VAR
14 octobre 1870. — A M. Cotte, préfet, et M. Maurel, souspréfet, Toulon. — Votre rapport1 me surprend singulièrement; et je saisis cette occasion pour préciser la manière dont j'entends les devoirs des autorités politiques qui nous représentent.
En effet, dans toute cette affaire, je vois l'intervention de la population. Je n'aperçois pas suffisamment la vôtre et celle de vos représentants.
Quelque difficulté qu'il y ait dans la crise actuelle à calmer les émotions publiques, il faut se résoudre à le faire. De deux choses l'une, ou le fait reproché au fourrier de marine était vrai, ou il était faux. Dans l'un et l'autre cas, s'il y avait péril pour l'opinion publique, il fallait intervenir, assurer une enquête et en faire connaître les résultats au Gouvernement qui aurait statué. Devant cette attitude expliquée par afliche à la population, la collision devait être évitée et les diverses autorités en jeu eussent conservé leur dignité et leurs attributions.
En conséquence, ouvrez l'enquête et envoyez-moi le résultat.
Le major général remplira le poste de préfet maritime par intérim.
réactionnaire; c'est un candidat officiel de l'Empire (aune électi"ii m conseil général . Sa présence d'une telle nomination, la commission croirail devoir se retirer. « m. Qambetta tint bon et maintint son choix. I tembre, uns rentable émeute éclata:
la préfecture tut envahie et M. d< Freycinet, g trdé a rue, menacé « d'une mise à sac de la préfecture », adressa sa démission au ministre. Il fût remplacé par M. Flamant.
i. Il l'aail d'u imeutê provoquée par des meneurs démagor
giques, .i la l'arrestatioo d'un fourrier do marine qui
avail insulté le préfet maritime en réunion publique.
1 1 novembre 1 870. — A M. Secourgeon1, préfet du Var (chiffrée). — Est-il vrai que vous ayez pris sur vous, dans une proclamation à vos administrés, de suspendre l'exécution et l'effetde décrets renduspar le Gouvernementale comprends qu'arrivant à Toulon dans des circonstances difficiles, et afin de vous ménager un bon accueil des populations, vous ayez eu la pensée de calmer les esprits. Mais ce que je ne saurais admettre, c'est qu'au lieu de prescrire l'obéissance aux populations et de les préparer aux sacrifices que réclament les extrémités redoutables où nous sommes, vous preniez une attitude qui soit en désaccord formel avec la pensée du Gouvernement. Votre prédécesseur a été remplacé pour abus d'autorité. N'est-ce pas un contre-abus tout à fait injustifiable que de suspendre l'exécution d'un décret applicable à toute la France. D'ailleurs, il n'y a point encore de péril en la demeure. La mobilisation des hommes mariés n'est pas encore mise à exécution. Il eût été sage et prudent d'attendre les ordres du Gouvernement. Cette proclamation me paraît des plus regrettables3.
il novembre 1870. — A préfecture. — M. Paul Cotte est maintenu dans ses fonctions de préfet du Var. Priez-le en mon nom de reprendre ses fonctions. Télégraphiez-moi immédiatement. L'idée de transférer la préfecture à Toulon n'a jamais passé par la tête de personne.
Laurier
12 novembre 1870. — A préfet. — Il faut que M. Paul Cotte reprenne ses fonctions, mais il faut aussi qu'il fasse un acte public d'adhésion et d'obéissance envers le Gouvernement. Connaissant les patriotes du Var, j'ai répondu
1. M. Paul Cotte avait fait arrêter, en vertu d'un mandement, M. Roque, président du tribunal civil de Toulon « compromis en 1851 ». (Dépêche du 4 novembre.) M. Gambetta, à qui ce mandement avait été déféré comme illégal, avait ordonné la mise en liberté immédiate de ce magistrat, et désigné M. Secourgeon pour remplacer à la préfecture du Var M. Cotte qui avait offert sa démission à la suite de ce dernier incident.
2. M. Secourgeon, à peine nommé, avait suspendu par une proclamation l'exécution du décret du 2 novembre relatif à la mobilisation des gardes nationaux.
3. M. Secourgeon, au reçu de cette dépêche, donna aussitôt sa démission.
d'eux. Ils doivent avant tout donner l'exemple du respect, aux lois et ne pas fournir aux ennemis de la République le prétexte à des accusations compromettantes. En ce moment, quiconque ne sait pas se discipliner et obéir pour la patrie est un mauvais citoyen.
Répondez-moi et tenez-moi au courant.
20 novembre 1870. — A sous-préfet, Brignoles. — Concertez-vous avec votre préfet pour organiser la répression sévère contre tout mobile ou mobilisé réfractaire. Faites des exemples. Répondez-moi pour rendre compte.
YAUCLUSE
.'> septembre 1870. — A maire d'Avignon. — En présence du danger que court la patrie, le Gouvernement rendra la municipalité responsable de tout trouble apporté à l'ordre public. Imitez Paris où tout se passe dans le plus grand
e;ilme.
9 septembre 1870. — A M. Poujade, préfet. — Je regrette que, sans prendre mes ordres, vous ayez attribué aux gardes nationales de Vaucluse 40,000 des fusils déposés au palais des Papes.
Le r.ouvernement doit réserver les armes disponibles aux départements menacés. Le vôtre n'est pas dans ce cas.