Dernière correspondance entre S. E. le cardinal Barnabo et l'hon. M. Dessaulles
En Octobre dernier, Tlion. M. Dessaulles recevait de MM. les Adiiiiuistrateiirs du Diocèse de Québec une lettre dans laquelle on lui faisait part (le certaines communications que Son Emmence le Cardinal Barnabo, préfet de la Propagande, l-ur avait donné instruction de lui ti-ansmettru. Diver ses circonstances, et surtout la mul^ tiplicité de ses occupations, avaient empêché M. Dessaulles de répondre à ces communications qui lui avaient été faites de la part du Cardinal ; et il s'était contenté d'en accuser réception à Messieurs les administrateurs, leur demandant néanmoins une traduction de la lettre du Cardinal, ce qui lui fut refusé.
M. Dessaulles ayant répondu le 10 Mars au Cardinal Barnabo, offrit à rinstitut-Canadien de lui faire part de la lettre du Cardinal et de sa réponse à cette lettre. Cette communication fut fi.\ée pour la séance du 13 Avril.
Quand les affaires de routine euront
été expédiées, M. le Président informa l'Assemblée que M. Dessaulles était prêt à lui faire la communication des documents promis, et M.
Dessaulles la fit précédiM- d''s remarques suivantes qui furent souvent interrompues par de vifs applaudissements.
ALLÛCLTION DE M. DESSAULLES.
Avant de vous donner communication, Messieurs, de la lettre du Cardinal Barnabo et de ma réponse, je crois qu'il n'est pas inutile de vous rappeler succinctement les différentes phases de notre lutte avec l'autorité diocésaine, lutte qui n'a jamais eu d'antre objet de notre part que de dé fendre le champ de l'étude, le domaine de la pensée, contre des empiétement que l'on n'ose plus se permettre dans les pays qui sont à la tête de la civilisation, mais que l'on cherche encore à faire accepter dans ce pays comme chose légitime et salutaire.
Vous savez tons que la difficulté remonte à 1858. Une scission eut alors lieu dans l'Institut. Cette scission fut î»rovoqnée par quelques per-
sonnes dont je n'entends pas contestf^r la rectitude d'intention, mais qui ne voyaient pas la main qui se cachait habilement pour faire mouvoir certains rt'ssorls.
La question [yortail alors, comme elle porte encore aujourd'hui, sur les livres de la bibliothèque. L'autorité ei'clésiastique locale voulait une bi t)liolhèque exiiurgée suivant ses ^'oùts, c'est-à-dire composée de manière à imprè{,Mier exclusivi-ment l'es- [irit des jeunt^s gens des principes ultraniontains lesitlus excessifs, principes (lui, dans le passé comme aujourd'hui, signiiient doininatiou absoliu' de IKglise sur l'état ; domination du prêtre, de droit divin, dans toutes les iiuestions sociales et i)oli tiiiues ; direction sans contrôle de toute espèce d'étude, et ii.ème surveillance babitiuùle desdétails les[)lns indilTertMits du la \\o. d . Iamille,i pour vu qu'on le laisse faire bien entendu. ) Cela s"esl fait à Home de tout temps, et l'on voudrait naturellement introduire ici ce commode système (jui met si facilement en coupe irglce^ en (juelque sorte, toutes les fortunes l)rivées d'un pays. Ou a si bien momifié reï^[)rit humain dans l'ancien état romain i|U(! certains hommes trouveraient très roinmode d'en faire autant ici.
Une bibliothèque expurgée comme le voudrait l'autorité ecclésiastique locale ne mériterait plus d'être appelée un répertoire général des connaissances humaines, car les retranche meiits que l'on en ferait seraient tels que les livres les plus essentiels à l'élude du droit public, du droit civil, de la philosopi:ie, de l'histoire ecclésiasti(iue ou profane, de la littérature, de réconomie politiqu- et des scien- ••es positives comme la médecine, la géologie, la chimie organique, seraient impiloyablent bannis.
Nous aurions la bn'Ue science des collèges, dans lesquels nous voyons tous les jours des hommes d'une instruction considérable rester toujours étrangers aux besoins le leur époque, toujours hostiles au libre dévelopennîiil dt; l'esprit humain, toujours
empêtrés dans l'idée absolutiste, et n'avoir aucunes notions exactes et pratiques sur la vie sociale et les institutions politiques des pays où ils vivent.
Je connais des professeui's de collège qui sont de véritables puits de savoir et qui ont fait les lectures immenses, mais aussi qui n'ayant envisagé les (juestions sociales et l'histoire en général que du point de vue borné du (;hamp d'étude fjui leur était pei-mis, n'ont jamais pu généi-aliser les questions, comprendre les grands faits de l'histoire, se rendre compte; de l'etl'et de telle institution plutôt que de telle autre sur les mœurs politique d'un peuple, ni apprécier sainement les événements les plus ordinaires. Leur éducation, faussée par le besoin de plier tous les faits de l'histoire aux besoins d'un système, par la nécessité, dans un certain ordre d'idées, de toujours faire envisager les plus grandes fautes du clergé sous un jour favorable, les rend de tous les hommes les moins capables de saisiih' côté pratique des choses. Ils veulent plier la nature humaine elle-même aux besoins d'un système qui met tout, dans le monde, les gouverner |men!s et les peuples, les institutions et les lois, ia société comme les indijvidus, dans la main du pape, et cou Iséquemment du prêtre, et ils expriiment naïvement leurs idées et leurs ; désirs comme si leur acceptation pra- I tique, dans les sociétés [)olitique^, ! était chose possible.
■ Le clergé n'aime (jue cette espèce I d'éducation qui fait les automates, Iqui empêche les hommes de faire de^^ I études 5o-«'i«f.s; car je ne puis appejler sérieuse que l'étude d'un sujCt isous tous les points de vue dont il est î susceptible, une étude qui soit bonti \fide l'examen du pour el du conhr. Toute étude faite d'un seul point de vue, soit clérical, soit libéral, est incomplète, et bien souvent l'esprit, au lieu d'être lorm^ par cette étude ex clusive, en est tout simplement /f/i/i-.sr. Voilà pourquoi le savoir de collège, toujours le fruit du point de vue exclusif, est quehiuefois exposé à de si
graves int'ooni[il(^s (luaiul il so trouve eu couflil avec le savoir plus coiuplet (les liomuies qui ne se sont pas fataleni(>ul murés dans Vl/idex.
Or où le savoir s'acijuierl-il ? Dans les livres. OVi trouv(^-t-ou les Hvits ? Dans les l)ibliothè(iues. Si nnehihliotlièqne est couiposée. disons au seul point de vue de rulli-ainontauisnie, tout ce qui sort de ci' fci-cle d'idées est condamné ; doni. réludianl (|ui prendra sou savoir dans une pareille bibliothè(ine restera toujours, (inoi(iu'il fasse, un esprit incomplet, souvent tarci de préjugésqu'une étude plus généralisée aui-ait empêchés dt^ se former chez lui.
Tj'nllranioutauisme sait parfaitement ce qu'il fait eu voulant former les bibliothèques de son seul point de vue ; il sait que c'est un moyen infaillible de mouler les esprits comme il l'entend, et d'exercer indéfiniment ce despotisme moral, social et politi(iue (]ui fait tout le fond du système, (>t qu'il a érigéen dogme partout où il l'a pu.
"Voilà ce que l'on veut taire ici: u avoir (jue des bibliothèques (jui fui'ment toutes les intelligences sni" le même moule et (|ui enipêchent autant que possibb' les hommes d'étude de sortir du cercle que Ton trace l'igonreusement à l'esprit. Avec ce système le clergé tient dans sa nuiin tonte l'iutelligeuce d'un pays, tout son mouvement politique, tout son progrès intellectuel et même toute l'action du gouvernement, et il écrase tout ce qui lui résiste.
Et les conséquences de tout cela sont les beaux résultats quenouspouvions étudier naguère en Espagne et en Italie, la nullifiration de l'intelligence publique et conséquemment de l'opinion [)nbli(iue. et par suite la décadence nationale.
Eh bien, nous, membres de l'Institut, nous nefaisonsde lutteéinM-gique que contre les tendances dominatrices du partie ultràmonlain, qui veut s'inmiiscer dans toutes les questions, dt'pnis la plus haute question d'étude sci:^n;ifiqnp jusqu'à la plus infime question politique ou sociale, et ijui.
partout où il la pu, a proscrit l'étudi» et la science. J'ai recueilli lies matériaux assez considérables pour dé montrer son hostilité de tous les temps au libre développement de l'espril humain, et je pourrai vous en l'aire part quehine jour.
En dé^'eudant notre bibliotliï'qne, si incouipIèt(M|u'elle soit, contre l'étroit esprit d'exclusion (jue montre l'autorité diorésaiue, nous rendons service même à ceux qui nous sont hostiles parce(iu'oii les a aveuglés sur la vraie signification de notre lutte. D'ailleurs nous ne sommes pas les seuls alta(}ués. Ne voilà t-il pas l'IIni^eisité l.aval accusrc de laisser lire et étudier Polhier et, chose bien autrement reinai'(iuable. Bossuet lli même ? Car remanjuez bien une chose : le grand Bossuet, sui'uommé le dernier des pi'res^ le grand Bossuet lui-même est décrété d'hérésie à l'heure qu'il est; fi un ecclésiastique français de l'école Veuillot l'a représenté l'année dernière «omme plutôt la honte du clergé de France que sa gloire, «comme on l'avait toujours cru.»
Voilà où l'on en est rendu ? Eh bien nous ne voulons pas de ce fanatisme, ni de cet esclavage. Et quand nous voyons l'Université Laval elle-même, sous la tutelle immédiate de l'Archevêque de Québec, décrétée de tendances suspectes et de gallicanisme par le Journal des Trois- Hivii-res et le Nouveau- Monde, parce qu'elle met Bossuet entre les mains des élèves, il <^st certainement temps de dire à 1 Ultramontanisme : " Voyons : En voilà assez. Si roii ne doit plus lire que Venillot, mettez donc de suite le bonnet d'àne sur l'hu manité ! "
La bibliothèque de l'universiiô Laval mérite donc aussi l'expurgation.
On en doit de suite bannir tous k'S auteurs gallicans: E]llies Dupin, Pithou, Pothier, Aiuauld. Bossuet. Durand de Maillane, et cent autres. Ne vient on pas de nous dire ici môme que le gallinisme était " la dernière et la plus hypocrite des hérésies? " Et voilà que cette hérésie, d'après nos journaux modèles, couve sourdement dans l'université Laval ! A quand donc l'ex-
commuiiicalion des professeurs d'abord, el ensuite de rAi'chevèquu qui l(!s prolèj^e ?
Voyous ! Est-ce a-scz de folie, et d ine[»lie ? Pourquoi nous occuperiousuous davantage de celte école de la colère dévote qui en est rendue à ac (•user indirectemoiit rArchevA(jue (rhéi'ésie, et à l'accuser très directement de [)rotéger une institution où l'on s'est (Icfait de /'rspril romain f Et qui s'es'i difail de respril romain^ d'après la feuille fanalicjut* ? Celui niènie (jui était recteur de runiversité et qui est aujourd'hui Archevêque ?
( Nouveau Monde du 17 Mars.)
ii'Tustilul fut donc mis, après la scission de ISÔS, sous lescensures ecclésiastiques,mais non dans les formes voulues par le droit ecclésiastique; car Sa grandeur, qui se savait irres- [>ousable, n'observa aucune des règles établies, et donna tout simplement instruction aux membres du clergé, par une circulaire privée, de refuser les sacrements aux membi-es de l'Inslitul. Point d'avis. [)oiulde monitions personnelles ; partant, point de défense : sa volonté seule faisait la loi.
Une mesure arbitraire à ce degré ne pouvait produire que de l'irritation, et plusieurs années s'écoulèrent avant qu'il fi!U question de s'occuper de la possibilité d'un rapprochement.
En 1853 néanmoiiis, un comité fut nomme eu séance régulière de l'Inslitut et fut chargé de prendi-e les moyens d'aplanir les difficultés entre les membres catholiques de l'Institut cl l'autorité diocésaine. Ce comité eut une entrevue avec Sa grandeur qui se tint sur la limite de l'extième réserve, faisant comprendre, sans le dire en tontes lettres, que rien qu'une soumission complète — à la déraisonnable exigence de l'expurgation de la bibliothèque comme elle l'entendait — ne pourrait la satisfaire. Le comité crut pourtant devoir tenter un dernier effort.
Soupçonnant beaucoup que toute cette querelle à propos des livres n'était qu'un prétexte pour voiler un but que l'on ne voulait pas explicitement avouer, le comité décida de
transmettre à S. G. le catalogue de la bibliothèque et de la prier de vouloirbien indiquer les livres à Vindex.
Après avoir gardé le catalogue pendant sept mois. Sa Grandeur le rendit en refusant pérem[)toiremeut d'indiquer ces livres. Il devenait donc ac- (inistiue l'on avait un autre but en- «•ore que l'expurgation de la bibliothèque. Ce but, que Sa Grandeur voulait obtenir sans prononcer le mot, était la désorganisation de l'Institut eu imposant la résignation comme devoir de conscience aux catholiques ijui en étaient membres. Et la vraie raison de toute elte savante tactique était ledésird'étoutfer un foyer d'idées libérales où les gens se permettent de discuter, el de choisir des livres, sans soumettre le tout à M. le Chapelain comme dans ces associations où l'on forme si lirillamment l'esprit des jeunes gens. Avec un Chapelain pour surveillant, toutes nos discussions ne pourraient plusavoir d'autre tournure ni d'autre objet que le triomphe de l'idée ultràmontaine de la suprématie absolue du Papertu l'-mporel comme au sp-ritU'^l. Nos lectures se borneraient à l'école des de Maistre et des Venillot, ces deux efTrontés falsificateurs de toutes les questions historiques qu'il ont touchées ou discutées.
Nous descendrions au pitoyable rôle réservé aux jeunes gens dans ces bienheureuses associations où l'on ne doit dire ou penser que ce que M. le révérend père tel ou tel rentbien vous faire la grâce de vous permettre ; où l'on affirme gravement par exemple, à un auditoire, que jamais personne n'a osé répondre au mag)tifique livre de M.
Venillot sur « le droit du Seigneur )i — affirmation qui ne prouve que la déplorable ignorance du révérend père qui l'a faite — dans ces associations où l'on affirme à la jeunesse que chaque mot du Syllabus est devenu article de foi, ce qui implique l'obligation de croire que tout le droit moderne, si supérieur à l'ancien droit inqnisilorial, n'est qu'erreur et tyrannie envers l'Eglise ; ce qui implique encore l'obUgatiou de croire que la justice civile viole le droit divin
en punissant, pai- exemiilo, un ecclésiasliiiue jiour un crime qu'il aurait, commis. Trop peu de [)eisouues ici réfléchissent sur ces conséquences, et sur la vraie portée des prétentions nltràmontaines.
On cache, aux yeux (h;s gens peu intruits, ces prétentions inadmissibles sous Tidée généralisée des imniunilês fcclcsidsti'/urs. Ce mot en lui même parait très inolïénsif à ceux qui n'ont pas étudié l'histoire des prétentions nltràmontaines sur la su[)réniatie absolue en tontel iiartonldu [)ouvoireccclésiasti(|ue. Mais ceux qui ont suivi à travers les siècles les résultats de ce qu'on appelle tout innocement en appai-ence l'iininanUr rrrl''siaslii/ur^ savent (jne ce mot ne siunific pratiquement que la juridiction immédiate du prêtre sur les sociétés, les gouvernements, les institutions, les lois et même les tribunaux civils, et son en tière indépendance, même dans les cas de crimes, de la société civile. C'est-àdire que dans ce beau système, tout relève ilu prêtre qm. lui, ne relève de personne.
Eh bien, pour en revenir à mon sujet, le refus d'indiquer les livres que l'on représentait comme un poison était, de la part d'un Evêque, bien autrement grave comme violation de devoir que le simple fait de leur possession par des laïcs. N'ayant pas de liste de lindcx^ nous ne pouvions pas, même avec toute la bonne \olonlé possible, connaître tous les livres à /'i/K/tu" que pouvait contenir notre bibliothèque ; d'autant plus qu'il était dilficile de soupçonner que l'on eût pu mettre à llndex des auteurs comme POTHIER ou DUP1N,0U dcS ouvrages comme les « Provinciales w et le <( Voyage en Orient.»
Le refus de l'BiVèque de nous indiquer ces livres nous mettait donc tout simplement en règle an point de vue du for intérieur. Il n'y avait dès lors plus de culpabilité pour les catholiques de l'Institut à laisser la bibliothèque telle qu'elle était jusqu'à ce que l'autorité diocésaine comprit enfin son devoir. La passion avec laquelle on nous a traités empêchait
l'Evèfjue (le voir une chos(; aussi évidente, mais les théologiens qui examinent cette qui.'stion sur son propre mérite et sans acception de personnes, c'est-à-dire sans s'occuper de la situation compromettante où s'est placé l'Evêqne non plus(jue de la tactique hostile ordonnée à l'égard de l'Li stilnt;ceslhéologiens,dis-je, admettent (|ue le refus d'indiciner les livres à Ciiidrx mclliûl l'Evêque dans son tort.
Mais [)onrqnoi l'autorité diocésaine refusait-elle de rcunplir son devoir sur ce [)oint? Je vais vous en dire la vraie raison,car tontes celles que l'on a données n'étaient pas sérieuses; n'étaient vraiment que des feintes pour produire un effet sur la masse.
" L'Institut, a-t on dit, n'ayant pas voulu s'engagera retrancher tous les livres à l'index^ pounjuoi les anrai*;on indiqués ?
Voilà précisément ce qui ne peut s'appeler qu'un prétexte, et jamais une raison acceptable à un homme sensé.
Car enfin l'Evêqne se dit mu par le seul intérêt spirituel de ses ouailles.
Or quand quelques-unes d'entre elles allaient, ou lui faisaient demander :
«Monseigneur, vous nous dites qu'il y a dans notre bibliothèque des livres qu'un catholique ne peut lire ; voulez vous bien indiquer ces livres pour que nous les connaissions •,» l'Evêque était-il justifiable de refuser cette indication sous le prétexte que quelques membres de l'Institut les liraient encore malgré Cindexl Etait-il juste, était-il bien pastoral de dire: «Parceque quelques uns d'entre vous ne craindront peut-être pas ce poison, je ne l'indiquerai pas à ceux qui le veulent l'éviter? Parcequ'il y a des noncatholiques dans l'Institut qui n'admettent pas /'/^u/fj:',-- qui n'a jamais été^ jusqu'à ces derniers temps, admis en France même où pourtant l'on était catholique — je n'indiquerai pas le danger aux catholiques!!»
Ah ! vraiment, il y a beaucoup trop d'humanité là dedans ! Et j'ose me permettre d'appeler cela : mettre son petit moi à la place de son devoir.
Nous avons offert tout ce que nous pouvions faire sans violer le droit des
noii-catholiques de riiisliint: séiiues-i pi-nxiniilé des catli îliqiK^s sans expoirer les livres à /'///'/rx- coiiiiue indiea-i ser leur conscience. Mais ne l'expolioii aux catholiques (jiTils ne pon-lsait-il pas an uio'ns aiilanl en rel'nvaient [va lire sans permission. Coni-, sant de rindi([ne! ? D'aillenrs, en nie ment pouvions-nous priver enlitîp^j rendant le cataloj^ne. Sa. Grandeur ment tous les membresderinstitutde i elle-même m'avait rappelé ce (jne les ce (jui était propriété fo//;o//jVi'e///tr//t'/-! catholiques avaient à faiie. «Ils peu- .sv ? Gomment pouvions-nous raisonna- ' vent toujours, m'a-t-elle dit, s'addresblementôteraux membres protestants iser à huir confesseur pour connaître par exemple, un livre écrit au point Ices livres.»
de vue protestant, coinme Hume, ou i Puisque le reuiède est si simple, Hallam, ou l'histoire des protestants] pourquoi donc celte jj^rande guerriMJe de France ? Quand des gens en auto-l douze ans de durée ? Nos livres n'eritéagisseut,ilfaudraitau moiusqu'ils 1 taient donc pas la seule laison de la comprisscnf la portée li'g((h' des actes guei're ?
qu'ils veulent imposer. Et ici rKvè-j Kst-ce que la séquestration que que ne voyait pas une chose pourtant | nous offrions naïu-ait pas aidé les cabien simple : que nous ne pouvions! tlioliques à connaître les livres qu'il.s pas priver de sa propriété un membre ne doivent pas lire sans consulter qui voulait la conserver et à ijni elle' le contésseur? Vous voyez bien (ju'il pouvait être nécessaire pour ses étu-!n'y avait rieu autre chose chez lEvê des. Nous n'avons [)as, comme l'auto- jque que le parti-pris de ne rien entenrité ecclésiastique, l'habitude de l'ar (dre. «Je \: veux, cédez l)> Eh bien, à mou
bitraire et de la violation des droits d'autrui sur les moindres prétextes.
Ou nous dira peut-être que cela montre que nous ne devrions pas avoir de protestants dans rtustitut.
Alors que Ton excommunie donc les membres l'Institut de France et de toutes les sociétés littéraires du mon
humble avis, les hommes sages et éclairés ne parlent pas ainsi !
