LES FOURMIS
Au* de la Petite Gendrillon.
(Juel bruit dans la founnilière !
On s'assemble, on parle, on court ; Suivi d'une armée entière,
Le roi part avec sa cour.
Un avocat les inonde De mots qui me sont transmis.
« Conquérons, dit-il, le monde, Cloire immortelle aux fourmis! »
L’armée atteint dans sa marche De fiers pucerons campés l’rès d’un fétu qui fait arche Sur deux cailloux escarpés.
Le roi dit : « De leurs tanières Chassons-les, braves amis.
Dieu combat sous nos bannières.
Gloire immortelle aux fourmis! »
L'autre peuple a son Hercule, Faux dieu qu’il invoque alors :
On va, vient, pousse, recule,
Ah ! que de sang et de morts !
Les pucerons et leurs lares En déroute enfin sont mis.
Exterminons les barbares.
Gloire immortelle aux fourmis !
Vite un bulletin détaille Tous les exploits faits céans, Proclamant cette bataille La bataille des géants.
Reste à piller le royaume
Des vaincus in extremis.
Que de brins d’herbe et de chaume
Gloire immortelle aux fourmis!
lin arc de triomphe en paille V oit rentrer le roi vainqueur ;
Et la foule qui travaille,
A jeun, le salue en chœur.
Puis un Pindare en extase Lance une ode aux ennemis.
Les fourmis aiment l’emphase.
Gloire immortelle aux fourmis !
Tout enivré de sublime,
Le barde ajoute ces vers :
« Des temps je franchis l’abime ; Fourmis, à nous l’univers!
Nous saurons, que nul n’en doute, Ce globe une fois soumis,
Des deux nous ouvrir la route.
Gloire immortelle aux fourmis ! »
Tandis que l’auteur bravache Vole aux Titans leurs projets.
2 ti
Dans son urine une vache Noie auteur, prince et sujets.
Le seul qui trouve un refuge Veut qu'à sec Dieu se soit mis . Pour suffire à ce déluge.
(iloire immortelle aux fourmis!