‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 62 sur 182 · LES DEFAUTS · texte numérisé non relu

LES DEFAUTS

Air : tant ri' la vertu, pas» trop ii’en la ut.

L’homme, à soixante ans, calme et grave, Au coin de son leu devient roi.

Mais, jeune, il vaut mieux, selon moi.

Sous le plaisir vivre en esclave.

Vous qui sur nous veillez d’en liant, »

Kendez-n loi quelque I >on dé tant. )

Oui, si j’ai j>ubi l’exigence De mes défauts, tyrans nombreux,

Je leur dus bien des jours heureux,

Doux larcins faits à l’indigence.

Vous qui sur nous veillez d’en haut»

Kendez-moi quelque bon défaut.

DEH Ml ÈRES CHANSONS

Dans les jours d’aimables lëeries Un monte au ciel des deux côtés.

Nous poussons à bout nos gaietés.

A bout nos tendres rêveries.

Vous qui sur nous veillez d’en haut, Hendez-iuoi quelque bon défaut.

Aujourd’hui ma santé me touche.

À table veut-on me fêter,

L’aï ne me fait plus chanter.

Et. je lui fais petite bouche.

Vous qui sur nous veillez d’en haut, Hendez-moi quelque bon défaut.

Je verrais danser vingt grisolles Sans penser à rien tout un soir ;

Sans même essuyer, pour mieux voir, Les vieux verres de mes lunettes.

Vous qui sur nous veillez d’en haut, Hendez-moi quelque bon défaut.

J’ai trop égayé la satire;

(le tort, je dois le réparer.

Mais sur ce monde il faut pleurer Sitôt qu’on n’ose plus en l ire.

Vous qui sur nous veillez d’en haut, Hendez-moi quelque bon défaut.

Perfide erreur de ma jeunesse,

Que, bras ouverts, couronne en main, La Gloire m’accoste en chemin,

Je lui dirai : Passez, drôlesse!

DF. BERANGER

Vous qui sur nous veillez d’en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.

Hélas! mes vertus me désolent:

Mais l’âge, qui les fait fleurir.

M’ôte la force de courir Après mes défauts qui s’envolent.

Vous qui sur nous veillez d’en liant, Rendez-moi quelque bon défaut.

Page 1