‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 87 sur 253 · I.l GNY-CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

I.l GNY-CHAMPAGNE

sans commerce, sans usages et sans communaux; ils désireraient pour leur soulagement que cet impôt fût supporté par tous les ordres du royaume, disant que ceux qui en jouissent le plus n'en paient rien.

5° Le prix du sel est monté si haut aujourd'hui que souvent le cultivateur est privé d'avoir chez lui un porc pour sa nourriture, qui le soulagerait beaucoup dans les pénibles travaux; il arrive même qu'il s'en trouve qui à peine peut en avoir pour la moisson et, ce qui est le plus dur, c'est que le pauvre manœuvre, une veuve avec plusieurs petits enfants souvent, faute de sel, sont plusieurs jours de la semaine sans manger de soupe qui, avec un morceau de pain assez rude, est presque leur seule nourriture.

6° Les habitants désireraient qu'il n'y eût dans la province qu'une seule administration et un seul impôt, qui simplifierait beaucoup les dépenses, et que cette administration fût seule chargée par abonnement de la perception de cet impôt et d'en vider directement les deniers tous les trois mois dans les coffres du Roi.

7° Il désireraient qu'il n'y eût dans le royaume qu'un même poids, même mesure, même aune et même boisseau.

8° Ils désireraient aussi que les gros décimateurs, possédant toutes les dîmes d'une paroisse, fussent chargés de toutes les réparations tant de l'église que du chœur et des presbytères, attendu que les dîmes ont été données par les habitants à ces charges aux seuls curés à qui on les a ôtées. Il se trouve même beaucoup de paroisses qui sont sans fabrique ; aussi, voit-on la plupart des églises très mal ornées.

9° Le syndic, qui autrefois avait quelque petite exemption

11.970 boisselées de terres labourables, 276 boisselées de prés produisant 148 charrois de foin, 171 arpents de bois, 78 journées de vigne, 350 boisselées

de terres en friche ou pàtureaux Il n'y a ni foires ni marchés dans cette

paroisse, les habitants portent leurs denrées à la ville de La Charité. Le terrain est sec et aride et si les loyers des maisons du bourg sont plus considérables qu'ailleurs cela vient de ce que les femmes trouvent à glaner plus abondamment qu'ailleurs pendant la moisson, tant les blés sont courts et de grandeur inégale » (C. 261, Rôle des vingtièmes, Î778).

pour beaucoup de voyages qu'il est obligé de faire pour faire exécuter les ordres du Roi, en étant privé depuis bien des années, demande qu'il lui soit accordé quelque dédommagement pour les frais et dépens qu'il est obligé de faire très souvent dans l'année.

10° Les laboureurs et manœuvres, petits propriétaires qui n'appartiennent point aux seigneurs des paroisses, dont les petits héritages sont enclavés dans les leurs et ceux de leurs laboureurs, sont empêchés tous les jours d'y mener leurs bestiaux pour y pacager, ce qui les met dans le cas de n'en point avoir pour subvenir à leur propre subsistance et encore moins de payer leurs impôts, le pays étant sans pacages, sans usages et sans communaux. Ils demandent qu'un abus si contraire à l'humanité soit supprimé.

Leclert, Torteau, Chenu, Gaudin, Ghabin, Gaudin,

Leverd, Lejuge, syndic, Gaudin, Dobremel, curé

de Lugny-Champagne, Mellin.

LURY

Identification. — Cher, arr. Bourges, chef-1. con. Général, de Bourges, élect. d'Issoudun, grenier à sel de Vierzon.

Population. — En 1790 : 550 habitants (L. 752) ; aujourd'hui : 782. Mouvement en 1788 : N. 25, M. 2, D. 14 (C. 163).

Plumitif pour 1789. — Mrs de Saint-Étienne, fermiers. 110 feux. (Idem, pour le) blé1. On y cueille du vin, beaucoup de foin qui nourrit les bestiaux, les journaliers cultivent la terre. 10 1. 17 s. 6 d. par feu pour le principal. Taillables : 16 laboureurs dont 4 de 50 à- 87 1., 12 de 32 à 48 1. et 94 manœuvres dont 2 de 80 à 98 1., 10 de 10 à 18 1., 82 de 1 à 9 1. [Les renseignements sur l'état économique sont les mêmes que pour Brinay, ci-dessus, p. 70.] (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 1.2001. ; access., 648 1. ; capi- 1. Le mot idem n'a aucun rapport avec ce qui précède dans l'original.

