‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 80 sur 182 · POUR MO -N ANNIVERSAIRE · texte numérisé non relu

POUR MO -N ANNIVERSAIRE

Ain : Ainsi jadis un grand proplipio.

Je cultivais un coin de terre Dont les ombrages m'enchantaient.

Là, quand je rimais solitaire,

Dans mes vers mille oiseaux chantaient. Me voilà vieux; plus rien n’éveille Ces bosquets jadis si peuplés.

En vain l’écho prête l'oreille :

Tous les oiseaux sont envolés.

Quel est, dites-vous, ce domaine?

Eh ! mes amis, c’est la chanson,

Où mon vieil esprit, hors d’haleine,

Court battre en vain chaque buisson.

De mes ans sur l’enclos modeste Les frimas sont accumulés;

Pas un roitelet ne me reste.

Tous les oiseaux sont envolés.

Que le riche été se couronne Des épis que nous attendons ;

Qu’à nos yeux rougisse l'automne,

Plus d'oiseaux pour chanter leurs dons.

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