‹ Dernière correspondance entre S.E. le cardinal Barnabo et l'Hon. M. Dessaulles [microforme]Chapitre 2 sur 9 · livre notr · texte numérisé non relu

livre notr

e de la rouloir l'index.

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en punissant, par exemple, an ecclésiastique pour uu crime qu'il aurait comrais. Trop peu de personnes ici réfléchissent sur ces conséquences, et sur la vraie portée des prétentions ultràämontaines.

On cach+, aux yeux des gens peu intruits, Ces prétentions inadmissibles sous l'idée généralisée des éromunités veclésiastiques. Ce mot en lui mème parait très inoffensif à ceux qui n'ont pas étudié l'histoire des prétentions ultramontaines sur la suprématie absolue en tout et partout du pouvoir eccelésiastique, Mais ceux qui ont suivi à travers les siècles Les résultats de ce qu'on appelle tout iunocement en apparence linonunilé ecclésiastique, savent que Ge mot ne signifie praltiquement que la juridiction immédiate du prêtre sur les sociétés, les gouvernements, les institutions, les lois etimème les tribunanx civiis,et son en tière indépendance, même daus les cas de crimes, de la société civile. C’est-àdire que dans ce beau système, tout relève du prêtre qui, lui, ne relève de personne.

Eh bien, pour en revenir à mon sujet, le refus d'indiquer les livres que l’on représentait comme un poison était, de la part d’un Evêque, bien autrement grave comme violalion de devoir que le simple fait de leur possession par des laïcs. N'ayant pas de liste de l'index, nous ne pou:

vions pas, même avec toute la bonne volonté possible, connaître tous les livres à l’indez que pouvait contenir notre bibliothèque; d'autant plus qw’il était difficile de soupçouner que l’on eût pu mettre à l'index des auteurs comme Porier où Durix,ou des ouvrages comme les « Provinciales »

et la «Voyage en Orient.»

Le refus de l’Evêque de nous indiquer ces livres nous mettait donc tout simplement en règle au point

de vue du for intérieur. IL n’y avait

dès lors plus de culpabilité pour les catholiqu2s de l’Institut à laisser la bibliothèque telle qu'elle était jusqu’à ce que l’autorité diocésaine comprit enfin son devoir. La passion avec la-

l'Evèque de voir une chose aussi évidente, mais les théologiens quiexamineut rette question sur son propre mérite et sans acception de personnes, c’est-à-dire sans s'occuper de la situation compromettante où s'est placé l'Evèque non plusque de la tac- ‘ique hostile ordonnée à l'égard de l'Institut;cesthéologiens, dis-je, admettent que le refus d'indiquer les livres à l'index mettait l'Evèque dans son tort.

Mais pourquoi l'autorité diocésaine refusait-elle de remplir son devoir sur ce point ? Je vais vous en dire la vraie raison,car toutes celles que l’on a données n'étaient pas sérieuses ; n’étaïent vraiment que des feintes pour produire un effet sur la masse.

«L'Institut, a-ton dit, n'ayant pas voulu s'engager à retrancher tous les livres à l'index, pourquoi les auraiton indiqués ?

Voilà précisément ce qui ne peut s'appeler qu'un prétexte, et jamaisune raison acceptable à un homme senss.

Car enfin l’'Evêque se dit mu par le seul intérêt spirituel de ses ouailles.

Or quand quelques-unes d’entre elles allaient, ou lui faisaient demander :

«Monseigneur, vous nous dites qu’il y a dans notre bibliothèque des livres qu'un cathoïique ne peut lire ; voulez vous bien indiquer ces livres pour que nous les connaissions ;» l’'Evêque était-il justifiable de refuser cette indication sous le prétexte que quelques membres de l'Institut les liraient encore malgré l'index? Etait-il juste, était-il bien pastoral de dire : « Parceque quelques uns d’entre vous ne craindront peut-être pas ce poison, je ne l’indiquerai pas à ceux qui le veu-.

lent l’éviter ? Parcequ'il y à des noncatholiques dans l’Institut qui n’admettent pas l'index,—qui n’a jamaisété, jusqu’à ces derniers temps, admis en France mème où pourtant l’on était catholique— je n'indiquerai pas le danger aux catholiques!!»

Ah! vraiment, il y a beaucoup trop d'humanité là dedans ! Et j'ose me permettre d'appeler cela : mettre son petit moi à la place de son devoir.

