POUR MO -N ANNIVERSAIRE
Ain : Ainsi jadis un grand proplipio.
Je cultivais un coin de terre Dont les ombrages m'enchantaient.
Là, quand je rimais solitaire,
Dans mes vers mille oiseaux chantaient. Me voilà vieux; plus rien n’éveille Ces bosquets jadis si peuplés.
En vain l’écho prête l'oreille :
Tous les oiseaux sont envolés.
Quel est, dites-vous, ce domaine?
Eh ! mes amis, c’est la chanson,
Où mon vieil esprit, hors d’haleine,
Court battre en vain chaque buisson.
De mes ans sur l’enclos modeste Les frimas sont accumulés;
Pas un roitelet ne me reste.
Tous les oiseaux sont envolés.
Que le riche été se couronne Des épis que nous attendons ;
Qu’à nos yeux rougisse l'automne,
Plus d'oiseaux pour chanter leurs dons.