PRÉCY
Privilégiés. — MM. de La Briffe, le curé, l'abbé Lelardeux, prêtre, les Bénédictins de La Charité. Supp. desd. privilégiés : 370 1.
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : bâtiments à ('usage du titulaire : 50 1., petit closde 2 fortes boisselées : 3 1., 1 bois- ■ de jardin : 3 I., 9 boisselées ou 2 arpents de terre : 6 L, grosses el menues dîmes anciennes : 428 1., dîmes novales : 120 L, dîmes de lainage et ebarnage : 60 l.,gros de 45 boisseaux de froment et autant de inarsèche : 148 1. 4 s., fondation en argent : 25 1. ; total : 843 1. 2° les Bénédictins de La Charité : 279 L 16 s., charges : comme (Itrimateurs, les réparations du chœur et chancel et du clocher parce qu'il est sur le chœur; 3° les archidiacres de Bourges : 45 1. ; 4° le curé de Garigny : 381. (Cp. 2675).
': Cure. — Revenu en 1791 : 1.754 L, charges : 85 1. 14 s. 6 d. pour les réparations (L. 78, f° 5). Patron en 1772 : le prieur de Berry, infirmier de La Charité.
Sources a consulter — Bailliages de Sancergues, Précy et Le Coudray, B. 3118-3422 ; marquisat de Sancergues, E. 9-169; Frémont, II, 395.
2° PROCÈS-VERBAL D'ASSEMBLÉE (Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le 2 mars, en l'auditoire de la justice et paroisse du lieu, sous la présidence de Louis-Pierre-Fleury Moreau, ordinaire du bailliage et marquisat de Précy, Sancergues et Saint-Martin-des-Champs.
Population. — 104 feux.
Comf'arants. — Jean Jorandon, syndic, Guillaume Vandard, Jean ! auverjat, Maurice Gorget, François Masselon, François Bachelier, Jean Prévôt, Pierre Mallet, Pierre Loiseau, Jean Veslin, Lazare Chapelier, Jean Seyrat, Louis Aillot, Jean Bachelier, Charles
lias, Denis Chaugny, Jean Ducrot, Pierre Colinet, André Desmoulins, Laurent Rameau, François Chambert, Jacques Boulassier,
nne Cortin, Pierre Bachelier, François Garnaud, Jacques Ferbaut, Jean Noël, Jacques Charbonnier, Jean Alliot, Jean Thibaut,
ire Girault, Pierre Roland, Jean Poupin, Pierre Balland, Jean Lecomte.
iés. — Maurice Gorget et Etienne Courtin. natures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé. Paraphe de Fleury Moreau, président de l'Assemblée. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Cahier des remontrances des habitants de la paroisse de Prêcy.
M. le Président a dit :
Messieurs,
Vous êtes assemblés par ordre du Roi et en vertu de l'ordonnance de M. le lieutenant général du principal bailliage du Berri pour délibérer sur les abus qui se sont glissés dans les différentes parties de l'administration comme aussi sur les besoins de l'État, faire vos remontrances, plaintes et doléances, en conséquence nommer des députés pour vous représenter. Peut-être que le mot de Besoin de l'État vous effraie. Rassurez-vous, Messieurs ; Sa Majesté, qui vous donne elle-même dans l'effusion de son cœur la qualité de Conseil et d'amis, n'entend point vous surcharger; son intention au contraire est que les trois ordres du royaume supportent également et proportionnellement sans distinction de privilèges et d'immunités chacun leur quote-part de la dette de l'Etat. Il semble même que les deux premiers ordres dont vous aviez peut-être à vous défier, pénétrés des sentiments d'affection de Sa Majesté pour vous, répondent déjà à ses intentions bienfaisantes. Le Roi n'a jamais cessé de vous regarder comme la partie la plus nombreuse, la plus utile et la plus précieuse de son peuple; elle vous rend à vous-mêmes ; elle brise les liens dont d'antiques usages vous enchaînaient depuis longtemps; elle veut alléger le fardeau qui pèse trop sur vous. Déjà, Sa Majesté le partage ellemême par les sacrifices qu'elle a faits. Vous ne les ignorez pas, Messieurs, et vous savez de même que le Roi ne se croira heureux qu'autant que tout son peuple le sera. C'est pour y parvenir qu'elle convoque les États généraux, qu'elle vous y compte pour moitié et vous cesseriez d'être Français, vous perdriez cette précieuse qualité, ce glorieux surnom que toutes les nations vous donnent du premier peuple du monde qui aime et qui sacrifie le plus à ses rois.