Nous avons offert tout ce que nous

quelle on nous a traités empêchait|pouvions faire sans violer le droit des

Us

non-catholiques de l'Institut: séquestrer les livres à l’indez comme indication aux catholiques qu'ils ne pouvatent les lire sans permission. Coin-| ment pouvions-nous priver entière-| ment tous les membres de l'Institutde | ce qui etait propriété conoëinte etindivise? Comment pouvions-nons raisonna blement ôter aux membres protestants par exemple, un livre écrit au point de vue protestant, comme Hume, ou

Hallaim, ou l’histoire des protestants

proximité des. catholiques sans exposer leur conscience. Mais ne l’exposait-il pas au mo'ns autant en refusant de l'indiquer ? D'ailleurs, en me rendant le catalogue, Sa Grandeur elle-même m'avait rappelé ce que les catholiques avaient à faire. «Ils peuvent toujours, m'a-t-elle dit, s’addresser à leur confesseur pour connaître ces livres.»

Puisque le remède est si simple, pourquoi donc cette grande guerre de

de France ? Quand des gens en auto-| douze ans de durée ? Nos livres n'e. ritéagissent, il faudraitau moinsqu'ils|taient douc pas la seule raison de la comprisseit la portée légale des actes |guerre ?

qu'ils veulent imposer. Et ici l'Evè-| Kst-ce qu la séquestration que que ne voyait pas une chose pourtant |nous offrions n'aurait pas aidé les cabien simple : que nous ne pouvions|tholiques à connaître les livres qu’ils pas priver de sa propriété un membrel|ne doivent pas lire sans consulter qui voulait la conserver et à qui elle|le confesseur? Vous voyez bien qu'il pouvait être necessaire pour ses étu-|n’y avait rien autre chose chez l'Evè des. Nous n'avons pas, Éomme l’auto-|que que le parti-pris de ne rien entenrité ecclésiastique, l'habitude de l'ar |dre. «Je l:veux,cédez » Eh bien,à mon bitraire et de la violation des droits! humble avis, les hommes sages et d'autrui sur les moindres prétextes.| éclairés ne parlent pas ainsi!

On nous dira peut-être que celal Il a aussi donné pour prétexte que montrs que nous ne devrions pas|c’étaient des individus, et non le corps, avoir de protestants dans l’Institut. qui demandaient l'indication des li- Alors que l’on excommunie donc les|vres à l'index. Voilà encore ce qui membres l’Institut de France et de|prouve plus que tout le reste le mantoutes Les sociétés littéraires du mon |que de sincérité. Ce sont les individe qui ont des protestants ou des juifs|dus, et non le corps, qui lisent, et comme membres! Tant qu’on ne l’au-|qui pèchent, s’il y a vraiment péché à ra pas fait,tout ce que l’on nous fait su-| lire Pothier,ou Lamartine, ou Pascal, bir d’arrogance dans les prétentions|ou la déclaration du Clergé de Franet d'injustice dans les jugements ne|ce de 1682! Mais comme il faut en montre que l’étroitesse d'esprit definir une bonne fois avec ces mes-

ceux qui veulent faire des lois pour nous seuls en se couvrant dn grand nom de l'Eglise.

Ce que nous offrions était donc tout ce qu’un homme qui aurait voulu la paix et non la guerre pouvait raisonnablement demander. Bien des Evè-

quines défaites et ces raisons saugrenues, je vais poser la question suivante à nos ennemis :

L'Archêque de Paris, l’Archevèque

[de Vienne, ou l'Evêque de Bruxelles,

refuseratent-ils à un ou plusieurs membres des sociétés savantes ou lit-

ques, dans le monde, n’en demandent

téraires qui se trouvent dans ces vil-

pas même autant. Mais on avait for-|les, de leur indiquer les livres à l'index mé le projet de forcer l'association à |de leurs bibliothèques sous le prétexte se débander ; on se croyait assez fort|que ce ne sont pas les corps qui en pour l’écraser si elle s'y refusait, et| font la demande ? Diraient-ils à un cal’on mettait, comme d'habitude, l’om-|tholique qui demanderait l'indication

niâtreté à la place de la raison.

