romaine, qu'on ne saurai! raisonnablement douter de quel côté est l'Eglise. 11 est vrai que l'Eglise est composée de bons et de méchants, de bon grain et de p aille : mais les méchants ne sont pas véritablement membres intérieurs du corps de Jésus-Chrisl : en ce sens ils sont dans l'Eglise, mais non de l'Eglise ; ils sont membres du vautour, cl non de la colombe; ils sont hors de l'Eglise, quoiqu'ils paraissent dedans.

3" Catholique. L'Eglise est catholique par l'universalité de la doctrine, en ce qu'elle condamne toutes les erreurs condamnées, et embrasse toutes les ventes définies; par l'universalité de communion, en ce qu'elle comprend tous les fidèles répandus par tout le monde: par l'universalité successive, eu ce qu'elle renferme tous h s temps depuis les apôtres jusque présent : car on ne peut marquer aucuu point où l'on puisse dire que l'Eglise romaine ait commencé depuis les .■'.poires jusqu'à ce !euqis-ici. OU ait été aci Usée de nouveauté, au lieu que l'on marque le. commencement de toutes les autres -, . tes.

4° Apostolique. L'Eglise que.

en ce qu'elle tire des ,., • doelrin

L'ESPRIT DE NICOLE SIR LES VÉRITÉS DE LA RELIGION

autorité et sa mission. L'Eglise ne fait pas profession d'être attachée à des révélations particulières, mais à la révélation faite aux apôtres; en sorte que ce qui n'est point coinpris dans cette révélation n'est point com pris dans sa foi. La doctrine des pères de l'Eglise est qu'une doctrine peut cire apostolique sans être insérée dans l'Ecriture , pourvu qu'elle soit contenue dans la tradition ; et il suffit, afin qu'une doctrine soit réputée apostolique, qu'elle soit enseignée par plusieurs pères, en rendant témoignage que c'était la doctrine de l'Eglise, et que personne ne les ait contredits sur ce point; il suffit même qu'une doctrine se trouve établie par toute l'Eglise, sans qu'aucun auteur catholique l'ait combattue comme une nouveauté et une erreur : car c'est une marque qu'elle a été établie par les apôtres ou par les conciles généraux.

5" Indéfeclibilité. L'Eglise de Jésus-Christ ne peut périr, et il y aura toujours une Eglise visible, parce qu'il y aura toujours des pasleurs établis par Jésus-Christ. Jésus-Christ a promis à ses apôtres d'être toujours avec eux, non pour un temps seulement, mais jusqu'à la consommation des siècles ; ce qui renferme une promesse authentique de la perpétuité de l'Eglise, puisque Jésus Christ s'oblige par là d'être toujours* avec ses mi- 11 i 1res, et qu'il déclare que ses ministres prêcheront toujours toutes les vérités qu'il leur a annoncées, et que jusqu'à la consommation des siècles ils recevront dans son Eglise, par le baptême, ceux qui voudront y en lier.

G" Infaillibilité. L'Eglise ne serait pas perpétuelle et incapable de périr si elle pouvait faillir et prendre le mensonge pour la vérité à l'égard de la foi. Celte infaillibilité, de l'Eglise consiste en ce qu'elle ne peut enseigner généralement par la bouche de tous ses éveques cl de tous ses docteurs une doctrine de fui, et en exiger la confession sans que cette doctrine soit véritable. L'Eglise, pour discerner la vérité de l'erreur, consulte toujours la tradition, et son infaillibilité consiste en ce que Dieu l'assiste à ne pas s'en écarter. S'il y a contestation, l'Eglise s'assemble en concile. Il y a des conciles particuliers qui portent leur jugement sur les points contestés en consultant la tradition ; et quoiqu'ils puissent se tromper et être réformes par des conciies généraux, s'ils sont dans la suite acceptés de toute l'Eglise, leur décision devient, par celte acceptation, Entièrement certaine, parce que l'Eglise ne peut errer. A l'égard des conciles généraux, lorsqu'ils sont légitimement assemblés, et que les évéques y opinent avec liberté , ils renferment alors l'autorité de toute l'Eglise, et on ne doit point douter que leur décision ne soit vraie ; et l'acceptation qu'en fait l'Eglise ne donne pas proprement la certitude el l'infaillibilité à leurs dérisions, mais rend seulement notoire que. les choses ont passées régulièrement dans le concile. A règàru dfl la décision des points de fait, le

sentiment des théologiens est que les conciles même généraux peuvent se tromper dans

les faits non révélés ; et qu'à l'égard du pape, il n'est pas de foi qui soit infaillible; c'est même le sentiment de l'Eglise de France qu'il peut se tromper, et qu'il a au-dessus de lui Je concile général.

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