‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 40 sur 149 · A LAURE · texte numérisé non relu

A LAURE

Ain :

Accourez, aimable Lame.

Nos vendangeurs vont aux champs, En sursaut déjà l'aurore S'éveille à leurs joyeux chants.

Tout vigneron à l'ouvrage Mène enfants, amis, voisins; Tant ses tonnes en veuvage Ont soi! du jus des raisins !

\-il lil.i; Ml lil.s Cfl iXSONS

Les ceps de rosée humides, Gomme un cerf, dans ses douleui"s, Devanl ces mentes avides Semblenl répandre des pleurs.

Sous les paniers qu'on renvoie L'âne pliera jusqu'au soir.

\ enez voir richesse el joie Jaillir à flots du pressoir.

Mais l'émeute esl an village.

Mille oiseaux, dans ces tilleuls, Misent . « L'on met au pillage

« Ce que liirii lii pour nous seuls

« Voyageurs privés d'étapes,

« Nous allons de mal en pis

» Aujourd'hui l'on prend les grappes;

« Hier, c'étaient les épis.

« Des bommes, troupe assouvie.

« Ont terres çl revenus ; « Les autres glanent leur vie « Le dos courbé, les pieds nus,

« Pauvres gens, vous qu'on dédaigne, h Vite, aux armes, vengez-vousj

ii Nous chaulerons votre règne « Les raisins seront pour nous. »

Mais vient réponse à leur plainte. I n chasseur! Oiseaux, tremblez!

I)E BERANGEB.

On peul vendanger sans crainti Nos tribuns sonl envolés.

Laure, on dépouille la plaine :

Quittez le doux oreiller.

Demain les pauvres à peine Trouveronl à grappiller.

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