Je sais bien que ceux qui cherchent arordreà excuser cequ'ilssavent bien être inexcusable, vont dire que l’Evéque ne pouvait pas laisser le poison à

du poison : «Je ne vous le montrerai que si le corps lui-même me fait faire officiellement cette demande ? »

Allons donc! Il faut mettre un peu ide raison et de sens commun dans

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ces choses ! Le fait est qu'il reste bien peu de pays dans le monde cathohque où l’on ait rendu l'opinion assez esclave pour faire accepter comme chose voulue par la religion la déraison que l'on montre ici sur la composition de nôtre bibliothèque.

Quelle était donc la vraie ra son du refus d'indiquer les livres ? La voici, et soyez sûrs qu'il n’y en avait vraiment pas d'autre : ON N'OSAIT PAS NOUS DIKE: «Retranchez Dumoulin, retranchez Pothier,retranchez Montesquieu, retranchez de Thou, retranchez Sismondy,retranchez Lamartine, retranchez les économistes, retranchez les

et conime l'on pratique le devoir dans certains Evèchés !

— Je vous excommunie, disait Sa |Grandeur, parce qu'il y à du poison dans cette bibliothèque !

— Alors, Mouseigneur, voulez-vous bien montrer où est ce poison ?

— Non certes, je ne vous le mon trerai pas. Mais rappelez-vous toujours que si vous ne l’ôtez pas je n’en maintiens pas moins mes censures |

Et voilà ce que l’o 1 habitue notre populat'on à regarder comme de la conscience !!

Nous avons donc interjetté appel à Rome. Une requête en date du 16

plus grands géologues de l’époque ! On | Octobre 1865 fut adressée au Pape,

comprenait que le rire, mème des catholiques, eût été irop grand. Ou a donc préféré rester dans les généralités, qui ouvrent moins les yeux de la masse que les particularités, où l’esprit qui anime perce trop. N'osant pas dire franc et net ce que l’on voulait, on s’accrochait au premier prétexte venu pour mieux voiler le vrai but où l’on tendait, mais que l’on ne voulait pas explicitement déclarer.

Et ce qui me parait mettre hors de doute la rectitude de mon joint de vue, c'est l’absence de toute décision sur cette question des livres dans le décret de l’Inquisilion de Juillet 69.

On n’a pas non plus osé dire, dans ce décret, comme vous le verrez plus loin, qu’un catholique ne pouvait pas être membre d’une association publique incorporée qui possède des livres à l'index. Comment l’eût-on fait pour nous quand on le permet partout ?

Voilà pourquoi l’on a habilement, si non tres loyalement, tourné la diff.

culté, n’en disant pas le plus petit mot dans le décret, et soulevant une nouvelle question sans nous le dire, ce qui facilitait singulièrement la condamnation puisqu'on nousenlevait toute possibilité de nous défendre!

Les censures furent donc mainteuues contre les catholiques de l’Institut parce que le corps ne retranchait pas des livres que l’on refusait péremptoirement d'indiquer! :

Voilà comme l’on entend la justice

signée par dix-sept membres de l'Institut, parmi lesquels se trouvait notre regretté confrère Guibord, qui témoiguait bien par cette démarche de ses sentiments catholiques, ce qui , ’a pas empè hé qu’on a défendu à sa dépouille mortelle l’entrée d’un cimetière non béni ! ! ! acte que j'invite nos adversaires à concilier avec le plus simple bon sens.

Notre requête était accompagnée d'un mémoire au Cardinal Barnabo, préfet de la Propagande, exposant

notre point de vue de Îla difficulté.

Plusieurs mois s’écoulent, et pas mème d’accusé de réception quoique je l’eusse formellement demandé dans mon mémoire. J'écris enfin pour savoir si l’on a reçu les papiers. Ma lettre était datée du 15 Juin 66, 8 mois après l'envoi de nos papiers. Alors on se réveille enfin et le Cardinal

|Barnabo me répond la lettre que

voici, traduite de l’ilalien .

Très illustre Monsieur, (1) J'ai reçu depuis quelque temps

(1) Ceci ne cadre pas exactement avec la dernière lettre de Son Eminence, où je ne suis plus que ‘ le susdit Dessaulles,”’ chose qui m'est fort indifférente au fond ; mais cette apostrophe seule montre combien l’on a, à Rome, la marotte des titres puisque l’on me faisait ainsi la même apostrophe qu'aux Evèques, que l’on aime tant aujourd'hui à appeler: ‘les Princes de l'Eglise.” Il y aurait presque eu, dans cette splendide apostrophe, de quoi me rengorger, si je m'occupais le moins du monde d’un titre,

