ACTE QUATRIEME
Je comprends que vous fassiez venir Denise, bien que sa présence soit presque aussi pénible pour moi que pour TOUS, mais qu'est-ce que M. de Bardannes et M. Thouvenin ont à voir dans toute cette affaire.
BRISSOT
Ils ont à être témoins de ce qui va se passer entre nous et qui est chose très sérieuse, de façon que, le jour où l'engagement que vous allez prendre ne serait pas tenu, comme je tiendrais, moi, celui que j'ai pris, ces deux hommes pourraient déclarer que je n'ai fait que ce que j'avais le droit de faire.
MADAME DE THAUZETTE.
J'ai à vous prévenir que je n'ai que peu de fortune. Je ne pourrai donner à mon fils qu'une très modeste pension.
BRISSOT
Tant mieux; il sera forcé de travailler, ce qu'il aurait dû faire plus tôt. Quant à sa femme, elle travaillait; elle reprendra ses habitudes d'autrefois.
MADAME DE THAUZETTE.
Quand il sera marié, je ne réponds plus des suites d'un mariage contracté dans de pareilles conditions.
BRISSOT
J'en réponds, moi. Tant que je vivrai, votre fils se conduira Isien et je vivrai encore quelque temps, du moment que je ne suis pas mort il y a une heure. (André et Thouvenin entrent.) Je VOUS demande pardoti. Messieurs, de m'être permis de vous déranger, mais je tiens absolument à ce que vous soyez témoins tous les deux de ce
qui vase passer ici. (Denise entre d'un autre côté avec sa mère.)
Monsieur le comte, vous m'avez fait l'honneur de me
demander la main de mademoiselle Brissot. Elle vous a avoué ce qu'elle n'avait jamais cru devoir me dire à moi, qu'elle n'était plus libre. Vous reprenez daac votre parole, monsieurlecomte,comme je reprendrais la mienne, si j'étais à votre place. C'est avec M. de Thauzette que mademoiselle Brissot avait pris des engagements secrets, et madame dé Tiiauzette vient réclamer des droits de priorité et me demander pour son fils la main de ma fille.
(A madame de ThauzeUe.) Est-Ce Vrai, Madame? MADAME DE THAUZETTE.
C'est vrai. Mon cher Brissot, j'ai l'honneur de vous demander, ainsi qu'à mon amie madame Brissot, la main de votre fille pour mon fils.
MADAME BRISSOT, bas, à Déni»».
Du courage.
J'en aurai.
BRISSOT
C'est bien au nom de votre fils. Madame, que vous engagez votre parole.
MADAME DE THAUZETTE.
En son nom et sans aucune réserve.
BRISSOT
A quelle époque désirez-vous que le mariage se fasse?
MADAME DE THAUZETTE.
Quand il vous plaira.
Le temps de remplir les formalités nécessaires.
MADAME DE THAUZETTE.
Soit. Ici ou à Paris?