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Remontrent :
1° De fixer avant tout la constitution du gouvernement, établir un ordre fixe et durable dans toutes le parties de l'administration, s'assurer de la dette de l'Etat, examiner la recette et la dépense afin de proportionner la dépense à la recette.
2° De n'accorder d'impôts que pour cinq ans et tous les cinq ans demander une assemblée nationale qui accordera les subsides suivant les besoins constatés et vérifiés.
3° D'obliger tous ministres à rendre compte annuellement de leur administration au Roi et à la Nation.
4° De n'accorder qu'un seul impôt représentatif de tous les autres qui sera également supporté par les trois ordres du royaume, proportionnellement à leurs biens, revenus, bénéfices et industrie.
La corvée doit être pareillement supportée indistinctement par les trois ordres, réduite au vingtième de l'imposition au lieu du tiers et, par de là avec les accessoires que nous payons dans cette province, au principal de la taille, charge énorme et sous laquelle plie tout agriculteur.
5° De demander la suppression des receveurs généraux et particuliers ; qu'il n'y en ait qu'un seul pour chaque province et que chaque ville, paroisse et communauté, ordre ou corps soit autorisé à verser directement ses fonds au trésorroyal ou entre les mains du receveur de la province à son choix.
G0 Gomme aussi et par la suite de demander celle des cinq grosses fermes et dès actuellement celle des Aides, sel et tabac, la réformation des abus dans la perception des droits de contrôle et insinuation, la suppression du papier marqué, toutes charges qui pèsent énormément sur le peuple, dont moitié n'entre point dans les coffres du Roi et enrichit les fermiers receveurs généraux à un point d'opulence outrageante pour la nation. Que de bras alors rendus au commerce et à l'industrie ! Que de malheureux flétris chériraient la patrie, loin de la fuir et de la détester.
7° La suppression des charges d'huissiers-priseurs royaux, qui se rendent les héritiers des familles, gardent les deniers
des ventes, soit en mendiant des oppositions, soit pour d'autres prétextes, s'en approprient la majeure partie par les frais énormes qu'ils font et dont les plaintes journalières portées contre eux nécessitent absolument la suppression, étant préférable pour le bien public que chaque province en fasse plutôt le remboursement si l'Etat est dans l'impuissance de le faire dans le moment et que la liberté soit rendue aux citoyens qui pourront faire vendre par tel huissier qui leur conviendra et avec lequel ils pourront composer.
8° De demander encore le rachat des rentes seigneuriales, terrages et champarts, soit laïcs soit ecclésiastiques, sur le prix fixé par les Etats généraux, droits onéreux inventés par la féodalité, remboursés cent fois, qui font languir l'agriculture, écrasent l'industrie du colon et découragent le propriétaire; ne laisser aux seigneurs que le seul droit de cens portant profit de lods et ventes et, sur le refus fait par les seigneurs de recevoir, être autorisé d'en faire le remboursement au Trésor royal qui lui en payera l'intérêt.
9° Qu'au lieu des justices seigneuriales il n'y ait qu'un tribunal de conciliation qui juge des différends, comme d'anticipation médiocre sur un héritage, des dommages occasionnés par les bestiaux. Que leurs officiers ne connaissent que de la police, des tutelles, curatelles, appositions de scellés, inventaires, prestations de serment et autres affaires d'hôtel, affaires civiles, mais légères et simples, que les parties plaideraient elles-mêmes ou par procureur, dans lesquelles il serait absolument défendu d'écrire et que tout autre litige soit attribué aux juges royaux afin de n'avoir tout au plus que deux degrés de juridiction à essuyer.
