‹ Dernières chansons de Béranger de 1834 à 1851Chapitre 12 sur 94 · I.' ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

I.' ÉGYPTIENNE

Son; dans Moscou fut mon berceau.

La source à Memphis couronnée* Là vient se perdre obscur ruisseau.

De consoler ma race antique Quels soins le sort n'a-t-il pas pris?

Dans tes déserts, jeune Amérique, J'ai foulé d'antiques débris; I"! sur des monts de cendre humaine, Dans l'Inde, lasse de marcher, .le vins gémir sur un rocher Inconnu, nommé Sainte-Hélène.

t';irini les Bohémiens nu Égyptiens règne une tradition qui les fail dre il- s anciens maîtres de l'Egypte.

DE BÉRANGER. il

Voyons la main, mon enfant, et crois-moi, Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

KAPOLEO.N.

Femme, que fait la métropole, Ce grand Paris, notre fanal?

Cette ville, que l'on croit folle, C'est Brutus en habit de bal.

Là j'entendis, l'oreille à terre, De profonds et sourds grondements.

Palais et temples, un cratère Va s'ouvrir sous vos fondements.

Un ciel pur semble nous absoudre, Chantait la cour dans ses ébats.

Le ciel est pur; mais c'est d'en bas Qu'à présent partira la foudre.

Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi, Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

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Je me fie à votre science; Egyptienne, voici ma main.

l'égyptienne.

Que vois-je! 0 signes de puissance!

0 labours du génie humain!

Muses, pour vous quelle épopée!

Législateurs, qu'il sera grand!

France, à l'œuvre! forge une épée Pour cette main de conquérant.

Ilois, pleurez vos orgueils de race; Suivez-le, peuples haletants.

Moi, je tombe aux pieds dont le temps Doit à jamais garder la trace.

J'ai vu ta main. 0 noble enfant! crois-moi, Quand je te dis : Tu seras plus qu'un roi.

Aux paroles de la sibylle, Le jeune homme, silencieux, ('roise les bras, rêve, immobile Un éclair brille dans ses yeux.

A genoux reste l'Égyptienne, Mais Joseph s'écrie, exalté :

Napoléon, qu'il te souvienne De moi dans la prospérité.

Afin de payer l'étrangère

DE BÉRAXGER. '•">

Pour qui Dieu n'a rien de caché,

Frère, courons vendre au marché

Les olives de notre mère.

l'égïptiekne J'ai vu la main. 0 noble enfant! crois-moi, Bis. Quand je te dis : Tu seras plus qu'un roi.

DE PROFDNDIS

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