ACTE PREMIER S
CLARISSE, jouant un air de Sylviéi.
Oh! ça c'est gentil.
Pontferrand, à moitié endormi, fredonne l'air que joue Clarisse. MADAME DE PONTFERRAND, à madame Brissot.
Mais il faut que mademoiselle votre fille ait beaucoup travaillé pour arriver à chanter ainsi.
MADAME BRISSOT
Elle a beaucoup travaillé, oui, Madame, avec un vieil ami à nous, professeur de chant au Conservatoire et qui voulait absolument la faire entrer au théâtre. Il assurait qu'elle pourrait gagner cent mille francs par an.
MADAME DE PONTFERRAND.
Ce n'est pas trop pour consentir à monter sur les tréteaux.
THOUVENIN
Il y a des tapis. Madame.
Pas pour les danseuses.
PONTFERRAND.
Mais mademoiselle Brissot ne dansait pas, bonne amie.
MADAME DE PONTFERRAND.
Du moment que c'est en public et pour de l'argent, danser ou chanter, c'est toujours la même chose.
THOUVENIN, à part.
Aimable femme, (iiaut.) Seulement, Madame, il y a une différence. Les sourds aiment mieux la danse et le.s aveugles aiment mieux le chant.
MADAME DE P 0 NTFE RR AND, à André
Qu'est-ce que c'est que ce monsieur?
ANDRÉ
C'est un grand manufacturier, un grand agronome» une grande fortune, et par là-dessus, un grand cœur»
MADAME DE PONTFERRAND,
Vous le nommez ?
ANDRÉ
Thouvenin.