10° Que les abus énormes qui se sont introduits dans les justices royales et supérieures, malgré la surveillance des magistrats, soient réformés et punis sévèrement, de manière qu'on ne soit plus exposé à se ruiner pour conserver un quid disputé.
11° Que toutes les justices d'attribution soient supprimées et jointes aux sièges royaux; on en sent la nécessité, il est donc inutile de la détailler.
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12° Que iecasueï de MM. les Curés le soit aussi, la religion en paraîtra plus sainte aux yeux du vulgaire. Qu'en conséquence, leur revenu soit augmenté non seulement proportionnellement, mais de manière à les mettre à môme de soulager les indigents de leur paroisse, ils en seront plus chéris et respectés. Personne n'ignore que le casuel est une double charge, inventée par les gros décimateurs, la dîme étant partout suffisante et la seule charge que les fidèles aient consenti à s'imposer.
13° Le Gouvernement dans sa sagesse a établi des écoles vétérinaires dont les élèves ne sont point assez multipliés, les sujets qui en sortent assez exacts. Ils devraient môme avoir un certain arrondissement et se trouver au moins une fois par mois aux messes paroissiales, être taxés pour leurs visites1.
Quelques provinces ou administrations ont établi des cours pour des sages-femmes2. Leurs vues n'ont point été remplies ; beaucoup de paroisses en manquent, ce qui cependant est de la plus grande utilité, car on n'a pas d'idée combien de femmes et d'enfants périssent par l'ineptie des sagesfemmes de campagne3.
1. En 1781 et 1782, l'assemblée provinciale du Berry avait appelé des élèves de l'école d'Alfort (C. 1219). En même temps, elle consacrait dès cette époque des sommes importantes pour enrayer les épizooties et assurer le traitement des maladies des bestiaux (C. 1219 et 1220).
2. En 1767, l'intendant Dupré de Saint-Maur avait institué dans sa généralité des cours d'accouchement. Dans ce but, il avait fait venir une dame Ducoudray, maîtresse sage-femme de Paris, « célèbre tant par ses succès dans son art que parl'invention d'une machine propre à démontrer et rendre sensible aux élèves les moins susceptibles de raisonnement la manière d'opérer dans les cas les plus difficiles.» Chaque cours durait deux mois et il pouvait y être admis jusqu'à cent élèves. Les paroisses étaient invitées à y envoyer « les sujets les plus capables de profiter des instructions », à charge de pourvoir aux frais de séjour des personnes qu'elles désigneraient. Ces cours eurent lieu successivement à Bourges le 1er janvier et le 15 mars 17<>s, i Usoudun le 25 mai et à Chàteauroux le 1er août (Arch. du Cher, C. 319). Des cours semblables eurent lieu également en 1781. Les années suivantes, l'Intendant, de concert avec la Commission intermédiaire, en institua d'autres dans les principales villes du Berry (Arch. du Cher, C. 320).
3. C'est également la plainte que fait entendre, en 1787, le curé de Garigny, qui, envoyant à l'Intendant le chiffre des décès, ajoute que s'il est si considérable c'est parce que « plusieurs femmes se sont blessées et quelques-unes ont péri dans ces fausses-couches ». « Il serait à désirer, dit-il encore, que les vues du gouvernement fussent remplies pour ce qui regarde les sages-femmes, mais qu'il en est peu d'instruites, non seulement dans ma paroisse, mais encore dans les environs » (Arch. du Cher, C. 157).
Mais, ce qui ne serait pas moins précieux à l'humanité et utile au Gouvernement, ce seraient des chirurgiens, par lui établis dans les campagnes, qui auraient fait leurs cours, qui seraient gagés et auraient une pharmacie, obligés de voir et soigner les pauvres gratis. Tous devraient être inspectés par le juge et, en son absence, par le curé. Que de malheureux périssent par l'ignorance crasse des chirurgiens de campagne qui ne savent que saigner et donner l'émétique1 !
Il est honteux pour les seigneurs qu'on soit forcé de faire cette demande au Gouvernement, tandis qu'ils auraient dû depuis longtemps en faire le sacrifice.
14° Établir dans chaque paroisse un maître d'école pour instruire la jeunesse.
