Voici l'état économique de la paroisse en
NATURE
DES BIENS
LEUR PRIX COMMUN résultant de leur qualité
bon médiocre mauvais
GRAINS
ET AUTRES DENRÉES
leur mesure
leur poids
leur prix commun
Boisseau
Méteil Seigle
Marsèche
Avoine
Arpent de terre labourable..
Arpen.t de pré .. .
Arpent de bois . .
Boisselée de chènevière
« ... Il n'y a ni foires ni marchés. Les denrées ne s'y consommant point, les habitants les vendent dans les marchés de Bourges, La Charité et Villequiers... » (C. 279, Rôle des vingtièmes pour 1777,.
partie de notre terrain appartenant à des étrangers, des prés possédés par des moines opulents affranchis de tout impôt, tandis que les impôts nous réduisent à la misère et que les augmentations retombent toujours sur nos travaux souvent infructueux. Ce qui est plus déplorable [c'est] que ces mêmes bois, qui devraient nous faire une ressource, sont enlevés par des forges trop multipliées et par le propriétaire qui, vendant tout à un seul particulier, nous ruine sans en devenir plus riche.
5° Tous impôts levés par un seul homme.
Nous croirions plus avantageux que la perception des différents impôts se fît par une seule personne et qu'on détruisît l'ancien usage d'en nommer deux pour les tailles, un pour les dixièmes et vingtièmes, un autre pour, les corvées ne sachant ni lire ni écrire pour l'ordinaire. Obliger un chacun de prendre un clerc pour la levée de ces impôts, les frais en deviennent plus considérables, l'agriculture [est] privée d'un nombre d'ouvriers tandis qu'un seul particulier suffirait et serait presque indemnisé par les six deniers par livre.
6° Suppression des receveurs de tailles.
Nous demanderions la suppression des receveurs aux tailles trop multipliés dans le royaume, vraies sangsues du peuple, et par là même de leurs commis ordinairement inhumains. Ces personnes joignant à nos peines dans le recouvrement des impôts la dureté et des frais qui tombent toujours sur le plus misérable, il nous semblerait plus à propos de porter directement au bureau de l'Administration provinciale les deniers royaux, qui seraient à moindres frais versés dans les coffres du Roi sans passer dans tant de mains.
7° Suppression des justices subalternes.
11 nous serait utile de pouvoir recourir directement au bailliage principal en nous dégageant de différents tribunaux où nous sommes obligés de paraître. Ce n'est qu'avec la plus grande dépense et perte de temps souvent précieux que le particulier est traduit de justices en justices souvent pour la plus légère affaire.
VILLABON Oll
8° Suppression de la charge d'huissicr-priseur.
Supprimer la charge nouvellement inventée d'huissierpriseur. Nous ne saurions assez nous plaindre combien nous est onéreuse une pareille institution, étant déjà accablés par tant de misères.
9° Tarif pour les contrôles.
Faire en outre un tarif clair et invariable pour les contrôles, supprimer une partie de ces officiers trop multipliés, nuisibles aux revenus royaux par les sommes immenses qu'ils perçoivent et au peuple, étant seuls arbitraires de leur droit.
10° Suppression des Aides.
C'est avec fondement que nous nous plaignons et demandons suppression des aides. Le nombre d'hommes employés à cet état seraient plus utiles à la société ; les sommes qu'ils en retirent fourniraient à peu près la même valeur à Sa Majesté et le changement soulagerait un peuple qui dans les campagnes, privé de tout secours, traîne des jours languissants, ne pouvant ni dans la maladie ni dans la convalescence se procurer de quoi avoir du vin par le prix excessif qu'imposent les droits.
11° Suppression du casuel des curés.
Il conviendrait qu'on voulût abolir le casuel de MM., les pasteurs en y ajoutant un supplément pour les pensionnés. Il est onéreux pour nous que celui qui devrait faire notre refuge dans nos pertes devienne notre créancier, ce qui fait un autre impôt. Nous voyons avec douleur recueillir par des religieux très riches les prémices de nos fruits, qui nous feraient une ressource s'ils revenaient à la source dont ils ont été tirés depuis quatre-vingt ans.
12° Défendre d'affermer à un seul les terres.
Il serait de la plus grande utilité qu'on pût réformer un abus qui appauvrit entièrement les habitants de campagne : les riches bénéficiers ainsi que la noblesse, ne pouvant par état gérer leurs vastes possessions, afferment sans aucun égard pour ' les particuliers leurs biens à un
seul, lequel sans humanité fait autant de misérables qu'il a de sous-fermiers. Il serait à désirer qu'on pût y remédier et l'on verrait une infinité de misères cesser.
Le présent cahier, contenant quatre feuillets, fait en l'assemblée des habitants de la paroisse de Villabon tenue le premier de ce mois de mars conformément à la lettre, règlement du Roi et ordonnance de Monsieur le lieutenant général au bailliage principal de Bourges, a été paraphé par nous, curé soussigné, en l'absence d'un officier public, ce premier mars 1789.
Mallet, syndic, Ferrand, Clavier, Grimoins, Lantuas, Garnier, Boudran, Pagis, curé de Villabon.