Cf. Faidherbe, loc. cit., p
— «Hier 1 1, des troupes de la lre division de l'armée du Nord, « général Lecointe, ont enlevé un convoi prussien entre « Chaunv et La Fère. Une centaine de prisonniers dont « 4 officiers.
« Le soir du même jour les troupes de la même division « ont surpris un train sorti de La Fère vers Ham. On a tué ce 2 hommes qui éclairaient la voie, malheureusement le « train a pu faire marche en arrière et retourner à La Fère. « Aujourd'hui 12, nous coupons complètement la voie entre « Tergnieret Chaunv et entre La Fère et Laon.
« Signé : Faidiïerbe,
« P. C. C. le préfet du Nord,
« P. Legrand. »
Bourges, 1 7 décembre. — Ministre de la guerre à Freycinet, Bordeaux. — Le mouvement de diversion que nous allons tenter vous sera longuement expliqué dans un rapport détaillé que nous vous envoyons par messages. Il m'était impossible de vous l'expliquer télé^raphiquement.
Répondez-moi au sujet de Crouzatqui, en qualité d'artilleur, fera très bien à Lyon.
Bourges, 1 7 décembre. — Ministre de la guerre à Freycinet, Bordeaux. — J'approuve la destination que vous avez donné.- à Varaigne, je crois que c'est le lieutenant-colonel Meyère qu'il faut nommer a Lan^res avec le grade de général de brigade au titre auxiliaire et le titre de coin mandant du département. Meyère remplissait les fonctions de chef (lYt.il-major avec D'Arbellot, et je crois qu'il a été convenu entre les autorités civiles et militaires que ce serait Meyère qui continuerai! la défense. Renseignez-vous donc directement auprès de Meyère et faites ainsi qu'il vous dira.
Von- pouvez donner le commandement des mobilisés de Seine-et-Marne à Paul de Jouvence!, a la condition «pie vous trouver.'/, le moyen de ramener les mobilisés el leur chef le plus toi possible sur le théâtre de la guerre.
Recommandez au colonel Thoumas de s'assurer que les deuz batteries de \i demandées par Bressolles et qui bu
"'il de Toulouse sont bien parties ,-,« matin
comme il était convenu.
Écartez tous les obstacles qu'elles pourraient rencontrer sur leur route et faites tout pour qu'elles arrivent lundi matin au plus tard. Tout ceci se rattache à un plan dont je vous donnerai bientôt connaissance par l'envoyé de Steenackers qui doit retourner ce soir à Bordeaux.
Bourges, 17 décembre \ 870. — Ministre guerre à Freycinet, Bordeaux. — Vous me parlez de faire de Crouzat le commandant d'une des divisions du 19e corps. Cela me semble impossible, puisque Crouzat a commandé un corps dans l'armée. Je voudrais employer Crouzat au commandement de l'une des divisions territoriales les plus importantes, par exemple Bordeaux ou Lyon qui m'irait mieux parce que l'on pourrait par là donner satisfaction au préfet du Rhône qui représente dans l'une de ses dépêches que le général Lasserre ne saurait convenir à Lyon en l'absence du général Rivière que vous donnez à l'armée de Bressolles; voyez donc si vous ne pourriez pas mettre Crouzat à Lyon. Cette combinaison m'agréerait extrêmement. Nous avons été obligés de garder ici le général Colomb qui commande aujourd'hui le 15e corps en remplacement de Des Paillières. Colomb n'a d'ailleurs jamais appartenu à l'armée de Chanzy. Chanzy n'en a pas moins besoin d'un bon général. Il faut le lui trouver à tout prix. Cherchez-le, car nous n'en avons pas ici.
Bourges, 18 décembre 1870, 10 h. 45 matin. — Guerre à délégué Freycinet, Bordeaux. — Je vous accuse réception de toutes vos dépêches et vous remercie de votre ponctualité. J'ai peur que dans l'affaire du camp de Conlie, il ne se glisse quelque peu de passion. Je ne sais si je me trompe, il y a là des exagérations évidentes. J'ai vu ici un officier, aide de camp du général Trochu, qui vient de passer par Conlie et qui ne m'a pas fait sur l'emplacement et la constitution matérielle de l'installation du camp un rapport aussi défavorable que je m'y attendais, après les dépêches que j'avais reçues. 11 dit cependant que la boue est si forte que les exercices sont impossibles. Pour cette raison seule, j'admets parfaitement qu'on étudie la question de la translation du camp, mais je vous prie de faire procéder à toute cette opération avec sagesse et lenteur. Je ne veux pas que le camp de Conlie puisse devenir un
embarras pour nous moins que pour personne, et, si je vois clair, je m'aperçois qu'à Nantes déjà et bientôt à Bordeaux on s'agitera fort autour de cette question. Je vous recommande spécialement votre correspondance avec Marivault. Mettez-y tous vos soins. N'envoyez à Conlie que des hommes de confiance. Enfin ne perdez pas de vue qu'il ne faut pas que l'on puisse quelque jour mettre en avant l'affaire de Conlie, s'il y a eu vraiment erreur, pour attaquer l'institution du camp que je considère comme l'un des actes les plus importants de notre administration *.
Bourges, 18 décembre 1870, 11 h. 20 matin. — Guerre à délégué Freycinet, Bordeaux. — J'ai reçu deux dépêches de Caen sur les événements de Bernay et de Lisieux2. Il pourrait y avoir eu là collision et troubles, à l'occasion du retrait des troupes qui a été ordonné récemment. Je voudrais bien connaître ce que vous savez de ces événements. Quel est le général qui a été blessé 3? Comment les troubles ont-ils éclaté? A première vue, il me semble que c'est l'émeute de la lâcheté. Voilà des gens qui s'insurgent parce qu'on ne les défend pas, et qui ne songent pas à se défendre eux-mêmes. Les fonctionnaires civils ne paraissent pas non plus très bien comprendre leurs devoirs, je désire leur dire leur fait4; mais je ne puis le faire qu'après avoir été mis au courant par vous. Renseignez-moi dans la journée.
Léon Gambetta.
Bourges, 18 décembre 1870. — A délégué Freycinet, Bordeaux. Reçu à l'instant votre dépêche concernant l'organisation des deui cnps d'armée du Nord5. 11 va sans dire