‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 132 sur 253 · SAINT-HILAIRE-DE-GONDILLY · texte numérisé non relu

SAINT-HILAIRE-DE-GONDILLY

Identification. — Cher, air. Saint-Amand, con Nérondes. Général, de Bourges, élect. de La Charité, grenier à sel de Villequiers.

Population. — Aujourd'hui : 512 habitants. Mouvement en 1787: N. 20, M. 4, D. 32 (G. 157).

Plumitif pour 1789. — M. Ducret. 76 feux. Les trois quarts des terres sont à froments et l'autre quart méteils ; il y a beaucoup de foins et bonne nourriture de tous bestiaux ; le commerce des laboureurs est en blés et en bestiaux et les manœuvres travaillent à tirer les mines. Taillables : 8 laboureurs dont 1 de 92 1. 17 s. et 7 de

50 1. 10 s. à 74 1. 15 s. et 68 manœuvres dont 2 de 65 1. 10 s. à 136 1. 10 s., 21 de 10 1. 5 s. à 36 1. 10 s. et 45 au-dessous de 10 1. Les froments, méteils et orges bons, seigles année commune, les avoines bonnes, les foins bons et abondants, les chènevières bonnes ; abondance de fruits (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 1.300 1. ; access., 697 1. ; capitat., 723 1. ; au total : 2.720 1. Vingtièmes, 449 1. 15 s. 3 d. (G. 1109

Privilégiés. — Le curé, l'abbaye de Fontmorigny, le sieur de Cordou, abbé de ladite abbaye, M. Ducret, le sieur de Guillon, seigneur de Menetou-Couture et le sieur Deschamps. Supp. desd. privilégiés : 341 1. 4 s. 2 d. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° Abbaye de Fontmorigny : le domaine d'Endre : 3.847 1. ; 2° mense conventuelle de Fontmorigny : domaine du Chapelet et domaine de Guilly : 5.103 1. 3 s. 4 d. ; 3° cure de Saint-Hilaire-de-Gondilly : maison curiale (non estimée), 1/2 boisselée de jardin : 6 1., 60 boisselées de terre : 180 1., 23 boisselées de pré : 260 L, 1 boisselée de verger: 8 1., 4 boisselées de vigne : 12 L, 1 boisselée de chènevière : 6 1., dîmes : 435 1., 28 boisseaux de froment: 63 1., 3 boisseaux de marsèche : 6 L, cens et rentes : 60 1. ; total : 1.036 1. Charges : 61 1. 8 s. de lait ; 3° mense conventuelle de Fontmorigny, domaine de Sargnes (?) : 1.416 1. 10 s. ; 4° fabrique de Saint-Hilaire-de-Gondilly : 28 boisselées de terre :

51 1. 6 s., 5 boisselées de pré : 30 1. ; total : 81 1. 6 s. Charges : 4 messes (Cp. 2675).

Cure. — En 1791 : revenu, 1.207 1. 10 s. 9 d. ; charges, 211 1. 5 s. (L. 79, f° 5V0). Patron en 1772 : le prieur de Souvigny.

Sources a consulter. — Titres du marquisat de Villequiers, E. 820-856; Frémont, II, 501.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, au lieu où se rend ordinairement la justice de ce siège, sous la présidence de Louis-Jean-Baptiste Vallet, ancien expédient en la justice du lieu, « faisant fonction » à cause de l'absence du bailli dudit siège.

Population. — 50 feux.

Comparants. — Claude Berger, Joseph Labonde, Pierre Rambuteau, François Levauvre, Gilbert Gaspard, Gabriel Marin, Louis Devezières, Antoine Dumas, Gaspard Frébault, Etienne Baudoin,

SAINT-HILÀIRE-DE-GONDILLY 405

Jean Archnmbault, Jean Moraux, Etienne Frébault, Jean Delarue, Michel Molard, Philippe Vivon, François Michalon, Jean Gourdy, Jean Rigal, François Chamignon, François Ragobert, Antoine Ferrant, François Tisserat, Silvain Charpentier, Antoine Michaut, Louis Roussellet, François Levôque.

Députés. — Antoine Ferrant, laboureur, et François Tisserat, manœuvre.

6 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Vallet, procureur. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Les habitants de la paroisse de Saint-Hilaire-de-Gondilly , pour obéir aux ordres de Sa Majesté et se conformer à l'ordonnance de Monsieur le lieutenant général du bailliage de Bourges, ont rédigé le cahier de doléances, plaintes et remontrances ainsi qu'il suit:

Ce serait avec la plus grande satisfaction que nous coopérerions aux besoins de l'Etat, mais la situation où nous nous trouvons ne peut nous le permettre. Les impôts que nous payons, joints aux autres charges que nous supportons journellement, nous mettent malheureusement hors d'état d'y participer ; il sera bien facile de s'en convaincre d'après les détails où nous allons entrer.

[1°] Les terres de cette paroisse sont d'une très difficile culture et les gages des domestiques que nous employons à l'exploitation d'un très grand prix. Le labourage d'une charrue que nous ne pouvons exécuter qu'avec le secours de huit bœufs et de deux domestiques est au plus de cent vingt mesures de terre, le produit ne passe presque jamais le grain quatre, en défalquant la semence, reste pour trois.

L'humidité de nos terres nous prive souvent de la récolte des menus grains, de sorte que, compensation faite du produit avec la dépense, il ne nous reste de produit effectif que très peu de chose. Les fermes que nous payons très chères ou la moitié du produit que nous donnons à nos maîtres absorbent en bonne partie le surplus, de sorte que nous nous trouvons très heureux à la fin de l'année lorsque la dépense n'excède pas le produit, ce qui arrive

cependant que trop souvent malheureusement pour nous. D'après ce calcul, qui [n']est que trop vrai, pouvons-nous participer aux besoins de l'État ? Non certainement et nous espérons que l'assemblée des États généraux apportera un remède à nos maux qui durent depuis trop longtemps.

[2°] Si les impôts étaient répartis sur tous les états du royaume, quel bien n'en résulterait-il pas pour nous ! La noblesse et le clergé, qui possèdent à peu près tous les biens, sont exempts de taille et de corvée ; nous demandons avec la plus vive instance qu'ils y participent comme nous. Il serait bien malheureux pour nous qu'on ne se rendît pas à notre demande, car qui peut mieux qu'eux ou de nous supporter le fardeau des impôts ? Sans contredit ce sont ceux qui ont presque tous les revenus ; aussi nous nous flattons qu'ils ne trouveront pas mauvaisfe] notre réclamation.

[3°] L'impôt du sel est pour nous d'une si grande dépense que nous croyons ne pouvoir trop nous récrier sur cet objet. Nous avons souvent entendu dire que, sans diminuer les revenus de l'État, on pourrait nous le livrer à un prix très modique ; nous espérons donc que, si nous n'avons été trompés, (qu')on s'occupera particulièrement de ce grand objet et que nous aurons avant peu la douce satisfaction de voir remplir nos vœux à cet égard.

Fait et arrêté à Saint-Hilaire-de-Gondilly, le premier mars mil sept cent quatre-vingt-neuf.

Levauvre, Maulard, Ghamignon, Charpentier, Ferrant, Vallet, procureur.

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