MONSIEVR
HOVRLIER,
ESCVYER, SIEVR DE Mericourt, Conseiller du Roy, Lieutenant General Ciuil et Criminel au Baillage du Palais à Paris.
ONSIEVR,
Si cette Pièce, rCapoit receu les applaudissemens de toute la France, si
elle n'avoit esté le charme de Paris, et si elle rCauoit esté le divertissement du plus grand Monarque de la Terre, ie ne prendrais pas la liberté de vous l'offrir. Il y a long-temps que V avais résolu de vous présenter quelque chose qui vous marquast mes respects; Mais ne trouvant rien qui fut digne de vous estre-offerty et qui fut proportionné à vos mérites y t avais toujours différé le iuste et respectueux hommage que ie m'étais proposé de vous rendre; et t'eusse peut^stre en-core tardé long- temps à le faire, si le Dépit Amoureux de FAutheur le plus approuvé de ce siècle ne me fut tombé entre les mains. Tay crû. Monsieur, que ie ne devais pas laisser échapper cette occasion de satisfaire aux loix que ie m' estais imposées et que tous les gens d'esprit demandans tous les iours cette pièce y pour avoir le plaisir de la lecture, comme ils ont eu celui de la
représentation, ils seraient bien aises de rencontrer vôtre nom à la teste.
Pour moy y Monsieur, ma ioye sera tout à fait grande de le voir passer, non seulement dans plusieurs mains, mais encor dans la bouche des plus charmantes personnes du monde. C'est alors que chacun se souviendra de toutes les belles, et avantageuses qualite:[ que vous possède^, que les vns loueront vôtre Prudence, les autres vôtre esprit, les autres vôtre lustice, les autres la douceur qui est inséparable de tout ce que vous faites, et qui est si vivement dépeinte sur vôtre visage, quil n'est personne qui puisse douter que vos actions en soient remplies. Iuge{, Monsieur, quelle satisfaction tauray de sçavoir que Von rendra à vôtre mérite ce qui luy est . deu y que Von vous donnera des loûanges que vous ave{ si légitimement méritées, que Ton m'estimera d'^ avoir
fait vn si iuste choix, et si glorieux pour tnoXy et que ton louera le lele et le respect avec lequel ie suis.