‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 21 sur 253 · Vov. \'i-de$sous ce cahier · texte numérisé non relu

Vov. \'i-de$sous ce cahier

les mêmes signatures que le second et, à Thauvenay, le deuxième cahier, à en juger par la pagination, est la continuation du second.

Il est plus difficile d'apprécier l'authenticité des cahiers des corporations.

En effet, il y a d'abord neuf cahiers, ceux du Grenier à sel, de la Maréchaussée, de la Milice bourgeoise, des tanneurs, des selliers et bourreliers, des bouchers, des teinturiers, des chaudronniers et des habitants n'appartenant à aucun corps, qui portent seulement les signatures des députés; nous ne savons, par suite, s'ils résument exactement les doléances de tous les membres des corporations, fait d'autant plus regrettable que l'accord ne semble pas toujours avoir régné au sein de ces groupements, si l'on en juge parce qui se passa chez les maçons, couvreurs et paveurs. Le député de ces derniers ayant présenté un cahier, 9 seulement sur 35 consentirent à le signer, tandis que 17 déclarèrent n'en accepter que le premier article. De plus, 10 des protestataires rédigèrent de nouvelles doléances, si bien qu'on se trouve en présence de deux cahiers et que de ces deux documents nous ne savons pas lequel a réuni la majorité, car 9 membres n'ayant pas apposé leur signature sur le premier procès-verbal, il est impossible de connaître leur opinion.

D'autre part, deux cahiers, ceux des tapissiers et des marchands de chevaux, ne sont pas signés.

Enfin, dans le cahier d'Asnières une addition est suspecte, puisqu'elle n'est accompagnée que cle trois signatures tandis que le reste du cahier en porte vingt-neuf.

Quoi qu'il en soit, si quelques-uns de ces cahiers peuvent donner lieu à discussion au sujet de la façon dont ils ont été rédigés, en revanche, tous paraissent avoir été remis à l'assemblée générale des corporations, car ils sont revêtus de la mention Vu ou Vérifié qui a dû être apposée par les commissaires chargés de la rédaction du cahier du Tiers état de la ville de Bourges K

1. Le cahier des cabaretiers-aubergistee ne porte pas cependant la njention Vu ou Vérifié. Il peut y avoir intérêt à faire remarquer que sur les cahiers de l'Election et du Grenier à sel la mention Vérifié figure au crayon.

[NTRpDUCTION \\\l

Les cahiers du bailliage de Vierzon ne soulèvenl aucune difficulté au point de vue de l'authenticité, puisqu'ils sont signés el que ces sjgnatures sonl celles de la plupart des comparants énumérés dans lès procès-verbaux.

Le cahier de Méry, il est vrai, n'esï pas accompaghé de son procèi — verbal, mais, comme il porte trois signatures au nombre desquelles deux ont été apposées par les députés, il n'y ,-i pas de mptif sérieux de le rejeter.

Après avoir étudié l'authenticité de ces cahiers, examinons leur originalité et voyons s'il est exact, comme on Ta dit plusieurs fois, qu'inspirés par les écrits de l'époque ou rédigés >ons la dictée de <juel<pies personnages officiels, ils ne sont le plus souvent qug la répétition les uns des autres el, par suite, ne présentent pas grand intérêt.

De l'influence des écrits nous avons à peine trouvé trace. En effet, nous n'avons découvert qu'un seul document concernant la rédaction des cahiers et même, conservé à l'état manuscrit dans In liasse des cahiers "du bailliage-de Vierzon1, ifa-t-il pas dû jouir d'une très grande vogue, dette pièce est un factum énumérant les principales chargés qui pèsent sur les paysans et se terminant par cette phrase qui le caractérise : « Cultivateurs, vous n'avez de vrais défenseurs que dans votre classe, dans le Tiers état. Si vous les prenez ailleurs, vos intérêts seront sacrifiés et vous continuerez de vivre malheureux! »

L'influence des personnages officiels paraît avoir été plus considérable, mais encore dans leur nombre y a-t-il lieu de l'aire une distinction. Presque tous ceux, en effet, qui étaient le plus puissants, comme le comte d'Artois, apanagiste du Berry, le prince de Conti, gouverneur de la province, l'intendant Dufour de Villeneuve, l'archevêque de Bourges, de Puységur, le comte de La Châtre, bailli d'épée, n'ont joué aucun rôle, car, ou bien il- étaient absents du Berry pendant la durée do opérations électorale^ ou bien ils ne s'y rendirent qu'au dernier moment2. En outre, des trois lieutenants généraux d<^ bailliages, le

Page 1