TR

la pétition envoyée en votre nom et|réception des papiers, ct près de trois au nom des paroissiens catholiques !ans après leur envoi, je reçus de Mgr. membres de l’Institut-Canadien, au |d’Anthédon, maintenant Evèque de sujet de quelques difficultés avec Mgr.|Trois-Bivières, une lettre dans lade Montréal, et aussi tous les papiers quelle il m'invitait, en ma qualité de qui regardent cette affaire ; comme) Président de l'institut (Je ne l'étais aussi une réclamation faite par vous plus depuis deux ans } à le rencontrer personnellement contre un jugement|avec les principaux membres de la porté par ce Prélat sur un écrit de société, et ce au nom de tout l'Institut,

vous relatif aux difficultés du susdit Institut.

Appréciant comme je le fais d'un côté les bounes dispositions montrées

par vous et les autres requérants, et.

reconnaissant d'autre part les qualités du zélé pasteur, je m'étais flatté que les faits une fois éclaircis, toutes la difficulté aurait été arrangée de manière à ce qu'il ne restât aucune raison de plainte.

Voyant donc, par votre lettre en date du 15 Juin, que l'on n'est point parvenu au résultat désiré, j'ai écrit à Mgr. l'Evêque pour lFinviter à me faire connaitre ses raisons sur la double question.

J'attends donc la réponse de ce srélat, après laquelle je m'empresserai de vous répondre à la question.

En attendant, je vous souhaite de la part de Dieu toutes sortes de biens.

De votre Seigneurie,

Le très dévoué.

Ar. Barxauo. Préfet.

Rome, à la Propagande.

le 24 Juillet 1866.

Je reçus cette lettre le 16 Août, dix mois jour pour jour après l'envoi de nos papiers. Donc dix mois de perdus sur cette singulière supposition de Son Eminence qu'après notre ap-

pel, tout aurait peut-être pu s'arran-|

cer ici, quand nous n'avions évidemment fait cet appel que parce que nous n'avions pas pu ohtenird’arrangement!

A-t on demandé des explications à

Mgr. de Montréal, je n'en sais obsolu-| ment rien, mais Ce que je sais, c'est que la réponse promise par le Cardi-

nal n’est jamais venue.

Mais le 2 Mai 1868, c'est-à-dire

vingt-un mois après l'accusation de!

chez Mgr. de Montréal, le 22 Mai sui- |vant. Sa Grandeur me disait qu'elte était chargée par Sa Sainteté d'entendre les raisons de part et d'autre, mais Elle disait aussi que nous avions porté notre plainte à Roime au nom dr tout llastitut, fait inexact et sur le-

pée par Les instructions qu'elle avait reçues.

Je répondis donc de suite à Mgr.

jd’'Anthédon que les membres qui avaient porté plainte le rencontre-

raient volontiers au jour fi" mais en leur capacité privée, et on jas au nom de l'Inslitut,vu que: us :: avions | pas qualité pour cela, etque institut était resté, comme corps, :mplète-

ment en dehors de l'acte de uelques juns de ses membres.

| Sa Grandeur me répondit ignmédiatement que comme la commission qui lui avait été envoyée de Rome parlait d'une plainte portée au nom de tout linstilu!, et le chargeait de s’aboucher avec nous comme représentant l'Institut et agissant en son nom, et de régler une affaire relative à l'Institut |COinme corps el non point & quelques uns des ses membres individuellement ; il ne | pouvait procéder plus loin, et allait demander à Rome de nouvelles instructions.

Ainsi donc, après trente deux mois d'attente, nous découvrions tout à Coup que nos juges eux-mêmes avaient organisé un petit plan qu'il me faut bien appeler un peu gauche pour changer la question de personne, et de terrain, et subtituer le corps aux individus. Si l’on a cru que nous nous laisserions prendre à une aussi grosse ruse.il faut réellement que l’on ait cru avoir affaire à des gens jbien naïfs.

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la Propagande à essayer de mettre le | corps en cause au lieu et place des appelants en leur capacité privée, car il était aussi explicitementexpliqué que possible, dans mon mémoire, que c’étaient les catholiques de l'Institut qui agissaient et nullement le corps, qui était resté complètement étranger à leur acte.