15° Établir de même un prix d'agriculture, qui serait distribué tous les trois ans par le juge du lieu, assisté de deux notables, du syndic et de M. le curé, à la pluralité des suffrages, au meilleur laboureur de la paroisse. On sent la nécessité de cet établissement.
16° Le syndicat ne devrait être occupé que par les plus notables et les plus instruits de la paroisse. Elle en serait mieux gouvernée, tandis qu'elle l'est, pour l'ordinaire, par gens qui ne savent même pas lire et qui y sont comme à vie. Pour cela, il faut l'honorer, le distinguer, car le Français ne se conduit pas autrement.
17° Extirper la mendicité et, pour y réussir, assurer un fonds à chaque paroisse pour le soulagement de ses pauvres.
18° Enfin, que les députés chargés du présent cahier ne nommeront pour député aux États généraux qu'un citoyen de l'ordre du Tiers état, et non un noble ou tout autre jouissant des privilèges de la noblesse, lequel ils autoriseront à accorder les subsides jugés nécessaires par les États pour l'acquittement de la dette publique, les trois ordres de l'État réunis, celui du Tiers faisant moitié et comptant par tête, lesquels subsides seront supportés également et proportionnellement par les trois ordres du royaume.
1. Un nommé Soucier, chirurgien de Baugy, avait administré 17 grains d'émétique à un malade qui en mourut le lendemain (G. 131, Lettre du subdélégué de La Charité à l'Intendant, 18 août 1786).
QUANTILLY 207
Telles sont, les demandes, remontrances, plaintes et doléances de la paroisse de Précy, faites et arrêtées le deux mais mil sept cent quatre-vingt-neuf.
Paraphé ne oavietur.
Gorget, Masselon, Rameau, Noël, Roland, Moreau, Louault, greffier, Balland.
QUANTILLY
Identification. — Cher, arr. Bourges, con Saint-Martin-d'Auxigny. Général., élect. et grenier à sel de Bourges.
Population. — En 1793 : 763 habitants (L. 175) ; aujourd'hui : 671. Mouvement en 1788: N. 28, M. 2, D. 26 (G. 162; .
Plumitif pour 1789. — Mgr l'Archevêque. 124 feux. Blés et bestiaux. 4 1.2 s. par feu pour le principal. Taillables : 4 laboureurs dont 1 de 33 1., 1 de 21 1., 2 de 10 à 20 1. et 120 manœuvres dont 2 de 10 à 20 L, 118 au-dessous de 10 1. Gomme dans le général de l'élection (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 510 1. ; access., 275 1.; capital, 284 1. ; au total : 1.069 1. Vingtièmes, 400 1. 8 s. (G. 1109 et 1170).
Privilégiés. — 5 ecclésiastiques, 2 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 134 1. 15 s. (L. 2083).
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale et autres bâtiments en dépendant: 501., 2 boisselées de jardin: 4L, 32 boisselées de terre : 32 L, 2 arpents de pré : 30 L, rentes actives : 40 L, supplément de portion congrue : 84 L, 63 boisseaux de fromenl à 40 s. : 126 L, 48 boisseaux de méteil à 30 s. : 72 L, 160 boisseaux d'avoine à 12 s. : 96 1. A cette cure est réunie une fondation appelée la chapelle des Berts produisant, toutes charges payées, 334 1. ; total : 868 1. Charges: à la seigneurie de Quantilly une rente de 2 1. ; 2° la vicairie de Sainte-Catherine dont le curé de Saint-Bonnet est titulaire : 60 1. ; 3° abbaye de Saint-Ambroix : 600 1. ; 4° Nota : on croit qu'il y a dans cette paroisse des biens dépendant de l'archevêché (C. 383bis).
Cure. — Revenu en 1791 : 545 1. 14 s. (L. 75, f°40). Patron en 1772 : l'archevêque.
Sources a consulter. — La Thaumassière, III. 159 ; Frémont, II, 279.
2° PROCÈS-VERBAL D'ASSEMBLÉE (Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le 1er mars, au banc d'œuvre de la paroisse de Quantilly, sous la présidence de François-Léonard Goblet, notaire de Saint-Palais et de Quantilly.
