LUGNY-CHAMPAGNE 1S
Population. — 05 feux.
Comparants. — Jacques déjuge, syndic, Nicolas Chenu, marchand-négociant, Jean Chabin, propriétaire et greffier de cette justice, Pierre Leclerq, laboureur, Jean Melin, laboureur et meunier, Silvain Gaudin, manœuvre, Louis Gaudin, cabaretier, Xicolas Torteau, laboureur, Jacques Leverd, manœuvre et marchand, Jacques Gaudin, laboureur, Jean Julien, laboureur, Pierre Julien, laboureur et meunier, Jacques Gaudin, manœuvre et propriétaire, Silvain Masset, laboureur, Joseph Michelet, laboureur et propriétaire, Jacques Lauverjat, cabaretier, propriétaire, Siméon Guérin, maréchal, propriétaire.
Députés. — Jean Melin, laboureur, et Jean Chabin, propriétaire et manœuvre.
11 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé. Paraphe de Dobremel, curé de Lugny-Champagne. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
[1°] Les habitants de la paroisse de Lugny-Champagne se plaignent d'un abus considérable qui s'est introduit depuis plus de trente ans, qui cause un grand préjudice aux cultivateurs de tous les cantons à quinze lieues la ronde, ce sont des louées qui se tiennent depuis la veille de la Saint-Jean, le lendemain, le jour de la Saint-Pierre et le jour de la Saint-Martin d'été, où se rendent pour l'ordinaire les domestiques, quoique loués aux premières, pour se relouer à d'autres maîtres ; il s'ensuit que les maîtres qui se croyaient munis de domestiques s'en trouvent privés tout à coup sans même le savoir et se trouvent dans un très grand embarras à l'entrée de moisson (sic). Pour obvier à cet abus, qui n'est occasionné que par le libertinage trop étendu aujourd'hui dans les campagnes, ils demandent une loi qui fixe une seule louée dans tannée au jour de Saint-Jean-Baptiste.
-" Il se plaignent qu'au commencement de la moisson il arrive dans le pays une quantité prodigieuse de glaneurs et glaneuses étrangers qui inondent les champs encore couverts de javelles et se répandent de tous côtés, même dans ceux qui ne sont pas moissonnés ; les maîtres des champs ne peuvent les faire retirer ; non seulement ils glanent dans les javelles mais ils tirent des poignées de
blé des gerbes ; si le cultivateur veut dire quelque chose, ils le maltraitent de paroles et souvent d'effet ; ils chassent même les vrais pauvres du lieu. Pour obvier à cet inconvénient, lesdits habitants désireraient que personne ne fût admis à glaner lorsqu'il est en état de travailler à la récolte qui se fait dans le pays à de si grands frais, parce que les jeunes gens et les filles refusent de se louer dans l'intention de courir la glane, ce qui est cause qu'on ne peut trouver de domestiques de toute espèce et qu'il les faut payer à des prix très hauts et souvent on en manque ; et quant à ceux qui ne sont pas en état de travailler, comme les veuves, les pauvres femmes et leurs enfants, ils ne devraient être admis à la glane qu'avec un certificat de probité donné par M. leur curé.
3° Les affaires contentieuses se jugent dans les campagnes trop lentement et à trop grands frais.
Lorsqu'on doit poser et lever les scellés, les officiers chargés de cette opération, et surtout l'huissier-priseur, absorbent très souvent toute la succession.
4° Ils se plaignent de ce qu'ils sont seuls à supporter l'impôt pour les nouvelles routes et leur confection, qui augmente beaucoup leurs autres impositions déjà assez fortes pour le pays qui est naturellement des plus arides1,