Et remarquez que cela était admis à Rome mème, comme le prouve la lettre du Cardinal Barnabo que je viens de vous lire. Li accuse réception de la pétition envoyée en mon nom et au nom des paroïssiens catholiques membres de l'Institut-Canadien! Voilà donc l'admission formelle que ce n'était pas le corps auquel on avait affaire, mais seulement ses membres catholiques.

Et malgré nos explications, malgré cette admission du Cardinal, où ose affirmer à Mgr. d’'Anthédon que la plainte avait été portée au nom de tout l'Institut! et qu'ilauraïît à régler une affaire relative à l’Insticut comme corps el non point à quelques uns de ses membres individuellement !

Voyons! Etait-il possible de repréter faussement les faits avec plus de préméditation? Et l’on ne trompait pas que uous : On trompait aussi le commissaire mème que l'on choisissait !

On défigurait l'affaire qu’on lui donnait mission d'arranger! Comment s'étonner que l’on ait fait de la diplomatie à notre égard au lieu de rendre justice, quand ou manquait si clairement à la véracité vis-à-vis même de l'Evêque auquel on envoyait une délégation de pouvoir?

Ce fait seul donne la clé de tout ce qui a suivi! Ce fait seul montre à quelles déloyales manœuvres on est descendu pour éviter de rendre justice. Qu'il s'agisse tant qu'on voudra de Cardinaux et d'Evèques, ils devaient au moins dire la vérité; et la lettre que Mgr. d'Anthédon m’a écrite prouve qu'on le trompait lui-même !

On lui ordonuait d'agir sur une base que l’on savait étre fausse ; la préten-

ue plainte de l'Institut et non de ses membres catholiques! Est-ce ainsi

que l'on prouve son désir de rendre honnêtement justice ?

J'écrivis donc de suite au Cardinal Barnabo pour lui expliquer l'étrange procédé qui avait eu lieu à notre égard, et je lui rappelai qu'il avait luimême admis avoir reçu la requète des paroissiens catholiques membres de l'Instivut, et non pas celle de l'Eustitut ; et qu'il avait donc constaté lui-même la nature purement individuelle de la plainte. Ma lettre était datée du 27 Mai 1568.

On ne me fit naturellement pas de réponse. Qu'’aurait pu dire son Eminence ! Les faits étaient là ; nos explications aussi ; sa propre admission aussi! On avait essayé de nous surprendre et l’on n'avait pas réussi ! Il y avait pourtant deux ans déjà que son Eminence m'avait promis une réponse directe dès qu'elle aurait :eçu les explications de Mgr. de Montréal !

Ces explications auraient-eiles été insuffisantes pour nous faire condamner? Ilest permis de le croire vu l'absence complète de décison, dans le décret de l’Inquisition, sur la question soumise à Rome. Comment donner raison à l’Evêque de Montréal sur cette question &uand nulle part on n’inquiète ies membres catholiques d’un corps public qui possède des livres à l'index ?

M is on ne voulait pas non plus nous donner raison, quels que pussent être les torts ou l’erreur de l'Evêque.

Même s’il avait tort, il fallait Le sauver devant l'opinion. On a donc adop té la prévoyante tactique développée dans une fable bien connue du bon Lafontaine : «Avant un an, le Roi, l'âne ou moi nous mourrons ; » c'est-àdire: «Laissons faire, et il surgira peut-être quelque chose qui nous tirera d'embarras.

Nous avions porté notre appel en 1865. Trois ans après on n’avait encore rien fait, à part cette tentative, qui n'avait chance de réussir qu'avec des enfants, de compromettre le corps en faisant agir les appelants au nom du corps. N'ayant pas réussi, on décida