Comparants. — Jean Rabillon, syndic, Etienne Rabillon, marchand, François Rabillon, marchand, Jean Vilpellé, fermier, Joseph Jacquier, Pierre Lerasle, François Dupont, Paul Clavier, François Remanjon, Jacques Chambellan, Pierre Vilpellé, Jean Berthé, Pierre Lerasle, François Jacquier, Pierre Jacquier, laboureurs ; Pierre Clavier, Pierre Bailly, Etienne Chotard, Pierre Jacquier, Thomas Mouton, Pierre Verrière, Jacques Fournier, Etienne Auger, Etienne Auger, Etienne Bailly, Pierre Assadet, Paul Giraudon, Silvain Chotard, Antoine Rossignol, Pierre Gimonet, Georges Lerasle, Jean Morin, Jean Prieur, Jean Berthon, Jean Giraudon, Jean Morin, Jean Sochet, Pierre Perreau, Henri Dupont, tous manœuvres.
Députés. — Etienne Rabillon, marchand, et Jean Rabillon, syndic.
1 seule signature, qui est celle du Président.
(Ms. original signé. Paraphe de Gobert. Arch. du Cher, titres incend.,
Cahier des habitants de la paraisse de Quantilly.
Les susdits habitants, s'étant occupés de la rédaction de leur cahier de doléances, plaintes et remontrances que les députés du Tiers état doivent présenter à l'assemblée des Etats généraux, chargent les mêmes députés, sur leur honneur et conscience et sous la foi du serment, de demander de la manière la plus forte et avec toutes les instances possibles qu'il plaise au Roi :
1° De rétablir les grands bailliages comme le plus grand bien qu'il puisse procurer à ses sujets.
QUANTILLY 299
2° La suppression de la gabelle pour arrêter l'effusion du sang français et que le sel soit marchand comme dans les provinces des petites gabelles.
3° La suppression du casuel des curés dans les campagnes, comme un tribut aussi odieux pour eux que pour leurs paroissiens qui paient une dîme suffisante pour l'entretien de leurs pasteurs.
4° Qu'il plaise au Roi de ne mettre sur tous ses sujets qu'un seul et unique impôt pour tous les besoins de l'État et que ce seul et unique impôt soit réparti sur le haut et bas clergé, sur la haute et basse noblesse, sur le Tiers état d'une manière juste et légale, à proportion de ce que chaque particulier possède de propriété ou d'industrie.
5° Que, lorsque le bien des pupilles ou mineurs exigera l'apposition des scellés ou de faire un inventaire des meubles de leurs père et mère, le juge du lieu, son lieutenant, greffier et huissier ne puissent demander aucune vacation ou rétribution quelconque si la succession ne va pas à mille livres pour le mobilier, parce qu'il arrive très souvent, surtout dans les campagnes, que les meubles ne suffisent pas pour payer les frais de justice et que les infortunés pupilles et mineurs n'ont pas un seul drap qu'ils puissent arroser de leurs larmes ; que, cependant, il plaise au Roi ordonner à ces officiers de justice de procéder à la mise des scellés et à l'inventaire à la réquisition des parents des infortunés pupilles et mineurs, à peine d'en répondre solidairement en leur propre et privé nom, sauf à eux de recourir pour leurs honoraires aux seigneurs qui les ont pourvus ou à telle autre voie que la sagesse de Sa Majesté, qui ne respire que pour soulager les pauvres, lui inspirera.
G0 Demander que les députés aux États généraux délibèrent en commun et donnent successivement leurs voix, pour être comptées par tête et non par ordre, parce que c'est cette prépondérance de deux voix dans la délibération par ordre qui est le principe des abus et des injustices contre lequel le Tiers état est fondé de réclamer ; qu'il faut, par conséquent, changer la forme des délibérations par ordre quand même elle aurait une autre base que
l'usage, qu'il suffirait qu'elle fût le principe des abus, contre lequel le Tiers état doit réclamer et implorer la justice du Roi et intéresser son inclination bienfaisante pour le Tiers état.
