MÉREAU
Identification. — Cher, arr. Bourges, con Lury. Général, de Bourges, élect. d'Issoudun, grenier à sel de Vierzon.
Population. — Aujourd'hui : 966 habitants. Mouvement en 1788 : N. 35, M. 4, D. 19 (G. 163).
Plumitif pour 1789. —MM. de Saint-Étienne, fermiers. 100 feux. La récolte dominante est le seigle, on y cueille de la marsèche, avoine, on y nourrit des gros et menus bestiaux et les habitants s'occupent à la terre. 9 1. 10 s. 7 d. par feu pour le principal. Taillables : 15 laboureurs dont 7 de 34 à 45 1., 8 de 15 à 30 1. et 91 manœuvres dont 4 de 30 à 46 1., 20 de 10 à 15 1., 67 de 2 à 8 1. [Les renseignements sur l'état économique sont les mêmes que pour Brinay, ci-dessus, p. 70] (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 1.010 1. ; access., 545 1. ; capital, 562 1. ; au total : 2.117 1. Vingtièmes, 819 1. 6 s. 9 d. (G. 1109
Privilégiés. — 9 ecclésiastiques, 7 laïcs. Supp. desdits privilégiés: 310 1. 17 s. 3 d. (L. 2083).
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure de Méreau : maison curiale : 301., 1/3 d'arpent de jardin : 3 1., 3 arpents 1/2 de terre : 195 1., 1 arpent de friche : 3 L, 3 arpents de pré : 63 1., 1 arpent de vigne : 9 1., dîmes de vin et novales affermées 100 1., 4 setiers de
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seigle : 38 1. 8 s., supplément : 70 1. ; total : 511 1. 8 s. ; 2° Bénédictins de Yierzon : 799 1. 1G s. ; 3° Petit Séminaire de Bourges : 8G 1. ; \° bénéfice de Sainte-Catherine : 1501.; 5° bénéfice de Saint-Oûtrille de Bourges : 1801. ; G0 l'abbé d'Issoudun : 1151.; 7° chapitre de Mehun: 75 1. ; 8° fabrique de Vierzon : 24 1. ; 9° fabrique de Méreau : 28 boissoltrsde très mauvaise terre, 1 arpent de mauvais pré et quelques planches de vigne : 401. ; 9bis vicairie de Saint-Jean en la cathédrale: 5 1.; 10° cure de Brinay : 141. ; ll°abb. du Saint-Sépulcre de Vierzon : 25 1. ; 12° Hôtel-Dieu de Vierzon : 601. ; 13° chapitre Saint-Étienne de Bourges : 2.145 1. 3 s. 10 d. (Gp. 2675).
Cure. — Revenu en 1791 : 700 1. (L. 80, f° 3). Patron en 1772 : l'abbaye de Massay.
Sources a consulter. — Frémont, II, 272 ; Tausserat, Chroniques de la châtellenie de Lury.
(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le 1er mars, devant la porte de l'église, sous la présidence de Gerbier, curé de la paroisse.
Population. — 80 feux.
Comparants. — Georges Sauchard, laboureur, syndic, François Gerbault, procureur fabricien, Thomas Verdier, François Blancher, Gauthier Moreau, Louvre, Bûcheron, Jacques Thibeault, Pierre Rousset, Guillaume Mardon, Alexis Texier, Jacques Chauveau, Pierre Chauveau, Antoine Guérin, journalier, Pierre Gadion, Jean Lebon, Etienne Lebon et autres, laboureurs et journaliers.
Députés. — François Gerbault, laboureur, et Bruno Jerpharion, laboureur.
7 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé. Paraphe de Gerbier, curé de Méreau. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Cahier des doléances, plaintes et remontrances de la paroisse de Méreau, 1er mars 1789, contenant 8 feuillets,
1° Que les taille, capitation et tous autres impôts sont trop considérables.
2° Le sel trop cher.
3° Que tous, étant sujets du Roi, devraient également payer les impôts de toute espèce; parla, les deux tiers du Tiers état qui seuls paient les impôts seraient soulagés.
4° Que ceux qui possèdent les charges et les emplois qui leur produisent un revenu considérable, qui ne paient aucun impôt, devraient en payer davantage ou au moins proportionnellement au revenu fixe de leurs charges ou de leurs emplois.
5° Que les trois quarts de tant de mille receveurs et employés et commis aux aides et à la gabelle * et autres devraient être remerciés, les trois quarts desquels ne s'occupent qu'à nuire, tourmenter injustement et ruiner bien souvent les autres fidèles sujets de Sa Majesté en abusant des lois et, si ce sont des gens courageux et fidèles sujets de Sa Majesté, ils pourraient garder les frontières du royaume et cela ferait que les villes et les campagnes ne manqueraient pas tant de bons ouvriers que les arts et métiers, surtout l'agriculture, qui sont si nécessaires pour le bien de l'État, qui travailleraient avec beaucoup plus de courage n'étant plus mangés et sucés par ces sangsues.
