ORNE
8 janvier. — A M. Antonin Dubost, préfet2. — Vous me demandez ce que vous devez faire si votre chef-lieu est envahi. Ce n'est pas à un préfet qui sait donner des ordres comme ceux que vous avez transmis à votre subordonné de
devons y voir l'annonce d'un plus grand malheur. Il est de notre devoir de vous dire qu'ici tous les courages nous paraissent à bout. A part l'armée de ligne, vous ne pouvez compter sur rien. Il faut un grand courage pour ne pas se laisser abattre par de telles proclamations. »
1. M. Paul Bert avait été nommé à la suite du refus de M. Pierre Lanfrey (voir page 518).
2. M. Dubost avait succédé à M. Albert Christophle, démissionnaire à la suite du décret dissolvant les conseils généraux.
Mortagne1, et qui se distinguent par une énergie digne de tous nos éloges, qu'il peut être utile de rappeler que le devoir d'un fonctionnaire républicain est de mourir à son poste. En attendant, évitez de multiplier les dépêches; ne nous adressez que des renseignements certains, que vous avez pu contrôler, en vous rendant vous-même sur le théâtre des événements. Quant aux pleins pouvoirs que vous me demandez, je vous demande à mon tour ce que vous entendez par là, dans les circonstances où vous vous trouvez.