Il a aussi donné pour prétexte (jue c'i'Uiii'nt (les iiidicidus, et non le corps, (|ni demandaient l'indication des livres à l'iiiflcx. Voilà encore ce qui prouve plus que tout le reste le manque de sincérité. Ce sont les individe qui ont des protestants ou des juifs! dus, ''f non le coi-ps^ qui lisent, et comme membres! Tant qu'on ne l'an- i qui pèchent, s'il y a vraiment péché à ra pas fait, tout ce (jue l'on nous fait su- \ lire Pothier, ou Lamartine, ou Pascal, bir d'arrogance dans les prétentions i ou la déclaration du Clergé de Fraiiet d'injustice dans les jugements ne i ce de lli8-2 ! Mais coinme il faut eu montre que l'étroitesse d'esprit dejfinir une bonne fois avec ces mesceux qui veulent faire des lois /;oî</- quines défaites et ces raisons saugreiious seuls en se couvrant du grand j nues, je vais poser la question suivannom de l'Eglise. j te à nos ennemis :
Ce que nous otTrions était donc touti Ij'Archèque de Paris. l'Archevêque ce qu'un homme qui aurait voulu la|de Vienne, ou l'Evêqne de Bruxelles, paix et non la guerre pouvait raison- refuseraient-ils à un on plusieurs nablement demander. Bien des Eve- membres des sociétés savantes ou litques, dans le monde, n'en demandent! téraires qui se trouvent dans ces vilpas môme autant. Mais on avait for- j les, de leur indiquer les livres à/' ?'/u/^'jmé le projet de forcer l'association à de leurs bibliothèques sons le prétexte se débander ; on se croyait assez fort 'que ce ne sont pas les corps qui en pour l'écraser si elle s'y refusait, et font la demande '/ Diraient-ils à un ca- Ton mettait, comme d'habitude, l'opi-tholique qui demanderait rindicaiion niâtreté à la place de la raison. du ;jo/so/i : «Je ne vous le montrerai
Je sais bien que ceux qui cherchent que si le corps lui-même me fait faire parordreàexcusercequ'ilssaventbien offirirllrrnrn/ cette demande ?» être inexcusable, vont dire queTT^vê- Allons donc! Il faut mettre un peu que ne pouvait pas laisser le poison à de raison et de sens commun dans
("OS choses ! Le fait esl i|iril ret^le bien p(ni de pays dans h; monde catliolKiiie où l'on ait rendu l'opinion assez esidave |»onr faire accepler coin me chose vouhie [)ar larelij,don hi déraisoïKjue l'on montre ici sur hi composiliou de notre ltihliothè(iue.
QneUe était donc la vraie ra son du refus d'indiquer les livi-es? La voici, et soyez sùi's qu'il n'y en avait vraiment pas d'autre : On n'osait pas nous dike: « Metrançhez Dumoulin, retranchez Polluer, retranchez Montesquieu, retranchez de Thou, retranchez Sismondy, retranchez Lamartine, retranchez les économistes, retranchez les plus grands géologues de l'épocjue! On comjM'enait (jue le rire, nu*'me tles catholiijues, eût été troj) grand. Ou a donc préféré i-ester dans les généralités, (]ui ouvrent moins les yeux de la niasse que les particularités, oîi l'esprit qui anime peri;e lro[>. N'osant pas dire franc et net ce que l'on voulait, on s'accrochait au premier prétexte venu pour mieux voiler le vrai but où l'on tendait, mais que l'on ne voulait pas explicitement déc'larer.
Et ce qui me parait mettre liois de doute la i-ectitnde de mon ^)oint de vue, c'est l'absence de toute décision sur cette question des livres dans le décret de l'Inquisition de Juillet '69.
On n'a [>as non plus osé dire, dans ce décret, comme vons le verrez plus loin, qu'un catholique ne pouvait pas rti-c nwmbir d'une association publique incorporée qui possède des livres à Cimiex. Comment l'eût-on fait pour nous quand on le permet partout ?
Voilà pour(]Uoi l'on a habilement, si non très loyalement, tourné la diffi culte, n'en disant pas le plus petit mot dans le décret, et soulevant une nouvelle question sans nous le dire, ce qui facilitait singulièrement la (•ondamnalion puisqu'on nousenlevait toute possibilité de nous défendre !
Les censures furent donc maintenues contre les catholiques de l'Institut parce que le corps ne retranchait pas des livres que l'on refusait oéremptoirement d'indiquer!
Voilà comme l'on entend la justice
et couiine l'on pratiiiue h; devoir dans certains Evèchés !
— Je vons excommunie, disait Sa Grandeur, parce qu'il y a du poison dans (u'tte bibliothè(j[ue 1
— Alors, Monseigneur, voule/.-vo; s bien montrer où est ce poison "/
— Non certes, jt; ne vous le mou treiai pas. Mais ra[ti)elt!z-vous toujours que si vous ne l'ùtcz pas je n'en maintiens [)as moins mes censures!
Et voilà ce que l'o i habitue notre population à regarder comme de la couscieucc; ! !
Nous avons donc interjette appel à Rome. Une requête en date du 16 Octobre 1865 fut adressée au Pap(!, signée par dix sept membres de l'Institut, parmi lesquels se tionvail notre regretté confrère Guibord, qui témoignait bien par cette démarche de ses sentiments catholiques, ce qui . 'a pas cmpè( hé (jn'on a défendu à sa dépouille mortelle l'entrée d'un cimetière non bcni ! ! I actt; que j'invite nos adversaii-es à conciliei- avec le plus simple Ibon sens.
I Notre requête était accompagnée [d'un mémoire au Cardinal Barnabo, j préfet de la Propagande, exposant I notre point de vue de la ditbculté.
j Plusieurs mois s'écoulent, e! pas mêîme d'accusé de réception quoique je ! l'eusse formellement demandé dans jmon mémoire. J'écris enfin pour sa- I voir si l'on a reçu les papiers. Ma lel- I Ire était datée du !5 Juin 66, 8 mois I après l'envoi de nos papiers. Alors 'on se réveille enfin et le Cardinal j Barnabo me répond la lettre que voici, traduite de l'ilalien .
Trs illustre Monsieur, (1) : J'ai reçu depuis quelque temps
! ( 1 1 Ceci ne cadre pas e.xaclement avci' 1;l dernière lettre de Sou Eminence, où je ne suis plus c[ue " le susdit Dessaulles, " ciiose qui [ m'est fort inditr rente au fond ; mais cette aposttrophe seule montre combien l'on a, h liomo, I la marotte des tilres puisque Ton me faisait I ainsi la même apostrophe ([u'aux Evèques, que 1 l'on aime tant aujourd'iiui à appeler : " les Princes de l'Eglise. " Il y aurait pres'jue eu, j dans cette splendide apostrophe, de (|Uoi me rengorger, si je m'occupais li' moins du monde ' d'un titre
la pétition envoyée en vcli-e nom et au nom des paroissiens catholiques membres de rinstilut-Cauadieu, au sujet de quelques diflicultés avec Mgr.
de Montréal, et aussi tous les papiers qui regardent cette affaire ; comme aussi une réclamation laite par vous persouuellemeut contre un jugement porté par ce Prélat sur un écrit de vous relatif aux difficultés du susdit Institut.
Appréciant comme je le fais d'un côté les bonnes dispositions montrée»
par vous et les autres requérants, et reconnaissant d'autre part les qualités du zélé pasteur, je m'étais flatté que les faits une fois éclaircis, toutes la difficulté aurait été arrangée de manière à ce qu'il ne restât aucune raison de plainte.
Voyant donc, par votre lettre en date du 15 Juin, ijue Ton u"est point parvenu au résultat désiré, j'ai écrit à Mgr. l'Kvèque pour l'inviter à me faire connaître ses raisons sur la double question.
J'attends donc la réponse de ce prélat, après laquelle je m'empresserai de vous répondre à la question.
En attendant, je vous souhaite de la part de Dieu toutes sortes de biens. De votre Seigneurie.
Le très dévoué.
Al. Barnabo, Préfet.
Rome, à la Propagande, le 24 Juillet 1866.
Je reçus c^Hte lettre le 16 Août, di.x mois jour pour jour après l'envoi de nos papiers. Donc dix mois de perdus sur cette singulière supposition dt. Son Eminence qu'après notre appel, tout aurait peut-être pu s'arranger ici, quand nous n'avions évidemment fait cet appel que parce que nous n'avions pas pu obtenir d'arrangé ment!
A-t ou demandé des explications à Mgr. de Montréal, je n'en sais obsolument rien, mais ce que je sais, c'est que la réponse promise par le Cardinal n'est jamais venue.
Mais le "2 Mai 1868, c'est-à-dire vingt-un mois après l'accusation de
réception des papiers, et près de trois ans après leur envoi, je n^çusde Mgr.
d'Anthédon, maintenant Evèque de Trois-Hivi^res, une lettre dans laquelle il m'invitait, en ma qualité de Président de l'InstituL (je ne l'étaiii plus depuis dfux ans) à le rencontrer avec les principaux membres de la socïéié., et cr auiioin de lotit lliistiliil, chez Mgr. de Montréal, le 22 Mai suivant. Sa Grandeur me disait qu'ellf était chargée par Sa Sainteté d'cnlcndir li's raisuits de part el r/'«u//r,'' mais Elle disait aussi que nous avions [>orté noti'e plainte à Rome au nom de tout l'Institut, l'ait inexact et sur lequel elle était nécessairement trompée par les instructions qu'elle avait reçues.
Je répondis donc de suitp à Mgr.
d'Anthédon que lt?s membres (jui avaient porté plainte le rencontreraient volontiei-s au jour fixé, mais en leur cupaciti- privée, et non pas au nom de l'Institut, vu que nous n'avions pas qualité pour cela, et que l'Institut était resté, comme corps, complètement en dehors de -l'acte de ijuelques uns de ses membres.
Sa Grandeur me répondit immédiatement que comme la commission qui lui avait été envoyée de Rome parlait d'une plainte portée au nom de tout rinstitut, et le chargeait de s'aboucher avec nous comme représentant l'Institut et agissant en son nom, et de régler une affaire relative à l'Institut comme corps et non point à quelques uns des ses membres individuellement ; il ne pouvait procéder plus loin, et allait demander à Rome de nouvelles instructions.
Ainsi donc, après trente deux mois d'attente, nous découvrions tout à coup que nos juges eux-mèines avaient organisé lui petit plan qu'il me faut bien appeler un peu (jaucht pour changer la question de personnes et de terrain, et subtituer le corps aux individus. Si l'on a cru que nous nous laisserions prendre à une aussi grosse ruse, il faut réellement que l'on ait cru avoir affaire à des gens bien naïfs.
Rien n'autorisait de près ni de loin
l;i Propatï.inde à ossay(>r de nietti-c le corps 011 caiiso an lit'ii cl plact; des appelants en leur ca(»acilé [nivée, car il était aussi exiilicileiueul e.\i)liijuè (jue possible, dans uioii uiéiuoire, (]ue c'ctairnt 1rs cdlhdli'jiirs i/r l'fn.slilu! qui (Ujissainil et nullenienl le cori>s, (jui était resté coiui)lèlenieiil étiauger à leur acte.
Kl i-eniai-(iuez (pie cela était ailmis à Kouie même, comme le prouve la lettre du Cardinal Baruabo que je viens de vous lire. li accuse réception de la pétition envoyéi' en mon nom et au no)n des pufuissirns calhoh'tiues membres ilr nnslIlulCdnadien ! Voilà donc l'admission formelle que ce n'était pas le corps aïKjuel on avait alïaire, mais seulement ses membres calholi- (jues.
El malgré nos explications, malgré celte admission du Cardinal, on ose afliriTier à Mgr. d'Aiithédon que la plainte avait été portée au nom de tout rinslilu'.'et qu'i l aurait à régler une affaii'e lelalive hVluslïiut eomme corps et non point à quelques uns de ses membres imliriduellement !
Voyons! Etait-il possible de repréter faussement les faits avec plus de préméditation? Et l'on ne trompait pas que nous 1 On liom[)ail aussi le commissaire même que Ton choisissait !
On défigurait Tatlaire qu'on lui donnait mission d'arranger ! Comment s'étonner que l'on ait fait de la diplomatie à notre égard au lien de rendre justice, quand on manquait si clairement à la véracité vis-à-vis même de l'Evèque auquel on envoyait une délégation de pouvoir?
Ce fait seul donne la clé de tout ce qui a suivi ! Ce fait seul montre à quelles déloyales manœuvres on est descendu pour éviter de rendre justice. Qu'il s'agisse tant qu'on voudra de Cardinaux et d'Evôques, ils devaient au moins dire la vérité; et la lettre que Mgr. d'Aiithédon m'a écrite prouve qu'on le trompait lui-même !
On lui ordonnait d'agir sur une base que l'on savait être fausse; la prétendue plainte de rinstitut et non de ses niembies catholiques! Est-ce ainsi
que l'on prouve son désir de rendre lioiinêtemeiit justice ?
.l'écrivis donc de suite au Cardinal lîarnabo pour lui expli juer l'étrange [uocedé (lui avait eu lieu à notre égard, et je lui rappelai qu'il avait luimême admis avoir reçu la requête ilrs /juroissiens calholi(/ues mendjirs ilr l'Insli.ul, et non i)as celle de rinstilul ; et (ju'il avait donc constaté lui-même la nature puremeiit individuelle de la plainte. Ma lettre était datée du 27 Mai lhG8.
On ne me fit iiaturellement pas de rép)nse. Qu'aurait pu dire son Emineiice l Les faits élaient là ; nos explications aussi ; sa propre admission aussi ! On avait (»ssayé de nous sur- [irendre et l'on n'avait pas réussi ! Il y avait pourtant deux ans déjà que sou Eminence m'avait promis une réponse directe dès ([u'elle a. irait :ecii les expiicalions de Mgr. de Montréal !
Ces explications auraient-elles été insufiisantes poni- nous faire condamne!-? Il est permis de le croire vu Tabsence complète de décison, dans le décret de l'Inquisition, sur la queslion soumise à Rome. Comment donner raison à l'Evêque de Montréal sur cette queslion quand nulle part on n'inquiète les membres catholiques d'un corps public qui possède des livres à l'index ?
M is on ne voulait pas non plus nous donner raison, quels que pussent être les torts ou l'erreur de l'Evèque. Même s'il avait tort, il fallait le sauver devant l'opinion. On adoncadop té la prévoyante tactique développée dans une fable bien connue du bon Lafontaine : «Avant un an, le Roi, l'àiie on moi nous mourrons ; » c'est-àdire: <i Laissons faire, et il surgira peut-être quelque chose qui nous tirera d'embarras.
Nous avions porté notre appel en 1865. Trois ans après on n'avait encore rien fait, à part cette tentative, qui n'avait chance de réussir qu'avec des enfants, de compromettre le corps en faisant aiïir les appelants au nom du corps. N'ayant pas réussi, on décida
(1p florinir et de laisser ilonnir lai (iiu stion aussi.
Vint lo 17 Décembre l(S6S, joui- do notre aiiniv(>rsaii'e de foiulation. Il devenait assez clair, pnisriiie trois ans s'étaient éconlés depuis l'appel, qu'on ne s'en occupait guère. On avait eu le temps, en Irois ans, de rendrt^ justice. Loin de là on avait eu recours à l'incroyable manœuvre de tromper un de nos évques sur la vraie signi flcation de cet appel. Cela ne montrait guères le fait de haute conscience (iont on nous parle tant. Je crus donc devoir répondre, ce jour là, au.x atta- ([ues lui'ieusf-s de cette sainte [)resse (]ui, d'après la Miiu-rv. du 1 1, est oc-upée à nous monlier «les inimitables vertus du journalisme rfdigieux,» et je fis celte lecture dans laquelle des prêtres instruits d'ici et des Etats- Unis n'ont rien trouvé d(^ irproucablr.
mais que l'on a irproucrc à Rome parceque l'on ne savait absolument f)lus comme sortir à rhonneur de l'Evè- (jue de la ({uestiou des livres. Comment encore une fois nous condamner Ifi dessus quand on ne condamne ni rinstitut de France ni cent autres sociétés scientifi([ues ou litiéraires qui se fout honneur de bibliothèques bien autrement garnies que la nôtre de livres à l" index?
Personne n'a encore osé aborder cette contradiction. Personne n'a encore osé expliquer pounjnoi l'on peut ainsi sévir contre nous quand on ne le fait nulle part ailleurs pour les mômes raisons ; quand on ne le fait /nis ninne ici pour les mêmes raisons ! On cherche à détourner les jeunes gens des cours donnés à l'Institut.
Cherche-t-on à les détourner des cours du Collège McGill qui possède une bibliothèque où il y a plus de livres à n')idi'x que dans la nôtre ? On ne met donc de sincérité nulle part avec nous! Tout ce que l'on fait est donc entaché de partialité nécessairement inspirée p3r le préjugé opiniâtre, ou la détermination formelle de ne pas avouer que l'on se trompe.
Car enfin ou l'on se trompe avec nous, ou l'on se trompe avec les au très que l'on n'inquiète pas. On ne
peut avoir également raison sur deux faits coulradictoires. Quand l'on n'iii- (|uiète pas les catholiciues membres (i'aulres sociétés, ([u'on nous laisse donc trani|uilles. Kt si l'on ne nous laisse pas lran(|uilles, (]ue l'on inquiète donc les autres ! Et (jiiand ou s'obstine a ninquiéter que noiisseuis, nous avons le droit de dire qu'il n'y a là ni justice, ni honnêteté, ni conscience;. Cela est dur peut-être, mais voyez donc ce fait-ci.
Un catholique de l'Institut s'adresse à l'Evêque pour demander qu'on lui permeMe l'approclu! des saci-ements.
Il établit qu'il est l'un des appelants au Pape. L'Evêfjiie loi fait répondre qu'il est un rebcdie à l'Eglise et qu'il ne peut lui permelti-e d'ap[)roeherdes sacrements! Cette rèjjouse existe en la possession de ce membre.
Eh bien, voilà encore du nouveau en religion et en simple bon-sens.
L'appel à Kome, une preuve de rcbrllio/i à rEglisr ! Et c'est un Evêque (jui dit c(da !
Comment veut-on que des gens sensés c; oient en son esprit de justice, et j'oserai même dire en son jugement?
Comment l'appel au conseil privé, par exemple, prouve-t-il que l'on veut résister au pouvoir civil ?
Soyez sûr, Messieurs, que tout cela e.^t trop illogique et trop absurde pour durer longtemps, et il ne s'é coulera pas bien des années avant qu'on ne vienne nous dire avec toute la bonhomie que l'on sait mettre dans ces choses : « Ah ! c'était un bien excellent homme que Mgr. de Montréal, mais il avait ses petits préjugés.
Allons! oublions tout cela et redeve nous bons amis ! » Mais tout sera toujours adroitement arrangé de manière à éviter davouei qu'un Evêque se soit trompé. L'humilité ecclésiastique ne va jamais jusque-là !
Mgr. de Montréal, qui n'avait pas pu, avec ses < xplications, nous faire condamner sur la question des livres, qui n'est pas encore décidée à l'heure qu'il est, partit pour Rome dans l'hiver de 1809. De nombreuses affaires litigieuses l'appelaient à Rome
où on il' voit toujours ai-i'ivri- avec un [K'u tli> IVa; cur.
« 6i Ions le» Kvè(jut's étaiiMi I. coninir Mgr. di" Monlroal, » disait un prélat romain à un voyag(Mir do uia coniiaissande « il n'y aurait [)as assez de cinq ri'o|iaj;a iules ! »
Arrivi; à Rouie, sa [dus giande alla lie fut celle de 1 Institut. Voyant (|ue l'on ne nous coudanineraiL pas sur la question de possession de livi'es à l'index par un cor[ts public, ce qui eût été se uietlre eu coutradicliou directe avec ceiiu'ou tolère partout, il leiuua, intrigua, sollicita, glissa mille terribles choses dans toutes les oreilles; lit voir au microscope le munsire (lu libéralisme levant dans Tlustitut sa tète hideuse^ y répandant sou venin iiifeci, et le traiislormaut en chaire de /jeslilence; il) et réussit à force de dénonciations qui sont toujoui's restées secnlet; en ce sens qu'on ne les a jamais otïiciellement communi(juées aux inicr esses ^ à l'aire condamner mon discours d'abord, puis l'Institut comme coupable d'enseignement pernicieux.
K^iir de fanx exposés de faits, qu(\je liouve l'eprotluits dans la circulaire au clergé du 16 Juillet l^'6J — mais l'on n'a pas jugé à propos de commii- (luer cette p irtie au pulîlic ([u'elleau rait trop vivement éclairé sur la rectitude d'intention et de jugement de Sa Grandeur — Elle a persuadé aux membres de l'inquisition que l'Institut enseignait officellement les opinions exprimées dans mon discours.
Voici la [lartie de la circulaire que l'on n'a pas rendue publique ici :
«Ce livre, (l'Annuaire pour
« I8I81 est regardé et traité avec raison " couine un livre otïiciel et authenti- « que de rinstitut-Canadien. Les ac Il les qui y sont consignés sont passés (( constitutioniiellement. L'assemblée « était régulière, ayant été convoquée « et tenue conformément à la consti- « tiition et aux 1 èglements. Elle était <i présidée par le Président qui en a '1 fait l'ouverture selon les formes
di E\i)i-es?'on5; de l'Au-once du 18 Janvier 18G3.
