SEINE-INFERIEURE
16 novembre 1870. — AM. Desseaux, préfet. — Faites une enquête sur la qualité des souliers distribués aux mobiles tant de la Seine-Inférieure qu'en garnison dans le département. On me rapporte qu'ils sont détestables.
9 janvier 1 87 1 . — A sous-préfet du Havre et à secrétaire général de la Seine-Inférieure. — J'ai lu avec un profond regret, mais sans beaucoup de surprise, je l'avoue , les différentes dépêches que vous m'avez envoyées depuis huit jours sur la situation militaire du Havre et des environs. Tout en admettant que cette situation ait beaucoup varié, je ne puis cependant admettre que vous changiez d'opinion non seulement tous les jours, mais encore plusieurs fois par jour comme vous l'avez fait hier, notamment à l'occasion de l'embarquement des troupes du général Peltingeas. Ces perpétuelles hésitations nuisent extrêmement à la conduite des opérations militaires sur lesquelles vous exercez une influence d'autant plus grande qu'en votre qualité de fonctionnaire civil vous mettez en avant les sentiments de la population du Havre. Il résulte de là que vous contrariez les plans du ministère de la guerre, et vous entravez leur exécution, sans le vouloir sans doute, mais effectivement. Il faut que cela cesse, et je vous prie de tenir compte de cette considération qui ne peut vous échapper, que les opérations militaires sont toujours ordonnées et dirigées d'après des vues d'ensemble auxquelles il importe de' subordonner toutes les conceptions particulières.