‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 181 sur 208 · NORD · texte numérisé non relu

NORD

\ 7 octobre 1 870. — A M. Testelin, commissaire défense, Lille. — La capitulation de Soissons est exacte. Pour Saint-Quentin, vous êtes sur les lieux, plus à même d'apprécier ce qu'il faut faire. En général, il faut résister jusqu'à dernière extrémité, mais encore faut-il que la résistance ne soit pas désastreuse. Avisez également s'il y a lieu pour nomination d'une administration provisoire.

2 décembre 1870. — A Testelin. — J'ai la ferme confiance que les victoires de nos armées républicaines rendront impuissantes les intrigues et les complots bonapartistes. Néanmoins, je vous autorise à prononcer l'interdiction absolue de l'entrée en France des journaux belges dont vous me parlez1, et à maintenir cette interdiction avec vigilance. Quant à la presse locale, si elle nuit à la défense, poursuivez les auteurs devant les tribunaux militaires, mais ne frappez point le journal. Telle est la ligne de conduite dont je vous prie de ne pas vous départir.

8 décembre 1870. — Sûreté générale à préfet. — Veuillez recommander à vos commissaires spéciaux d'arrêter autant que possible à l'entrée de France les journaux le Drapeau et le Gaulois.

26 décembre 1870. — A M. Pierre Legrand, préfet. — Le décret sur la dissolution des conseils généraux est un fait accompli et vous ne pouvez pas vous y soustraire. Moins que tout autre, le conseil général du Nord, composé en presque totalité d'éléments hostiles et réactionnaires, mériterait d'être maintenu. Il faut lui infuser du sang nouveau en le renouvelant à peu près entièrement. Vous avez, du reste, à tenir compte des nécessités locales en instituant votre commission; mais il importe que, dans un département comme le Nord, la majorité de la commission soit acquise à la Répu-

1. En réponse à cette dépêche : « Journaux Drapeau et Gaulois attaquent le Gouvernement d'une façon immonde, prêchent la paix à tout prix. Comme ils se publient en Belgique, demande à interdire entrée en France. »

blique. Je compte sur vous pour que ce résultat soit atteint et j'attends vos propositions.

27 décembre 1870. — Au préfet. — C'est au second décret des conseils généraux que vous devez vous conformer. J'attends vos propositions pour commission départementale. Votre idée de présenter les mômes noms me semble pour le moins irréfléchie, je vous ai dit hier mon sentiment à cet égard. J'y persiste absolument, il est probable que la mesure prise ne soit pas favorablement accueillie par nos adversaires. Mais elle le sera parfaitement par les républicains. C'est là ce qui nous intéresse et qui doit guider notre conduite. Dans votre département plus que dans tout autre, il est utile de miner certaines influences qui, si on continuait à se montrer trop complaisant, deviendraient dangereuses.

2 janvier 1871. — Directeur-adjoint à préfet du Nord1. — Mon cher ami, ta démission est inacceptable et tu ne peux pas la maintenir. Il est déplorable d'occuper Gambetta de ces petites questions personnelles, alors qu'il a à tenir tête à de si nombreuses et si graves difficultés. Reste donc à ton poste, ou bien propose-nous un successeurdigne de l'occuper. Vois Testelin et décidez ensemble. Nous ne ferons rien avant d'avoir reçu votre réponse.

Masure.

15 janvier 1*71. — A préfet du Nord2. — C'était le devoir des membres du gouvernement de la République de pro-

1. M. Pierre Le<,rrand avait répondu, le 25 décembre, qu'il exécutait le- ordres du Gouvernement, mais qu'il priait le ministre er sa démission. Il avait réitéré sa démission le 2 janvier. M. Testelin, commissaire général, adressa le même jour sa démission ;■ M. < tambetta.

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