I. Le quartier général 'tait à Yilleneuve-d 'In
52 VILLENEUVE D'INGRÉ.
peaux. La France en deuil vous doit sa première consolation, son premier rayon d'espérance l.
Je suis heureux de vous apporter, avec l'expression de la reconnaissance publique, les éloges et les récompenses que le Gouvernement décerne à vos succès.
Sous la main de chefs vigilants et fidèles, dignes de vous, vous avez retrouvé la discipline et la force Vous nous avez rendu Orléans, enlevée avec l'entrain de vieilles troupes accoutumées depuis longtemps à vaincre.
A la dernière et cruelle injure de la fortune, vous avez montré que la France, loin d'être abattue par tant de revers inouïs jusqu'à présent dans l'histoire, entendait répondre par une générale et vigoureuse offensive.
Avant-garde du pays entier, vous êtes aujourd'hui sur le chemin de Paris.
N'oublions jamais que Paris nous attend, et qu'il y va de notre honneur de l'arracher aux étreintes des barbares qui le menacent du pillage et de l'incendie, Redoublez donc de constance et d'ardeur. Vous connaissez maintenant nos ennemis. Jusqu'ici, leur supériorité n'a tenu qu'au nombre de leurs canons. Gomme soldats, ils ne vous égalent ni en courage ni en dévouement. Retrouvez cet élan, cette furie française qui ont fait notre gloire dans le monde, et qui doivent aujourd'hui nous aider à sauver la patrie.
Avec des soldats tels que vous, la République sortira triomphante des épreuves qu'elle traverse ; et, après
1. Après l'organisation des 15e et 16e corps sous le commandement du général d'Aurelle de Paladines, l'armée de la Loire avait remporté à Vallière (7 novembre) et à Goulmiers (9 novembre) deux importantes victoires sur l'armée allemande ; la victoire de Coulmiers avait été suivie, dès le lendemain, de l'occupation d'Orléans.
avoir organisé la défense, elle est en mesure à présent d'assurer la revanche nationale.
Vive la France ! vive la République une et indivisible !
Lé membre du Gouvernement de la défense nationale, ministre de l'intérieur et de la guerre,
Léon Gambetta.