EAU DANS L'ARGILE
Nous comprenons sous ce titre deux espèces d'eaux: (1) l'eau mélangée mécaniquement ou humidité: (2), l'eau combinée chimiquement.
Eau mélangée mécaniquement. —C'est l'eau qui remplit les pores de l'argile par capillarité et remplit tous les espaces entre les grains. Lorsque ceux-ci sont petits l'argile peut absorber et retenir une grande quantité d'eau, chaque espace séparant les grains agissant comme tube capillaire. Lorsque ces espaces excèdent certaines dimensions elles ne retiennent pas l'eau par action capillaire, et si l'eau est forcée dans l'argile elle s'écoulera rapidement. C'est pour cette raison que les argiles à grains fins ont un pouvoir d'absorption très élevé et retiennent l’eau tandis que les argiles à gros grains ou sableuses ont ce pouvoir à son minimum. C'est le même phénomène qui se manifeste en relation avec la quantité d'eau nécessaire pour pétrir une argile. Ainsi un mélange sableux à gros élément peut ne demander que 15 Pour cent d'eau, tandis qu'une argile très grasse d'un autre dépôt en nécessitera 45 pour cent. Ce ne sont d'ailleurs pas toujours les argiles les plus alumineuses qui absorbent le plus d'eau.
La quantité d'eau trouvée dans différentes argiles varie beaucoup. Dans quelques-unes sèchées à l'air, la proportion
d'eau peut descendre À :05 pour cent; tandis que dans d’autres fraîchement extraites, elle peut atteindre 30 à 40 pour cent sans cependant que l'argile soit très molle.
L'argile est très hygroscopique, et lorsqu'elle est complètement sèche elle peut absorber avidement l'humidité atmosphérique; jusqu'à 10 pour cent de son poids.
L'eau contenue mécaniquement dans l'argile disparaît en partie par évaporation naturelle, mais peut être chassée complètement par chauffage à 100°C (212°F). L'évaporation de cette cau est accompagnée par un retrait de la masse qui cesse cependant lorsque toutes les particules sont venues en contact, et avant que toute l'humidité ait disparue, car il en reste un peu dans les pores de l'argile qui est encore expulsée par la première phase de la cuisson. Le retrait dû à l'élimination de cette eau hygrométr'que varie depuis 1 pour cent ou moins dans les argiles très sableuses jusqu’à 10 à 12 pour cent dans celles très plastiques.
Vu que la plupart des argiles ayant un pouvoir d'absorption élevé se contractant beavcoup en séchant, il y a souvent danger qu'elles se fendillent surtout si le séchage est rapide, cet accident étant dû à ce que l'eau s'échappe toute à la fois sous forme de vapeur. L'eau peut encore présenter d’autres inconvénients, ainsi lorsque l'argile contient certains minéraux solubles, ils peuvent être dissous en partie par l’eau qu'on y ajoute; et pendant le séchage l’eau amenée à la surface en s'évaporant y abandonne ces produits. Pendant la cuisson cette eau peut aussi aider les gaz du foyer à agir sur certains élements de l'argile, ainsi que nous l'expliquerons au chapitre de la cuisson.
Eau combinée chimiquement.—Comme ce titre l'explique cette eau existe dans l'argile où elle forme des combinaisons définies avec certains éléments, et ne peut être expulsée qu’à des températures variant entre 400°C (752°F) et 600°C (1112°F). Cette eau peut exister dans certains minéraux tels que le kaolinite qui en contient près de 14 pour cent, la muscovite ou mica blanc, 4 à 54 pour cent, et la limonite 14:5 pour cent. À moins qu'une argile ne contienne une quantité considérable de limonite ou de silice hydratée, la proportion d'eau de combinaison est généralement d'un tiers de celle de l'alumine contenue dans
saleté