‹ Dermatose sympathico-endocrinienne chez le chienChapitre 6 sur 44 · E) INFLUENCE PSYCHIQUE · texte numérisé non relu

E) INFLUENCE PSYCHIQUE

Il est établi que dans nombre de cas de troubles endocriniens les émotions jouent un rôle primordial à l’origine. On l’a constaté lors de la guerre 1914-18.

Or, dans le Bulletin de l’ Académie Vétérinaire, t. III, 1930, n° 9, les Professeurs HENRY et LESBOUY- RIÈS mentionnent que l’un des sujets avait eu de l’ennui peu avant l'apparition des lésions si caractéristiques et qui tendent si rapidement à l’extension.

De même la chienne Diane, sujet 5, que nous avons suivie, était une bête trouvée dans un état lamentable, quelques semaines seulement avant l'apparition des premiers symptômes de cette dermatose.

Mais nous avons pu nous rendre compte personnellement que deux sujets Rupp et Toby (sujets 4 et 6) ont été pris petits, ont été élevés dans des conditions exceptionnelles de nourriture et de soins.

D'où, là encore, nécessité d'abandonner l’idée que cette maladie pourrait survenir à la suite d’une influence

psychique quelconque.

ROGER

GRR

Il. — LESIONS REALISEES EXPERIMENTALEMENT PAR S. ARLOING

De nombreux auteurs ont signalé l’apparition de troubles cutanés à la suite de sections ou de traumatismes de différents filets nerveux.

ARLOING fit un certain nombre d'expériences en agissant de différentes manières sur le cordon cervical du grand sympathique chez le bœuf et chez le chien.

Nous nous bornerons à résumer brièvement l’ensemble des travaux de cet auteur et seulement ceux concernant le chien.

Lors de section du cordon vago-sympathique chez cet animal l'humidité de la truffe ne se modifie pas sensiblement immédiatement ou quelques jours après la section.

En effet, il n’y a pas d'organes glandulaires dans la surface où sont percées les narines du chien.

Mais, à la longue, un changement de l’aspect de la surface apparaît (un mois ou deux après la section) du côté du nerf lésé et surtout vers l’aile externe de la narine pour remonter et contourner le bord supérieur du nez dans la moitié correspondante. :

Ces régions ont un aspect papilliforme mieux marqué, l’épiderme est sec et sa surface surplombe légèrement les portions voisines.

Ce trouble est surtout marqué chez l'adulte et chez l’âgé.

Lors de coupes microscopiques perpendiculaires à

Lésions obtenues expérimentalement par Arloing lors de section du “cordon cervical du grand sympathique

Evan

la surface la couche cornée du côté de la section est aussi épaisse que les autres couches réunies, alors que du côté intact elle est seulement le sixième de l’épaisseur totale. s

Notre confrère CHAVANCE avait réalisé de semblables expériences il y a trois ans.

Dans un premier cas il a opéré là section à droite, dans un deuxième cas à gauche.

Dans les deux cas les sujets ne présentaient aucun réflexe cutané, le réflexe oculo-cardiaque était neutre, le nombre des pulsations était de 120.

Voici le résultat de ses observations à la suite de l'opération

« On ne peut, au moment de la névrotomie, se rendre compte de la variation de l’humidité du bout du nez car l’anesthésie a rendu cette surface particulièrement sèche.

Quelques heures après la section on observe une tuméfaction chaude au niveau de l’oreille et une fermeture partielle de l'œil, ceci du côté correspondant à la lésion ; on a du myosis intense, le nez est uniformément sec.

Le lendemain on observe une projection du corps clignotant, le nez reste sec, la chaleur et l’œdème auriculaires persistent.

Trois jours après l’expérience les phénomènes oculairés, auriculaires persistent ; cependant que du côté de la section la truffe, à certaines heures, est sèche alors que du côté sain elle est constamment humide.

Deux jours se passent et on a une sécheresse dissy- . métrique indéniable à certains moments.

Lésions identiques à celles obtenues expérimentalement par Arloing et rencontrés normalement

Douze jours après la section du nerf la sécheresse dissymétrique est de moins en moins appréciable, la chaleur et l’œdème au niveau de l'oreille sont à peu près disparus, les yeux conservent leur dissymétrie. Le sujet corne surtout lors de déplacements rapides.

En même temps on voit apparaître du côté de la section et au niveau de la truffe des petites papilles. »

Nous avons d’ailleurs retrouvé chez deux sujets des lésions ayant une apparence identique à celle obtenue à la suite des expériences décrites ci-dessus (fig. 5).

Un cocker, âgé de huit ans (fig. 6) répondant au nom de Bock (1) nous fut présenté le 24 avril 1931, avec des lésions bilatérales du bout du nez. De plus cet animal est atteint d’exophtalmie double, plus pronon-

# s cée à gauche.

Presqu'à la même époque nous pouvions examiner une chienne, Elsa (1), âgée de un an, de race cocker

qui présentait cette fois une lésion unilatérale.

Le bord de la cavité nasale gauche présentait une hyperkératisation violente et le reste de la truffe du côté correspondant et surtout vers l’extérieur d’aspect muriforme et de coloration grise (fig. 7). |

Nous avions là évidemment des lésions de même nature que celles observées par ARLOING lors de la section unilatérale du sympathique cervical chez le chien.

(1) À. HENRY, G. LESBOUYRÈS, H. RocER, La lésion d'Arloing (Bull. Ac. Vét., fév. 1932).

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