<i ordinaires, et eu adressant la parole M aux nicinbres itresents. Les comjjtes I' de rinslitiil y ont eU» présentes et Il acceptes eu la manière ordinaire.
i( Les orateurs qui ont adresse la pan rôle à l'assemblée y avaient ete 111- « vites par (|iii de droit, et c'e t le Pré- « sideut (]ui les a [irésentés lui-même « à l'assistance. Les discours (]ui ont « elé prononcés duus cette assemblée (( ont ete vivement a[([)laudis, par cou- «séqneiit foi inellemeiil ai)prou\és « [lar les membres présents de Tlnsti- « tut. Les mauvaises doctrines ensei- « giiées [lar ci'S orateurs sont doin- «celles de luul l'inslilul. Enliii ces M discours, comme tous les autres « actes de rassemblée ont été livrés à « riuipression et publiés sous la direci( tiou du comité de l'égie, chargé de Il re{)résenter l'Institut tout entier K pour l'expédition des atîaires cou- « rantes. x\ucuu des membres de Il l'Institut n'a réclamé ni contre les |( actes ni contre les mauvaises doc- II ti'ines contenues dans cet annuaire.
(I c'est donc que tous les membres les Il approuvaient. »
Voilà les étranges raisonnements a-.i moyen desquels Sa Grandeur a persuadé aux membres de l'Iiviuisition que l'Institut avait un ensingnement et que VAnnuaire promulguait cet enseignement. Il faut avouer qu'il fallait être singulièrement prédisposé à tout accepter pour regarder de i)areils raisonnements comme sérieux.
Tout cela ne supporte pas l'examen pour un homme qui coin[)rend quelque chose à une proi^édure, et il y a là des déductions qui peuvent faire rire un enfant.
Ainsi quand Sa Grandeur peut se résoudre à tracer de sa plume les choses que voici : « Les discours ont été ajiplaudis par les membres présents] les mauvaises doctrines enseignées par ces orateurs sont donc celles de tou! flnslilul ; » et quand on sait de plub, ce que Sa Grandeur n'ignorait certes pas. que cette réunion était publique, contenant dix personnes étrangères à l'Institut pour un de ses membres, on ne sait vraiment si l'on
doit s'iiuligiier on prt^iidre on pilié l'auleui' (le celte iiietTabililé.
Puisque c'était une asseuibléo pu Idiqui'^ l'Institut cou)nie coi'ps n'était plus responsable des applaudissenienls ] et aucun homme réfléchi n'eu pouvait!
déduire nu argument contre le corps.
Kt quand Sa Grandeur limite ellemême les applaudissements aux mem-; bres prfsnils, elle l'ait donc une distinction entre la totalité des membres et ceux ([ui se Ironvjiient lA. Sa coiiflusion : '( ces doctrines sont donc| "•elles de tout Tlustitut, » est donc! détruite par la prémisse qu'r//,- poseï rllc-mi'mcl «Les membres pi-rsrnls )>\ u'étaient pas ^0^/5 les membres! Réel-i lement il faut être bien aveuglé par le! préjugé, ou biini incapable d(> raisouuerjr.ste, pour écrire to\it au long un' l'aisonuement de ce calibre ! '
Et il va de pins le l'ait que dansl lout cet extrait, Sa Grandeur cherche ! à faire croire que l'assemblée était' une réunion ordinaire de l'Institut,! pendant (ju'elle savait par les avis pu-! bliés ()ue c'était une réunion cxlraor-\ ilinnir(\ où les étrangers étaient invi-i tés. Donc les applaudissements ne ' Signifiaient plus rien contre llnstitutj l'omme corps : donc ces apfilnudisse- , inents ne témoignaient nullement de' l'enseignement de l'Institut, ni même des opinions des membres; donc Sa Grandeur a fait là un assertion fausse t'U fait d'abord, et dont-elle a tiré des déductions fausses en droit.
Quant à toutes ces déductions si; péniblement élaborées de la régula- i rite de la convocation, de la pr«^si-| dence du Président qui adresse hii-\ mime la parole; de la présentation [ des orateurs par le Président etc., ^ etc., etc., tout cela ne signifie absolu ment rien de ce que Sa Grandeur a ; voulu y voir au point de vue de la!
responsabilité du corps. '
Prenons un exemp'e qui sera pé-j rem[)toire. |
M. Pouchet a soutenu à l'Acadé-J mie française la doctrine de \Q.(j(:mra-< linii spiintanéc^ et y a lu de nombreux mémoires au soutien de son opinion.,
M. Pasteur a entrepris de combattre | les opinions de M. Pouchet, et a luil
aussi lu plusieurs mémoires pour en démontrer la fausseté. Eh bien, (|ui osera jamais venir nous faire le raisonnement suivant?
« M. Pouchet et M. Pasteur ont lu « chacun, hier, nu mémoire à l'Acailé- " mie, le premier pour, le second n contre, la doctrine de la génération <( siioutanée. L'Assemblée était prési- (I dée jjar le Président (|ui a parli- et « présenté les orateurs à la séance eu «annoneant l'objet des mémoires « (lu'ils allaient lire. Divers membres
« présents ont applaudi les lecteurs
« Donc les idées de ces Messieurs sont i( celles de tonle l' Acadànir; donc elle (I enseigne ce qu'ils ont dit. »
Mais dans ce cas l'Académie aurait donc enseigné deux doctrines contra- /licloires ! Les idées de toitlr l'Acadiniic signifieraient donc en même temps le oïd f't le )iuji.
Cela démontre donc que l'Académie n'a jamais enseigné les idées d'ancnu de ces Messieurs, non plus que c(dles des savants ([ni lui communiquent leurs théories ou leurs découvertes. Et cela démontre nécessairement aussi que l'Institut m'entend jamais enseigner ce (j[ue penvent dire devant lui les orateurs (ju'il invite à traiter un sujet qnelcoïKinc. Un corps public peut permettre à certaines opinions de se faire jour dans son sein, mais cela n'implique jamais à moins d'approbation oflirirllnnritl crprirni'c qu'il leur donne sa sanction comme corps.
Voilà des choses simples, évidentes pour nu enfant ! Comment doue un Evêqne ne les a-t-il pas vues? Comment a-t-il pu si peu réfléchi i- avant d'écrire? Comment peut-il ignorer ce que tout le monde sait : que la responsabilité d'un corps public n'est jamais engagée par son silence, mais scidi'fiient par un aclf officiel, seul moyen pour lui d'exprimer son approbation ou sa désaprobation.
Et puis, comment nu raisonnement qui serait souverainement ridicule, appliqué à l'Académie française ou à tout autre corps stientiiique ou littéraire, pent-il ttre raisonnable et seuâé par rapport à nous ?
Comment a-t-on pu, à Rome, avaler
d'aussi inailmissihlfs dédiiclinns, et rcirai'dcr le tniil. commo ccrtaiiKMnent vrai l't jiisl(^ «ans nous cii parler î
(iOMilir.Micz vous niaiut'Miaut poui' ((uoi Pou a l(Uit arraujié de mauirre à (\> (juc nous ne pussions [las nous dcfeniliv'/ Si Ton nous avait coniiuuuifjué tout > la puissint;' loj^i(iuo (l(> Mj^v. do Montréal coutri' llnstitut, on ["aurait mis dans Fiiupossibililé di' diro nu mot dans nue confrontation avec des liomnios si'Miinix. On a donc tenu toute sa [ii'ofoude rliétori(pi{> sm-r/r. nous con- (lanuiant loyalement sur des aiïirmations fausses et des déductions dont rinelïabilité sa\it^ an.x yeux.
Et si Ton viMit me prendre à partie sur Texpression « d'affirmation fausse^ » dont j(^ viens d<' me servir, je citerai tout sim[tlement ce passage de l'extrait cité plus haut: « que les discours, et <i tous les autres actes de l'assemblée ont « été livrés à rimi)ression et publiés « sous la dir(>ction du comité de ré^gie . »
Sa Grandeur a ici pris le fait proha- }>lr pour le fait certain. 11 n'y a rien de bien étonnant à ce (jn'elle ait cru que V.hinuaire avait été imprimé et publié P'r et sous la direction du comité de réo:ie, car la chose était naturelle et probable en soi. Mais voilà précisémont ce qui montre combien, en affaires litigieuses, on doit toujours être sur ses gardes, surtout (juand on est constitué (Ml autorité. Là, les hommes prudents n'acceiitent jamais pour acijuis ce qui ii'rst pas prouve ; etsi Sa Grandeur avait agi d'après cette simple règle de justice, elle n'aurait pas affirmé, peut-être sans le savoir, une chose fausse en elle-même. Ce n'est pas le comité de régie (jui a fait VAnnuaire de 1868, ni aucun des autres. Jamais les fonds de l'Institut n'ont été employés à cela.
L'Annuaire de 1868 a été publié par une entreprise particulière, complètement en dehors et indépendante de l'Institut. Voilà encore l'un des faits coiitrouvcs qui ont servi à nous faire condamner, et que nous aurions démontré être inexact si l'on nous eût permis de présenter nue défense.
Mais non, il fallait condamner à tout prix, et quand on ne prévient pas un homme ({u'il est a(MMisé, on est bien
sûr de le condamner; cl c'est jusI-miumiI I)arce (in'on veut le coiulainncr (]n'()n ne lui donne aucun avis.
Ij'IiKinisition a donc, sur de fanssis représentations de faits, et surde fau.sses déductions de faits les nus réels les autres imaginaires, condamné l'Institut connue coupable d'enseignement [ternicieux.
D.'sjug.'s laies anrait'ul tlil à llnstitut : « Voilà ce dont on vous accuse, défendez-vous s'il y a lieu. »
Des juges (M'clésiasti([ues ont l'ail tout le contraire et ont dit :
« Ah ! l'hislitiit Canadien est accusé ! Eh bien, hàlons-nons de le condamner avant cpi'il n'en entende parler. » Voilà la ditférence (Mitre les deux justices.
Mais par (>x(^'mi)le, (|uant à la (piestion d(* savoir si un catholiipn^ [»eut ou non appart'.Miir à une association (|ui possède di's //r/rs a nn(lcd\ on n'kn soiffi.k PAS MOT !' C'était là la vraie ((ni^stion [)or tée en appel par les m:'in])res calholi- ([uesde l'Institut. Eh bien,on envoie les appelants aux cah^ndes gn^cqiu^s avec leur (juestion ; et pour faire croire aux simples (pi'ils sont condamnés, on condamne le corps sur une autre ({uestion sans lui donner aucun avis préalable !
Va (iuoi(ju'il n'en fût pas (jnestion dans le décret, les imputlents scribes qui l'édigeaient le Nouveau Monde n'en sont pas moins venus dire : « L'ajipel est décidé conti-e l'Institut. »
VÀ\ bien de deux choses l'une : ou l'on croyait vraiment la question d'appel décidée, et alors on n'a aJjsolument rien compris à ce (jue l'on a lu ; ou bien on ne le croyait pas, et alors on trompait en pleine préméditation ses lecteurs et le public. H n'y a donc pas de milieu. Sols ou fourbes! ! Et un impie peut bien dire Vun ou IViutre puisque la sainte Minerve elle-même est occupée depuis deux mois à démontrer victorieusement que l'on est Pun er.
r autre ! I
Le décret de riiKpiisition (>st du 7 Juillet 1869, commun i([n(V à Mur. de Montréal le 1 i.
Quatorze mois apivs on se décide à mettr(^ une derni(M-e fois le nez à la fenêtre et on me fait transmettre par l'Archevêché de Q)uébec la lettre ([U(.>
je vais iiiaiiUcuanl \'ous lire, ainsi que ma réponse.
Celte deniière lettre met le comble à tout, pi]is(iu'on y commet l'inconcevable étourderie — c'est le mot^ il n'y en a pas d'autre, quoiqu'il s'agisse d'un Cardinal — de me reprocher de ne m'èlre pas soumis à uno décision qu.3 l'un sait bien n'avoir pas voiiIk (lonnri\ liarce (]u'on ne pouvait la donui'r (ju'en condanmaut l'Evèque qui veut faire ici c quon ne fait nulle part; et aussi l)arce(iue, quoi(lue Ton admit privemeut s.'S torts, ou voulait faire croire au puljlic (]ue c'étaient nous sruls (jui avions torl. Voilà counn-» un a})pel à ilome i)eut (]uel(iuefois se résiuner eu luu; pure et complète mystification à l'adresse de ceux ijui y vont demander justice! Si l'intérêt de la domination liiérarcliii|ue l'exige, on envoie se proniiîuer la justice.', et l'on ruse avec les faits pour débarrasser les supérieurs de leurs torts et en affubler ioyal(>mentceux (]ue l'on n'a [-as osé conda.mner sur la s.nile et vraie (juestion portée à Rome.
Voici donc la lettre du Cardinal Barnabo. (traduite de l'italieiu
lu P. D. FliAXCISCO Baillacckon.
Arcliev jque de Qu'l-ec.
Tivs Illustre el Pi. v. rend Monsieur,
l!ne congrégation de la Sainte et Souveraine Inquisition, tenue le 13 Août dernier, ayant considéré la longue et inqiortune question relative à l'Institut Canadien, a crn devoir me donner instruction do vous connnuni(jner ce (|ui suit :
D'al^ord, la dite congrégation a décidé ([u'après en avoir réféi-é aux Evè- (lues de Montréal et des Trois-Rivières, (anparavantd'Antliédoni vons signifiez nettement à M. DessauUes que sa manière d'agir ne peut en aucune manière être approuvée. Car alors qu'il en appelait au Si. Siège sur des [)laintes plusieurs fois exprimées contre les ordon nances de son Evèque propre, se déclarant prêt à recevoir avec respect les ordres du St. Siège, il a néanmoins inséré dans un certain annuaire ceilains érri!-<([ni sont en contradiction mani-
feste avec sa déclaration et ses promes ses. Car le dit annuaire fourmille de telles erreurs qu'il a été jugé qu'il devait être défendu tant par le droit que sur son propre mérite.
Il sera aussi de vot/e devoir, très illustre et révérend Monsieur, de déclarer au dit DessauUes que par '-ett • connnuuication (pie vous allez lui faire, le Si. Siège entend ([ue la question sur laquelle il en a appelé soit regardée connue définie pour loujouis.
Et si nonobstant cette déclaration, il veut encore port 'r ii-i d: s plaintes à proitos de la mêm,' atfaire, avertissezle (jne le St. Siège n'y fera aucune attention et (ju'on n • lui donnera aucune réponse.
V uillez de plus lui siguifiei' i\Ai' s'il écrit de nouveau sur les mêmes sujets, ou sur d'autres de la même teneur qu'il a renilus publics, et s'il a la hardiesse de faire imprinu'r ces choses, vous lui refuserez toute réponsj sur c.'tle ([uestiou déjà décidée })ar le Siège apostoli(]ue.
Enfin faites savoir au dit DessauUes (|ue le Si Siège est persuadé qne l'Institut Canadien, tant à cause des matières que l'on y traite que des piincipes que l'on y exprime, principes qui méritenl une entière réprobation, a renoncé au but primitif de sa fondation.
Ayant informé Votre Grandeur de ces choses, je demande à Dieu d'assurer son bonlieur.
A Rome,au liurean de la "^ sacrée congrégation !
de la Propagande, le ( •23 Septembre 1870. J
Signe ; Al. C. Bahnabo,
Préfet.
Contrc-signé : Joannes Simeom,
Secrelaiii'.
F^our vraie copie F. P. Tètl,
Sous-secrélane.
Voici maiiil^nant ni.i rô[ions(' :
.1 Son Eminriic l' llhistrissiiiir cl Ih'vi'iiiidissimc Canliiial Ihiniabo^ Pn'frl ilr la sncire congrJgalion dr Ut Pi-o- /iiiijaiiflc () noiiir.
Monti'Ci!, Il) iii:iis 1S7I.
ivllillflli'i',
Div(n'S(^s fii'CDUstanci'S. iiiiisi i\\\{' dos ()rciiii;;ti()ns prcss.uiti's cl inuIti|)liÔ!'s, ni\)iil ('inporho d'adrcsseï' plutôt à V. Km. les ol)sorvations (pu' i»araissaioiil nécessiter la U'ttre à mon sujet, en date du "22 septeniltro de l'annét; dernière, «]u'(dle a écrite à feu Mgr. l'Archevè que de Québec, et dont co[)ie m'a été transmise le 24 Oct. suivant par Mess.
les Administrateurs du Diocèse, après la mort de rArchevèipie.
Connue le simis exact de la le! Ire de Votre Eminence était parfois nn peu difficile à saisir, vu le maïuine à peu près complet de i)onctnation, j"avais cru }»ouvoir prier Mess, les Administrateurs de vouloir bien m'en faire teniiune traduction française afin de ne pas être exposé à me méprendre sur ce que V. Em. me faisait l'iionnenrdeme dire.
Mais, à ma grande surprise, on me répondit sèchement que la mission de l'Archevêché se trouvait accomplie par la transmission dn document, et que Ton ne jugeait pas à proiios de m'en faire tenir la traduction demandée, qui n'aurait pas, disait on, un caractère authentique.
J'avoue que ce singulier accueil fait à une aussi légitime (hunande me parut être un très singulier mod(3 d'exercer cette charité pastorale dont nous entendons si souvent parler. Mais je vis tju'àprès tout ce n'était que la continuation de la tactique que l'on a réussi, au moyen de représentations que je ne veux pas qualifier ici, à faire adopter à Rome aussi. Il me fallut donc me passer de la traduction demandée.
Je vois bien, par la lettre de V. Em., (]u'elle me fait prévenir que si j'écris lie nouveau, ron ne me répondra plus.
Je puis sans doute être importun, d'au tant [)lus que la plus grande de toutes les importunités est de réclamer énergiquement justice de celui({ui la refuse;
mais je n'eu suis pas moins diiligé de remanjuer à V. Km. ([ue cethf abrupte manière de terminer un débat t[\u' l'on n"a pas voulu juger dans les formes ordinaii'c de l;i jusiice, refusant de confronter les parties, ce ([ui nous eût au moins foin-ni l'occasion de démontrei' la fausseté des accusations (jne Mgr. de Montréal a portées coulre nous ; (pie cette abrujjte manièi'e (lis-j(\ de termiun débat de cette importance, est une trop évidente violation de toutes l(>s règles de la justice et (b-s prescrijitions canoin(|ues pour ([u'ini lionune un peu rompu aux affaires et (jui connait ses droits connn(> lesdevoirs des suiiérieurs ecclésiasti(jues. se croie le moins du monde lié en équité ou en convenances sociales par une pareille fin de non-recevoir. Je ne ]»uis sans doute pas plus forcer V. Km. à me répoiidn; (pi'à nous r(Midre juslic(% ou à nous entendre avant de nous condamner, ou à se mettre bien au fait des (juestions avant d'en parler; mais je n'en ai que davantage le droit de protester conti'c l'injustice dont ce refus même de répondre semble établir si fortement la présomption. Et quand un juge ecclésiasti(]U(; se débai-asse aussi lestement de ce que nous avions la bonhomie de regarder (y)mnie un devoir, il n'en devient que plus nécessaire de constater le fait aux yeux du monde entier s'il le faut. Et j'oserai me permettre d'ajouter que je ne suis pas de ceux qui croient devoir se soumettre en silence parce(|ue finjnstice vient de haut ; car je pense au contraire que plus celui qui tombe dans l'arbitraire est élevé en dignité, plus le devoir devient impérieux de protester contre ses actes.
La lettre de V. Em. à l'Archevêque de Québec à mon sujet n'est que la continuation de ce regrettable système de confusion calculée des personnes qui a fait le fond et la forme de la tactique adoptée à Rome sur la question de l'Institut.
Dans ledécretdel'Tnciuisition en date du 7 Juillet l«09,etconnnuni(]uéàMgr.
de Montréal le 14 du même mois par Mgi'. Simeoni,on mêle de la plus singu Hère manière pom- ceux (]ui savent ce
que c'est ({u'uiie i)rocédure léfiulière et! mijugeineiit,la(|uestioii portée en appel à Kouie par (|uel(jues luciiibresde Tins- j titiit eu leur capacité [aivee, avec uuei autre ({uesliou toute ditlérente et postérieure de (juatre ans à cet appel, celle i de r.Vuuuaire de flustitut jiour 1808.; Comuieut on a pu, à propos de la ques-, tiou soulevée en appel par (luebiuesj nienilu'es catliolicjues de riusîitut introduire dans le décret cette nouvelle!
(juestion des principes exprimés dans!
l'Annuaire, (et dont ou rend rinslitutj responsable sans sètre seulenieul don-j ué la peine de rmloruier qu'il l'ùt niis! eu cause et accusé d'euseijiuer des doctrines pernicie\ises quand il n'a aucune espèce d'enseignement (iuelcoU(iuei voilà ce qui paraîtra toujours le [tins incompréhensible mystère à ceux ({ui savent ce que c'est que le droit et la procé dure.
Sur une information intéressée et f((.uss''. ou rend l'Institut responsable de ce que j'ai dit sans se mettre le moins du monde en ;^eiue de savoir s'il l'est réellement ou non, (h et s'il n'aurait pas (luehjue chose à dire en répousi» à cette accusation ; et l'on prollte de cette nouvelle question suscitée dans l'ombre contre l'Institut poiu- mettre complètement de côté la ({uestiou soulevée parles catholiques de l'Institut eu leur capacité privée, question dont ou ne dit absolument rien dans un jugement dont le préambule semble bien indiquer qu'on va la régler puisipi'il constate qu'elle a été soinnise à l'cxawcn. Il y a donc eu, quoiqu'on en puisse dire, substitution intentionnelle d'une (juestion à une autre, substitution dont l'effet a été de ne pas décider du tout la vraie question portée en appel pour juger une nouvelle question et une nouvelle partie accusée en l'absence et hors la connaissance de l'intéressé.