de dormir et de laisser dormir la!peut avoir également raison sur deux question aussi. aits contradictoires. Quand l’on n'in- Vint le 17 Décembre 1868, jour delquiète pas les catholiques membres notre anniversaire de fondation. Il|d’autres sociétés, qu'on nous laisse devenait assez clair, puisque trois ans |donc tranquilles. Et si l’on ne nous s'étaient écoulés depuis l'appel, qu'on |laisse pas tranquilles, que l'on inne s’en occupait guère. On avait eu|quiète donc les autres! Et quand on le temps, en trois ans, de rendre justi-|s’obstine a n'inquiéter que nous seuls, ce. Loin de là on avait eu recours à nous avons le droit de dire qu’il n’y l'incroyable manœuvre de tromper|a là ni justice, ni honaèteté, ni cousun de nos évéques sur la vraie signi-|[cience. Cela est dur peut-être, mais fication de cet appel. Cela ne montrait |voyez donc ce fait-ci. guères le fait de haute conscience| Un catholique de l'Institut s'adresse dont on nous parle tant. Je crus donc|à l'Evêque pour demander qu'on lui devoir répondre, ce jour là, aux atta-| permette l'approche des sacrements. ques furieuses de cette sainte presse |[l établit qu'il est l’un des appelants qui, d’après la Minerv. du 11, est ocru-|au Pape. L'Evéque Ini fait répondre pée à nous montrer «les inimitables |qu'il est un rebelle à l'Eglise et qu'il vertus du journalisme religieux,» et|ne peut lui permettre d’approrher des je fis cette lecture dans laquelle des |sacrements ! Cette réponse existe en prêtres instruits d'ici et des Etats-|la possession de ce membre. Unis n'ont rien trouvé de réprouvable, | Eh bien, voilà encore du nouvean mais que l'on à réprouvée à Rome par-|e religion et en simple bon-sens. ceque l’on ne savait absolument plus L'appel à Rome, une preuve de rébel. comme sortir à l'honneur de l'Evé-|,;,, l'Eglise! Et c’est un Evêque qui que de la question des livres. Com-|äit cela ! ’ ment encore une fois nous condamner Que là dessus quand on ne condamne ni l’Institut de France ni cent autres s0ciétés scientifiques ou littéraires qui se fout honneur de bibliothèques

Comment veut-on que des gens sensés croieut en son esprit de justice, et j'oserai même dire en son jugement ?

Comment l’appel au conseil privé, par

, * ‘ ? ? À bien autrement garnies que la nôtre de exemple, prouve-til y et l'on veut ré. libtas- À aan ? sister au pouvoir civil ?

Personne n'a encore osé aborder| Soyez sûr, Messieurs, que tout cela cette contradiction. Personne n’a en-|est trop illogique et trop absurde core osé expliquer pourquoi l'on peut|pour durer longtemps, et il ne s'é ainsi sévir contre nous quand on ne[Coulera pas bien des années avant le fait nulle part ailleurs pour les|{u'on ne vienne nous dire avec toute inêmes raisons ; quand on ne le fait|la bonhomie que l’on sait mettre dans pas méme ici pour les mêmes raisons! [Ces Choses : « Ah! c'était un bien ex- On cherche à détourner les jeunes |Cellent homme que Mgr. de Montréal, gens des cours donnés à l’Insutut.[Mais il avait ses petits préjugés. Cherche-t-on à les détourner des!Allons! oublions tout cela et redeve

cours du Collége MeGill qui possède [nons bons amis ! » Mais tout sera tou-

une bibliothèque où il y a plus de jours adroitement arrangé de manière !

livres à l'index que dans la nôtre ? On|à éviter d'avouer qu'un Evèque se ne met donc de sincérité nulle part|s0it trompé. L’humilité ecclésiastiavec nous! Tout ce que l’on fait est|[que ne va jamais jusque-là !

donc entaché de partialité nécessaire-| Mgr. de Montréal, qui n'avait pas ment inspirée par le préjugé opiniâ-|pu, avec ses +xplications, nous faire tre, ou la détermination formelle de condamner sur la question des livres,

ne pas avouer que l’on se trompe.|qui n’est pas encore décidée à l’heure |

Car enfin ou l’on se trompe avec|qu'il est, partit pour Rome dans

nous, ou l’on se trompe avec les au-|l'hiver de 1869. De nombreuses af- |

tres que l’on n’inquiète pas. On nelfaires litigieuses l’appelaient à Rome

remit terri les ; :

du lil tète infect pestile nonc secrèl jamai aux il disco:

me cC cieux Su trouv au cl l’on 1 quer raittr tude d Gran bres enseis expril Voi l’on :

« 1868 «“ Com «que « tes « Cons « était «et te « tutic « prés « fait

ur deux onn'inembres s laisse 1e nous ’on inand on 1s seuls, uw'il n’y hi COlNSre, mais

’adresse u’on lui ‘ements.

ppelants épondre et qu'il her des xiste en

nouvear bon-sens.

de vrébelêque qui

gens senustice, et sement ?

privé, par

veut ré-

tout cela absurde

l ne s'é Les avant vec toute ttre dans bien ex- Montréal, préjugés.

et redeve sera toue manière vêque se cclésiasti-

’avait pas ous faire des livres, > à l'heure ome dans

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