ACTE QUATRIEME H
qui guette au dehors, à cent pas d'ici, n'en doutez pas, voit la voiture s'éloigner... Il me croit partie. Il avertit mademoiselle Andrimont... Moi de cette fenêtre je surveille et le jardin et le pavillon... Je les laisse venir ne soupçonnant pas ma présence, et cette fois, je sais ce que je veux savoir...
LE MARQUIS
Et si VOS soupçons ne se confirment pas? Si mademoiselle Andrimont n'a point menti?.. Si Armand n'a point trompé?.. Si, au lieu de coupables, vous avez devant vous des innocents...
LA COMTESSE
Alors, en les accusant injustement, j'aurai contracté une dette, et je l'acquitterai, vous pouvez m'en croire... Mais il est l'heure de partir... Montez en voiture, et avant de rentrer chez vous revenez ici. Vous apprendrez si vous avez eu raison en me conseillant la prudence, ou si je n'ai pas eu tort en poussant les choses à l'extrême.
LE MARQUIS, marchant vers le fond accompagné par elle au moment de sortir.
Allons. Si je ne vous obéissais pas, vous m'accuseriez de vous avoir empêchée de vous éclairer, et, qui sait, peut-être aussi de vous trahir. Donc à tout à l'heure.
Il sort.
SCElNE III
LA COMTESSE, seule. Elle va à la fenêtre.
II part. La voiture est au tournant de la route. (Elle ouvre un battant.) Quelle belle nuit, et douce et embaumée I Gomme ils doivent respirer avec déli-
l 14 DERNIER AMOUR
ces, ceux dont le cœur est paisible et confiant! (Remontant en scène.) Pour moi, c'en est fait de la confiance et de la paix! Et pourtant, si je m'étais trompée?.. Si je pouvais croire encore I (Avec désespoir.) Ahl comme l'espérance est tenace dans notre pauvre cœur! Je ne puis me résigner à accepter l'irrémédiable abandon. Il me faut une preuve suprême, irrécusable... Eh.bien! Dans un instant le problème de ma destinée va se résoudre, (aemontant.) On marche dans le jardin. (Elle regarde.) C'est Lucie... (Elle ferme le battant et recule. Désignant la porte du pan coupé, à gauche.) Par là on vient, c'est Armand!
Elle entre à droite dans le pan coupé et laisse retomber la portière derrière elle.