‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 40 sur 182 · I) EH MÈRE S CHANSONS · texte numérisé non relu

I) EH MÈRE S CHANSONS

Iles bois m'offrent un dernier gîte.

Au vieillard, las de son fardeau, Sous ce tremble qu'un souffle agite, Bonne fée, élève un tombeau.

LE MERLE

Am •

Au printemps, sous un vaste ombrage Où murmuraient de frais ruisseaux,

Je pris ma flûte de roseaux,

Présent magique d'un vieux sage.

A sa voix, un peuple d'oiseaux Vint m'entourer de son ramage.

Ils sautaient,

S'ébattaient ,

Coquelaient Et chantaient,

Chantaient,

Chantaient.

Rossignols, loriots, fauvettes,

Merles, bouvreuils, linots, pinsons,

Cédant au pouvoir de mes sons,

Tous, jusqu'aux folles alouettes,

, Venaient, pour prix de leurs chansons, De mon pain becqueter les miettes.

~*V -JEUM un

DK BÉRANGER.

Ils sautaient, S’ébattaient , hoquetaient Et chantaient.

Chantaient, Chantaient .

J’avise un merle qui habille :

« Merle, pourquoi fuyez-vous tous,

Quand moi, bonhomme, auprès de vous Je me glissais dans la charmille;

Moi, qui trouve vos chants si doux’,

Qui suis presque de la famille? »

Ils sautaient,

S’ébattaient,

Coquet aient Et chantaient,

Chantaient,

Chantaient.

« — Dieu donna l’air, la terre et Tonde,

Dit le merle, aux seuls animaux.

Nous y vivions exempts de maux;

Mais chaque race trop féconde «

Poussa tant et tant de rameaux,

Qu’on étouffa dans ce bas monde. »

Us sautaient,

S’ébattaient,

hoquetaient

1UG DERNIÈRES CHANSONS

El chantaient.

Chantaient,

Chantaient,

« Dieu s'y prit, en père économe :

C’est trop de bétes à la fois.

A quelqu’un transmettons nies droits; Que, sanguinaire et gastronome.

Il en tue au moins deux sur trois.

Parlant ainsi, Dieu créa l'homme. »

Ils sautaient,

S’ébattaient,

(hoquetaient Et. chantaient.

Chantaient,

Chantaient.

« Depuis lors, rois de la nature, Nous vous fuyons épouvantés Pour nos jours et nos liberté-.

De tout grain vous faites mouture; Souvent même à vos majestés Le rossignol sert de pâture. »

Ils sautaient,

S’ébattaient,

Hoquetaient Et chantaient,

Chantaient,

Chantaient.

UE HE K A: SG Eli.

« — Merle, oublions nos droits contraires, Dis-je, el, grâce à mon talisman, Aimez-moi, je suis bon tyran,

Sans souci de vos lois agraires.

Ne me fuyez plus; croyez-m’en :

Oiseaux et poètes sont frères. »

Ils sautaient,

S’ébattaient, hoquetaient Et chantaient,

Chantaient,

Chantaient.

A ces mots, mâles et femelles Me viennent baiser à qui mieux ;

Le merle criant : t< Ce bon vieux Nous fera des chansons nouvelles.

Pour qu’il s’élevât jusqu’aux cieux,

Dieu lui devrait donner des ailes. »

Ils sautaient,

S’ébattaient, hoquetaient Et chantaient,

Chantaient,

Chantaient.

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