‹ Dernier chantChapitre 52 sur 55 · RÉSIGNATION · texte numérisé non relu

RÉSIGNATION

Je vou9 aime, ô mon Pieu! je vous donne ma vie;

Elle a souffert longtemps... mais vous l’avez ravie.

Je n’ai point réparé tout le mal que j’ai fait;

Je voudrais quelques jours pour vous bénir encore; Mais si, bien jeune, hélas! le tombeau me dévore, C’est peut-être, ô mon Pieu! votre plus grand bienfait.

RËSKiSAÏIOiN.

Si mon cœur a souillé sa robe éblouissante,

O mon Dieu ! votre main est forte et caressante Aux pleurs du repentir;

Vous m’avez vu pleurer, mon Dieu! car ma tristesse N’était que le remords qui combat et qui blesse L’homme au nouveau désir.

Et votre grâce enfin a triomphé !... mon âme ,

Je l'espère, è mon Dieu! peut s'unir a la llamme Qui brûle à votre autel ,

Je n'irai point, rêveur d’une gloire inféconde, Sacrifier, Seigneur, aux lauriers de ce monde Mon laurier immortel.

Non ! je ne nourris point une haute pensée,

Et ma lyre, ô mon Dieu! devant vous abaissée , Rougit de scs accords;

Car, obscure, elle sait que sa corde est stérile , Et que sans vous sa voix, à jamais inntile, N’aurait aucuns transports.

llESKiiNATION.

Et je chante toujours, car mon âme est fidelle A jeter en rayons la légère étincelle Qui s’échappe des deux.

Nul miroir ici-bas, nulle source limpide Ne renvoie en éclair plus pur et plus rapide Tout disque radieux.

Et je m’endors en paix,... je n’ai plus nulle crainte. Si d’une main de 1er ma vie hélas! étreinte,

S’entend comme railler ;

Si mon front , qui n’a pas de cheveux blancs encore , Doit sous l’aube étouffante errer comme une aurore Qui ne peut pas briller.

Qu’importe? le Seigneur pèse ma destinée...

Peut-être il ne veut pas de ma tige fanée ,

Ces fugitifs parfums -,

Il se plaît à lever un poignard sur ma rose ,

Et me voyant sourire, il dit : « Voyons s’il ose « Parer ses cheveux bruns. »

RÉSIGNAN10N.

Et je souris encor,... car mon âme est tranquille. Que je vive ou je meure ,... oh ! j’aurai mon asile Dans le sein paternel.

La terre est un exil où toute âme est flétrie,

Et je n’oublirai pas les biens de la patrie Four un rayon de miol.

LA MORT

Il est beau de mourir jeune et plein d’espérance ! Il est beau de mourir quand , ardent oh s’élance A l’encontre des jours ,

Quand on se sent dans l’àme un Océan de vie Qui pourrait engloutir, sanB en être assouvie , Tout un monde en son cours!

LA MORT

Il est beau de mourir, quand une âme aussi pure Que le souffle du ciel , verse sur la blessure Tous ses parfums d’amour,

Qu’elle semble avec Dieu faire un juste partage; Qu’elle tremble parfois de donner chaque gage Plus souvent qu’à son tour !

11 est beau de mourir quand la vie est heureuse , Qu’elle offre au cœur aimé, d’une main amoureuse, Toutes ses fleurs pour don ;

Quand le front couronné rayonne de ses charmes, Quand on sent à ses yeux, couler de douces larmes , Et qu’on a son pardon !

Oh ! l’homme est grand alors, étendu sur sa couche. Nulle voix d’ici-bas ne remonte et ne touche Ce regard de géant.

11 plane dans l’espace,...- il embrasse les mondes,

A peine s’il entend gronder sourdes , profondes ,

Les vagues du néant.

LA MORT

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