Voilà l'incroyable imbroglio organisé à notre préjudice dans une cour ecclésiastique, et dont nous n'avons vu avec stupeur le développement ({ue quand
(I) Gomme si TAcad mie des sciences était resionsible comme corps, des opinions sur toutes sortes do sujets qui s'expriment dans son seiu ou à ses s ances publiques!
tout eût été bien arrangé et complété pour rer.dre toute réclamation illu soire.
J'ai montré, dans le mémoire en date du 12 oclobre IHG9, par quel étrange et inadmissil»lt' procédé de raisonnement, et par(]uel faux ( xposé de faits, Mgr de Montréal avait essayé de faire remonter à l'Institut la resiionsabilite de mes opinions — que l'on jtrétend être jerverses sans montrer (^ù et en (juoi elles sont condanuiables — et je n'y leviendrai pas. Je ne veux ijuc i appeler ici l'étrange confusion detiucstions et de personnes (|ue l'on a faite dans le décn I précité ; et à ma grande surprise je retrouve eucoie la même confusion de questions et de jersoimes dans la lettre de V. Em.
Elle conuneui e cette lettre par une allusion à la « lougtie et inqjortune question de l'Institut » qu'elle laisse de suite complètement de côté poiu- arriver à moi personnellement et me faire faire des re[iroches non-seulement injustes mais (jui prouvent que l'on a complètement réussi à faire prendre à V. Em. une chose poiu- une autre.
Il est difficile de croire que cette confusion réitérée de choses essentiellement ditlérentes soit due à la simph* inadvertance. Il est assez connu que l'on ne fait rien sans but à Rome, et comme il n'est guère permis de supposer que l'on y soit plus inhabile qu'ailleurs, il semble évident que quand on y confond plusiem-s fois les personnes, et qu'on y mêle les mies avec les autres les questions les plus diverses, on ne [leut guère avoir d'autre but que de fatiguer et harasser ceux qui demandent justice, en même temps que l'on déroute les simples qui ne sont pas en état de préciser les (juestionsni de voir jjGi- eux Dii'mrs où la violation des règles commence.
Gomme nous avons, mes amis et moi, une certaine expérience des affaires, nous ne pouvons nous laisser dérouter par cette tacti(iue. Plusieurs d'entre eux sont des avocats et des légistes qui ont su se faire une belle position au barreau, qui sont liés couséquemment avec l'administration dn
la jiislico, et (jui posscdoiil dos connaissances légales (jui leur permet lent, de jnger perîinennnent d'nne [>rocé(lnre.
.le snis nioi-inènie depuis plusieurs aimées le principal otficier de la plus haute cour de justice du pays, et j'ai pnisé dans cette position (jntdiines connaissanc<'s Ihéoriijnes et pratitines sur les prin(i[)es fondamentaux de la justice et du droit, ainsi que sur la proiection cjui est due à un accusé absent. Il est vrai cpie nous avons tons puisé nos connaissances et nos notions de justice et de [)rati(iue légale dans des auteurs laies et dans des cours laupn-s ; mais connue il ne saurait y avoir deux modes contradictoires (l'administier honnêtement la justice, il est évident [icr sr (pie si uni; cour ecclésiasti(iue condanuie par exemple un al)senl sans l'avoir sonuné de venir si' défendre, cette cour, tout ecclésiasti(|nc (ju'elle S'iit, a violé toutes les règles de la justice et du droit, ainsi que les plus étroites obligations de conscience ; et aussi que si elle a confondu des questions essentiellement ditï'é rentes pour éluder une décision demandée, et pour condamner une nouvelle partie légale que l'on a mise en cause sans l'en prévenir, cette cour a encore là violé toutes les règles de la procédure, même ecclésiastique. Elle a donc fait de l'ar- Mtraire au lieu d'exercer la justice.
Et voilà précisément ce qui est arrivé à notre égard. On a confondu des questions essentiellement ditférentes, on a attribué à l'un ce qui était exclusivement le fait de l'autre ; ou a déplacé les responsabilités, accueilli des dénonciations sccrèlcs^ ( faites par un Evèque sans doute, mais qui n'en étaient pas moins secrètes puisijue les intéressés n'en ont jamais en la moindre communication ) on a adroitement mêlé à notre appel des questions ([ui n'ont surgi que quatre ans plus tard, et tout cela pour venir dire que la question de l'Institut «était réglée.). Et, chose étrange, le décret même qui l'on prétend avoir réglé cette questson n'en dit al)solument pas un mot ! Il y fait bien allusion sans doute, mais cette allusion ne fait (jue rendre plus palpal)le
l'intention bien arrêtée de ne pas la régler, puis(jne, malgré cette allusion, on n'y revient pas [lour la décider; et [)uis(]n(> le décret, nnilgré cett- ail jsion à la vraie (jnestion, passe lestement à une nouvelle (pu'stion conqilt'tement ditrerente de la première et sur laquelle on condanuie une [lartie ditférente des ap[)elants sans l'avoir jamais mise en dinuenre de se défendre !
Voilà l'expérience qn(> nous avons faite de la justice romaine !
Or ce n'est pas parceijne l'on me signilie (jue l'on ne me repondra pas (jue je (lois m'abstiMiir de rétablir les faits tels (ju'ilssontet les (juestions dans leur intégrité. Je comprends très bien, après resi)èce de justice (jue l'on nous a fait subir, (|ne l'on ap[»er(;oive parfaitement l'impossibilité de maintenir rationnellement la position (pie Ton s'est faite : mais de ce (pie l'on se retranche dans le mutisme après avoir fait de l'arbitraire, il ne suit pas que les victimes de cet arbitraire soient tenues de l'acccipter sans protestation.
Au reste il ne faut pas avoir lu beaucoup d'histoire ec('lésiasti(jue pour savoir ce (]ne les j)lus grands saints et les plus illustres écrivains de l'Eglise ont écrit de tout tem[)s sur la justice romai ne et l'inutilité habituelle des recours à Rome. Et je vois par moi-même aujourd'hui combien étaient justes les sévères reproches qu(^ Mgr. Strossmayer adressait naguère en plein Concile à la Curie romaine sur son inefficacité Quand des Evêques protestent aussi énergiqnement en pareil lieu contre les imperfections du système et Tincompétence de ceux qui l'administrent, comment pourrions-nous maintenant le regarder comuK^ offrant les garanties voulues et méritant la confiance publique ?
Nous n'avons pas été jugés, à Rome, dans les formes voulues même par le droit canonique, qui exige qu'un accusé soit toujours entendu, et le premier écolier venu sait que cela équivaut à n'avoir pas été jugé du tout. De même les censures de Mgr. de Montréal contre les membres catholiques de l'Institut n'ont pas non plus été portées
Ir^
d;i!is les funnes voiihu's, l'aiL (lueiicurs (jiu! do sexpniiU'r ainsi; mais nous pouvions claironit'iit établir si j il (.'sl dis circonstances où l'on ne peut Ton nous eût permis d'olirir nos preu-iplus éviter di; dire tonte la vérité (jnelves. De ce que Ton nous a lait Tinjusti- |(iue pénible qu'elle soit. El d'ailieuis, ce de ne pas nous permettre <le prouver | Mgr. de Montréal a toujours été lelUnos allégués, il ne suit pas que lesjment injuste au Tond et acerbe dans laits soient modiliés, li nature (lescho-j l'expression à notre égard et particulièses changée, et les censures régulières.! nnuent vis-à vis de moi, (ce dont Votre Quand le juge n'a pas voulu (^onnailrei Kminence a \)U se convaii.cre par les faits de la cause, et (ju'il s'est obsli i VAnituiir/' pastorale (jne j'ai eu l'iion ne à juger sans eu éludiei' rensemble,i neur de lui transnu4lre il a six ans, à lui la responsabilité ; mais ce (jui estimais dont je n'ai plus entendu parler injuste n'en devient pas juste et licite. , dejiuis) (]ui! j(? ne vois réellement pas Qiioi 1 Mgr. de Montréal, après avoiri pouniuoi je serais si fort tenu de merefnsé d'uidlipier les livres à l'index de nagei- des vérités (jui, pour être dures, la l)ibliolhè(|ue, maintient ses censurées i /("''// .so/7 yja.v iiioiiis (/csvcrilis. Car enfin parceqne no\is ne bîs retranchons pas !!{ je ne fais que retracer plus loin les ap- Kt cela (juand il n'inipiiète pas les ca I prei'ialious même des plus hauts digni-
tholique^s membres d'associations pro testantes qui possèdent plus do livres à r index ipie nous ! Voilà donc un homme qui man(]ne à sou devoir d'Evèque ainsi qua la plus commiuie inqjartialité, et les éloges sont toujours pour lui ! Ceschosessont représentées, et Ton n'en tient pas plus de compte que si elles n'avaient jamais été (lilesl Qui osera jamais prétendre qu'il [tût légitinu>nient maintenir ses censun^s ajjrès avoir )-rfi(Sc (riudi(iuer h^s livres à /'//(dex ?
Où est le juge laïc, sous un système judiciaire bien organisé, qui oserait jamais condamner un subordonné pour n'avoir pas rempli un devoir que le supérieur aurait refusé de lui indiquer ou de lui définir?
Tout le monde ici sent et voit parl'aittmient tju'avec un autre homme que Mgr. de Montréal jamais les choses n'eussent été poussées aussi loin, et ([ue, quand il n'y sera plus, tout s'arrangera en lin quart d'lieur(\
Nous attendrons donc qu'il nous vienne un homme capable de comprendre les. droits des autres, et qui ne se laisse pas aveugler sur ses pro- [ires devoirs par des préventions opiniâtres qui n'ont leur explication, je regre te d'être obligé de le dire ici, que dans le man([m> de lumières.
Votre Eminence trouvera peut-être (|ue c'est man(juer aux habitudes ordinaires de déférenc(^ (Mivers les su}té-
taires de la cour de Rome sur Sa G)-andem-.
L'un d'eux ne disait il pas à l'un de mes amis, qui se trouvait à Rome il y a deux ans et (jui avait amicah^ment discuté avec lui précisément cette ipu'stion de l'Institut : « Que voulezvous ? Mgr de Montréal aime bien le bon Dieu de tout son cœur, mais il mancpuîsans doute un peu de hmiières.)!
Et un autre dignitaire de la Cour de Rome, Cardinal, ne disait-il pas de son côté, en Avril ]8()9, après un entretien avec Mgr de Montréal sur cette grave ({uestion du Séminaire de St. Sulpice, qu'il trouvait Sa Grandeur : « parvi ii- (jrnn rt )ïuUi criterii. » (l)
Eh bien, quand un homme est ainsi juge à Rome même, n'aurait-on pas i>u au moins soupçonner qu'il a pu se tromper ? Les faits de partialité et d'aveugle obstination que notis avons cités dans nos mémoires n'auraient ils pas pu faire songer qu'il était au moins à propos de nous entendre et d'écouter nos preuves avant de nous condamner sur des accusations nouvelles et en mettant de côté l'ancienne question que l'on n'a pas jugée ?
Et si j'en crois certaines informations que j'ai eues et que je crois très sûres, V. Em. elle-même me jjarait aussi avoir apprécié, avec ce tour spii'ituel qui la caractérise, Mgr. de Montréal.
I ) Pelito intelligence et aucun discernement.
Il se (lil ici, p.'ir des catholiques ilevoues à la C.)iir de Home, (l la cli!)S,' a cLe ré[ieiee par des prêtres, que V. Km. répondant un joui- à un voyageur canadi.'U (jue lui taisait l'oi)>er\aliou (|ue M,^r. de Montréal était un l)i(Mi saint lienun.', lui aurait dit : « Je « vous avouerai IVauclK nient, cher M.
* X (pie j'aime l>ien mieux les
K saiutsmorîsqne Nivanls; cai-, vivants, il ce sont ordinairement les gens les « plus impraticald s que ji> connaisse. »
Je puis allinuei' à V. Km. (ine jaiuais mot [lins sp'.riluel n"a été plus jndiricu samenf appliiiné.
Mgr. de Montréal est inconleslablement nu honune d'mie haute }»iet!\ (jni mène uii<' vie parliculiérciiiiMit austère, (jui s'iuipose un tr;<vaii absolument excessif, et ({ni se rel'nse rigou reusement ces petites jouissances de récréation ou de repos (jui sont nonseulement [lermises, mais qu(> Ton regarde connue nécessaires à la saute ; mais c'est en même temps un honnne (jui, sur (jnelque sujet (|ue ce soit, n'écoute aucuiK^s represeniations, reste sourd à toute remontrance, et ne sait pas céder aux meilleures raisons.
^^nand il a décidé une chose, même sur étude on examen insnlhsanl d'une i[uestion, ce ([ui lui arrive tro[isouvent, rien, absolument rien, ne peut l'en faire revenir. Ils s"ol)stine contre l(}s faits les plus patents, et cette malheureuse disposition chez lui n'a fait ipii^ s'aggraA'er avec l'âge. Il n'y a (|u"uiie voix, même dans son clergé, sur le fait de son opiniâtreté invincible et sur son inlraitabilité. C'est vraiment le plus impraticable di^s saints vivants.
Eh bien, puisque V. Em. s'en est aperçu, il semble (ju'elle aurait [lu regarder comme alisolument possible la cummission de (]neli[u'erreur de jugement [)ar un homme que l'on a jugé coiinne ou vient de le voir, et qui a suscité ici de si nombreuses plaintes sur l'impossibilité absolue ({ue ceux ([ui rapprochent de plus près trouvent à lui faire entendre raison sur quoique re soit.
Nt? s"obsMue-l-il pas ;uijourd"hui mènie. malgré l'opposition de toute la
[lOjjulatiou catholiqu(> de Muntiéal, I ()pj)ositi(.u déc'idée de tout le clergé du I)ioc( se, le ri gnM formelhmeut cxpi-ii)i!- de (]uel(|n(>s uns de ses coUégiu^s, à consti uire sa cathédrale (>n plein centre de la i)()iiulaiiou j»rotestante cl à Tex- Irémité de la ville opi)Osé(> à ccllr où est h' noyau de la j)i)[)ulatii)U calholi- (jne ?
Tout a été t( nié jiour ( nqiècher la consommation de celte faute, mais (inoi(jue seli. dk son avis, il persiste à heurter l'opinion de ses coll(''gues, de sou cleigé, de ses amis et de son tron- [leau, et à conunettre un acte qui lui sera toujoni's reproché.
Tout cela nous l'ail naturellement nous demander; " Gomment s(> fait-il que l'on JU'cepte ainsi sans examen, sans discussion, sans jamais songer à en référer aux intéressés, tout ce (ju'il l)lait à un homme pi-évenu, el opiniâtre (ians ses prévtnitions, d'allirmer sur le compte d'anirui, quand on adnu^t si volontiers, dans l'intiinité, son incompétence et ses erreurs de jugement. »
Voici nu autre fait, plus direc!
(Micore à la (juestion, (|ni démontrî' ce (jue je viens de dire.
Un prélat romain disait à l'un dî'nous. appelants, à i\ome, en Déc( mbre IJ^GU:
i( Vous compren:'/. que nous ne pouvons condamner }inbli(]nemL'nl Mgr.
de Montréal. Trouvez donc (jnelqne moyen terme qui [)ei!uette d'en venir à nu arrangem;-nt )i
Voilà un mot (|ui prouve assez clairement que si l'on ne voulait pas condamner y>(/W/7/'r;/(r»/ Mgr.de Mmitréaî, on était certes loin de lui donnerraison privêmcnl. Ce qui semble démontrer cela encori' (hnantage, c'est l'absence complète de décision sur la vraie qnestion soumise par nous à Rome. Pour le sauver devant l'opinion, il a fallu ruser avec les faits et subslituer adroitement, dans le décret du 7 juillet 61). une qu(^stioi! nMuvcllc à l'ancienne.
Eh bien, (jue l'on ne veuille pas admettre jjiihliqiirincnl le tort d'un supérieur ecclésiastiijue, cela j.eut à la l'igneur se concevoir, (juoiqne cela puisse fort liien n • j)as être toujours lie la justice i-f)nscitMicicuse : mais
ail moins, iiuapivs avoir iiarlé ainsi, Ton ne donne pas c.xclnsivenienL 1(^ tort à Tailministré sans dire gare et sans avoir la moindre idée de ce qn'il aiu'ait jin pronver. !
Le droit canoniijuc^ n'établit certainement nnlle part qnc l'on doive le inser jnstice à ((ni elle est dne i>hitùt (jne de donner [inbrKjuemeiit le tort à ini Evèijne <]ni s'est trom[»é. V. Em.
doit sentir, sans (pie je le déveloi)[)e ici, (|n(d (^iï'et cette esijèce de jnstice doit jjrodnire sur des hommes arrivés à l'âge mûr, qui ont qnelcpie pen d'étude et d'expérience des alîaires, et (jni n'ont pas été de longue main façonnes à l'obéissance* monacale
Cette manière de [iroposcn- la solution d'un litige aussi important:
K Nous n(^ donnerons pas piiblifjunnent le tort à Mgr. de Montréal, et c'est à vous, plaignant, à ti-ouver quel(]ue moyen terme qui le sauve devant l'opinion ; » cette adroite manière, disje de refuser jnstice à ceux qui se plaignent, a semblé aiissi extraordinaire qu'elle était nouvelle à des gens qui vivent dans nu pays où les tribu naux sont organisés sur un principe
jiKji'v^ (]nand le prétendu jugement ne disait pas un mot rie celle queslion.
"Votre Em. ne doit ])as être étonnée si, à la suite de faits aussi étrang(.'s nous ne iiouvons nous empêcher (hi comparer la justice lai(/iii' (jne nous trouverions ici à la justice ecdésiasti- (jne l'on nous a fait subir à Ronje et ici. On nous a l)eaucoup dit ((u'à Rome nous avions pour garantie la conscience des jiifjes^ et voilà qn(? pratiiiuement nous n'y avons trouvé (jue l'arbitraire sous sa pire forme : le déni de justice adroitement voilé dans un prétendu j\igement assez habilement rédigé pour ne pas dire un mot de la (jueslion à juger !
Si l'homme le plus humble, sons notre système judiciaire, était condamné [taruntribnnal(iuelconi|nes;msavoii' été mis en demeure de se défendre, et sans avoir eu l'occasion pleine et entière de jjlaider sa cause et dolfrir ses pre\ives, il n'y aurait qu'nn cri, d'un bout du pays à l'autre, contre la prévarication du tribunal. Qu'a-t-on fait autre chose à notie égard ? Les appelants n'ont jamais été admis à faire leur preuve, et l'Institut connue corps, accusé sur
dïnipai-tialit^7-omplète;'etoùles"i)ri^ï- ""« ^^^^^J^^" entièrement différente léges hiérairhiques ne sont rien de- ^^ ^elle de 1 appel porte a Rome ijar
cant le droit du plus humble. Il ne nous était pas venu à l'idée qu'il pût s'agir de moyen terme là où il fallait tout simplement s'en(|uéiir si quelqu'un se trompait et le déclarer de boiuK^ foi après audition des parties. Et nonseulement ou ne s'est pas enquis.^ puisqu'on a accepté les yeux fermés tout ce qu'il a plu à rEvè(]ne de dire d'inexact à notre détriment sans jamais nous donner l'occasion de repousser
juelques membres de l'Institut en leur capacité privée, n'a jamais eu la moindre intimation que l'on eût changé la (juestion de terrain et de personnes, et a ajipris sa condamnation sur une chose qu'il lia jamais faite avant de savoir (pCil ( n eût été accusé I
Sous notre système judiciaire, une
sentence exporte^ sans citation régulière
de l'accusé dans toutes les formes et
avec tous les délais voulus pour qu'il
ses injustes accusations; mais quand j ne pusse jamais prétexter de surprise,
nous avons eu soumis le inoijcn termt demandé — cjui a paru satisfaire celui ({ui nous le demandait, et qui ne faisait absolument que reconnaître poumons ce qui est de piati(jue universelle:
ne pas inquiéter le membre d'une association d'étude qui possède des livres à r index, — quand nous avons eu soumis, dis-je, le moyen terme demandé, une influence secrète est survenue qui à
est non-seulement une iniquité, mais elle est de fait une impossibilité. Je sais bien (ju'en droit canonique aussi c'est une iniquité, mais je comprends parfaite m.mt qu'avec les habitudes de procédure des tribunaux ecclésiastiques, loin d'être une impossibilité, la coudamnation d'un accusé sans être entendu soit d'occurrence journalière. Or la qualité du juge ne rend certaine-
étouffé le tout sous prétexte de choses ment pas licite ce qui est inique.
