‹ Département de l'Yonne. Documents relatifs à la vente des biens nationaux dans le district de SensChapitre 166 sur 267 · MENSE ABBATIALE · texte numérisé non relu

MENSE ABBATIALE

FERMK KT CHATEAU DE COURGENAY (1)

Nous nous sommes transportés audit lieu de Courgenay. En y entrant du côté du midi, nous y avons vu le logement du receveur de la mense abbatiale (n° 200), petit cor})s de logis composé d'un rez-de-cbaussée seulement, construit depuis cinq à six ans, assez solidement dans les murs qui sont en bonne maçonnerie, moins solidement dans la charpente et autres bois qui ne sont qu'en peuplier ; devant ce corps de logis, un jardin, et derrière un accin, partie en chenevière, le tout contenant 5 quartiers, ce que nous estimons pouvoir être loué par chaque année 50^, en y joignant trois petites élables ou écuries dont jouit actuellement le receveur, dans la basse-cour de l'ancien château, sur la même ligne que les bâtiments et le long de Taccin au midi; pour ledit logement 50*

Attenant est la ferme du château, d'un côté (n" 200), et, de l'autre, le moulin de Courgenay (n° 196).

La ferme, comme le porte l'état désignatif, consiste : en bâtiments, en -173 arpents de terre ou environ, tant en labours qu'en friches; en 6 arpents de prés en plusieurs pièces, avec différentes parties de dîmes (no 200); trois fours, ci-devant banaux, sous le couvert de la ferme, et 70 arpents 95 perches de bois (n» 203), divisés en 6 coupes pour le chauffage de ces fours.

Comme les banalités et les dîmes sont supprimées, on ne peut sans doute s'arrêter au bail du fermier, et à cet égard nous n'avons pas cru nécessaire de prendre informations sur le prix de ce bail ; mais, parcourant et visitant les terres et bois, nous avons vu que les terres du finage de Courgenay qui dépendent de ladite ferme, partie au midi, partie au nord du village, et s'éteiident jusqu'auprès du bois des Livannes, sont pour la majeure partie des terres caillouteuses, blanches, des créasses, même apparentes dans plusieurs endroits, ce qui fait que le quart au moins des 473 arpents reste inculte et ne peut porter que de l'avoine, de 3 ans en 3 ans ou environ ; raisons qui nous ont déterminés à n'estimer le produit de ces terres (}u'à 30 sols par arpent, en y comprenant toutefois sur le même pied les prés, sans lesquels un fermier ne voudrait point se charger de ces terres.

» 1 1 Voir Arch. Youne. H

124 DKCLARATIONS Kl' INVKNTAIHKS

Les prés dont il s'agit, en j)lusieurs pièces de très mauvaise nature, ne donnent presque que du jonc et de très grosses herbes ^ au moyen de (juoi, nous avons cru qu'en réunissant les terres aux prés, ce ([ui forme 479 arpents, ils ne pouvaient être estimés ensemble i)lus de 30 sols l'arpent ; en somme, ci 718*

HOIS DK I.IVANNKS

Les 70 arpents 95 perches de bois dits Li vannes (n" 203), à un quart de lieue de Courgenay, sur le chemin de Nogent-sur-Seine^ situés sur une élévation (jui domine la plaine et la vallée de Courgenay et s'incline en une pente douce au sud de Nogent, le surplus dit Canton tant dans la pente cjue dans le vallon en meilleur fonds sans être très hàtif, le sol altéré, d'ailleurs, par de trop fréquentes coupes, ne produiront que de la broussaille qui périt dans les troncs, même sur la hauteur en créasse où Ton remarque plus de 6 arpents de vide sur ces bois, peu de futaie et de fort mauvaise espèce, telle qu'en peuvent produire des taillis qui se coupent à neuf et dix ans, les meilleurs arbres abattus depuis trente ans, au moyen de ce que le Conseil en a permis la coupe pendant deux révolutions subséquentes sur lesquelles observations, attendu que ces bois réglés à dix ans forment un revenu annuel, sans entrer dans le détail du prix du fonds des feuilles et de la futaie, avons estimé ([ue les 10 arpents 9 perches à couper chaque année pouvaient produire tant du taillis qu'en futaie, sous les réserves ])rescrites, 605+*^ 8 sols, à raison de 60*^ l'arpent, ci 605^^

MOULIN' I)K COUHGKNAV (1)

Nous n'avons j)u estimer aussi, d'après le bail, le moulin de C^ouigenay. ci-devant banal ( n" 19()). Il perd successivement de son piix par la sui)pression des banalités, ('onsidérant donc ce moulin, ses bâtiments, jardin et chènevière, le tout d'un arj)ent, et (jue le meunier jouit en outre de 15 arpenls de terres labourables, de 2 aipenls de j)ré — ces terres et pré, comme ceux de la ferme du château, — et de deux fosses à rouir le chanvre, ci-devant banales (n" 201), avons jugé fju'il était jiossible de comparer ce moulin à celui de la l)asse-cour de \'auiuisant, dont nous avons fait ])réeé(l('mm('nt estimation.

ihAirli. VoiiiH'. Il 7I-;Mi;mi\ (|r|mis l.')ilili.

CLKHGÉ HKGII.IKR 125

Si celui de C.ourgenay semble réunir plus d'avantages, parce Tliiil jouit de plus grande quantité de terres et de deux roises, ces avantages sont compensés par la moindre quantité d'eau et de prés attachés audit moulin, que nous estimerons en capital, comme celui de la basse-cour de Vauluisant, la somme de 4.836-

DROITS SEKJNKIIUALX Sllî COUHGKNAV

* * Les censives en argent produisent 2.250^

* * Les censives en nature montent à ;

300 bicliets froment, à 2^ o s. 4 d 680"

400 bichets seigle, à 1" 400-

300 bichets d'orge, à 18 s 270"

Page 1