6° Que toutes les coutumes et lois soient conformes dans tout le royaume ainsi que les poids et mesures.
7° Que les pauvres ne paient qu'une somme modique.
8° Que tous les bénéfices soient détenus pour l'acquittement des dettes de l'Etat au fur et à mesure qu'ils vaqueront.
Observations et preuves. — Parla trop grande cherté des locatures, autres biens et denrées, ce qui occasionne bien de la misère, un pauvre journalier chargé d'une femme et de trois ou quatre enfants gagne 12 sous par jour pendant six mois de l'année d'hiver, ce qui fait 90 livres, et 15 sous pendant les autres six mois d'été, ce qui fait 112 livres 10 sous; total : 202 livres 10 sous, déduction faite des fêtes et di-
1. D'après les Rôles de la capitation des non taillables (Arch. du Cher, C. 1145), les employés des aides de la généralité de Bourges étaient au nombre de 78, ia seule élection de Bourges en comptant 21. Quant aux officiers des gabelles, ils étaient en tout au nombre de 587. Ajoutons à ces renseignements 'que les officiers .des Traites étaient au nombre de 13 et que ceux préposés aux tabacs étaient au nombre de 24.
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manches et posé qu'il ne perde aucune journée par maladie ou mauvais temps.
Sur cette somme de 202 livres 10 sous il faut qu'il paie pour sa locature qui a un fourneau, un toit à mettre deux vaches ou quelques brebis, sept ou huit boisselées de terre, pour tout 60 1.
Beurre, journée, poulet 6 1.
Taille, capitation 16 1.
Pour les chemins 2 1. 10 s.
Pour les frais des huissiers, contraintes, pour la déclaration au grenier à sel, pour la façon des rôles, fourniture du milicien et autres affaires de paroisse 2 1.
Total de ce qu'un journalier doit payer avant de manger une seule bouchée de pain. 86 1. 10 s.
Laquelle somme déduite de celle de ci. . 202 1. 10 s. qui sont tout le travail de l'année de ce
journalier, reste. . . . . 126 1.
-t-à-dire 6 sous 9 deniers par jour pour nourrir et entretenir ce journalier, sa femme et ses trois ou quatre enfants.
Cependant, il faudrait au moins pour nourrir cette famille :
Huit livres de pain par jour à trois sols la livre 11. 4 d.
1 demi-quarteron de sel 1 s. 9 »
1 demi-quarteron de poivre 1 s. 9 »
Bois pour la soupe 2 s.
Total 1 1. 9 s. 8d.
sans pitance, sans vin et entretien pour cette famille.
En conséquence, est-il possible que ces malheureux ne jeûnent pas la moitié de l'année et ne deviennent en langueur? On peut interroger sur cet article bien des curés de campagne; ce sont ceux-là qui ont la vive douleur de voir cette misère à laquelle ils ne peuvent obvier entièrement, la plupart n'ayant qu'un très modique revenu, aucun casuel et aucun secours. D'ailleurs, la plupart des métayers sont dans le même cas et position des journaliers, car, après avoir payé tous les domestiques, tous les impôts et le maître de la
métairie, bien souvent il n'y a pas un boisseau de blé à Noël et même avant Noël l.
A Méreau, ce jour et an que dessus.
Mardon, Chauveau, Gerbault, Texier, Blanchet, Verdier, Gerbier, prêtre, curé de Méreau.
MÉRY-ÈS-BOÏS
Identification. — Cher, arr. Sancerre, c0D La Chapelle-d'Angillon. Général, et élect. de Bourges, grenier à sel cTAubigny.
Population. — Aujourd'hui : 1.372 habitants. Mouvement en 1787 : N. 41, M. 9, D. 31 (G. 156).
Plumitif pour 1789. — M. le duc de Sully. 122 feux. Sologne et bestiaux. 6 1. 5 s. par feu pour le principal. Taillables : 23 laboureurs dont 1 de 53 1., 4 de 30 à 40 1., 6 de 20 à 30 1., 12 de 10 à 20 L, 1 taxé d'office à 3 1. et 98 manœuvres dont 1 de 20 1., 97 au-dessous de 10 1. Gomme dans le général de l'élection (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 1.000 1. ; access., 540 1. ; capitat., 556 1. ; au total : 2.096 1. Vingtièmes, 529 1. 6 s. 6 d. (G. 1109 et 1170).