Votio Ein. m? lait int'oim>'r par Mj^irArcIii'vr(iU(> tic (»)ii('l>(M' ; « Qur le St. SiÔLje a cutcnclu dccidin- pour toujours la tinestioii sur lai[ui'll(> fai. cru devoir iutcrji'tler l'appel, » et nie fait signifier de plus : « (ju'ayanl inlei'ji^tté Ta^ipi^lje (levais me soiimettie à la décision donnée. H
Votre Em. parait complètement oublier ici que cet appel n'a pas été interjeté par moi siMilement, mais par dixsept membres de Tlnstitut ; et en ne faisant mention que de moi dans sa lettre, V. Em. tombe encore dans (;ette singulière tacti(iue de ne pas présenter les faits telsi^u'ils sont.
Quand à l'affirmation que celui qui sollicite une décision est tenu de l'accepter, je l'admets sans hésitcM'. Je me permets seulement de demander à V.
Em. où donc est cette décision à la- (fiielle je suis tenu de me soumettre.
Quand a-t elle été rendue ? Votre Em. entend nécessairement unf décision sur la (jiicslion en (ijtprl. Eh bien, où est elle ? Quand nous en a-t-on conmiuniqné une ? Serait-ce le décret de l'Inquisition du 7 juillet 18G;)? Mais, dans ce décret, la question portée en appel est écartée au lieu d'être décidée ! Il n'en dit pas un mot !
Après avoir constaté que l'on a soumis à Cexamcn l'ancienne difficulté soulevée à l'égard de l'Institut, et que l'on a mûrement et soigneusement examiné foutes choses, le décret ne dit ni directement ni indirectement dans quel sens la question est décidée ! Pas un mot sur la question subséquemmenl à cette allusion ! Que Votre Em. veuille bien relire le décret, et elle verra que je n'avance ici que l'exacte vérité. Et il y a plus.
On n'a jamais porté à notre connaissance aucun autre décret que celui de l'inquisition en date du 7 juillet 1869. Celui de V Index n'a évidemment aucun trait à la question. Et c'est postérieurement an décret du 7 juillet 1869, que V. Em. affirme décider la question en appel quoiqu'il n'en dise pas un mot.
que le prélat romain dont je parlais il y a un instant, officier de r Inquisition^ demandait à l'un de nous (jui a signé
l'apiiel, la siu/gestion d'un moyen terme (jui itùt amener un arrangement sans condamner publiquement Mgr.de Montréal ! Voilà donc un officier même de rin(|uisition qui regarde la question en appel comme non décidée par le décret du 7 juillet 69.
Et en effet, comment une question dont un décret ne dit pas un mot dans un s(Mis ni dans un autre pout-ellt^ être regardé(? comme décidée ?
Nous avons bien un peu le droit de représenter respectueusement que nous ne sommes pas des enfants ; que (juand on nous dit une chose erronée en fait nous pouvons nous en appercevoir, et que Votre Em. a été certairement induite en erreur sur le fait.
Il faut donc en venir aux faits eux mêmes. Là seulement nous retrouverons le fil qui nous fera sortir du labyrinthe où l'on semble avoir voulu nous égarer.
Quelle était vraiment la question portée en appel ? La voici, telle que définie explicitement dans ma lettre à V.
Em. en date du 27 mai 1868. Je prends cette définition parcequ'elle est plus complète et mieux circonscrite que les précédentes.
Voici donc ce que je disais alors à Votre Eminence :
(( J'ose donc me permettre, pour fin « formation de V. Em. de poser la « question comme suit :
« L'Institut Canadien est une asso « dation littéraire existant en vertu « d'une charte octroyée par le Paiie- « ment :
« Tous ses procédés sont publics :
« Les personnes de tontes croyances (( y sont admises :
« Les affaires sont administrées par- « tie directement par la majorité des « membres réunis en assemblée et « partie par des directeurs élus périodi- « quement par la majoiité des mem- « bres présents :
« Tout ce que possède fassociation, K immeubles, mobilier, livres et jour- (( naux, est la propriété indivise de tous '( ses membres ;
(( La liibliothèque ne contient aucun « livre obscène ou immoral, mais elle
(1 pi'iil, (OU non) rontonir des livres ou «journaux pliilosophi(iues ou relij,nenx (( douL la i)!)Ssi'ssion el la lecLure soient (( déi'endues aux catholi(|ues indivii( (.luelleuKnit. Cluujue m nnbrede Tins <i tilul n'a (rautr<î contrùl(,' à Téf^ard de « ces livres ({U(> de voter contre leur ad- " mission on conservation, quand la i< (ju'stion (>st soumise à sou vote, Il di>^ant sans doute sabstenir de les Il lire, si l'K^list^ en défend la lecture.
Sur c;'t i'X[)Osé de faits, la (jnes tion soumise au St. Siège est :
(( Un calli()li(jue encourt-il les cen Il sures ecclésiastiques et le refus des u sacrements pour le fait seul (|u'il est K membre' de celte association ?
(I Maintenant nous i)rét(Mulons tou- <i jours jus([irà plus ample informé (jue (I les faits étant tels que ci-dessus éla- II !)lis. nous sonunes dans le même cas Il (juij [outes les autres associations Il scienlifiqui s ou littéraires du monde Il qui possèdent des livres à nm/rx ( et Il le plus sjuvent en bien plus grand Il nombre que nous) et dont les mem (( bres ne sont pourtant pas frappés des i( censures ecclésiastiques parceque les Il corps possèdent ces livres. »
Voilà la vraie question portée eu appel. Pourcjuoi ? Parceque voyant Mgr. de Montréal ordonner le refus des sacrements aux membres catlioli- (j[ues de rinstitut pour !e fait seul de la possession par le corps de livres à Tiiulcx ; et voyant d'un autre côté ({n'en France, en Allemagne, en Belgique, en Angleterre el aux Etats-Unis, le même fait n'était pas une raison d'exclusion des sacrements ; que dans les provinces britanniques même de l'Amérique du Nord cette rigueur était inconnue ; et qu'enfm dans notre ville même de Montréal Sa (ïrandeur ne fesait [las in- (juiéter les membres catboli(|ues d'associations protestantes qui possèdent aussi des livres à rindex^ il nous semblait que Mgr. de Montréal se trompait en nous imposant une règle exceptionnelle el faite pour nous seuls. Car enfin ses prétentions vont bien loin puisqu'il m'a dit à moi-même ce mot navrant pour un liomme d'étude, et qui a fait riro Ijien des membres ins
truils du clergé ici (M aux Ktats-Unis : i( Si les économisti's sont à l" index, il faut bien se passer des économistes ! ! » cliose un peu difïicile ]!onitant à ceux (|ui preiment part an mouvement poiili(|ue d'un i)ays.
La question pfn'taut donc \iuiqnemenl sur le droit de rKvê(iU(' de frapper un callioli(jue des censures ecclésiastitjues pour 1(3 fait seul (ju'il est mendjre d'un cûri)s dont la bibliotlièqu(; contient (]uelqnes livres à Ciiulrx, (>lle ne pouvait claii'enuMit êtn; décidée (jue pai' un jugement déclarant (ju'un catboli- (jn(i pouvait ou ne pouvait pas appartenir à un pareil cor[)S. A une demande aussi nette et précise (|ue celle citée plus haut, il fallait une réponse ë/ja- Icnifiit nette et précise.
Avons-nous eu pareille réponse ? Jamais! Le décret (jnc; l'on [(retend décider la question, el où l'on devait consé(]nenunent trouver la réponse nette et précise que notre demande exigeait, ne disait absolunn'nt que ce qui suit : (J'emprunfe la traduction publiée pai' ordre de Mgr. de Montréal sur les journaux de cette ville.)
'' Les Eminentissimes et révérendis- '^ simes Inquisiteurs généraux, dans ' une congrégation générale de la '' sainte Inquisition romaine et uni- " verselle, tenue mercredi, septième «jour du présent mois, (1) ayant soui( mis à l'examen la difficulté soulevée « depuis lontemps à l'égard de l'Insti- (( tut Canadien : toutes choses ayant été i( mûrement et soigneusement exami- (( nées, ils ont voulu (ju'il fût signifié à « Votre Grandeur que les doctrines con- II tenues dans un certain Annuaire Il dans lequel sont enregistrés les actes Il du dit Institut devaient être tout-à- II fait rejet tées, et que ces doctrines, en- (I seignées par le même Institut, de- II valent elles-mêmes être reprouvées ! !»
Puis on exhorte l'Evêque à éloigner la jeunesse du susdit Institut, tant qu'il sera bien connu que des doctiines pernicieuses y sont enseignées; et l'on termine par des louanges, que l'on regrette aujourd'hui, à l'adresse de rinstitut-Canadien Français, associa-
is.Juillet 1860.
lion à peu prôs niortf cl (Miti'iTé.% ot justice, de tout d(noir et (hUoiitn procoihi Courrier lie St. Ihjacinihr ! ! l(maiig(^sl dure régulière n'eût pu avoir lieudevant (jui n'ont compromis i}ue ceux (jui les nos tribunaux laïcs où le droit de l'accuont décernées. Voilà absolument tout se prime toute autre considération, et ce que contient ce décret (jue V. Km. loù un juge ci-oirait lorfaire àson devoir affirnK^ avoir réglé pour toujours unejs'dne motivait pas sa sentence an ukùI- (juestiou (lunt il ne parb' pas tout en leur de sa connaissance et de son jugelaisant foi (lu'elle a été mûrement et l ment.
soigneusem Mit (vxaminéc ! ! | j^ j^, demande maintenant ,mi tout.:
On apitrouve aussi sans iloule l'Kvè [loyauté à V. Ein : A quoi ai-je à me (jne de Montréal, mais comment une j soumettre ? La question ({ue j'ai posée approbation générale peut-elle être re-| comme l'un des appelants n'a jamais eu gardée par des hommes sérieux com-,il,,. solution, et nul ne sait (Micore ici.
mi; définissant nue (juestion explicite ?
Voici donc ce (jue l'on a fait. On a écarté la qm-stion portée en api»el par nous, les dix-sept membres de Tins
après six ans d'attente, si un catholi(|ue [)eut ou non a[ipartenir à un corps (jui possède des livres à r index. Lri pratique universelle monti-e bien ({u'il le peut, mais Mgr. de Montréal, titut, et on ne Fa pas décidée de i)rès,dout nous connaissons l'élroitesse de m de loin. Puis on a soulevé une non- vues sur cette question comme sur bien velle (juestion contre une nouv(dle[ier- d'autres, prétend qu'il ne peut pas. Consonne légale, rinstitut ciimni' corps, vaincus que l'on devait avoir des vues (et non plus les appelants ({ni agissaient plus larges à Rome, nous v sollicitons en leur (jualité privée comme catholi- - = -
(jues) et l'on a alifirmé dans un décret solennel qu'il enseignait des doctrines pernicieuses sans l'avoir jamais informé qu'il en fût accusé ! ! Il a donc a\)pris sa condamnation avant d'avoir en-
une décision, et à notre ^^irofoude stupeur, nous voyons les illustres membres de l'Inquisition, en Juillet 1869, ruser avi;c les faits pour ne pas donner cette décision, et créer une nouvelle question contre un absent qu'ils con-
teudu parler de l'accusation. On a, i damnent sous prétexte do décider la
comme je l'ai dit plus haut, confondu question en appel qu'ils ne touchent
les personnes, confondu les questions, j pas !
confondu les faits, confondu les resi)on-
appei qi Et après une suite de faits aussi ex-
sabihtesae tout pour éviter de donner la | t.aordiuaires, aussi imi.ossibles sous décision demandée et pour condamner tous les svstèmes judiciaires organisés des absents qui n ont pu se défendre 1 1 en vue de la justice scrieusementimpar-
En un mot ce décret pourrait se ré sumer commer suit :
Après avoii' mûremenl et soigneusement examiné la (/uestion soumise par A. vous n'en dirons pas h>/ mot; mais par exemple nous condamnons B, que l'on a mis en cause sur un autre sujet sans l'en
\ tiale.^ et non pas seulement en vue des satisfactions personnelles des supérieurs qui ne peulent pas avouer leurs torts ; après des faits, dis-je, qui surprendraient même sous le gouvernement Russe, et qui démontrent irrésistiblement les habitudes invétérées d'ar-
prcvenir, et qui n'est pas ici pour se r/c'- 1 bitraire de la justice romaine : V. Eni
! me fait adresser, comme si je h^s niéri ar il n'y a pas ; tais, des reproches sévères narceque i
fendre. »
Voilà l'iniquité, d'autre qualification possible d'un pareil [ne me soumets pas à une décision qiie procédé — voilà l'iniquité i^u'un tribu- j je vois bien que l'on n'a pas voulu rennal ecclésiastique a commise à notre dre ! On ne l'a pas voulu puisqu'on ne égard ! Voilà l'expérience que nous ' fait allusion a la vraie question à régler avons faite des habitudes administra- |qne pour la mettre de côté et (mi soutives des congrégations romaines 1 Et! lever une toute nouvelle contre un nous sommes bien forcés de nous dire absent que l'on condnmue ! (pie jamais pareille violation de toutr
Je me deniand(> eu
aui <(,uime!it
un hoiiimt' de la position v\ (l\i caractère do V. Km. a pu si^nicr une pareilli» liHtrii ! Si elle' connaissait }es faits, c(; sevait odieux ! Et si (die np les connaissait, comment a-t-elle pu ss^ réstnidre à en parler sur ce ton ?
Comment puis-je maintenant éviter de demander à V. Km. si le fait (ju'un homme de sa portét> d'esprit me fait adresser une vérital)le semonce, couchée entermes si énergi(|nes, parce(jue je ne me soumets pas à luie décision (/ni 7i'('.vis[e pas ; si ce fait prodigieux, dis je, est hieu de nature à nous insiùrer une très grande confiance dans le soin (jue les memhres de la curie romaine apportent à Texamen des (Questions qui leur sont soumis 's?
Voilà d'abord une congrégation romaine, la plus élevée en hiérarchie, l'Inquisition, (|ui affirme, clans un déerel solcmncl^ que l'on a soumis une question à l'examen et que l'on a mûrement v\ soigneusement examiné loulcs choses ; et, en fait, on y a mis un si grand soin que l'on substitue une question à une autre, \\\\ cor[)S p\il;)lic à des individus, (jue l'on ne décide pas la question ([ue l'on affirme avoir examinée, le tout pour condanmer un al»sent non informé qu'on va le juger !
Et d'un autre côté je vois un Cardi nal de réputation européenne, snrveil lant immédiat de lous les Evéchés du Dionde catholique, se mettre si bien au fait d'une question avant d'en parler officiellement, qu'il fait signifier en termes sévères à un appelant en Cour de Rome que « sa conduite est tout àfait répréhensible, )i parcequ'il ne s'est pas soumis à un jugement qu'il attend encore ! !
Ah ! si dans ce pays, l'un des nos juges, fût-il le plus élevé de tous, pouvait jamais s'empêtrer dans un iml/ivylio comme celui que je viens de décrire ; confondre les questions et les personnes, déplacer les responsabilités, violer les droits des tiers et condamner les absents sans les sommer de comparaître, le tout pour couvrir devant l'opinion un collègue qui se serait trompé ; je l'affirme en toute certitude à V. Em., ce juge serait de suite traîné de-
vant le Parlement du pays, mis en accusation, et bien [d'obablement dégradé et déclaré indigne d(.' jamais administrer cette chose sacrée, la justice^ dont tous les jng(^s ecclésiastiques auxquels nous avons eu affaire ont fait si bon marché vis-à-vis de nous.
Et il doit m'ètre permis de dire que ce (jui serait un déshonneur pour nos juges laies ne saurait guère être une gloire et une vertu pour des fonctionnaires ecclésiastiques.
Il reste donc accpiis pour celui qui comjirend la (jnestion et en connail tous les faits, ([ue l'on a commis à notre égard les injustices (jue voici :
I" Injustice de la part de V Ordinaire en infligeant les censures ecclésiasti- (jues à des catholiques sans suivre aucune des formes voulues par le droit canon :
"2" Injustice en maintenant inflexiblement ces censures malgré un appel régulier à Rome :
3'J Injustice vis-à-vis des catholiques de l'Institut en leur refusant d'iiidi- (juer, sur leiu- demande régulière, les livres à l'indtx de la bibliothèque :
4" Injustice en publiant ici que les appelants étaient condamnés sur leur appel, ce ijue le décret lui-même démontre être faux puisque cet appel n'est i)as le moins du monde réglé par ce décret :
5" Injustice de la part du tribunal romain en refusant de décider la question du droit d'un catholique d'être membre d'une association publique régulièrement incorporée qui possède des livres à l'index :
()'^ Injustice envers les appelants en ne leur permettant pas de soumettre leurs preuves sur la manière dont VEvêque les a traités et sur la nullité radicale des censures qui ont été portées contre les membres catholiques de l'Institut :
7" Insjustice vis-à-vis del'Institut comme corps en affirmant sur fausse information de VOrdinaire qu'il enseigne des doctrines pernicieuses :
8" Injustice vis à-vis de l'Institut en le condamnant comme coupable d'un enseignement ])ernicieux sans l'avoir
jamais informé de l'arc usai iini ni mis en demciuL' do se défendre :
9" Injustice cdutre le coriis et contre les apiielants en confondant des (|uestions entièrement dillerenles — lappid, et Taccnsation. siibsn/urnlr ilr quatre ans^ d'enseijjnement de doctrines pernicieuse par le corps — et des personnes ditrerenles pour faire porter aux uns la l'esponsahilité d'actes conunis par les autres :
10" Injustice en exonérant Mgr. de Montréal de tout blâme sur ses seules explications confidnilicllrs^ et sans nons permettre d'en examiner et vérifier la rectitude au point de vue des
vi-aies de véritables délations dont on ne nous donne aucune connaissance :
18" Injustice enfin et incom[)réhensible inconvenance chez un lionnne du caractéi-e de Votre Kminence en me rt ■ prochant, avec laiit de légèreté dans l'examen des faits, de ne pas me sounul- Ire à luie décision que l'on n"a pas voulu donner! Taltends encore, avec mt s amis, celle décision, et un Cardinal pousse l'injustice jusqu'à me blàmeide ne pas m'y être soumis !
Je ne puis assez Iv redire. Dans (juelle justice laïque pourrait-on jamais aujourd'hui trouver une jiareille suite de dénis de justice, de mé[)ris des di-oits
faits, qu'il a toujours si étrangement Ides absents, d'injustices directes, dt défigurés : I confusion calculée des questions et de.s
11" Injustice en aiii»rou\aul {)ubli-j[(ersoimes pour déplacer les torts et queineiit im homme (pie Ton admet- j faire perdre de vue les droits ; de véritait privément avoir eu des torts: [tables iniquités en raison, en justice et
12" Injustice et erreur évidente en en procédure: d'indifférence au deexigeant que ce fût l'Institut comme voii'. de procédés en un mot où l'on
corps, (et non l(>s membres catholi(jues comme individus) (jui soumit ofTiciellemeiit à Rome une pure question de cons- Cf'ener. comme si un corps mixte et composé d'individus appartenant à des cioyances différentes pouvait officiellement ou autrement soumettre une pareille (juestion :
13" Injustice de la part de VOrdinaire en exigeant de nous ceciue l'on n'exige pas des autres associations littéraires
chei'che vainement autre chose (jue l'arbitraire sous tous ses aspects et sous toutes les formes ?
Il fallait aller devant la justice ecclésiastique pour se trouver en plein dix-neuvième siècle en face de la dé noncintion secrète et étouffé sous la pro ce dure secrète !
Je sais bien que cette manière déjuger, qui nous parait si prodigieusement étrange, considérée du point de vue
dans d'antres pays cathohques,ni même i de la bonne organisation de nos tribu des catholiques de Montréal qui appar-maux ; que cette coupable pratique de tiennent à des associations protestan- condamner des absents pour cette seuffs : le raison ({ue c'est un Evèque qui les
14" Injustice de la part du tribunal accuse ; prennent leur source dans ce d'appel en éludant comme il l'a fait lai vieux droit inquisitorial qui est resté question soumise que l'on assure pour- 1 le phis grand scandale des temps motant avoir mûrement examinée : dernes, et qui, consacré défmitive-
1 5o Injustice de la part d'un tribunal ment par la bulle du pape Innocent ecclésiastique en ttniant aussi longtemps IV en date du 12 Juin 1233, permeten suspens une question de conscien-j tait aux Ju/ys ^/f la foi de poursuivre ce: I les procès sans communiquer aux ac-
16" Injustice en maintenant des cen-k-usés les noms des témoins qui déposures qui sont nulles de plein droit jsaient contre eux, leur refusant ainsi pnisqu'aucune des formes prescrites | la confrondation avec leurs accusapar le droit canonique n'ont été obser ;teurs de peuu ok tikjp diminuer le nomvées avant de les infliger : iBre de ceux-ci 1! (Lettre du Cardinal
17" Injustice en conduisant tous lesiXimenès au roi Ferdinand citée par procédés vis-à-vis de nous d'une ma-lMgr. Héfélé dans sa vie du Cardinali uière secrète, et en acceptant comme: dans ce vieux dntit in(|uisitorial tel
qa\\\l)Osé par Kymkricls dans L' guide j (les in([uisit(Mirs, qui p>'rm ttail à ceuxci dii gai'di'i' un accusé ptuidant di's années en prison sans lui communiquer les faits à sa charge, el allait même jusiinïi leur suggérer de ne i)as c()nHniuii(juer d'abord aux accusés, ((luand euiin leur procès arrivait) les dénonciations laites contre eux, (I) mais de les interroger avec arlresse de manière à en tirer des aveux (jui i)ermissent d allonger les actes d'accusation ; (jui ne permettait aux accusés de voir leur avocat iiuen présence de lln([uisiteur, ce (jui rendait toute défense illusoire; qui consacrait c(;t abominable principe ({ue deux témoins (jni déclaraient avoir entendu dire lil faut entendre ici appris par oui-dire) une chose, é([nivalaient à un témoin cjui aurait vu ou entendu celte; chose, déclaration jugée suffisante pour ordonner la torture ; t[ni obligeait les parents ou amis à s.' dénoncer les uns les autres ; qui ojjligeait les enfants à dénoncer leur pèn^ ou leur mère, et le père ou la mère à dénoncer les enfants ; ([ui exigeait contre la finnme le témoignage du mari et contre le mari celui de la femme, les obligeant eux aussi de se dénoncer entri,' eux ; qui déclarait infâmes de droil les enfants des hérétiqu(^s jusqu'à la deuxième génération, en exceptant toutefois l'enfant qui aurait dénoncé son pire !! Je sais bien, dis-je, que tout ce qui s'est fait, à Rome, "à notre égard, y inclus la procédure si-cretc, n'est que la conséquence naturelle de ces anciennes habitudes d'arbitraire et de mépris de tout droit qui ont b'ur racine dans cet effroyable c(jde qui est resté la base du droit romain actuel Mais j'ose dire que plus une pratifpie arbitraire est ancienne, moins elle est t>xcusable aujourd'hui que les codes se sont adoucis partout, que les mœurs judiciaires ont été améliorées et rectifiées partout, et que les notions générales sur le droit individuel, sur l'inviolalnlité de la conscience humaine et sur la procédure judiciaire se sont
il) Mais cette communication, ne se faisait jamais sans retnincher les noms des denonciateur».
si iirofondémenl modifiées dans tout le mondt; (ùvilisé.