Et à l'égard des autres demandes, doléances et remontrances qui doivent être présentées à l'assemblée des États généraux, les susdits habitants de la paroisse de Quantilly en réfèrent aux lumières des députés du Tiers état à l'assemblée des Etats généraux avec promesse d'adhérer, agréer et se soumettre à tout ce que par lesdits députés sera proposé, délibéré et accordé et ont signé ceux qui ont su.
Ont encore demandé les susdits habitants que le Roi soit instamment supplié de réduire le contrôle au même taux où il était lors de l'édit de création, de même que le centième denier et, enfin, que les aides et entrées des villes soient entièrement supprimées.
Rabillon, député, Rabillon, Jean Vilpellée,
Lerale, Jaquet, Dupont, Giraudon, Jean
Clavier, Chotard, Pigny, Assadé, Verrière, Gobert.
RIANS
Identification. — Cher, arr. Bourges, con Les Aix-d'Angillon. Général., élect. et grenier à sel de Bourges.
Population. — En 1793 : 1.018 habitants (L. 175) ; aujourd'hui : 824. Mouvement en 1788 : N. 35, M. 14, D. 33 (G. 162).
Plumitif pour 1789. — M. le marquis de Chauvigny. 135 feux. Blés et bestiaux. 10 1. 13 s. par feu pour le principal. Taillables : 18 laboureurs dont 1 de 84 L, 1 de 73 L, 1 de 58 1., 2 de 40 à 50 L, 4 de 30 à 40 L, 9 de 20 à 30 1. et 117 manœuvres dont 14 de 10 à 20 1., 103 au-dessous de 10 1. La récolte en froments passablement belle ; beaucoup de petits blés (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 1.440 1. ; access., 778 1. ; capi-
RIANS
:*oi
tat,, 8021.; au total: 3.0201. Vingtièmes, 1.17:5 I. 5s. 3d. (G. L109
et 1170).
Privilégiés. — 9 ecclésiastiques, 7 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 335 1. 5 s. 1 d. (L. 2083).
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : presbytère et jardin : 40 1., terres et prés : 131- 1. 17 s. ; total : 174 1. 17 s. ; 2° le chapitre des Aix : 176 1. 10 s. (G. 583bis).
Cure. — Revenu en 1791 : 1.361 1. 19 s. ; dépenses : 131 1. (L. 75, f° 36). Patron en 1772 : le chapitre Saint-É tienne.
Sources a consulter. — Frémont, II, 195.
2° PROCÈS-VERBAL D'ASSEMBLÉE (Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le 1er mars, sous la présidence de Quillerier, curé de la paroisse.
Population. — 120 feux.
Comparants. — Biaise Henriet, Charles Lemant, Silvain Pauron, Antoine Chabin, Claude Chabin, Silvain Legeret, Silvain Estève, Jean Cordier, Antoine Milhien, Claude Loiseau, Silvain Dubois, Simon Raffin, Gabriel Grassoreille, Etienne Ferrand, Léonard Rabanet, Jean Pasdeloup, Jean Pasdeloup, Pierre Estève, Silvain Triballat et autres.
Députés. — François Bailly et Louis-Sébastien Pelle.
17 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé. Sans paraphe du Président qui n'a pas signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Cahier* de plaintes et condoléances (sic).
Pour satisfaire aux ordres du Roi, en exécution de ses lettres données à Versailles le 24 janvier 1789 pour la convocation des États généraux, du règlement y annexé et de l'ordonnance de M. le lieutenant général au bailliage de Bourges rendue en conséquence des dites lettres le 13 février 1789, les habitants de la paroisse de Rians se sont assemblés et ont formé leurs plaintes et condoléances, savoir :
1° Qu'ils sont trop imposés au rôle des tailles relativement à plusieurs paroisses ; de là, il en résulte qu'ils paient davantage de capitation et de corvée pour les chemins royaux et ne voient point d'où cela peut venir, si ce n'est :
1° De ce qu'ils n'ont personne qui les soutient auprès de ceux qui distribuent ces impositions ;
2° Du préjugé qu'on a contre cette paroisse, qui est que le labourage est grand, mais on ne fait pas attention 1° que les deux tiers des terres sont mauvaises et ne produisent presque point de bon blé, mais du menu, encore faut-il que ce ne soit point une saison sèche, mais favorable ; 2° que n'étant point un pays de nourrage x (sic), on ne peut améliorer les terres, manquant de bestiaux pour fournir des engrais aux dites terres.
