A LAURE
Ain :
Accourez, aimable Lame.
Nos vendangeurs vont aux champs, En sursaut déjà l'aurore S'éveille à leurs joyeux chants.
Tout vigneron à l'ouvrage Mène enfants, amis, voisins; Tant ses tonnes en veuvage Ont soi! du jus des raisins !
\-il lil.i; Ml lil.s Cfl iXSONS
Les ceps de rosée humides, Gomme un cerf, dans ses douleui"s, Devanl ces mentes avides Semblenl répandre des pleurs.
Sous les paniers qu'on renvoie L'âne pliera jusqu'au soir.
\ enez voir richesse el joie Jaillir à flots du pressoir.
Mais l'émeute esl an village.
Mille oiseaux, dans ces tilleuls, Misent . « L'on met au pillage
« Ce que liirii lii pour nous seuls
« Voyageurs privés d'étapes,
« Nous allons de mal en pis
» Aujourd'hui l'on prend les grappes;
« Hier, c'étaient les épis.
« Des bommes, troupe assouvie.
« Ont terres çl revenus ; « Les autres glanent leur vie « Le dos courbé, les pieds nus,
« Pauvres gens, vous qu'on dédaigne, h Vite, aux armes, vengez-vousj
ii Nous chaulerons votre règne « Les raisins seront pour nous. »
Mais vient réponse à leur plainte. I n chasseur! Oiseaux, tremblez!
I)E BERANGEB.
On peul vendanger sans crainti Nos tribuns sonl envolés.
Laure, on dépouille la plaine :
Quittez le doux oreiller.
Demain les pauvres à peine Trouveronl à grappiller.