‹ Dépit amoureuxChapitre 21 sur 43 · POLIDORE, VALERE · texte numérisé non relu

POLIDORE, VALERE

POLIDORE

ENfin, le beau mignon, vos bons déportemens Troublerontles vieux ioursdVn père àtousmomens; Tous les iours vous ferez de nouuelles merueilles; Et nous n^aurons iamais autre chose aux oreilles.

VALERE

Que fais-ie tous les iours qui soil si criminer^ Enquoy mériter tant le courroux paternel?

POLIDORE

le suis vn estrange homme, etd'vne humeur terrible,

D^accuser vn enfant si sage et si paisible.

Las l il vit comme vn saint, et dedans la maison

Du matin iusqu^au soir il est en oraison.

Dire quMl peruertit l'ordre de la nature,

Et fait du iour la nuit, 6 ! la grande imposture !

AMOVREVX. 8i

Qu'il n'a considéré père, ny parenté

En vingt occasions , horrible fausseté!

Que de fraîche mémoire, vnj^urtif hymenée

A la fille d'Albert a ioint sa destinée.

Sans craindre de la suite vn desonlre puissant.

On le prend pour Tn autre, & le pauure innocent

Ne sçait pas seulement ce que ie luy veux dire !

Hal chien, que i'ay receu du ciel pour mon martlre,

Te croiras tu toujours ? & ne pourray-ie pas,

Te voir estre vne fois sage auant mon trépas.

VALERE seul.

D'où peut venir ce coup ? mon ame embarassée Ne voit que Mascarille ou ietter sa pensée : Il ne sera pas homme à m'en faire vn aueu ; Il faut vser d'adresse, et me contraindre vn peu Dans ce iuste courroux.

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