11 me semble ipn; c'est une bien ti-iste clioseijue de voir Roukî seule s'arcbonter contr(> ce coniant universel dV)})i. niou cpii a su donner de si exe,(dlcnt';s formes à la justice, et obtenu partout de si importantes garanties (ui faveur des droits individuels; etmalhe\H(;usement les faits sont là ([ui nous démontrcnit, par la manière dont nous avons été jugés, (jne l'on n'a [tas fait un pas, à Home, d(>puissix cents ans, sur certaines (jnestion de justice, de jirocédure et de respect des droits d'autrui quand partout ces (juestions ont été résolues dans le sens de la sympathie et de l'indulgence en faveur des accusés.
Nous voyons par noti-e [iropre expérience, (jue ta nature menu; des institutions romaines est l'immobilité fatalement imprimée à tout ce qu'elles contrôlent, et l'hostilité instinctive à tout ce qui a été jugé partout ailleurs progrès sage et réfléchi sur le passé.
Et nous sommes forcés de comprendre enfui, à la vue de la procédure inadmissible en raison et en équité que l'on a suivie à notre égard, qu'un trop grand nombre des hommes, éminents sans doute sous bien des rapports, qui forment la curie romaine, restent aussi étrangers à leur époque qu'à ces nécessités de la vie intellectuelle et sociale qu'ils n'apperejoivent qu'à travers le brouillard des préjugés du cloître, ou d'une intelligence murée dans la routine, ou d'une éducation faussée par le désir de dominer en tout les intelligences que Dieu a faites libres.
Nous voyons enfin avec stupeur que dans la curit' romaine toutes ces notions fondamentales de justice et de devoir envers autrui que le temps a partout consacrées, doivent invariablement céder devant ce funeste préjugé hiérarchique que même si Von croit le supérieur blâmable^ il faut maintenir son prestige personnel devant l'opinion. Je sais bien, pour l'avoir vu moimême souvent, que quand il s'agit d'un conflit entre ecclésiastiques^ le supé rieur est quelquefois blâmé quand sou tort /".s7 trop apparent; mais par exem-
pie, (lès (lu'il s'agit d'iiii conflit ontro des laies et les suiiérieurs eeeiésiasli- (]ucs, alors, au moyen de la prali(|ue si rommode du secret de la [iroeédnr(\ on arrange toutes chose.v de manière à ce que, m''me si le supérieur a des torts, ce s(nent les laïcs qui [)araissent avoir tort aux yeux de ro[)inion Tout homme qui a tant soit peu suivi la justice ecclésiasti(jue ariive rorcénuMit à cette conclusion.
. St. Grégoire le Grand blâmait bien fortement cette espèce de justice et agissait bien (lilTertMnmcnt de ce qui se voit aujourd'lini. Mais les vues larges et élevéï^s de ce vrai grand honmie et vrai grand pape sur l'impartialité nécessaire à toute application de la justice, ont été depuis biiMi longtemps mise de côté dans la curie romaine. Lui voulait que le plus humble cbréti'Mi eût tout son droit. 11 pensait que le supérieur ecclésiastique (jui péchait con tre la charité ou la justice devait être puni plus sévèrement ((ue le laïc puis- ((uil ajoutait le mauvais exemple à la faute. Il repoussait avec liorreur l'idée d'un déni de justice à un laïc plutôt (jue de blâmer puljlicjuement un supérieur ecclésiastique. C'est ce grand homme qui a dit, ce que St. Bernard a répété après lui, qu'il fallait «toujours dire la vérité dût il en résulter du scandale, vu qu'il valait uiieux produire le scandale que de celer la vérité, » et il pensait en conséquence qu'il était bien autrement scandaleux de faire une injustice que d'avouer les torts d'un Evè(jue. Mais ces hantes notions de la justice et du devoir se sont bien oblitérées cliez ses successeurs ; et uous voyons aujourd'hui que non seulement on blesse un droit pour ménager l'amour propre d'un supérieur, mais que l'on va jusqu'à lourr publiqunucnt rEvè([ue dont l'on a privcmcnl admis les torts ! 1
Certes il doit nous être permis de dire qu'il y a de bien autres personnages que nous qui méritiMit les censures t[ue l'on a infligées aux catholiques de l'Institut avec aussi peu de discernement que de respect des règles canoniques.
V6ti"e Km. me fait rap})eler aussi que
l'Annuaire de 1808 — c'est-à-dire le dis cours de uun qu'il renferme — contient tant d'erreurs qu'il a fallu le prohiber.
Si l'on a apporté à l'examcm de mon [)auvre discours la même vmturilc de travail et le même désir de rendre justire cpron l'a fait dans notre question d'a[)pel, j ' dois dire de suite que jt suis fort lran<{uillisé sur lu perversité (les o[)inions que j'ai iiuex[)rimer. I^e tri bunal (]ni a condanmé mon discours est le même au fond qu(> cehii (jui, sur notre (jneslion a'ajtpel, est tombé dans les merveilleuses confusions de [trinci[ies, d'idées, de questions, de personnes et de responsabilités que nous avons vues ; donc l'on peut saus grand crime se permettre quebjues réserves sur la rectitude de la condamnation, mais il y a plus.
Ci'tte manière de condamner un livre en l'absence de toute explication de la part de celui qui l'a écrit nous report(^ encore forcément à ces malheureuses habitudes d'arbitraire que les hommes l"s plus éminents et les lilus sincères, du catholicisme ont de tout temps reprochées aux congréga tions romaines.
Je sais bien que l'on affirme sérieu sèment, à Rome, que le livre se défend lui-ménir, mais cette prétention ne supporte pas l'examen, et il n'est pas né cessaire d'avoir une bien grande expérience des affaires pour comprendre à première vue qu'elle n'a été mise au jour que pour faire accepter l'arbitraire par ceux qu'une mauvais(> raison persuade aussi facilement qu'une bonne.
Un passage d'un livre quelconque peut souvent, expliqué par un autre passag(\ ou jiar celui qui l'a écrit et en connaît la portée, avoir une signification toute différente de celle qu'un lectein- même de bonne foi a pu lui trouver à première vue. Si l'examinateur n'a pas suffisamment comparé ensemble les diverses parties du livre :
s'il n'a pas bien saisi la vraie pensée de l'autour; s'il a apporté dans son e.xamen un peu de mauvais vouloir par suite de ces préjugés contre les personnes qu'il est si facile de glisser dans l'esprit des ecclésiastiques — ce
Oft —
dont nous savons fpuilquo choso, no\is, égard et au mien particulier ? Je ne coiiineuibres de rinstitul — si enfin il n'a teste pas sasincérite, niais il n'eu voit j)as |)as eu assez d'esprit d'analyse pour moins un devoir dans ec (jui est injustifaire les rapprochcnicnts ou les dislinc- ce ou sévérité ininltdli^M'nle. Comment tions voulus, est ce le livre qui lui rap- explitiuer ses faux exposés de faits con- [wdlera l'erreur commis*; ou l'oubli tre l'Institut, ses violences de langage évident"? Est-ce le livre qui lui dira contre des hommes de réputation, de qu'à cinci, dix, vin;.;t pages du passage caractère, d'intégrité, sinon par la (|Ui [liirait suspect, il trouvera un autre piusse conscience^
passage ijui établira le vrai sens et jus- Kli bien, est-ce qu'il est impossible litiera l'intention ? Est-ce b? livre qui va que les mêmes petites misères, les médécouvrir un secret sentiment d'hosti- nies petites faiblesses humaines se relité chi»z l'examinateur, ou iini s'a[> trouvent chez les membres de rin(}uipurcevra qu'il agit d'après une idée sition ? Est-ce qii'eux aussi n'ont pas préconçue, ou un préjugé d'éducation, leurs sentiments d'hostilités contre cerou d'intérêt d'hiérarchie ? Le livre ne tains systèmes, et leurs préjugés d'édusauiait évidemment faire tout cela. H ration ou d'intérêt en faveur d'autres ne peut donc pas .s7w/r'/('nY//v' /(it-m'^mt', 1 systèmes'? Est-ce (jne les luttes pas puis(îue (^ycvisc signitie (/iA<^i/.s's/o/i. Cette ; giunnées qui surgissent quelquefois enidée est donc une de ces absurdités tre les dignitaires de la curie romaine pratiques(iui sautent aux yeux les moins i-elativement aux postes d'honneur ou clairvoyants ? Gela est faux en raison, i de profit qu'ils convoitent, ne montrent en fait et en équité. i j>as <|u'ils ne sont nullement exempts,
L'absence de l'auteur laisse tout sim- j malgré leur caractère, des faiblesses ou plement le champ libre au préjugé, j des convoitises des autres hommes? Il ou à l'animosité, ou à l'esprit de iwrti, I ne faut pas avoir demeuré à Rome ou à f ignorance possible du sujet , bien longtemps pour observer ces chotraité. Qui empêchera rexaminateuri ses, et j'ai eu dernièrement encore làde tomber dans l'une ou l'autre de ces: dessus des renseignements bien remarfautes quand l'auteur est à plusieurs \ quables.
centaines de lieues d'un homme quij II faut donc toujours en venir aux peut être naturellement assez disposé ■ notions primordiales de la justice, à mettre ses préjugés d'éducation ou i Toute condamnation portée en l'absence de caste à la place de la charité chré-;de la partie qui ignore qu'on va la tienne? Sa conscience! dira-t-on ?j juger est une injustice en bonne morale Mais combien n'est-ce pas chose com-iet une iniquité en bonne procédure, inune, dans le monde, que la fausse | Mais il faut dire aussi que ce système
ctjnscience :
N'est-ce pas elle qui a suscité toutes les persécutions et tous les bûchers d'autrefois ? D'ailleurs qu'est-ce que la vraie conscience sinon le sentiment de
de condamner les livres dans le secret du cabinet et sans citer ce qu'ils contiennent de condamnable est excessivement commode pour déconsidérer autant qu'on le peut et sans dire pourquoi
la justice envers autrui? Or quelle ! ceux que f on n'aime pas, et cela en élujustice y a-t il dans une condamnation dant toutes les responsabilités, contre un auteur qui n'a pas pu pré-i si l'on nous oppose l'habitude, le sv&senter ses raisons? Jl faut bien direitème adopté, je réponds que ce qui est qu'il n'y a là ni vraie justice m vraie ! contre la justice est nécessairement un conscience. mauvais système et une fort déplorable
Mgr. de Montréal est un homme de | habitude, surtout chez ceux qui sont conscience apparemment et il serait ! chargés par état d'être l'exemple des
injuste de le contester, et pourtant quelle aveugle passion, quelle étroitesse de vues, quelle obtination dans
autres. Ce qui est injuste en soi sous tous les systèmes judiciaires ne peut être juste et licite pour cette seule raison
ses torts n'a t-il pas montrées à notre 'qu'on le fait à Rome. La justice est au-
dpssiïs (les rois, des parlcnitMits, des gouveniciiuMils, (It's jiiiiK's cl des [nniples, et les (»l)lii,M' cgalciiu'nl tous.
On a donc condamné mon discours pour dos raisons inion no dit pas. Ici oncore, arbitraire, car dans tout systomo judiciaire bien or^^•lnisé, les juges donnent les motifs do leurs sentences, et il est bien clair (jue les jilus simplt^s notions de la charité y obligent d(>s Evè- (lues. Mais il parait avoir été pluscom-: modo do no pas le faii'e avec moi. i
Au reste des prêtres instruits d'ici i qui ont lu ce discours m'ont assuré n'y avoii- rien trouvé de pervers^ ou (jue l'on dût tibsolionent réprouver. Une i"ois| la condanniation arrivée, d'autres prè-i très mont indiqué: celui-ci telle er-i reur, celui-là telle autre, le second ne! trouvant par répréhensible ce (juo lei premier avait blâmé, et personne ne!
tombant d'accord sur ce (jui était per- \ nicieux ou réprouvable J(» puis donc penser sans crime (]ue ce que j'ai dit' n'était pas absolument horrible ni mes prétendues erreurs complètement damnables. Mais si l'on eût dit de suite en quoi je m'étais trompé, on aurait évité au clergé local le petit désagrément de voir quelques-uns de ses membres trouver irréprochable (;e que d'autres trouvent répréhensible, et montrer par là que l'on no sait pas trop au fond à quoi s'en tenir; ce qui a naturellement fait un peu rire le condamné.
Quand les prêtres eux-mêmes s'entendent si peu sur la perversité d'un livre, il semble naturellement aux gens sensés que Mgr. de Montréal poussait peutêtre un peu loin les choses en rappelant avec tant de sollicitude à ses ouailles que celui qui garderait V Annuaire chez lui serait passible de refus des sacrements même à rarticle de la mort.
Gela a paru quelque peu étrange de la part d'un homme qui a entouré de tant de splendeur religieuse, sur l'échafaud, il y a quelques années, les derniers instants de l'un des plus terribles criminels dont nos annales judiciaires fassent mention. Et naturellement bien des gens se sont demandé : « Mais serait-ce donc un plus grand crime d'avoir
VAnnuaire ••hez soi (jne d'avoii- assassiné plusieurs hommes?»
Mais tonf^'s (-(«s raisons et tous C(îs faits, surtout celui de la divorgt'uco d'opi nion chez des prêtres insLi-uits d'ici et dos Ktats-Unis sur la perversité du livre, monti-ent p>utêtro (juol gravi; danger et mémo (luolle souveraiut; injuîitico il y a dans mio demande de condanmation faite en secret et accordée aussi en sjcret^ c'est-à-dire hors la connaissance de l'intéressé. Pas la plus potito intimation (]uo l'on se proposât de, me juger. J'ai appiisma condamnation avant d'avoir pu soupçonner que je fusse accusé, et j'ignore encore à l'heure qu'il est les raisons de cette condamnation. On fait encore aujourd'hui, à Homo, contre l'autour d'un livre, ce (jui no se fait plus nulle part au monde coutr(; les volevu'set les assassins: condanmor sans entendre et sans donner les motifs de la condamnation.
Eh bien, je le dis sans crainte, et oir toute certitude que je suis dans le vrai; une pareille condamnation n'est en droit et en raison qu'une flagrante iniquité. Au fond cela ne peut pas s'appeler une sentence., c'est tout simplement une diffamation. Personne au monde, pas plus le Pape qu'un autre, ne peut condamner sans entendre ni sans dire pourquoi il condamne. Toute condamnation de ce genre est en soi une nullité absolue en droit et en raison, et personne n'est obligé d'en tenir le moindre compte (l).
( I ) Je sais bien que Ton prétend, à Rome, que l'auteur n'est nultemenl atteint par la condamnation de son livre ; mais c'est encore là une de ces raisons dont la pratique démontre le peu de sinci'rité. On ne l'a imaginée que pour justifier, aux yeux des gens irréfléchis, Tarbitraire d'une condamnation demandée et accordée en secret. Et comme on défend partout aux catholiques de scruter les actes du pouvoir ecclésiastique, on leur fait ainsi accepter sans examen les explications les plus inadmissibles en raison et en i''quiti\
Si l'auteur d'un livre n'est mdlement atteint par la condamnation, pourquoi donc tous ces efi'orls pour obtenir sa rétractation s'il est laïc ? Pourquoi est-elle imposée aux prêtres sous peine d'interdit j)ar les autorités locales ? Pourquoi donc traite-t-on de rebelle et d orgueilleux celui ne se soumet pas, même quand on ne lui indique pas en quoi il a pu se trom-
Mais u'i'st-cc pas une étiaiigt; cliose qii(> l'injustice soit si fréqucmmont. el si tatalfuu'iil en quelque sorte, la base daction des congrégations romai nés? Et néanmoins tout cela s'('X[)Ii(|ue [)artaiteinent i)ar c(>s vieilles habitudes dirresponsaltilité transmises de siècle en siècle dans la curie romaine, et à l'abri desquelles s ' commettt>nt quelquefois les [lins terribles injustices. Car de Lfiul temps et dans tous les pays l'irresponsabilite chez les fonctionnaires, grands ou petits, n'a jamais signifié ])ratiqu.Mneut qu'ai'bitraire contre les admiiùstrés: et avec mes notions do justice et mon habitude du système judiairt" de ce pays, il me semble en toute sincérité (jue toute la prati(iue des congrégations romaine se résume à peu près uniquement dans l'arbitraire.
Car eufm, en admettant (jue je me sois trompé, — chose très possible, sans aucun doute et qui est arrivée à (h' bien autr<,'s personnages (jue moi, à S. S. le Pajje actueL[»ar exem[ile. quand, u.-! prévoyau! pas qu'il écrirai! un jour !e Syllubus. il taisait annoncer eu 1H48,
per ? l^oiir |uoi donc toutes les feuilles i[up I'jiulurit ■ eccl ?i;isli.|ue contr île et peut ffiire taire (l'un mot atta luent-elles toujours avec tant de virulence rniileur el non le livre:'
Que l'on cesse donc de donner aux hommes intelligents de pr. tendues raisons où il n'y a qu'inanit • et mmquede droiture! Je comprendrais encore cette prétention, cette tentative de palliation d'un acte arbitraire en lui-même, i(uand on indipie l'erreur condamnée.
Mais i(uand on condamne un livre comme rempli d'erreurs sans en indi<pier une seule alors il est trop clair que n'est l'auteur bien plus que le livre que l'on a voulu atteindre, cirsi l'on ne Sun reait vraiment qu'au danger de l'erreur, on l'indiquerait ! On a, dans une coud imnatiun en bloc, un moyen facile de déconsid Ter aux yeux de ceux auxquels on défend tout examen d'un acte quelconque de l'autorit ', les hommes dont on n'est pas satis- Ikll.sûit j)arcequils ne veulent pas se laisserconduire comme des enfants, soit j)arce |ue l'autorit'' loc:ile veut diminuer leur influence. El c'est dans ce i:as qu'une condamnation deitiandi'e en .secret, et obtenue en secret, et dont on ne dit pas les motifs, ne peut plus être en iquit" regiird-e comme une ie«/ert<;c, qui suppose l'audition de l'accus'', mais devient pratiijuement uni; diffamation puisîjue ni le public ni l'auteur U'' savent pourquoi il est condamna-, f't que c'est toujours une iniquité de condamner sans dire pourquoi l'on condamne.
au grand consi-il de Berne, par son Nouée, Mgr. Lu(iuet, «que l'Eglise i( saurait accepte^' la transformation so- II ciale des tem[ts et ne refuserait pas, (( (luand le teiiqis serait venu, de recon- II naître le grand principe de sa séparait lion d'arec Priai, cette ex[iression émi- (( nente et suitrème de la liberté.» Or maintenant qiu' le Syllahits déclare être des erreurs du tem[»s prés<^nt l'idée (Mpi ' le Pap' doit se réconcilieiavec hi civilisation moderne, «ainsi f|ue !e princijie de la « séparation de l'Eglise et de lElat ; Il il faut bien admettre que le Pape de IH4H faisait e.xaminer par son Nonce des principi^s frisant alors l'hérésie puis(|ne le Pape de IH04 les a condanmés, etcjn'il se trompait en 1848. Or cela pom-rait peut être suggérer aujourd'hui Tapropos de l'indulgence enveis ceux (jni ne réclament pas l'infaillibilité.— eh bien, en admettant, dis-je, «lue je me sois trompe, est-ce bien en persistant à ne pis m'indiquer l'erreur (|ue j'ai pu conmiettre «jne l'on me persuadera (pu' l'on a cei-tainement raison et (lue l'iju ne songe tju'à dé fendre de boime foi la vérité ? Mais c'est précisément là le meiileur moyen d'em[)écher les gens de croire à la sincérité du juge 1 Tenir ses motifs secrets après avoir jugé en srcrel ne \)mt jamais suggérer aux liommes réfléchis (ju'uiie forte présomption d'injustice.
