Voir page 36 le récit du voyage de Y Armand Barbet
Gambelta à général Trochu, à Paris.
Tours, le 10 octobre 1870.
J'ai trouvé Garibaldi à Tours recommandé par Senard1. C'est une grosse question de savoir qu'en faire. Je ne crois pas cependant qu'il soit possible de ne pas l'employer, d'autant plus qu'il prend des engagements au sujet de Nice.
Il y a eu hier à Saint-Quentin un brillant combat où de La Forge2 s'est admirablement conduit. Les Prussiens ont été repoussés avec grande perte. Nos colonnes de la Loire ont' refoulé les Prussiens au delà de Pithiviers. J'interroge par télégraphe tous les préfets et les généraux sur l'état des forces disponibles, les armes et les déficits.
Léon Gambetta.
Gambetta à Jules Favrc, à Paris.
(Arrivée le 18 novembre 1870, 1er pigeon.)
Tours, le 14 octobre 1870.
En arrivant à Tours, et après avoir interrogé tous les préfets et reçu leurs réponses, j'ai constaté une unanime désapprobation des élections générales dont l'approche ne servait qu'à surexciter les divisions de partis.
La décision du gouvernement de Paris a été accueillie, sauf par le parti légitimiste, avec une véritable reconnaissance, et aujourd'hui il ne nous reste plus d'autre préoccupation que la guerre.
Malheureusement la vérité est triste. Les campagnes sont inertes, la bourgeoisie des petites villes est
1. M. Senard était chargé d'une mission extraordinaire auprès du gouvernement italien, à Florence.