CALVADOS
27 novembre. — A M. l'ingénieur <'<z'innes, Caen. — Une dépêche confidentielle 'le vous & Leven me passe sous les veux. Je regrette amicalement (pie vous ne vous soyez pas
adressé ;■ moi pour avoir îles conseils sur les c;i^ épineUI
dont vous lui parlez. Puisque vous n'avez pas voulu de mes conseils, je vais vous donner des instructions : Je suppose comme vous la garde nationale battue, la ville envahie; vous demandez s'il faut rester vous faire prendre dans votre préfecture; je vous réponds qu'il faut rester, mais ne pas vous laisser prendre à votre préfecture et vous replier au contraire, s'il n'y a pas moyen de faire autrement, et à la dernière extrémité. Vous administrez et vous continuez à administrer la partie non envahie de votre département. Quant à la seconde hypothèse, je ne veux pas l'examiner avec vous, je n'admets pas que dans une ville comme Caen personne ne se battra. Je comprendrais encore moins que vous attendissiez les Prussiens dans votre préfecture pour vous y faire prendre. En un mot, qu'est-ce que je vous demande? de faire comme les gens d'Evreux, de repousser vos ennemis à la tète de vos administrés et de donner ainsi un grand exemple à tous vos collègues. Cordialités.
Bourges, 14 décembre. — Au préfet*. — J'ai peine à m'expliquer l'insistance avec laquelle vous mettez en avant la question de responsabilité à propos d'un mouvement militaire vraiment national. Il ne peut entrer dans ma manière d'entendre et de diriger les affaires que les incidents de la lutte amènent ces récriminations passionnées entre fonctionnaires républicains qui se doivent un mutuel concours et dont le premier devoir est d'éviter les conflits entre eux.
Je n'ai rien à vous dire, ni oui ni non, sur tel ou tel point. J'ai à vous prescrire d'exécuter des mouvements ordonnés dans un intérêt supérieur. Voilà tout.
Quant à votre responsabilité, elle est ce que vous savez la faire vous-même, en faisant ou en ne faisant pas votre devoir. Je compte n'avoir plus à vous entretenir de cette affaire. Votre département était menacé sans doute, mais Paris est héroïque et c'est à lui surtout qu'il faut songer. Si vous ne le comprenez pas, tant pis pour vous, cela prouve, que nous nous entendons fort peu.