Et le fait est (}ue l'on n'a jamais employé le secret dans la procédure que pour systématiser l'injustice en la voilant aux yeux des masses.
Et enfin, est ce donc bien à Rome que l'on tient si [)eu de compte de cette grande parole, dit« à Jérusalem il y a dix huit siècles: « Si j'ai m.\l PAFtLÉ, faites moi VOIR LE .VAL QUE j'aI DIT; MAIS SI j'ai BIEN PARLÉ, POLROLOI ME FRAP- PEZ-VOUS '/)) Comment se fait-il que les membres de l'Inijuisition ne se croient pas un peu liés en conscience par ce magnifique précepte, et s'affranchissent si facilement de ce devoir : » montrer à un homme le mal qu'il a pu dire ! >,
Ah ! je m'explique facilement aujour-
jd'huique l'illustre Rossi ait dit, alors
qu'il était ininistn^ du Pape, «qu'il
! fallait portei' In hnrhe dans ce vieux
bois: )) la justict' loinaine tvllo <iu"il la trouvait alors ol à pi-u [uès IcUocju'eilt,' est rostéo depuis.
Nou ! Je couipreuds parlaiteiutMiL pounjuoi Ton m'a coudainué ! J'ai eu le nialliein- de heurter les idées ultra uioutaiues sur la siipréuiatie absolue du Pajte, UK'Mue daus les matières [luri'meut teuiporelles ; idées (jue l'ou réussit saus doute à l'aire accepter çà et là par la masse iguoraute, uiais que partout les gouverueuienls re[>oussent avec raisou, et que les houuues (jui tieuueut à leur libre-arbitre, et i[ui out surtout étudié l'histoire ecclésiasti([ue, u'acceplerout jamais.
Ou ui'a dit ici ([ue j'avais douné sujet de mécoutenteiueut eu prèchaut la lolcrance ; uiais je utî puis ahsoluuieut pas croire (jue l'ou soit assez étrauger, eu Italie, à ce tjui se passe ici, aux laits saillauts de uotre état social et politique, pt)ur iguorer (]ue uo\is vivous daus uu pays de luajorité jirotestaute et sous uue uière-patrie pro testaute. Ce u'est doue i)as à uous, qui souimes les plus faibles, à exercer l'ostracisme envers ceux qui n'ont pas les mêmes opinious religieuses (^ue nous.
Il y a bien des choses (jui se diseut eu Italie et qu'il vaut mieux taire sur uotre sol d'Américpie où l'idée républicaine, et consécjuemment le principe de la souveraineté du peuple, est la seule base possible des institullious, et où le protestantisme est si énormément prépondérant par le nombre.
Il serait temps que l'on comprit enfin qu'il y a nécessairement divergence fondamentale entre le réi)ublicauisme américain et l'ultramontanisme en tant qu'il exprime les idées d'autrefois sur la royauté universelle du Pape.
Car enfin l'ultramontanisme signifie malheureusenu'Ut aujourd'hui la condamnation de la (i civilisation moderne, )> c'est-à-dire de ces grands priucipes de liberté religieuse, politique et civile dont elle a doté le monde ; donc la condamnation de tontes les conquêtes que les peuples out faites sur les vieux despotismes. L'ultramontanisme, d'après ses organes les plus autorisés, la Civiltà CuitoUca entie auti'es, signifie
uialheureusenieul aujourd'hui la coudauuialiou des i)arlrmrttts^ des Diuniri- /Miliics. (/r,< iliclions, iustitutious (lu'eUe a couijjarees aux os dkchahnks d'Ezéchiel, et aux(jui>lles jjouilaut It.'S les uatious ne renouceront pas parce- (jue les iuenii)res de la curie lomaine u'eu conq)reunent ni le fonctionnement ui l(»s bienfaits.
L'ultramontanisme signifie enfin la domination de lliglise sur l'Etat, et la domiuationdu Pa[H; sur l'Etatet l'Eglise à la f(jis; donc riiltramontanisme signifie aujouid'hui connue au temps de Cirégoirt; Vil, la monarchie nuivei-selle et absolue du Pape sur les uatious et ItMH's institutions puis([u'on le déclare infaillible sur les iiuestions de mœurs comme sur les t/ursiiuns de dogme. De ce monu'ut tout li])re arbitre, toute véritable indépeiidaiic nalionale ou pcisonnelle, etconséqut'unnent toute initiative» propre, se trouvent détruits dans les sociétés connue chez les individus.
La liberté poli ti(|ue aussi devient illusoire, car nul gouvernement ne peut plus légitimement faire des lois et les appliquer sans les soumettre au Pape.
Et la chose va de soi si les Parlements et les institutions poiailaires ne sont plus comparables (juà des os décharnés ! Et voilà la vraie pensée des hommes qui dirigent la curie romaine. •
C'est donc à dire ([ue les sociétés les plus progressives parce qu'elles sont les plus libres devront soumetti-e leurs institutions, leurs lois, leurs plus légitimes aspirations au j ugement des mem bres de la curie romaine, précisément les homnn^s les plus arriérés de l'Europe en matière d'institutions politiques et de droit public. Gonnnent peut-on espérer qu'un Parlement ou un Congrès quelconque puisse accepter dans la confection des lois le contrôle d'hommes .que l'on voit rester si opiniâtrement attachés an vieux droit inquisitorial répudié aujourd'hui dans tout monde civilisé, et se montrei- si profondément hostiles au principe le plus fondamental du droit public : « le droit de la cornmunaïUé., de la nation., de dèlerminer soi<r verainemeîU /jai- ({iiellrs i/is/ifu/ions elle sera régie. »
St. Thomas, Suaroz, ot Bellarmiii lui inriuc, coiisarreut ce principe.
Eh hicii, s'il J'aut (jn'uii écrivain soit mis à Vhulcr aujourd'hui parce ({u'il n'accepte i)as les idées polilnjiu's d'honi mes (luise montrent si étrangers à leui' -lUècle, si étrangers à toutes ces notions iW droit [luhlic et même civil «jne la ]»ell(î civilisation moderne a fait adop ter partout connue source nécessaire de toute organisation sociale et politi- ([ue ; qui se montrent si avenglémeul hostiles à toutes les espèces de lihei'tés: il devient clair ({u'avant (ju'il soit peu de temps il ne sera i>lus possihle d'écrire une parole sans être mis à ViiuUx. Si même dans un pays de majorité protestante, et avec un parlement où les protestants sont en majorité, il n'est pas permis de conseiller la toléran(;e aux catholiques (pie des journaux aussi imprudents (ju'ignorants poussent à ajipliipier ici les princijtes les plus exagérés du Syllabns sur les questions polit i(]ues ou de police légale, et jusque dans l'organisation d'une as sociation [turement littéraire, mieux vaudrait dire de suite (jue la censure de la pensée est de droit étroit dans lo catholicisme et que personne ne doit oublier un mot sans la jiermission de T Index ou de CCh-d inaire.
Le concile de Trente a bien exprimé ('elte défense, mais aussi c'est une des raisons qui ont empêché sa discipline d'être acceptée dans plusieurs pays catholiques. Oserait-on maintenant publier un pareil décret aux Etats- Unis "t
Comment Ion peut encore espérer pouvoir réaliser pratiquement pareilles impossibilités, voilà ce qui est aujourd'hui, pour les hommes qui ont l'expérience des affaires et du monde où ils vivent, le pins incompréhensible mys tère.
Et puisque la lutte est aujourd'hui soulevée par l'ultramontanisme contre la civilisation et les immenses bienfaits dont elle a doté le monde, il faut donc choisir entre la civilisation et l'ultramontanisme. Or d'un côté nous voyons celui-ci lutter avec obstination contre toutes les conquêtes de l'esprit humain
et (Iriinfcr dr droit divin la monar chie uui\(Mselle du Pape au temporel — infaillible sur les (]uestionsde mœurs u(; signifie et u^' jx'ut signifier rien autre chose que cela — et d'un côté nous voyons l'c'sjjrit Inuuain se cramponner aux conquêtes {\\\"\{ a faites, et déclarer pai- tous les gouvernements et par ses plus illustres repiésentants dans le domaine de la pensée, qu'il n'y renoncera pas,et(iu"ilfaut l'unede ces tïeux choses: ou (pie C(î soit l'ultramontanisme (jiii recule, ou que ce soit la civilisation. (Jr comme celle-ci ne sam-ait pas plus reculer (in'un fleuve remonter vers su source, la ipiestiou est forcément dècidih\ (pi'elles ([ue soient lesclameui-s de la réaction ultramontaiue qui ose encoi-e, à l'heure (ju'il est, léclamer comme dr droit divin, l'immunité des ec' clésiastiques de toute juridiction des tribunaux civils nu'nies sur les questions de crimes et délits ! !
Quand l'aveuglement des prétentions va jus(iue là, il est bien évident qu'il ne reste i)lus (ju'à attendre dans un temps plus ou moins prochaiu la punition pi'ovidentit4l(^ de ceux qui les exprinuMit et qui boulevtM'seraient encore le nu)nde, s'ils le pouvaient, pour les imposer ; et les événements si peu prévus des huits derniers mois s( mblent indiquer fortement (ju'elle a déjà reçu un commencement d'exécution.
Quelle le(;on ! ! que l'on fait semblant de nepascom]irendre encore! Le dernier soutien du pouvoir temporel frappé lui aussi d'aveuglement et commençant étourdiment une guerre à laquelle il nest pas préparé ! ! et la plus puissante nation de l'Europe écrasée et brisée en moins de six mois par sa rivale ]irotestante, qui avait autrefois recueilli avec tant d'empressement les victimes de la révocation de l'édit de Nantes ! Et l'on ne veut pas voir là le fait d'une rétribution providentielle ! !
Ah ! c'est bien le cas de dire : « Erudimini qui judicatis terrain. »
Votre Eminence semble me reprocher d'avoir parlé, ou écrit, ou exprimé publiquement des opinions pendant que notre cause était encore pendante
à Rome. Kilo semble nie si<.Miilier que je n'aurais jias du dire un mot a^ant «[ue la senteiux' ne lût icudue.
J'oserai lui (jbservei- ([ue (|iiand un tribunal met ijuatre longues années, non pas à se décidei- à i-endre nni^ sentence sur une (]iu'sli()n depuis longtemps résohu' par la pratique universelle ; mais à trouver 1rs inoijois <(<' iCen pas rendre une^ il est assez ditlicib' aux hommes (|ui vivent dans (h^s pays qui ne sont pas frai)[)es de l'iunnobilité politique et intellectuelh' dont l'état romain otfrait le navrant siiectacle avant les terribles leçons ([ue la Providence vient de donner à <-eux (jui y pétrifiaient ainsi la pensée humaine, il est assez difficile, dis-je. do laisser j)lusieurs années s'écouler sans donner signe de vie contre les agressions furieuses et de tous les jours qui étaient dirigées contre l'association dont je suis membre.
Si an moins les journaux du clergé avaient eu la décence de ne rien dire eu attendant le jugement, nous aurions pu éviter de parler et de nous défendre. Mais quand nous voyions chaque jour les plus malhonnêtes accusations publiées contre nous, accusations qui trouvaient toujours le moyen de parvenir jusque dans les chaires de la ville et des campagnes ; quand nous voyions tous les principes (jui forment la base des institutions libres, dont nous jouissons en ce pays, quoiqu'à un bien moindre degré qu'aux Etats-Unis, attaqués sans merci par nos ennemis qui, au fond, ne nous poursuivent avec tant d'acharnement de leurs injures que parceque nous défendons la liberté contre le torysme local — et non pas à cause de quelques pauvres livres qui se trouvent dans toutes les autres bibliothèques que Fou ne condamne pas — quand nous étionsen un mot le but constant de calomnies sans trêve et sans fin, il ne nous était absolu ment pas possible de ne jamais repousser la calomnie, de rester toujours silencieux sous l'insulte, ni de ne jamais combattre les tendances absolutistes que des hommes mus par rintérêt,et bien souventpar l'ignorance.
inanifesteut avec persistance an milieu de nous.
Et je puis ajouter que dans cette lutte la décein'e du langage et la convenance des formes n'ont jamais été du côté de nos adversaires (|ui semblent monopoliseï- plus qu'ailleurs en(tore la triste habitude do ne jamais jtarler religion sans blesser outrageusement la charité et le savoir vivre. Ils ne dél'iMident les bons princijn'S comin(> ils savent les couqirendre qu'avec le langage h' plus soigné de la halle.
An reste, nous avons aujourdhni le plaisir, après avoir été tant vilipendés par eux, de les voir s'entredéchirer en toute conscience, et nous comprenons mieux que jamais la véritable valeur de leurs insultes, ils se chargent euxmème, deimis quekjue temps, de nous donner les j)lus intéressants renseignement sur leur rectitude d'intention et leur sincérité. Partagés en deux camps rivaux où la discorde a semé la tem^ièle. ils se lancent les uns et les autres dans les descri[)tions réciproques les idus inattendues et les définitions morales le plus remarqualiles. Ils se peignent les uns les autres d'ajji-ès nature et avec une fidélité de pinceau (jui montre à quel point ils se connaissent. On ne nous a au moins jamais reproché Fhypocrisie,etc'est justement là la prédisposition naturelle et la qualité dominante que nos religieux adversaires constatent aujourd'hui les uns chez les autres avec un bonheur de logique ravissant pour ceux qu'ils ont tant insultés 1 Ils se renvoient mutuellement la balle avec un sans-gène qui prouve (jue pour cette fois au moins, chose prodigieuse et nouvelle, ils disent sincèrement ce qu'ils pensent ; et nous assistons tout ébahis à un spectacle si plein d'intérêt.
Je n'ai pas parlé par hostilité, mais par nécessité. Il fallait défendi-e mes amis et moi contre la passion ignorante, le préjugé opiniâtre et la calomnie aveugle, car voilà vraiment les traits caractéristiques d'un grand nombre de ceux qui prétendent hypocritement défendre au milieu de nous une religion qui n'est pas a1ta(jnée,(^t qui ne font réellement que la comiironiettre ])ar leui's
exagérations, Imirs injustices, leur esprit (le dénigrement et leurs iueonccvables violences de lanj,Mg»;. Mais nous voyous (jne malhein'euscmcut l'on n'a d'oreilles que pour eux.
Pendant que les In(]uisilt>urs lais salent tranquilhnnent les aniié(,'S s'écouler, peut-être, qui sait, dans l'espoir de nous fermer la bouche ici au profit de l'absolutisme, nos aggresseurs, (jui représentent la réaction intellectuelle,sociale et politique, ne négligeaient aucun moyen de nous déconsidérer dans l'o pinion et d'écraser notre association.
Heureusement nous étions assez l'oi'ls pour lutter victorieus(>ment contre (U>s petites tenqjètes de religion mal mitendue.
Je comprends que les honnnes qui ont toujours vécu sons le régime des Etats Romains où aucune activité intellectuelle n'était encouragée ni même permise ; où le droit même de péti tionner l'autorité était si étrangement limité ; je comprends ({ue ces hommes n'aient pas d"idée nette de notre état social, où l'habitude constante de la complète liberté de la presse donne à l'intelligence publique ime vie et une activité qui, à Rome, semblaient être le comble du désordre moral et de l'anarchie intellectuelle. Je conçois que des hommes qui ne sont pas sortis de l'ancien état romain ne comprennent pas l'impossibilité où sont ceux qui vivent dans un pays où les partis poli tiques sont en lutte active, qui en faveur de l'absolutisme, qui en faveur de l'extension des lil)ertes populaires, ne comprennent ])as, dis-je, l'impossibilité
me de la vie de collège imposée à tout un peiqile. Et si l'on a cru que nous [touvions rester silencieux pendant des années sur les immenses problêuics de phil(jsophie sociale et d'orgainsalion l)oliti(iue (jui agitent aujourd'hui le monde civilisé, et nous renfermer dans le mutisme en dépit des journaux du clergé (jui travaillent activement à nous ramener à l'immobilité intellectuelle (jue l'Italie a subie depuis des siècles jus(|u'au jour de sa glorieuse unification, on a tout simplement montré que l'on reste toujours complète ment étranger à notre état social et aux nécessités résultant de notre organisation politique.
Depuis une longue suite d(! siècles, la pO[iulation romaine a subi nn véritable régim(> de collège. Nous voyons où elle eu est arrivée en fait d'activité comm(>rciale, de prospérité industrielle et de mouvement politique ; et nous ne voulons pas de ce régime. Nos notions de droit public, et notre expérience de l'ordre constitutionnel et di* la liberté politi(|ue nous démontrent rimi)erieuse nécessité de repousser ce système et de combattre avec énergie ceux qui semblent vouloir l'introduire ici. Nous ne renoncerons jamais à la plus grande conijuête de la civilisation : le complet libre arbitre du citoyen dans la sphère temporelle et dans le domaine de l'étude et de la science ; et aussi le droit d'exprimer publiquement sa pensée sur tous les sujets dans les limites voulues par la loi. Nous voulons transmettre intact à nos enfants l'héritage de liberté politique etd'indé-
on sont les uns de se taire (piand les pendance morale (^ue nous avons reçu autres non seulement i)arlent. mais ac-, de nos pères, et nous combattrons cusent avec la malveillance et le parti- k'oûte que coûte tout ce (jui tend à nous pris dont nous sonnnes cha(]ue jour té refouler vers ce passé de compression moins et victimes ; mais tout cela dé- 1 politique, de torjteur sociale et d'esclamontre quelle injustice il v a de page moral que les maxmies chères à iu"er de ce qui se passe dans un pavs|l« curie romame ont produit partout de^liberté de la presse par ce quisefài-joù ses principes absolutistes ont dosait à Rome quand le mutisme uni ver- i miné.
sel était la suprême expression de ror-| Nous parlons ici parce que, [joliquedre public. j ment et int^^lecluellement.nous vivons:
Il se remue plus d'idét^s sur ce conti- et nous ne voulons pas de ce système nent en un an qu'il ne s'en remuait à|qui a causé, partout où il a fleuri, la Rome en un demi-siècle sous le systè-1 léthargie sociale, la nullification politi-
que, la slugiialion iiuhistiii'Ue, ot la
DÉCADENCK NATIONAL K. Si CL'S cllOSeS 110
sont pas couipriscs à Rome, co n'est pas lanl ])is pour nous, mais tant pis pour ceux (jui, n'ayant rcru (jnc Téducation du cloitrc, i-omiinMnicnt si peu le siècle ovi ilsvirrnl ainsi (jm* le continent où nous vivoits.
Nous ne faisons ivelhnnent que défendre le domaine de letude sérieuse et libre contre ceux qui veulent mouler riiistoir(> sur les besoins d'un systè me. Il y acliez nous un cei'tain degré de vie intelleclnelle où Mgr. de Montréal commet l'erreur de ne voir que !a liberté du mal ; mais nous pouvons sans crainte, sous le rapport du caractère et de la valeur p(u-sonnelle, opposej' les honmies (jui se sont formés chez nous à ceux ({ui sont fiu'més dans les institutions préconisées par Sa Grandeur ! Car enfui elle pourrait bien n'être pas cjcaclcincnt dans le vrai (|uand elle pense ipie la jeunesse se formera beaucoup mieux dans les nombreuses salles de liillard ouvertes par le clergé que dans une bibliothècj ne où l'on p)eut au moins s'orner l'esprit, et dans une association où l'on s'habitue à penser et à discuter.
Nous défendons le goût de l'étude et du travail contre ceux qui préten dent bien qu'ils veulent le favoriser comme nous, mais qui n'en voient pas moins se fondre dans leurs mains toutes les associations littéraires qu'ils ont organisées; et cela parce que la jeunesse ne peut pas supporter toujours l'étroit contrôle moral (ju'on lui inflige. On ne veut pas comprendre qu'il faut une certaine somme de liberté morale et de libre arbitre personnel aux hommes qui ont laissé le collège et se trouvent lancés sur la large voie de la vie sociale. Croit-on donc qu'ils vont ton jours rester enfants parce qu'on les a formés quand ils étaient enfants ?
On prétexte de la pureté des mœurs de la jeunesse, mais malheureusement les petits scandales qui ont de temps à autre percé le secret de l'intimité et sont devenus de notoriété publique, ont eu pour auteurs précisément ceux que l'on prétend former avec lant de solli
citude. Quand notre société a été heurtée dans ses instincts moraux par (jnehiue grave olïènse contre la dé- (jence publique, c'étaient les jjIus brillants soldats de la coterie pharisirùjue (]ui nous assourdit chaque matin du récit de ses vertus qui en étaient les héros ! Et cela en grande troui)e, en bande complète, et non pas chacun en son particulier î Nous voyons trop comment parlent et agissent dans l'intimité un grand nombre de ceux qui en public ont toujours à la bouche les mots de <( religion, » de « principes catholiques^ » et » d'obéissance filiale au Pape, » pour être bien éblouis de leurs protestations à tour de bras !
