PETIT BONHOMME
\ MON VIEIL \MI I, USNEÏ "ii si'kcrivaii : " petit bonhomme vu encore
\ii\ du vaudeville de In Petite Gouvernante
Petit bonhomme vil encore.
Eh! pourquoi no vivrait-il pas,
Quand maint sot, quand mainte pécore,
Echappent cent ans au trépa* ?
Envie et haine, il vous ignore;
Fortune, il rit de tes appas.
Petit bonhomme vil encore.
Eh! pourquoi no vivrait-il pas?
Il vil encor, petit bonhomme.
Eh! pourquoi no vivrait-il pas?
S'il ne pool plus mordre à la pomme Qu'Adam a greffée ici-bas,
* Cette chanson n'est pas digne de l'impression, mais je la garde comme le dernier souvenir d'une vieille amitié. [Noie de Béranger.)
HL BERAAGE l:
Il n'en dort pas moins li'uu bon somme, N'en tail pas moins quatre repas.
Il \ii encor, pelil bonhomme.
Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?
Pelil bonhomme vil encore.
Kli ! pourquoi ne vivrail-il pas?
Au Parnasse, dès noire aurore, C'est lui qui m'a marqué le pas.
Qu'un siècle el plus s;i voix sonore Chante aux enfants leurs grands-papas !
Petit bonhomme vil encore.
Kh! pourquoi ne vivrait-il pas?
Il \il encor, pelil bonhomme.
Kh ! pourquoi ne vivrail-il pas?
Quand des hivers s'accroît la somme,
On rêve à ses jeunes ébats.
Plus d'un rayon réchauffe el dore Le vieux pin chargé de frimas.
Petit bonhomme vit encore.
Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?
si OEB N I ÈRES Cil INSONS
LE TAMBOUR-MAJOH
\ I \ .11.1 NE Cl! 111 (il 1.
An; : Ainsi jadis un grand prophète.
El) quoi ! jeune el docte critique,
Vous recourez à mes avis!
Suii I je prends le ton dogmatique,
Contre le faux goûl je sévis.
Il se peul qu'au bul je ramène
Quelque espril las de ses écarts.
Maint aveugle a tiré de peine
Des yens perdus dans les brouillards*.
Combien je liais la vaine pompe De Ions nos vers retentissants!
Faut-il qu'ainsi l'on te corrompe, 0 langue si chère au bon sens!
Si tu subis la loi hautaine De lotis nos bruyants novateurs.
Bientôt Racine el la Fontaine Ainonl besoin de traducteurs.
.Voire nuise dévergondée, Refaisant le monde à l'envers,
Ce sont tics aveugles qui souvent servent de guides nu\ étrangers pendant les jours de brouillards, -i sombres el -i fréquents en Hollande. (Note de Bèranger.)
DE BÉRANGI R.
Sous sa forme écrase l'idée, De pluriels boursoufle ses vers. Admirez ses monstres féroces, Ses vésuves, ses océans, Ses héros, qui sonl îles colosses, Ses gloires, qui sont des néants.
L'art meurt où le goûl dégénère.
Qu'un peuple ait reconquis ses droits, 11 étend son dictionnaire four suffire ii de libres voix.
Ue trésor commun nous défraie, Mais n'y puisons qu'avec grand soin; N'altérons pas une monnaie Que le peuple marque à son coin.
Notre langue aime le mélange I ii i sublime et du familier, Et, rebelle à tout luxe étrange, Craint le pédant el l'écolier.
Pour l'éloquence elle a des arme-, Pour l'amour de tendres échos; .Mais à qui veut tirer do larmes Défend de torturer les mois.
Elle exige que la pensée Règne partout sans faux atours.
Voyez celte foule pressée D'enfants qu'attirent les lambours.
Là se carre un géant vulgaire.
Empanaché, tout cousu d'or.
DËB M ERES CIJ \ NSONS
l'our eux c'esl le dieu 'If la guerre : \ ive le beau Lambour-major !
Mais obsei'vez ce petit lionuue Si simplement vêtu là-bas.
Sur la neige il Faisait un somme Quand marchaienl ses nombreux soldais Il prend s:i lunette, il regarde " — (lest bien; mes ordres sont rempli Dit-il. faites donner ma garde. Quel est ce lieu? —Sire, Austerlilz! •
Cet lioinme-là, c'esl la pensée,
Sans vains ornements, sans grands mol:
l'ai1 la gloire récompensé»;
Chez l'auteur ou chez le héros.
Qu'au bon sens la critique unie,
Des écrivains réglant l'essor,
Ne souffre plus que 1p génie
Se déguise en tambour-major.
L'OFFICIEB
Ain fie l.i Pipe <\<- tabac.
Voilà 1rs hussards; viens, Rosette; Devant la porto ils vont passer.
Ma sœur, viens; j'entends la trompette!
Tiens! tiens! les vois-tu s'avancer?
Combien de brillants jeunes hommes!
Qu'ils laissent d'amours à Paris!
Nous, paysannes que nous sommes, N'aurons poinl de si beaux maris! ■
Devanl Rose, brune élancée, Un jeune officier passe alors :
•i Amis, voilà ma fiancée; Comptez, dit-il, Ions ses trésors Œil vif, leinl rosé, fine taille Oui, dans un an, à pareil jour, Je l'épouse, si la mitraille Permet de vivre à mou amour. «
Ces mots d'un l'on, dits au passage* Tu les entends, car tu rougis, Rose, et, sans rien voir davantage.
Tu rentres rêveuse au logis.
Depuis, Rose à pari soi répète Ces mots qui lui semblent si doux; Kt, chaque soir, sur sa couchette, Pour l'officier prie à genoux.
Un an de lèves ainsi passe.
Le jour qu'il tîxa brille enfin.
L'aube entrevoit Rose qui lace Pour lui son corset le pins lin.
N'entend-on pas quelque bruit d'armes':
Elle écoute, sort, rentre, sort ; Attend, attend, et, toute en larmes, A minuit s'écrie : Il est mori '
DERNIER ES r.ll \.\SONS