RÊVE RE NOS JEUNES FILEES
Am :
Le petit oiseau sur la branche Laisse mourir son chant d'amour; Et midi voit le lis qui penche S’alanguir sous les feux du jour.
Le petit oiseau sur la branche Laisse mourir son chant d’amour.
Comme elle dort, la jeune fille,
Sur les coussins de ce boudoir î Elle a mis bas coilLe et mantille; Près d’elle en vain brille un miroir.
Comme elle dort, la jeune fille,
Sur les coussins de ce boudoir!
Là, de sa dernière pensée Sa bouche encor garde un souris.
Le ciel brûlant l’aura forcée De quitter ses jeux favoris.
Là, de sa dernière pensée Sa bouche encor garde un souris.
De sa paupière demi-close S’échappe un vague et doux regard.
OE BERANGER. 215
Quelle élégance dans sa pose !
C’est un modèle offert à l’art.
De sa paupière demi-close S’échappe un vague et doux regard.
Un songe vient du bout de l’aile Effleurer ce lac endormi.
Quel sentiment s’éveille en elle ?
Son corps se soulève à demi.
Un songe vient du bout de l’aile Effleurer ce lac endormi.
Peut-être elle s’affole en lève D’un beau page au blanc palefroi.
Qui dit : « Dame, je vous enlève;
« Montez vite en croupe avec moi. »
Peut-être elle s’affole en rêve D’un beau page au blanc palefroi.
Peut-être aux pieds de cette Laure Un nouveau Pétrarque a chanté.
Fière du chantre qui l’adore,
Elle embellit sa pauvreté.
Peut-être aux pieds de cette Laure Un nouveau Pétrarque a chanté.
Peut-être au ciel s'envole-t-elle?
Du ciel son âge a souvenir.
Au toit natal c’est l’hirondelle Que le printemps voit revenir.
Peut-être au ciel s’envole-t-elle?
Du ciel son âge a souvenir.