D'ailleurs, les blés qu'elles produisent sont peu graines et remplis de rougeoles, vesceriaux 2 (sic) et autres mauvaises graines, ce qui fait déprimer beaucoup ces blés.
2° Qu'il y a beaucoup de manœuvres qui ne peuvent ni labourer ni faire labourer leur peu de terre, ce qui les met hors d'état de recueillir assez pour se nourrir et payer les impositions portées au rôle des tailles et autres. On peut en juger par la difficulté que les collecteurs ont de se faire payer les deniers du Roi et sont contraints de confondre en frais les habitants par les garnisons qu'on envoie dans cette paroisse.'
3° Que les fermiers et laboureurs paient fort cher ce qu'ils tiennent et étant obligés de faire valoir par domestiques que l'on ne peut avoir qu'à force d'argent, de sorte qu'il ne leur reste que le nécessaire et sont alors hors d'état de soulager le malheureux.
4° Que les gros propriétaires abattent et détruisent continuellement des domaines et locatures, ce qui dépeuple beaucoup cette paroisse, et n'en paient pas moins au Roi.
5° Qu'il y a quelques petits propriétaires dans cette
1. Nourrage. Au mot nourrissage, Jaubert définit ce mot : nourriture des bestiaux et, par extension, ce qui sert à leur nourriture, comme les prés.
2. Vesceriau, plante à vrilles qui croît dans les blés, espèce de vesce (Jaubert).
RIANS 303
paroisse, mais leurs propriétés sont tellement chargées de rentes qu'après avoir fait les réparations (qu'à peine ils peuvent faire) et avoir payé les vingtièmes et autres impôts ils en sont plus malheureux.
6° Que les maréchaux étant obligés d'aller loin pour se fournir de charbon, ce qui l'augmente beaucoup, les laboureurs sont contraints de payer fort cher les ferremens (sic) nécessaires au labourage.
7° Le prix du sel étant excessif, il, occasionne une dépense considérable aux laboureurs et les manœuvres et journaliers manquent de cette nourriture si nécessaire, la soupe pour les soutenir, et sont réduits à manger le morceau de pain qui les empêche de périr.
De plus, les impôts qui sont sur le vin le font valoir un tel prix que les pauvres malades même ne peuvent parvenir à s'en procurer.
8° Que les contrôles et autres droits montent si haut qu'il est impossible de faire aucun acte pour sa sûreté sans qu'il en coûte considérablement. D'ailleurs, que d'injustices ne commet-on point contre cette formalité en ne déclarant que la moitié de ce que l'on possède !
Que de procès n'occasionne pas dans la suite ce manque de formalité fait rapport aux frais du contrôle et autres droits ! Quelles dépenses ne cause pas le contrôle à de pauvres misérables, qui ne savent point écrire, pour recevoir une quittance pour la sûreté de leurs payements ? Combien ruineux ne sont pas les contrats, inventaires et ventes que les officiers de justice sont obligés de faire pour la conservation du bien du pauvre mineur, de sorte qu'après avoir payé les droits de contrôle et autres, il ne reste rien ou très peu de chose de la succession la plus légitime , y a-t-il chose au monde plus odieuse et plus à charge au public, surtout malheureux?
Telles sont les plaintes et condoléances que font les habitants de la paroisse de Rians, plaintes et condoléances vraies et légitimes, auxquelles ils désirent et espèrent que l'assemblée des États généraux remédiera et mettra fin.
Fait à Rians, le premier mars 1789, les habitants assem-
blés, qui ont la plupart déclaré ne savoir signer, de ce interpellés, excepté les soussignés.
Ferrand, Chabin, Comte, Estève, Ferrand, Dubois, Millin, Cartier, Estève, Estève, Pasdeloup, Henriet, Lemant, Pelle, Cordier, syndic, Rabanet.