11 n'y a pas (jue les grands hommes qu'il ne fasse pas bon de voir en robe de chambre. Si les (jiaïuh y sont souvent un peu ridicule, les pclits y sont quel(|uefois bien méprisables. Et après avoir observé les nôtres [les petits] de très près, nous ne sommes plus du tout surpris de les voir si généreusement se coilFer les uns les autres du bonnet de duijlicité et d'hypocrisie qui leur fait réciproquement ù ravir. Je ferai grâce à V. Em. des faits édifiants que je pourrais lui citer sur tout cela, dont j'ai toutes les preuves eu mains, et qui lui démontreraient bien clairement quelle est la véritable valeur morale de ceux qui nous insultent à propos de tout comme à propos de rien, il)
\\) Depuis que cette lettre est partie, la que-relie religieuse a pris de bien autres proportions. Ce ue sont plus seulement les journaux du clergi' qui se querellent entre eux, mais voilà une partie de la presse religieuse en antogonisme dire-t avec (juelques-uns des Evèques.
Nous sommes des insoumis, des rebelles, des ennemis de la religion, parceijue nousr.sistons à une exigence absurde, irn'alisable en pratique et qu'aucun Evèque n"clcve ou ne maintient dans aucun des grands centres de la civilisation ; ot, après avoir pieusement gémi sur nos di'sobi'issances, voilà la presse religieuse qui nsiste aux Evèques sur une ijuestion dans laquelle ceux ci jugent que la religion est interressie. Nous sommes des orgueilleux (]uand nous r.'clamons notre indupendani'.e dans le champ scientilii|ue et littéraire, mais les journaux à bons ■principes restent des modèles d'immilito «juand ils envoient rArciievèque de
Ce (iiiL' je dis ici à V. Eiii. osL honnêtement et Iranchenient la vérité, qnej Mgr. do Montréal ne Ini a jamais don-| née complète, trompé pent-ètre ini-! mémo par les ilalteurs (pii l'enlonrent, : et qni espèrent faire plus l'aciliniient' lenr chemin sons la i)rotection dn clergé en montrant des sentiments ({u'ils n'ont pas dans le cœnr. Lmir conduite i [irivée ne nons concerne pas sans doute, mais ce qui nons regarde certainement, ce sont leurs attaques malveillantes, passionnées ou calonmi(Mises, i faites par pure hypocrisie et pour sej faire bien venir d'un corps pnissnnt.j Et nous avons incontestablement le droit, pour faire mieux juger de cesat-[ ta(pies, de montrer ce que sont vrai-l ment dans leiu' déshabillé nos aggre&-l
senrs, qui sont anjourd'hui nos plus i/ifi'Uif/ents Icmoins les i.ms contres autres. Nous avons essayé de faire comprendre à Rome les choses telles ipi'elles sont. Nons n'avons dit que des chos(is vraies, au contraire de nos ennemis qni ont défigiu-é les faits pour voiler leurs fautes et faire croire à notre; culpabilité exflnsive. Nous voyons que les choses raisonnables que nous avons dites, ipie les considérations imi)ortantes (jne nous avons soumisi.'s, «jne les respectn(nises représentations (pie nons avons faites, sont allées se briser contre la prévention et le numvais vouloir 1 PréviMUis dès l'abord par des informations partiales et intéressées, et des accusations dans lesquelles l'étroi tesse des vues et l'incompétence per-
Quf'beo se promener avec son d.'savou (Je leur progranime catholique !
Ciiose remarifiiahlo ! Le Nouveau-Monde, qm e^l sous le contrôle imm"diat de l'Evr-^ue de Montri'al qui en est le fondateur et en est rest' le patron : la Journal de Truis-Iiiviires, qui est sous le contrùliMrami'iiiat de TEvèifue de Trois-tîivièi es ; V Ordre, qui rer-oit chaque matin son mot de passe d'un chanoine de rEvèclie ; et VUnwn des cantons de l'Est, dont la pliipart des articles de fonds sont écrits par des lirètrcî, insultent tous quatre, à mot très peu couverts, r.Vrclievè([ue de Québec et lui silient vertement, soit directement soit en se reproduisant les uns les autres. f[u"ds sont " seuls juges de ce qui peut convenir aux Electeurs pour les guider dans le choix des L.^gislateurs ; et qu'ils attendront que leur propre Evè(|ue les blâme avant d'admettre ip'ils se soient trompes.
Voilà comment les journaux ù bons principes, que Mgr. de Montréal comble de si grands éloges dans sa circulaire au clergé du 6 de ce mois, témoignent de leur respect envers le M.-tropolitain du pays
On l'informe sans faijon qu'il n'est qu'un Evèque iHranqer, et qu'on l'icoutera quand on le jugera à propos.
Voilà les hypocrites qui nous ont reproché de l'insoumission parceque nousnerelranclions pas d'une bibliothèque publiijue certains ouvrages de science, de droit, d'histoire profane ou sacri'e, et d'économie politique, sans lesquels pas une bibliothèque ne saurait mi-riter ce nom.
Et chose plus remarquable encore ; voilà la presse ultramontaine arrivi'6 à soutenir comme nous, aprcs nous avoir traité d'impies pn'cis''ment sur cette ([uestion, l'indépendance du catholi((ue dans le domaine temitorel.
Nous, libi'raux, nous disons : " Dans l'ordre
temporel, le catholii|ue est entièrement libre de ses d''lerminations et de ses actes. "
Et la presse ultramontaine d'ici dit de son cJt" aux Evèques : " Nous sommes juges de ce i|ui peut convenir aux électeurs "
A propos de iiuoi cette a.ssertion est-elle faite? A propos dune lettre de l'Archevêque, soutenue des lettres de deux autres Evt^ques. qui informe cette sainte presse que son pn tendu programme cal/iolique a ft- fait en dehors de toute participation de l'eplscopal, et qu'on le d' savont^. A ce drsaveu l'piscopal, que répond-on en fait? «Nous ne souiines pas dans « vos diooèsi's. Messeigneurs, veuillez donc « vous mêler do ceipii vous reganle jusqu'à ce « que notre propre '-vèque ait parli'. •
Et notez Innn i[ue pendant i|ue nous, libéraux, nous déclarons indi'pendants dans le domnlnt' leniporel, les saintes feuilles (|uej'ai nomm.es insultent un Anhevèque et deux l'vèques qui veulent les f^mpècher de mêler inej.tement la religion à la politii(ue! C'est-à-dire que ces saintes feuilles r clament leur indépendance même sur le terrain juge religieux par l'Archevêque et deux de ses sutfragants. Elles nous donnent oonc le magnifique exemple, chez des gens à bons principes. (îe r.'sisler à l'autorit ■ religieuse sur le terrain ifu'eliemême prononce ajipartenir à l'ordre religieux.
Tout Cl' que les saintes feuilles nous ont dit sur la soumission due aux ■ vaques : toutes leurs catholiques protestations et leurs pieuses remontrances à notre adresse, n'ont donc jamais I t ■ qu'hypocrisie, farce et di'ception ! Dès (fu'une d'cisiou .-iiiscopale ne leur convient ]ias, elles sa\ent donc s'en di'barrasser malgré leurs saijes conseils aux impies! Et cela, reinari[uez-le bien, quand ces d^'cisions touchent le ti'rrain religieux puisqu'il s'agit d'un prnciramme calholique !
Il est vrai qu'elles protestent lonjours miel-
soniiellc ôtiiienl si évidente qiio l'on était forcé de radmettré dans rintimité, les membres de la curie romaine ont cni favoriser les intérêts, ou plutôt i^randir le [irestijje de la hiérarchie ecclésiastique en coordonnant adroitement leur ai'tion de manière à ôtoutîer sans bruit la vraie ciuestion portée en a[)pel pour en créer une nouvelle (jui [termît de donner ostensibUMuent raison à l'Evèiiue.
Il peut y avoir eu là, sans doute un très habile fait de diplomatie, taclicjue dont Tusa^e est immémorial à la cour de Rome, mais j'ai le droit de dire à V. Eni. (pu* des honmies habitués aux affaires et à la procédure imi)artialede nos tribiuiaux laïcs espéraient voir des juges eci'lésiasli(iiies préférer la voix
leusement de li'urs sentiaients de soumission, ot c'est ici que la cliose prend une gravit'' toute spi'oialo. Que nous disent les saintes feuilles ?
iNous croyons quMl vaut mieux obéir à notre l'vèqui' i[u".'i !"' vèqup du diocèse voisin !• i Union drs ('unions de l'Est, reproduite par les autres avec api'robatiou).
Ah ! iT'ais il y aurait dune anla;;onisine entre lesévêques! lili ! bien, tout semble en eiret le faire croire.
L'archevêque et deux de ses sufTragants dcsivouent un programmo politique que l'on qu:ililie follem"nt de catlioliquc. Ils croient voir un danger dans ce m liuje non autoris'" des choses saintes et profanes. iJe suite la folle presse nltramontaine insulte ces evèques. leur signilie vertement (}u'e?! polilique elle est indépendante d'eux et qu'elle ne tiendra pas le moindre compte de l'ojiinion d'evèques l'iran- (lers ! ! Elle appelle son programme callioli<]UP, et elle dit aux evèques: ' Vuus n'avez rien ;i voir 1.1. vous autres.»
Quand avons-nous fait cela, nous? Nous avons «l'd'endu le domaine temporel contre rintervenlion indue du ja-ètre : nous avons protest" contre le prêtre imposant en chaire ou au confessionnal ses ojiinions politi((ues au citoyen: mais ifuand avons-nou'propose des programmes callwliques en disant aux evèques que cela ne les regardait ])a^'i Or voilà pn cis'nneiil ce que vient de faire la presse folle !
Mais ce n'est pas tout. Deux de nos f vè ques, ceux de Montrai et de Trois-Hivières, qui voient les journaux qu'ils coTilr'dent insulter leurs collègues dans l'episcopat. ferment les yeux sur ces insultes, et ne les font pas cesser ipiand ils le pourraient il'uamot! Api'rouventils donc la j)resse folle ? Con)ment croire qu'ils la désapprouvent quand leurs circulaires h leurs
sûre de la conscience à la voix rusée de la diplomatie. Ici nous avons été trompés ; et là oii nous pensions trouv(;r des juges, nous n'avons trouvé que des partisans qui ont accueilli avec faveur, et sans nous le commuui(|uer.
tout ce ({lie notre partie adverse leur à glissé en confidence dans l'oreille.
Je le ré[iéte donc pour la dernière fois. La question réelle entre nous et Mgr. de Montréal ne porte pas sur les livres obscènes ou iuunoraux piiisijtie nous n'en voulons pas, et nous le lui avons dit assez souvent. Pour Sa Grandeur, elle porte sur d'autres livres au.xquels nous ne pouvons ni ne voulons renoncer. A quel Evèqne est-il jamais veim à l'esprit d'(îxiger (ju'une bibliothèque soit purgée de légiste)»
clergés respectifs louent outre mesun' i ces jeunes hommes (jui mettent leurs connaissances au service de l'Eglise et s'exposent dan? ce but à des luttes souverainement pénibles ! > Quelles luttes pénibles? Evidemment leur lutte contre les autres evèques! Que peut-il y avoirde plus souverainement p-mible à ces jeunes champions de l'Eglise ([u'une lutte contre des Evèques?
Que l'on veuille bien relire la lettre circulaire de l'Evèque de Trois-Rivières, et l'on y trouvevera clairement l'indication et l'inspiration du profjramnœ ralfiolique auquel cette lettre seule a fait songer. De ce que Fintentiou a ete habilement d 'guise sous les gen^ralit -s ordinaires, pense-t-on qu'il n'existe personnne en Canada qui ])uisse découvrir la vraie signilication d'un document parcequ'il n'exprime pas explicitement tout ce (jue l'on a entendu y mettre ? Mais tout le monde a compris Mgr, de Trois-I{ivières, et quand le fameux proi/amme est sorti, il n'y a eu qu'une voix pour dire : «Ah ! voilà enfin le chat ifui sort de la poche. Il nous vient ton! droit de Trois-Hivières. >
Que l'on relise ensuite Li circulaire de Mgr' de Montrât, sortie ces jours derniers, [Minerve du 20 mai) e\ comment n'y pas voir toute la presse folle energiquenienl encouragée à ne pas teniicompte des lettres des trois autres Evèques? *
Quoi! c'est immdialement après que ceux-ci ont d-savoue la presse foUe que Mgr. de Montréal vient ])orler aux nues les journalistes à bon-i principes qui la rédigent! C'est immèdiaîement à la suite du désaveu du programme que Sa Grandeur le ri'cile tout au long avec f./rce éloges dans sa circulaire et invite ses auteurs à i)ers'verer dans une lutte que le Pajie approuve! Voilà donc un de nos Evèques q-'.i signitiie à son nudropolitain et à deux de ses collègues qu'ils ne veulent pas de ce que le ape \ eut !
rommo Dumoulin (MolyiuiMis) on Po-j tiiior ; Boccaria on Filanj^Mcri ; Ciro-! tins ou Monlesiinicn, Benlliani on!
Benjamin Constant ; d'historiinis comme de Thon on Sismoudi, Hallam on Thierry, Micheh't on Llorente ; on d(?
moralistes comme Montaigne, Pascal (»n Arnauld; ou de philosophes comme Malehranche on Descartes. Cousin on .Iules Simon ; ou d'économistes politi- ([nes confine Smilli, Say, Co(ineiin on Basliat? Notre loi local(M,\\i,ii:e ([ne les élèves en droit étudient Pothier, et h; Pa\M.' le défend. Les élèves vont-ils renoncer à se faire admettre à la profession plnlot (|ne de lire les considérations sur le mariage de ce premifn- des légistes ? Pouvons nous le retrancher
do noire hihliollièqne où les étudiants ont besf)in de le trouver? En vérité, il ne faut pas exiger pareilles absurdités d'honnnes inl(dligents !
Allons-nous mettre de côté nombre d'ouvrages de médecine, de chimi(3 organi((ne, de géologie et de science positive; parceqne V Index s'est autrefois imaginé, il y a de cela j)lusieurs siècles, ([ne le grand livre de la nature, (jui est bien certain<'meni le livre de Dieu, allait détruire la Bible ? S'il contredit les fausses notions (jue l'on s'é tait formées sur celle-ci avant les découvertes de la science moderne ; s'il détruit les interprétations erronées qui en ont été faites siu- des points de science physi(|ue, à qui la faute ?
Eh bien oui, iantagunisine entre les Ev.''iiues (•«t devenu un fait accompli et c'est la presse folle qui a produit ce résultat.
Nous voilà arriv.-s pr i-isiment au point que] j'ai pri'dit tant de fois : qu'il arriverait un temps, si le rlergi^ persistait à se mêler activement de politique pour la diriger, où l'on verrait .cur.' contre cur' et Evrque contre Evoque. »
Quelles injures ne m'a pas address'es la presse folle quand j'ai pr 'dit cela':* Quels reproches d'hostiliti' à la religion, de tendance a l'impii't' ! Et voilà qu'en moins de six ans ma prédiction se r.alise,et que les Evr'(jues euxmêmes ne s'entendent plus! Trois Evèi[ues d'un C(jt'> invoquent le ([uatrième concile de Qu- bec, et deux Evèipiesde l'autre l'invoquent en sens contraire, non pas sans doute par des paroles directes et claire?, mais par des actes qui valent bien mieux que des paroles pour |irouver leur vraie pensée !
Eh! bien, que vont faire maintenant les caiholiijues sincères ? — que je distingue des journalistes hypocrites, et qui me font fort l'eflet de l'être tous puisque dans les deux camps on ne voit ({ue de l'hypocrisie chez l'adversaire qui pr. tend seul défendre les vrais bons prùicipes, — Comment les catholiques vont-ils di'cider , entre un Archevêque vraiment sage et les deux Evéques qui se sont ralliis à lui, et deux autres Evêques qui n'ont pas encore compris où la ]jresse folle les avait amem's?
C'est à l'Archevêque de Qu'bec ([ue s'adressait le fameux mot du Nouveau-.Vonde : «Quand i).\ s'kst di:faiï de l'esi^rit romain '!• L'Evéque de Montréal a t-il oblige' le Nouveau-Monde a faire une excuse ? Non certes! Le mot u été tacitement approuve puisqu'on a laisse' le Nouveau-Monde continuer de tldier l'Arciievèqne à pro]ios du programme.
Eh I bien, sait-on ce ([ue ce mot indique? Il indique une lutte acharnée, à Rome, pour faire
condamner l'Archevêiiue, lutte qui, si elle n'est pas commenc -e, va commencer bientôt, je le prédis sans crainte. Et je serai bien surpris si l'Archevêque : qui a montre tant de sagesse depuis son intronisation, sort victorieux du faisceau d'intrigues qui se nouent aujourd'hui contre lui.
Ce n'est pas sans but que l'on a taxé l'universit" Laval de gallicanisme. N'ayant pas r ussi à en fonder une à Montréal, on s'est pieusement mis à d' crier l'autre, afin d'établir le besoin d'un rtablissement i où l'on ne se soit pas défait de l'esprit romain.»
Et puis, l'Archevêque ne voulant pas du programme (dairement suggrre par l'evêque de Trois-Rivières et explicitement prône par révoque de Montri'al dans sa circulaire, on va bientùt faire partir pour Rome des lettres où l'on montrera que le programme ne respire que l'esprit romain, dont l'archevêque s'est di'faii suivant le Nouveau- Monde, et l'on verra peut-être même l'i'vêque de Montréal reprendre le chemin de Rome pour cr er ce nouvel embarras d'une accusation grave à un homme qui ne peut pas le maintenir dans toutes ses prétentions contre le S^'ininaire.
Voilà les graves choses qui se passent derrière le rideau depuis quelques jours !
Les misères que l'on suscite aujourd'hui à l'Archevêque de Québec sont un fait regrettable, car il vient de faire un acte de justice que l'on a en vain reclame depuis dix ans des autres Evêques du pays : infliger un blâme sévère à un cup' qui a fait un sermon politique honteux avec attaque directe contre les personnes en pleine chaire.
Ce curi' a formellement reeu instruction de n'y pas revenir. Que n'en a-t-on fait autant en 18G7 où de si terribles scandales ont eu lieu, y compris un appel à Satan, en pleine église, de venir y chercher les rouges que l'on y voyait tranquillement occupi'S à prier Dieu.
Et quand nous voyons un livre aussi irn-prochahlt' (jue le Voyap:e pu Orient, de Lamartine, mis à Viiidcx, allons-nous le porter à l'Ordinaire pour (ju'il le brûle ; et* (jne les règles de lindcx exigent ?
Quel ne serait pas le rire universel, en Franee ou ailleurs, si ifuelqu'nn y venait proi)oser .irravement de purger toutes les bibliothètjues, puhli(iui's iW- /oitf, des livres ((ue je viens de citer? Où en. serait l'intelligence pnbli(jue s'il fallait retomber sur de Maislre et les falsificateurs de cette trenip(> pour connaître la vérité historiciue? Où en serions-nous s'il fallait aiiiircndre l'histoire dans le père d'Orléans, ou dans les Maimltourg, les Bonhours.les Gabourd, les Henrion et les Lorbjuet ?
Nous avons repi'ésenté toutes ces choses avec le calme voulu, mais nous avons vu que nous étions condamnés avant d'avoir parlé. L'Evèché voulant absolument détruire l'Institut — un de ses membres me l'a écrit à moimôme — nous avons eu beau dire des choses sensées, présenter les plus graves considérations; remontrer par exemple que si les catholi(jues en sortaient, l'Institut ne serait pas détruit poin- cela, et que notre bibliothèque, fruit de 25 années de sacrifices, et toute notre propriété immobilière, valant près de S3U,- 000, allaient passer à une petite minorité de membres prott'stants qui formeraient encore nnstilui après que nous en serions sortis, tout a été inutile, car, s'étant flattés de l'espoir de nous écraser, l'on était déterminé à ne rien entendre.
Espérant que le préjugé aveugle n'aurait probablement pas pu prendre racine à Rome au même degré qu'ici, nous y sommes allés, et nous n'y avons trouvé qu'un vrai déni de justice habilement déguisé dans un prétendu ju-
g(>menl qui n'a rien réglé, et où nous ne pouvons voir qu'une iniiiuité de fon.l et de forme iniisiiu'ou ne l'a rendu que sur des entretiens confidejilu'ls avec rEvê(iue et sur ses dénonciations secrèles, le tout voilé sous luie procédure secri'le !
Et toute cette déjjlorable farce dp prétendu examen d'une question que l'on élimine adroitement du prétendu jugement rendu, se termine par uiip gronderie à mon adresse parce que nom ne nous soinnetlons pas à une décision que nous uticndons toujours ! I !
Et c'est un Cardinal de la réputation de V. Em. (jui agit avec cette ninlurilr d'étude d'une (jnestion ! !
Eh 1 l»ien. décidément, en voilà assez !
Nous connaissons maintenant la justice romaine !
Nous connaissons s(>s tactiques, sa procédure, ses habitudes souterraines, ses moyens secrets, et nous voyons ce dont elle est capable en fait de partialité et d'arbitraire 1 La leçon que nous avons reçue nous profitera, et à d'autres aussi ! Quand nous aui'ons besoin de justice, dorénavant, nous saurons par nous-mèm(>s où il ne faut pas aller 1
Il ne nous reste donc qu'à attendre de meilleurs jours; et à espérer que les graves événements, que les terribles effrondements des six derniers mois, feront enfin comprendre à la curie romaine que là où elle s'obstine avec tant de parti pris à ne voir que la malice des hommes, il est peut-être bien plus juste et plus vrai de ne voir que la justice de Dieu !
J'ai l'honneur d'être, de Votre Eminence, le très humble et
très obéissant serviteur,