‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 59 sur 133 · LES BÉNÉDICTIONS · texte numérisé non relu

LES BÉNÉDICTIONS

Aik • Echo de-" boi>.

CerUiins niorlels ont le don de répandre Bonheur et joie où se portent leni-s pas.

Au temps passé l’on ne s’y trompait pas,

Témoin ces mois qu’enfant j’ai pu comprendre . O bon vieillard, chez nous daignez venir; i Bi'mi de Dieu, venez tous nous liénir. (

Or ce vieillard .sortait-il de son chaume,

Le rencontrer était présage heureux.

« Oui, répétaient les villageois entre eux.

Il suttlrait à bénir un royaume.

O b<iii vieillard, chez nous daignez venir ;

Béni de Dieu, venez tous nous Ixhiii’. »

On 1 invoquait à chaque catastrophe,

.\ux cœurs en peine il semblait un sauveur.

.Maint hobereau le traitait de rêveur.

Et le curé l’appelait philosophe.

O bon vieillard, chez nous daignez venir;

Béni de Dieu, venez tous nous bénir.

Chacun de lui nous coûtait des merveilles, Disant : « 11 sait légendes et chansons.

Courez, enfants, à ses douces leçons.

Comme à sa voix reviennent les alieilles.

DERMKRES CHANSONS

O bon Tieillard, chez nous daignez venir;

Béni de Dieu, venez tous nous bénir. »

« Il a passé tout près de ces charmilles.

Disait la mère; aussi, combien de fleurs !

C'est grâce à lui que de riclies coideurs Va s'émailler le corset de nos filles.

O iMin vieillard, chez nous dai^.;nez venir;

Béni de Dieu, venez tous nous bénir. »

Quand le ciel brûle, aux travailleui-s en nage Court-il aider ; glaneuse et moissonneur De dire alors ; • Il nous vient du bonheur :

Sur le soleil Dieu déploie un nuage.

O bon vieillard chez nous daignez venir ;

Béni de Dieu, venez tous nous bénir. >

D’un si doux charme il ignorait les causes.

Sans croire en soi, l’homme que Dieu bénit Basse, et l’oiselle est tranquille en son nid ; Passe, et vers lui monte l'encens des roses 0 Iwn vieillard, chez nous daignez venir;

Béni de Dieu, venez tous nous bénir.

Nous n’avons plus cette foi qu’on envie.

Qu’importe, enfants. Survient-il un vieillard, S’il vous sourit, s'il vous suit du regard.

Inclinez-vous : il bénit votre vie.

O bon vieillard, chez nous daignez venir ;

Béni de Dieu, venez tous nous bénir.

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