lury L85

tat., 668 1. ; au total : 2.51 ('» I. Vingtièmes, 660 1. 6 s. 9 cl. (C. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 12 ecclésiastiques, 9 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 343 1. 11 d. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° Le prieuré de Saint-Jean : 1.276 1. 13 s. 4 d. ; 2° la cure de Méreau : 19 1. 10 s. ; 3° la cure de Cerbois : 9 1. 10 s. ; 4° la vicairie de Saint-Sébastien : 47 1. 17 s. 6 d. ; 5° l'abbé d'Olivet (Loiret) : 300 1. ; 6° les Bénédictins de Vierzon : 780 1. ; 7° le Petit Séminaire de Bourges : 1.082 1. ; 8° la cure de Lury : la maison curiale, 4 boisselées de jardin, 6 seterées 8 boisselées de terre, 2 arpents de pré, un arpent de pâture, 2 arpents de vigne, moitié des dîmes de lainage et charnage, la septième dans la grande de Lury et la 12e dans celle de Bocary, une rente de 72 boisseaux, mesure de Lury, de froment et seigle par moitié, le tout évalué 5531., fondations consistant en 54 boisseaux de froment et 12 de seigle, 2 boisseaux de chènevière, 5 quartiers de vigne tant à Lury qu'à Chéry,301. dues par la fabrique, 251. pour «la desserte» de Goulanges, le tout revenant à 148 1. ; au total : 701 1. Nota : Le chapitre Saint- Etienne s'est chargé des biens ci-dessus, excepté des fondations, à la charge de payer au curé la somme de 300 1. par an, la quantité de 200 boisseaux de froment, mesure de Lury, du poids de 16 1. 10 onces, deux arpents de pré et une seterée de terre. Les charges sont 52 saluts : 52 1., 4 services: 181. et 123 messes: 61 1.; total : 125 1. 10 s. ; 9° l'Hôtel-Dieu de Vierzon : 328 1. ; 10° abb. du Saint-Sépulcre de Vierzon : 16 1. ; 11° la fabrique de Lury ; 11 seterées de terre, 2 arpents 1/4 de pré et un quartier de vigne, 30 1. de rente, 6 boisseaux de froment, le tout affermé 219 1. ; 12° la cure de Brinay : 12 1. ; 13° le chapitre Saint-Étienne de Bourges : 6.478 1. (Cp. 2675).

Cure. — Revenu en 1791 : 700 1. (L. 80, f° 8). Patron en 1772 : l'abbé de Vierzon.

Sources a consulter. — Titres de la justice de la châtellenie de Lury, B. 3556-3559 ; titres de la famille de Senneville, E. 971-972 ; La Thaumassière, III, 132; Pallet, V, 334 ; Frémont, II, 270; Tausserat, Chroniques de la châtellenie de Lury (Mém. Soc. hist. du Cher, 1878).

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incerul., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, en l'auditoire du lieu, sous la présidence de Billacier, curé de Lury, à défaut de juge, notaire,

procureur et autres praticiens résidant dans l'étendue de la justice de Lury.

Population. — 76 feux.

Comparants. — Jean Cocu, syndic, Jean-Jacques Leconte, fermier de la seigneurie de Lury, Denis Bernard, fermier, Jacques Lelièvre, fermier, Christophe Dion, Michel Sadrin, René Chantier, Jean Rousseau, André Soulat, Antoine Enguillaume, Jean Tartarin, Pierre Dadon, Nicolas Viger, Silvain Cocu, Etienne Ferrand, Claude Girard, Henri Rouzeau, François Claudin, Jean Gaudrat, Jacques Peru, Jean Debeaune, Etienne Pelletier, Jean Freslon, André Vigneron, Gabriel Bataille, Louis Trotignon, Louis Baraton, Jean Choveau, la veuve Marat, François Rivière, Claude Cartier, Jean-Baptiste Gromet.

Députés. — Jean-Baptiste Gromet et Denis Bernard, tous les deux propriétaires et fermiers.

9 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Billacier, curé de l'endroit. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Cahier des doléances des habitants de la ville et paroisse de Lury.

Aujourd'hui, premier mars mil sept cent quatre-vingtneuf, nous, habitants et propriétaires de la ville et paroisse de Lury, assemblés au son de la cloche en conséquence des ordres du roi et de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant général de Bourges, disons :

1° Que les impositions multipliées, savoir : la taille, la capitation, le vingtième, les corvées et autres charges pèsent sur nous de façon à mettre la majeure partie dans le cas de la détresse et du besoin.

2° Que le prix du sel, denrée de nécessité, est exorbitant, que le prix des autres comestibles les plus indispensables augmente chaque jour, ce qui achève d'écraser la plupart des malheureux.

Nous supplions, en conséquence, Messieurs les députés aux États généraux de représenter nos plaintes et doléances sur ces objets aux fins de nous obtenir des diminutions justes et nécessaires. En foi de quoi nous avons signé le

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